Directeurs en lutte
Nous le révélions mardi 17/04 dans un article intitulé "Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis", le SNUipp se fait maintenant le chantre du dispositif EVS contenu dans le protocole signé en mai 2006 par le seul SE-Unsa.
Et pourtant... le SNUipp l'a fortement critiqué ce "dispositif censé masquer le chômage". Il n'avait pas de mots assez durs pour dénoncer ce "renforcement de la précarité" qui ne correspond pas "aux besoins et aux attentes" des directeurs et serait même "une charge supplémentaire" pour eux...
D'ailleurs, dans sa pseudo-consultation de "l'ensemble de la profession", les résultats sont très nets pour rejeter cette mesure : "Pour 63 % des réponses, le recrutement d’un emploi de vie scolaire (E.V.S) pour assister le directeur dans l’accomplissement de tâches matérielles et d’accueil pour le fonctionnement de l’école n’est pas une mesure acceptable".
Alors comment expliquer le revirement soudain du SNUipp ? Aurait-il organisé une nouvelle consultation des enseignants ? Que nenni ! Et pourquoi maintenant alors que le dispositif touche à sa fin ? Ce syndicat aurait-il toujours un train de retard ?
La direction du SNUipp a été contrainte de faire le constat amer qu'elle n'avait pas été suivie par ses troupes. En effet, sa consigne de ne pas engager d'EVS est restée lettre morte. Les directeurs se trouvent dans un tel dénuement matériel que beaucoup d'entre eux ont saisi l'opportunité d'obtenir une aide pour mener à bien leur fonction.
La direction du SNUipp sait également que les contrats EVS arrivent à terme en juin 2007 et que nombre de ses adhérents vont faire grise mine en voyant disparaître ce moyen supplémentaire, même s'il est imparfait et insuffisant à leurs yeux. Et il faudra bien essayer d'obtenir un ersatz "des personnels aux fonctions pérennes et qualifiées avec un statut de droit public" réclamés en vain par le SNUipp, sinon la base risque de gronder...
Cette volte-face inattendue du SNUipp démontre, s'il en était encore besoin, à quel point ce syndicat manque de vision claire et globale du système éducatif. Il navigue à vue, au gré des vents et des courants, balloté entre les prises de position de ses dirigeants et les réactions de ses adhérents de moins en moins nombreux.
Un exemple :
La création du corps des PE
"Le SNUipp n’a jamais cautionné le dispositif qui a instauré la division et qui a bradé, pour les PE, le droit au logement d’une part et la retraite à 55 ans d’autre part".
"Dès sa création, le SNUipp a relancé le débat avec la profession sur cette question et a engagé l’action : plusieurs grèves à l’initiative du seul SNUipp, notamment le 20 janvier 98 et le 30 avril 98 et une manifestation nationale SNUipp et SGEN le 1er février 98".
Le SNuipp a maintenant intégré cette nouvelle donne au point de faire de la surenchère : "Les situations salariales des enseignants, dans le contexte actuel de régression du pouvoir d’achat, rend plus urgente la nécessité de reconstruction d’une grille unique pour le corps des PE dont l’indice terminal 782 puisse être accessible à tous".
Ainsi, on le voit, le SNUipp a un mode de fonctionnement plutôt curieux : sa réaction première est d'être systématiquement "contre" les propositions qui n'émanent pas de lui ou lorsqu'il n'a pas été associé à leur préparation. Dans un deuxième temps, il cherche et énonce des arguments pour se justifier.
Il est cependant des cas où le SNUipp prend des positions par pure idéologie sans même argumenter son choix. Ainsi, son refus de statut pour les directeurs d'école ne fait l'objet d'aucun débat et n'est assorti d'aucune explication.
Jusqu'en septembre 2006, le SNUipp se contentait de dire et d'écrire : "les directeurs d'école ne veulent pas de statut". Cette affirmation gratuite valait parole d'évangile...
Hélas, en septembre 2006, le bel ordonnancement a volé en éclats lorsque le GDID a posé la question du statut lors de la consultation Ifop... 93 % des directeurs ont réduit à néant le seul argument du SNUipp ! Depuis, il ne l'utilise plus et s'est trouvé (démocratiquement...) un autre cheval de bataille pour mener à bien sa croisade incidieuse anti-directeur : institutionnaliser le conseil des maîtres décisionnaire !
