Directeurs en lutte
A l'issue de la première semaine de rencontres entre Xavier Darcos et les syndicats enseignants, ces derniers semblent d'accord pour affirmer que le ton a changé.
"L'heure est à l'apaisement" estime Luc Bérille, Secrétaire général du SE-Unsa. Jean-Luc Villeneuve, Secrétaire général du Sgen-Cfdt, apporte une bonne nouvelle :
"M. Darcos nous a dit qu'il fera une déclaration la semaine prochaine sur les décrets Robien mais il a clairement laissé entendre qu'ils seront probablement suspendus".
Le SNUipp signale des aspects positifs. "Le Ministre a rappelé que pour lui la scolarité obligatoire allait jusqu’à 16 ans et qu’il considérait que l’Education Nationale devait l’assumer et qu’il était hostile à l’apprentissage à 14 ans". Enfin il promet de clore la querelle des méthodes de lecture. Le ministre a également précisé qu'il ouvrirait en octobre une discussion sur le métier d'enseignant.
S'il n'a pas donné de réponse sur la question des sanctions pour "absence de service fait" qui se sont traduites par des retenues sur salaire, Xavier Darcos a évoqué la possibilité éventuelle de rouvrir le dossier "direction".
Les syndicats restent néanmoins vigilants, notamment sur deux points restés sans réponse précise. D'abord, le service minimum. Nicolas Sarkozy souhaite qu'il s'applique à l'éducation. Le ministre de l'Education natinale promet de respecter le droit de grève des enseignants.
Ensuite, le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux. Eric Woerth ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique a estimé que cela "pouvait poser des problèmes et ne pas s'appliquer partout, notamment pour l'éducation nationale".
Il n'est cependant pas question pour les syndicats de baisser la garde d'autant que "aucun moyen supplémentaire n’est envisagé" pour la rentrée.
Autre sujet de mécontentement : la suppression de la carte scolaire. Xavier Darcos a, de nouveau, évoqué le sujet au Congrès de la FCPE le 26 mai :
"Comme j'ai commencé à l'indiquer au cours de ces derniers jours, je commencerai à supprimer progressivement la carte scolaire à partir de la rentrée prochaine. Je sais qu'il s'agit d'un point apparent de désaccord entre nous, mais je veux m'en expliquer" a déclaré le ministre, provoquant quelques huées dans la salle où 800 congressistes sont réunis.
"La carte scolaire a été créée il y a 40 ans dans une France qui n'a plus grand chose à voir avec celle d'aujourd'hui: c'était une France en pleine croissance démographique dans laquelle on construisait un collège par jour", a expliqué Xavier Darcos.
Mais "la construction des grands ensembles a créé, à la périphérie des villes, des quartiers aux conditions sociales très dégradées qui n'existaient pas au moment où la carte scolaire a été instaurée", a-t-il ajouté, précisant que ce système "ne fonctionne pas dans les quartiers où le besoin de mixité sociale est plus fort que dans les autres".
"Je considère que l'égalité des chances passe par une redéfinition de nos instruments de mixité sociale, tout en supprimant progressivement la contrainte qui pèse sur les familles" et "je demanderai aux établissements scolaires de veiller à une plus grande diversité sociale et géographique de son recrutement", a encore ajouté M. Darcos.
Selon le président de la FCPE Faride Hamana, la suppression de la carte scolaire entraînera "la possibilité d'être librement choisi par le chef d'établissement" et sera "la voie ouverte (au) règne de l'arbitraire".
"Derrière le discours sur la liberté de choix se dissimule un discours moins noble qui est celui d'éviter que ses propres enfants fréquentent la même école que ces enfants défavorisés", s'est insurgé le président de la FCPE.
Il est à noter que plusieurs syndicats annoncent la reconduction du dispositif des EVS dont le contrat arrivait à expiration en juin 2007.
Communiqué du SNUipp :
"Après la journée d'action du mercredi 23 mai et les différentes informations recueillies au cours des audiences, nous avons à nouveau interpellé le ministère. Le Sgen-CFDT assure avoir reçu la même annonce ministérielle mais demande toutefois de rester prudent et de continuer la pression car nous sommes dans une période électorale...
