Directeurs en lutte

Chez nos syndicats, l'heure est à la consultation... L'occasion n'est pas si fréquente pour qu'on la souligne lorsqu'elle se présente. Les deux principales organisations consultent mais elles n'ont pas encore la culture de la consultation. Il s'agit avant tout d'un exercice utilisé soit pour se démarquer de son concurrent soit pour le "marquer à la culotte"... Ainsi, examinons les péripéties qui entourent l'utilisation des heures dégagées par "la suppression du samedi matin".

Acte 1
Le jeudi 22 novembre au Ministère, Xavier DARCOS réunit des membres de son cabinet, des représentants de la DGRH et de la DGESCO. et les trois organisations syndicales concernées par le protocole : SE-UNSA, Sgen et Snuipp. Un calendrier est défini pour conduire la discussion (cf notre article).

Acte 2
Le SNUipp publie un communiqué "La suppression du samedi matin décidée par le ministre de l’Education nationale aura des conséquences sur la vie des écoles. Le SNUipp vous informe et vous demande votre avis. En l’état actuel des discussions, de nombreuses questions restent en suspens : utilisation des deux heures, prise en compte de l’alourdissement des tâches, prise en charge des élèves hors des 24 heures, volumes respectifs des temps d’enseignement, de préparation, de concertation, d’évaluation, de formation, plus de maîtres que de classes, Rased, formation... Pour que la voix des personnels soit la plus forte possible lors des discussions, le SNUipp invite l’ensemble des enseignants des écoles à répondre au questionnaire en ligne, individuellement ou par école, ou à le retourner avant vendredi 18 janvier".

Acte 3
Le 11 janvier, dans sa "Lettre aux enseignants du Nord", sous le titre "Faites la différence", le SE-Unsa écrit : "Le SE-UNSA est resté fidèle à la méthode qu’il utilise depuis le début des discussions : débattre, argumenter, proposer pour défendre au mieux l’intérêt des élèves et des enseignants dans un dispositif que nous n’avons pas demandé, mais qui a été décidé unilatéralement par le Ministre". Il en profite, au passage, pour donner un coup de griffe à son rival préféré, le SNUipp :
"Curieusement, le Snuipp, qui n’a proposé aucun amendement au projet de texte ministériel, met en ligne une enquête où il demande aux collègues de donner leur avis sur la question au moment où la partie concernant les élèves arrive à son terme. Retard à l’allumage ou volonté de bloquer les travaux ? Ce serait prendre le risque énorme de voir Sarkozy récupérer le dossier et trancher dans le vif comme il en a le goût et désormais l’habitude".

Acte 4
Le 14 janvier, comme le Snuipp, le Se-Unsa interroge les enseignants sur leur souhait d'utilisation de cet horaire et publie le communiqué suivant :
"L’heure n'est plus de savoir comment les heures seront utilisées pour les élèves. Malgré les atermoiements des autres organisations syndicales, nous estimons que les collègues ont assez attendu. Il convient maintenant de réfléchir à la manière dont ces 108 heures pourraient se traduire, surtout si nous ne nous les appropriions pas. Il est de la responsabilité de chaque enseignant de participer à la consultation et d'exprimer ses attentes. Participez et faites participer dans votre école et autour de vous !"

  
Ce qui ressemblait à un "retard à l'allumage ou à une volonté de bloquer les travaux" le 11 se transforme en un acte démocratique trois jours plus tard... Comprenne qui pourra.

Puisque les dirigeants de ces deux organisations syndicales semblent si attachés à connaître l'avis des enseignants, nous leur suggérons d'organiser une consultation des directeurs d'école sur le fait de savoir s'ils sont ou non, et dans quelle proportion, favorables à un statut tel que l'a indiqué la consultation IFOP - GDID en octobre 2006... Chiche ?

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Mar 15 jan 2008 14 commentaires
Comment peut-on encore s'intéresser à ces simulacres de démocratie, à ces pantalonnades qui ne visent qu'à donner l'illusion (à ceux qui veulent bien le croire !) que les syndicats sont représentatifs des personnels, qu'ils sont à l'écoute de ces mêmes personnels ?
Le Père Noël est passé depuis un mois ! Il est temps de songer à autre chose !
Henri - le 15/01/2008 à 11h56

Précision :


La dernière question de la consultation du SE-Unsa est une question ouverte :


"Quelles seraient vos autres demandes concernant le fonctionnement de ces 108 heures ?"


Patrick, rien ne t'empêche de faire ta proposition. D'ailleurs, c'est ce que je vais répondre.