Devant le flop provoqué par cette nouvelle demande, la question se pose de savoir si le revirement au sujet du dispositif EVS n'est pas purement tactique...
Si les EVS ne sont pas reconduits, ne risque-t-on pas de voir, de nouveau, les directeurs manifester un vif mécontentement ? Dans ce cas, l'objectif inavouable du SNUipp ne serait-il pas de tuer dans l'oeuf toute tentative de relancer un mouvement revendicatif qui pourrait déboucher sur un... STATUT ?
Alors, pilotage à vue ? Oui, mais avec une vue perçante...?

A croire qu'il y a une véritable collusion antisyndicale entre ce site et le forum du Gdid !
A lire les contre-vérités de Pierrot-du-Gdid dont les commentaires suite à l'article précédent sont une tirade anti, anti, anti syndicats... Et il nous assure qu'il a milité dans un syndicat !!! On aura tout entendu !!!
Bonjour Béatrice
Il y a pire. Tu ne peux plus t'exprimer en liberté sur le forum du gdid. Terminé ! Ils ont établi un barrage (une charte, disent-ils pompeusement...). Dès que tu interviens pour les contredire, on te taxe de "troll". et tu es rejeté !
Après ça, "Randonneur de leçons" peut fanfaronner...
Afin de se faire une idée de la réalité des choses, il est toujours bon d'aller y voir par soi-même ! Concernant la Charte du GDID, ce qu'Alain appelle un "barrage", voici le début du texte :
"Charte générale du Forum
A lire absolument avant de poster un message
Le forum de Dirlo.org - GDID est un lieu d’entraide et d’échange qui se doit rester convivial. Le maintient d’une bonne ambiance passe par le respect de quelques règles élémentaires de savoir vivre et de respect d’autrui.
Avant de poster un message sur le forum, nous vous prions de bien vouloir prendre connaissance de la charte ci-dessous. "
Je ne saurais trop te conseiller d'aller en prendre connaissance en toute liberté de jugement, sans a priori, lucidement.
Après cette lecture, libre à toi de te faire ta propre idée...
Quant à l'accusation de l'antisyndicalisme de ce site et de celui du GDID, c'est un lieu commun assez éculé et galvaudé ; la liberté démocratique que je sache est encore en vigueur dans notre République et la liberté de penser une valeur essentielle, sauf à penser que l'on est au-dessus de toute critique ce qui, tant en ce qui concerne les personnes que les institutions me paraît
une opinion plus que dangereuse...
Cordialement.
C'est quand même marrant cette arrogance, le fait d'appartenir à un syndicat vous dédouane de toutes tentatives d'argumentations, le péremptoire est votre règle?
Si tu penses que j'ai dit des "mensonges" cite-les.
>sur la position historique des dirlos dans les écoles?
>sur le fait que plutôt que d'organiser la contradidtion les syndicats se divisent et créer, par la multiplication des "chapelle"?
>qu'un statut n'a rien de hiérarchique à priori?
>que les dirlos, dans leur grande majorité demande de la reconnaissance?
>que le protocole n'est en rien une réponse à l'attente et à 7 ans de grève?
>que le rapport de la MGEN sur l'état des dirlos est passé à la trappe?
>Sur le fonctionnement interne du SNU ou du SE?
Et, côté militantisme, bien qu'on apprenne à tout âge, je n'ai pas beaucoup de leçon à recevoir... D'ailleurs, malgré les déceptions, je reste un militant.
On peut me reprocher mes positions, être en total désaccord, mais il est falacieux me faire "anti-syndical (connaîs-tu seulement la signification de ce mot?).
OUI, je suis très critique envers l'action syndicale et les positions des syndicats majoritaires sur la questions des dirlos et je le dis...
Et, à lire la presse syndicale, je crois que l'on n'a pas encore tout entendu.
A Béatrice :
Je viens tous les jours faire un tour sur ce site. Je suis même déçu quand il n'y a rien de nouveau. Je consulte aussi tous les jours le site du GDID. Je ne vois rien qui laisse penser que ce sont des sites antisyndicaux.