Le cabinet du ministre nous a donné l'assurance que « le ministère travaille à ce que le dispositif EVS soit reconduit à la rentrée 2007 en ce qui concerne les emplois et les personnes ». Cela concerne les EVS qui assistent les élèves en situation de handicap, les EVS qui aident à la direction et au fonctionnement de l'école, les EVS recrutés en collège. Les modalités de reconduction des différents types de contrats (CAE et CAV) sont à l'étude.
Cette avancée, c'est le résultat de la mobilisation des EVS eux-mêmes, soutenus par le SNUipp, notamment ce mercredi 23 mai.
L'annonce du renouvellement du dispositif à la rentrée 2007 interviendra dans les jours qui viennent".
Une méthode simple pour que cela advienne : ne rien toucher, ne rien chambouler, ne rien changer...et en matière de statut des directeurs, c'est (pour l'instant) le statu quo, l'immobilisme : d'ailleurs, l'École existe-t-elle dans les premiers propos du Ministre ou bien la scolarité commence-t-elle au Collège ?
La béatitude éclaire les visages, et le jugement devient "moins négatif"...
Est-ce que le "respect consister à nier l'absence des personnes ?
Il semblerait qu'un consensus soit entré dans les faits en ce concerne les EVS.
Que n'avait-on lu et entendu à la signature du protocole ! Or, du SNUipp au GDID, en passant par le SGEN, tout le monde accepte maintenant le dispositif. Mieux même, tout le monde le soutient. Tant mieux. Ce seront les directeurs qui en bénéficieront.
Bonjour ! Tu écris :
"du SNUipp au GDID, en passant par le SGEN, tout le monde accepte maintenant le dispositif"...
C'est peut-être vrai pour certains syndicats que tu cites mais n'implique pas l'association GDID, qui explique (comme elle l'a fait depuis fort longtemps!), non pas son refus, ni son opposition au dispositif mais ce que cela implique par rapport au problème des directeurs d'École (d'où des réticences raisonnées et justifiées).
Ne mélange pas tout : ce serait regrettable !
Bien cordialement !
Tout à fait exact Yves. Par dizaines de milliers, les directeurs ont demandé un EVS malgré les appels au boycott des syndicats non signataires. Aujourd'hui, tout le monde trouve l'idée excellente et s'en empare. C'est très bien et ça montre la justesse de la réflexion du SE qui a décidé de signer.
Tu sais, Yves, ce sera la même chose pour les autres mesures du protocole. Il faut laisser le temps au temps, disait Mitterrand. Tu verras, les autres syndicats et associations de directeurs finiront pas reconnaître le bienfondé du protocole même si chacun (même au SE) reconnaît qu'il faut encore l'améliorer.
Pierre (SE)
Merci pour ce sermon digne des grands prêtres de l'Église et sur la vérité (le "bienfondé") que tu détiens !
Amen !
La seule chose que le SE peut espérer, c'est qu'avec le temps, on oublie la signature de ce protocole.
On verra aux prochaines élections professionnelles.
Les EVS.
Je redis ici, que je conçois sans aucun problème et plutôt de façon positive que l'école puisse remettre le pied à l'étrier à une certaine catégorie de personnes en recherche d'un emploi.
Je ne vois pas pourquoi l'école se fermerait à ce type de personnel en recherche d'intégration, la diversité des missions, des publics, le besoin de rigueur et la souplesse dû aux adaptations constantes en font un lieu hautement formateur.
J'ai fait la demande d'un EVS bien avant la signature du protocole (Septembre 2006) et suis assez fier d'avoir aider cette ancienne élève à retrouver un emploi stable.
Je vais me rapprocher du BIJ de ma commune et du collège de rattachement pour voir si on peut rejouer le film avec quelqu'un d'autre.
Je précise qu'en aucun cas, la définition d'emploi ne prévoit l'aide à la "direction", mais l'accueil et l'aide aux enfants porteurs de handicap, la gestion informatique de la BCD, la surveillance et l'aide à certaines animations.
Je fais cela en conscience, parce que je crois au rôle important que doit tenir l'école dans le maillage social de proximité.
Je le fais donc sans être dupe.
Les EVS ne sont pas là pour nous faciliter les tâches. C'est à nous de les aider. Et tant pis pour les exploitations politiciennes... Tu nous en livres un parfait exemple.
