Directeurs en lutte
Soyons réalistes : notre fonction devient chaque année plus difficile à exercer. Les responsabilités qui nous incombent sont de plus en plus lourdes. Les charges s'accroissent. La pression de l'Administration se fait toujours plus forte. Les mesures apportées par le protocole signé en mai 2006 sont très insuffisantes et n'apportent pas de réelles solutions à nos difficultés quotidiennes. Notre métier souffre du manque de reconnaissance et aucune évolution ne se fait sentir pour l'améliorer. Les postes vacants se comptent par milliers. Leur nombre serait nettement supérieur sans "l'incitation" amicale des IEN pour "persuader" débutants et adjoints à "faire fonction"...
La situation qui est la nôtre et qui n'évolue pas, faute d'être soutenue par les principaux syndicats, ne pourra être améliorée tant que nous appartiendrons au corps des professeurs des écoles (PE).
Dans ce corps, nous sommes fonctionnellement singuliers (c'est-à-dire à part) mais statutairement ordinaires (c'est-à-dire comme les autres).
Pour sortir de cette contradiction, il nous faut sortir de ce corps et intégrer celui des personnels de direction. Pourquoi le directeur d'école serait-il moins reconnu que le principal de collège ou le proviseur de lycée ? Comment justifier une moindre reconnaissance ?
Gilles de Robien envisageait de doter les directeurs d'un statut d'emploi. Dans deux précédents articles, nous avons, dans l'un, défini le statut d'emploi et, dans l'autre, montré qu'il s'apparenterait à un statu quo (relire nos articles en cliquant sur les liens).
Ce qu'il faut aux directeurs, c'est un véritable statut. 93 % d'entre eux y sont favorables. Pour que le statut soit utile notamment en termes de grille indiciaire, d'évolution de carrière et de représentation syndicale, il doit s'accompagner de l'intégration dans le corps des personnels de direction.
C'est ce que nous devons réclamer haut et fort au tout prochain gouvernement. Les 10 et 17 juin, nous allons élire les 577 députés qui formeront la prochaine Assemblée Nationale. En juillet, le Parlement va légiférer en session extraordinaire. Le temps est probablement venu de nous faire entendre avant qu'il ne soit trop tard...
Faire partie du corps des personnels de direction donnera plus de poids et de reconnaissance à notre fonction.
Le système éducatif sera logique dans sa façon de reconnaître les responsables des différents types d'établissement (école, collège, lycée) en leur reconnaissant une égale valeur.
Bonjour à tous
Je pense qu'il n'y a pas que nos chers syndicats qui se refusent à tout statut. N'y aurait-il pas outre les collègues, les syndicats d'IEN. Eux mêmes se verraient changer de statut et deviendraient des IPR pour le primaire, qu'en pensez-vous. S'il ne s'agissait que de reconnaissance financière il serait légitime que tous les directrices(teurs) en poste passent automatiquement à la hors classe. Voilà une autre proposition que j'ai déjà soumise et qui n'a eu que peu d'échos. Là encore j'en appelle à votre avis. Toute peine méritant salaire je pense même que ça ne leur coûterait pas cher. J'ai une direction à 16 classes soit 440 élèves (25 de plus qu'au collège voisin. J'ai refusé un EVS. Nos syndicats ayant été les premiers à s'insurger contre le CPE, je me suis dit (candidement) je ne vais quand même pas cautionner la précarité (8 à 9 mois au lieu de 2 ans) ce serait contraire à mes principe...mais bon nombre ont accepté. Je ne leur jette pas la pierre, je suis moi-même débordé, qu'en est-il de ceux qui ne sont pas déchargés ?
Jean-Louis Dessaint, école de Lalloeu La Gorgue
eh bien et une fois n'est pas coutume, je ne suis pas d'accord avec l'analyse. Le statut dmandé par le GDID n'est pas un statut hiérarchique et c'est avec celui là que je suis d'accord.
Le passage dans le corps de direction entraine nécessairement l'apparition d'un statut hiérarchique qui ne correspond pas, à mon avis au rôle dévolu au directeur dans une école. En outre, il justifie la création des EPEP, qui sous la forme proposée est peu ou prou calqué sur le fonctionnement du secondaire.
quant au fait de "n'être pas comme les autres" pour obtenir gain da cause, un directeur a d'autres responsabilité qu'un PE, il doit être reconnu pour cela par un statut non hiérarchique, il doit avoir une revalorisation financière, mais il ne doit pas changer de corps car il reste et doit rester avant tout un enseignant. C'est d'ailleurs ce que marque la proposition de statut du GDID et c'est là dessus que les fameux 93 % se sont déterminés.