Dis-toi que ce sont des analyses et que toute analyse est forcément subjective. Mais y a-t-il moins de subjectivité dans la presse syndicale ? Ce serait plutôt le contraire, tu ne penses pas ? Et encore en le disant comme ça, je suis gentil...
Ce que j'apprécie sur ce site, c'est le fait que les analyses s'appuient toujours sur des citations qu'on peut vérifier puisqu'on les retrouve dans les revues syndicales. Même chose sur le forum du GDID. Bien sûr, comme les interventions sont plus courtes sur le forum et qu'elles s'enchaînent les unes après les autres, si tu ne suis pas tout le fil de la rubrique, tu peux tomber, à un moment donné, sur une réaction épidermique. En fait, elle est la suite à ce qui a été écrit précédemment. Mais, vérifie et tu verras qu'il n'y a pas d'antisyndicalisme gratuit.
Oui Rodolphe est "gentil" avec la presse syndicale. Moi je dirais qu'on nous prend pour des imbéciles. On nous demande de ne pas embaucher d'EVS, on suit la consigne et quelques mois plus tard, au moment où le dispositif s'éteint, on va nous demander de lutter pour exiger son maintien ! Ils se fichent du monde ! A quel jeu jouent-ils ?
Et les critiquer comme le font les "directeurs en lutte" ou les membres du GDID, ce serait de l'antisyndicalisme ?
Continuez ! On a besoin de fraîcheur et de "parler vrai" ! Merci.
Patricia, une fidèle lectrice.
@ Georges
Tu cites la charte (convivialité, échanges, entraide...). Tout ça c'est bien gentil mais le fait est qu'on ne peut pas s'exprimer librement sur le forum sans être taxé de troll.
J'ai en souvenir plusieurs interventions (j'ai oublié les noms) de collègues qui souhaitaient une mise en veille des critiques du GDID pour favoriser une union syndicale. Qu'est-ce qu'ils ont pris, les pauvres ! Fabre leur a taillé un costard sur mesure. Et comme tout le monde le considère comme le grand manitou qui a toujours raison et qu'il ne faut pas contrarier, tous les autres membres sont allés dans le même sens. Même chose pour le collègue qui disait qu'il ne fallait pas de statut pour les directeurs. On ne l'a plus revu. Catalogué TROLL et viré !
Je reconnais que pour l'instant on a encore ici un espace de liberté. Jusqu'à quand ?
Décidément, nous n'avons pas la même façon de lire les textes (ou de les faire passer par un certain filtre réducteur....)
Essaie de retrouver les textes dont tu parles j'en serai ravi. Je ne parlerai pas à la place de T. Fabre, il est assez grand pour le faire tout seul ; mais écrire (je te cite) : "J'ai en souvenir plusieurs interventions (j'ai oublié les noms) de collègues qui souhaitaient une mise en veille des critiques du GDID pour favoriser une union syndicale. Qu'est-ce qu'ils ont pris, les pauvres ! Fabre leur a taillé un costard sur mesure." est plus que trompeur et ce à plusieurs titres :
- le GDID n'étant pas un syndicat mais une association parler d"union syndicale" est une erreur ;
- Ton propos laisse de côté les démarches entreprises par le GDID, et ce même souvent par des collègues dans les départements, pour "tendre la main" aux syndicats : à ce jour, c'est demeuré lettre morte ! Pour plus de précisions, je te renvoie ainsi que les lecteurs aux numéros de "la bouteille à l'encre" qui se trouvent sur le site...
Quant à ta remarque :
"Et comme tout le monde le considère comme le grand manitou qui a toujours raison et qu'il ne faut pas contrarier, tous les autres membres sont allés dans le même sens.", elle est vraiment plus que comique : les intervenants du forum du GDID n'ont pas besoin de gourou, de maître à penser, ou de grand chef qui les infantilise et leur fasse des remontrances pour savoir ce qu'ils ont à écrire, à penser ; la réalité du terrain qu'ils vivent quotidiennement leur suffit et si l'un d'entre eux souhaite dire "m...." au "grand manitou" il n'a nullement à craindre les foudres de qui que ce soit ou demander au préalable l'imprimatur de quelqu'un...
Pour la recherche d'un troupeau de moutons, il faudra que tu trouves mieux ; à moins que ne soit la façon dont tu considères les collègues...