C'est une mission supplémentaire, celle de tuteur, que l'on nous propose sans contre partie. (Dailleurs le qualificatif administratif est référent d'EVS, avec une charte à respecter)
Là passe encore, j'ai l'habitude... Mais en me disant, en plus, que c'est pour mon bien!
Tu pousses le bouchon un peu loin Maurice-PierreduSE.
Tu parles d'améliorer le protocole.
"Améliorer" c'est quand on a un produit fini et qu'on cherche à le peaufiner.
Tu estimes les revendications des dirlos satisfaites?
Quelles améliorations proposent le SE?
Quelles actions éventuelles peuvent venir appuyer ces éventuelles améliorations?
En fait le gros problème de ce protocole c'est son nom prétentieux et inapproprié.
Les mesures quil contient ne sont que des mesures de gestion normales :
>baisse du chiffre du chômage en trouvant une destination aux CAV.
>économiser sur la formation avec les stages filés
>redistribuer un peu du bénéfice à travers lISS
Pour le vade-mecum (jen rigole chaque fois), que vient-il faire là-dedans ? mystère
À part si on se place du côté de la communication en nous prenant pour des truffes.
Conséquence : dossier clos, sauf pour déventuelles améliorations.
Oui, on verra si nous avons la mémoire courte ?
Tu vois Pierre, ton triomphalisme sur le problèmes des EVS me gêne.
J'ai recruté un EVS, avant le protocole. Cela se passe bien. La jeune femme est efficace et a su prendre sa place dans l'équipe. Elle me dit chaque jour qu'elle nous remercie d'avoir accepter de prendre des EVS car cela lui rend service et je suis content que l'école lui ait rendu service. Elle assume des tâches indispensables dans l'école d'aujourd'hui que les PE ne peuvent faire en plus de leur travail et elle tourne mieux... et pourtant....
J'étais contre le principe et reste contre. Je ne suis pas fier de m'être contredit après avoir lutté contre les CNE et CPE (que je connais bien.. Mon fils est en CNE.. Tu devrais lire son contrat de travail pour rire.. ou pleurer d'ailleurs). Je ne suis pas rassuré d'anticiper sur son évolution de carrière en me demandant quelle "formation qualifiante" sera inscrite sur son CV quand son contrat précaire se terminera. Je ne suis pas non plus sûr de la valeur sur le marché du travail de cette année ou deux ans. (As tu essayé, Pierre, dans le cadre d'une reconversion professionnelle de voir ce que "vaut" ton expérience d'enseignant sur le marché du travail?").
Dans le même temps, je vois les AVS-I se raréfier au profit d'EVS qui n'ont pas les mêmes contrats et champs d'intervention (relis leurs contrats) et surtout pas les mêmes protections.
Le concept est facile.. c'est le principe de la LOLF.. Place l'école et les personnes à la recherche d'un travail qui leur permettrait d'envisager l'avenir sereinement dans une situation de plus en plus intenable. Fais choisir les gens entre rien et pas grand chose et le tour est joué.
Alors .. Y a t il du positif? Certainement à court terme. Et c'est tant meiux pour ma collègue EVS. Mais ensuite? Elle sera virée sans autre forme de procès quand les périodes éléctorales seront closes et l'Ecole attendra le nouveau contrat aidé aux prochaines éléctions. (on a joué à ce jeu avec les aides éducateurs)
Créer un "metier" nouveau, stable, fonctionnaire ou pas remplissant des tâches nouvelles dans les écoles. pourquoi pas.. Si cela ouvre aux gens qui s'y lancent une perspective réelle ou au moins une qualification reconnue.
Pour l'heure.. je suis heureux pour ma collègue EVS, pour mon école et l'amélioration des conditions de travail de tous qu'elle y apporte.. Mais il me reste tout de même un vieux sentiment de honte.
Desolé
Che
@ CHE
Tu mélanges deux problèmes. Celui d' l'insertion sociale (emploi, précarité, difficulté de trouver sa place dans le monde du travail...) et celui de l'aide au directeur.