Cedric58 - le 15/01/2008 à 11h31
J'ai jeté un coup d'oeil rapide sur les 2 consultations en ligne. Pas plus dans celle du SNUipp que dans celle du SE-Unsa, je ne vois la proposition de permettre aux directeurs d'utiliser les heures dégagées pour mettre en place les actions à destination des élèves concernés par un soutien. Pourtant, il en faudra du temps pour coordonner le travail des collègues. Et on pourrait même considérer que c'est une façon d'accorder un petit temps de décharge administrative à moindre coût.
L'idée est-elle si saugrenue qu'elle ne soit pas reprise par les syndicats ? Personne ne la leur a soufflée ?
VALMORI Patrick - le 15/01/2008 à 11h25

Que faire de ces deux heures?
Pour les dirlos, c'est tout trouvé (enfin pour nous c'est tout trouvé !!)

Et pour les psy ?
Et pour les maîtres E F G H .....?
Et pour les TR de formation continue ?

Ah oui, au fait, actuellement, il font quoi le samedi matin ces collègues ???

Il me semble que cette usine à gaz va surtout générer du boulot en plus pour qui vous savez !!! et permettre à certains de se faire oublier !!

Quand je vois ces pseudos consultations très générales pour des problèmes qui vont être très différents d'une école à l'autre, il n'est pas près d'en sortir quelque chose de concret.

Camille - le 16/01/2008 à 15h46

Dire qu'il sera peut-être difficile d'en sortir quelque chose de concret de ces consultations (SNUipp et SE), c'est tout à fait possible tant les situations sont différentes d'une école à l'autre, comme le dit Camille. Nous en sommes conscients et nous voulons bien l'admettre.


Mais laisser entendre que ces consultations n'auraient d'autre but de montrer qu'il ne peut rien en sortir de concret, c'est un procès d'intention, Merlin. Et ça, nous ne pouvons l'admettre car c'est faux. Quel intérêt aurait-on à entreprendre une consultation dont on saurait qu'elle ne donnera rien ? Ce serait irresponsable de la part de la première organisation syndicale du primaire.


 

Dedel - le 16/01/2008 à 22h29
Non, Henri, ce n'est pas un simulacre de démocratie. Prends la peine de lire les questions et tu verras que ça touche directement au quotidien de tous les collègues.
Petite remarque : chaque fois que le SNUipp consulte, on trouve toujours matière à polémiquer. Je me souviens au sujet du protocole... Que n'a-t-on pas entendu ! Cette fois, c'est simulacre, pantalonnade, illusion...
Imagine qu'on ne demande rien à personne et on dira que tout se décide en haut lieu et que la base n'a pas son mot à dire. Difficile de contenter tout le monde.
Dedel - le 15/01/2008 à 13h16
" il n'est pas prêt d'en sortir quelquechose de concret" : heu.... Camille, j'ai certainement très mauvais esprit mais je pense sincèrement que ce n'est peut-être pas le but non plus.....................................
merlin - le 16/01/2008 à 19h42
AMEN !
Henri - le 15/01/2008 à 15h43

Sujet hyper technique sur lequel on nous demande notre avis alors que chacun le sait bien, les réponses seront guidées par des impératifs qui nous échappent : transports scolaires payés par les collectivités locales pour les enfants soumis à soutien (horaires différents donc double transport), transfert d'établissement pour les enseignants n'ayant pas d'enfants à soutenir, problème des collègues de maternelle... Bref, une véritable usine à gaz !
Les syndicats ne savent comment s'en sortir alors ils nous demandent d'interférer... Et s'il y avait autant de propositions que d'enseignants concernés... Que ferait-on ?
C'est typiquement le sujet qui doit être traité directement entre ministère et représentants du personnel.
Il y a bien d'autres sujets sur lesquels on peut interroger les enseignants pour connaître leur avis, leur position, leurs sentiments. Exemple : la situation des directeurs comme il est indiqué dans l'article est un excellent thème de consultation qui s'impose puisque, manifestement, il y a de fortes divergences entre les dirigeants syndicaux et les directeurs. Une consultation est tout à fait appropriée pour trancher cette question.
Martial

Groupe scolaire André Malraux - le 15/01/2008 à 16h19
"Une consultation est tout à fait appropriée pour trancher cette question."

Rappelons que cette consultation a déjà été faite par le GDID avec les résultats que l'on sait !

Pour mémoire, on peut le consulter à l'adresse suivante :

http://www.dirlo.org/modules.php?name=ifop
Henri - le 15/01/2008 à 17h25