Et quant à dire, qu'il faut entrer dans ce jeu pour obtenir satisfaction parce que cela ne marche pas pour l'instant, ce n'est pas un bon choix.. On ne renie pas un principe. Il faut "réformer" le metier de directeur.. c'est sûr.. Mais réformer est pour moi "inventer un statut qui corresponde à la spécificité du travail, pas s'aligner sur quelque chose qui existe sous prétexte qu'il existe.
Cordialement
CHE
@ CHE
Notre analyse n'est en rien différente ce ce que nous avons toujours écrit sur ce blog. Notre position n'a pas varié. Nous sommes favorables à un STATUT NON HIERARCHIQUE du directeur d'école tel que défini par le GDID et souhaité par 93 % des directeurs.
L'intégration dans le corps des personnels de direction n'induit pas nécessairement l'obtention d'un statut hiérarchique.
Ce corps est régi par des textes clairs qui définissent les métiers, les carrières et leur évolution.
Ainsi, le BOEN de septembre 2006 consacré aux personnels de direction :
Dans leurs fonctions de direction d'établissement, ils occupent les emplois suivants :
- Proviseur de lycée,
- Proviseur de lycée professionnel,
- Principal de collège,
- Proviseur adjoint de lycée,
- Proviseur adjoint de lycée professionnel,
- Principal adjoint de collège.
Les personnels de direction peuvent en outre être appelés à occuper les emplois suivants :
- Directeur d'établissement régional d'enseignement adapté (E.R.E.A.),
- Directeur d'école régionale du premier degré (E.R.P.D.),
- Directeur adjoint chargé de section d'enseignement général et professionnel adapté (S.E.G.P.A.),
- Directeur et directeur adjoint d'un centre d'enseignement du Centre national d'enseignement à distance,
- Directeur adjoint d'un institut universitaire de formation des maîtres,
- Directeur d'une unité pédagogique régionale des services pénitentiaires,
- Proviseur vie scolaire.
Les proviseurs adjoints et les principaux adjoints sont dans le corps des personnels de direction mais n'ont pas de statut hiérarchique.
Le Proviseur Adjoint assure des tâches pédagogiques, éducatives et administratives. Il s’occupe particulièrement des relations avec les professeurs.
Il élabore les emplois du temps et participe à l’orientation des élèves.
En cas d’absence du Proviseur, il le supplée dans toutes ses prérogatives à l’exception de celle d’ordonnateur.
Ne peut-on imaginer un statut particulier pour les directeurs ? Un statut qui ne soit pas calqué sur celui des proviseurs ou des principaux mais qui re rapproche de celui de leurs adjoints ?
Tout est évidemment envisageable. Il suffit de définir la fonction comme le suggérait d'ailleurs le ministère dans le groupe de travail sur le statut d'emploi. Les textes font ensuite l'objet d'un décret et deviennent officiels.
Intégrer le corps des personnels de direction est l'assurance d'un véritable reconnaissance de la spécificité de la fonction.
Olivier
(pour les "directeurs en lutte")
Il me semble évident qu'au regard de nos responsabilités nous avons toute notre place dans un corps de direction. Où est le problème ? N'exerce-t-on pas une fonction de direction ? Qu'elle soit spécifique, c'est-à-dire non hiérarchique, c'est ensuite une question de définition. Et je rejoins la réponse des "directeurs en lutte", c'est un décret qui régit ces textes. D'ailleurs, les fonctions des proviseurs, principaux et leurs adjoints ont déjà fait l'objet de modifications. Le décret a été modifié sans le moindre problème.
Non, CHE, le fait d'être dans le corps de direction ne ferait pas de nous OBLIGATOIREMENT des fonctionnaires hiérarchiques.
Cordialement
Aurélie
Ayant passé le concours de Principal, j'avais lu les définitions des statuts.
Il n'y a pas de "statut du principal" et de statut du principla adjoint", c'est le même concours et le même statut. C'est le choix de poste qui fait la différence.
Sauf pour l'ordonnateur, la séparation des tâches entre les deux (ou plusieurs d'ailleurs) est du ressort de l'équipe de direction.. sans qu'il n'y ait d'obligation.
La fonction pédagogique surtout n'est pas une fonction d'enseignement.. il nefaut pas faire d'erreur sur le terme. Le personnel de direction n'est pas forcément issu de l'enseignement.
Il est nécessaire de bien établir les bases car les termes qui s'en suivent prennent un autre sens.
Statut (non hiérarchique ou pas) dans le corps de direction, n'a pas le même sens que dans le corps des enseignants.
A mon avis bien sûr..
Cordialement
CHE
Merci de ne pas tourner autour du pot et d'en venir à des propositions concrètes ! Oui, le statut doit signifier changement de corps. Il ne doit pas être qu'une simple reconnaissance sur le papier mais s'accompagner de véritables mesures financières et de moyens (décharges, aide administrative...).
Tout cela n'est possible que si l'on cesse d'être "comme les autres".
Bertrand