Ce n'est pas à nous de refaire le monde. Nous ne sommes en rien responsables des chiffres du chômage. Comme toi, cette situation m'est insupportable. Hélas, je reste impuissant devant ce drame humain.
Moi, j'évoquais les EVS comme aide au directeur et donc avancée non négligeable pour le fonctionnement de l'école. En plus, ces emplois permettent de donner un petit boulot à ceux qui n'ont rien. On fait d'une pierre deux coups. Et cela tu ne peux pas le nier car je te crois sincère dans tes propos quand tu me parles d'avoir honte d'embaucher des personnes sur des emplois précaires.
Pierrot, lui, c'est autre chose. Il dit avoir demandé un EVS avant le protocole et quand cet emploi est officialisé par la signature du SE, il en profite pour critiquer cette mesure...
Comprenne qui pourra... Où est la logique dans tout ça ? Est-il sain de critiquer pour critiquer ? Ce n'est pas ma conception de la lutte syndicale.
Toi ce n'est pas 2 choses que tu mélanges, tu fais un vrai mesclun!
Pierrot dit, redit et reredit, que l'école peut, et même doit, participer aux actions en faveur des personnes qui sont en rupture d'emploi.
Pierrot dit que l'école, par sa diversité des missions, sa diversité de public, son besoin de rigueur, son actualité toujours renouvelée... Et un lieu formateur.
Parce que l'école est au coeur du maillage social de proximité, c'est presque un réflexe naturel que de tendre la main à d'anciens élèves qui ont besoin de reprendre pieds.
L'école peut rendre ce service citoyen, sans honte Che, mais sans être dupe non plus, il faudrait juste y mettre des moyens. (doù un sentiment de gêne aussi)
L'EVS que nous avons dans l'école est polyvalente
-accueil et aides aux minots handicapés.
-surveillance
-gestion informatique BCD
-aide à l'animation de certaines activités.
Je refuse de cautionner le fait que l'administratif de l'école puisse être confié à un personnel sans formation et volatile par nature.
Ce personnel a besoin, plus qu'un autre, d'un accompagnement, d'un encadrement (rappelons-nous que nous accueillons des enfants), alors que dans les écoles, personne n'est disponible.
Alors qu'une charte est mise en place pour désigner un tuteur, un référent EVS, on nous dégage aucun temps supplémentaire, tout en nous rendant responsable.
>La tromperie, ma critique, c'est quen présentant cette mesure (qui existait déjà...) comme une des solutions aux revendications des dirlos, le MEN saffranchit de toutes les mesures daccompagnement indispensables.
Ce faisant, on passe à côté dune vraie mission sociale, pour nêtre plus que des calculettes à soustraire dans le chiffrage contesté du nombre des chômeurs.
Comme les 3 autres mesures du "protocole", le MEN et le SE nous présentent une série dajustements dont le but premier n'est pas de répondre au malaise ressentit par les dirlos.
Si le "protocole" est vide (les mesures pouvaient très bien être prise sans cette mise en scène), il nest pas sans conséquence, puisqu'il fige notre situation (service non fait), en nenvisageant que déventuelles améliorations, sans dire lesquelles, et surtout, en se privant de la seule action qui instaurait un semblant de rapport de force.
Je rappelle, au passage, que cette grève administrative avait, tout de même, lavantage dêtre soutenue par les syndicats majoritaires.
Unité quà fait voler en éclats le SE, tout en désignant le GDiD comme des diviseurs.
Enfin, pour bien souligner que lon nest pas dans la défense du personnel, ou le débat didées, mais dans la tactique boutiquière :
Pierre nous dit que la signature de SE « officialise » lemploi des EVS.
Cest bien sûr faux, la signature du SE permet de restreindre le cadre des EVS à la seule aide au dirlo. On pouvait officiellement avoir des EVS dans les écoles avant le protocole.
Et, si on suit dassez près lévolution du cadre demploi des EVS, on saperçoit que lon est revenu à celui prévu initialement (avant le protocole, plus polyvalent), car lemploi de lEVS spécifique aide administratif na pas eu le succès escompté
Tiens, voilà que nos syndicats se mettent à porter un jugement moins négatif... C'est le miracle Sarko qui opère ?
Peu importe, après tout, l'essentiel est que l'on nous respecte un peu plus que du temps de Robien.