Directeurs en lutte

En septembre 2006, suite à la signature du protocole SE-Unsa / Gilles de Robien, le GDID avait commandé à l’Ifop une consultation nationale des directeurs d’école. Comme l’avait souligné l’institut d’enquêtes d’opinion, le taux de réponses a été exceptionnel puisque 10 094 directeurs ont participé à cette consultation qui a fait apparaître que 93 % d’entre eux étaient favorables à un statut.
Depuis, les rapports se sont multipliés sur le bureau des différents ministres (MGEN, IGEN...). Tous mettent l’accent sur notre charge de travail de plus en plus lourde, sur l’augmentation de nos responsabilités et sur le nombre important de directions laissées vacantes à chaque rentrée.
Après la publication de cette enquête de l’Ifop, les principaux syndicats ont continué de faire la sourde oreille. Les conditions de travail des directeurs n’ont cessé de se dégrader. Les directions vacantes se comptent encore et toujours par milliers.
De temps à autre, notamment à la veille de leur congrès, les syndicats annoncent leur intention de reprendre le dossier de « la direction et du fonctionnement de l’école ». Ainsi, fin 2009, le SE-Unsa a lancé une enquête pour connaître la position de « la profession » sur « l’évolution de la direction d’école ». Peu nombreuses (1078), les réponses n’apportent rien de très nouveau que l’on ne savait déjà.
Pour ne pas être en reste, le SNUipp 06 puis le SNUipp 65 ont ouvert le dossier et proposé des enquêtes décevantes pour leurs commanditaires tant sur le plan de la participation que des résultats obtenus et surtout truffées d’erreurs, d’imprécisions et d’incohérences.
A son tour, la direction nationale du SNUipp vient de proposer une enquête en ligne destinée à « l’ensemble de la profession ». Comme nous l’avons écrit dans notre article intitulé « Direction d’école : le SNUipp en quête d’une crédibilité introuvable », destinée à l’ensemble des directeurs et adjoints, cette enquête nationale présente un inconvénient majeur qui la rend d’ores et déjà sujette à caution : elle ne présente aucune des garanties de fiabilité d’un véritable sondage.
Craignant l’utilisation qui pourrait être faite de ces ersatz d’enquêtes réalisées par les syndicats dans des conditions douteuses, le GDID s’adresse de nouveau à l’ensemble des directeurs d’école (exclusivement à eux) et les invite à répondre à la consultation qu’il met en ligne sur son site. Contrairement aux enquêtes syndicales, celle-ci n’est pas anonyme. Elle permettra, en outre, de ne pas laisser le SNUipp parler en lieu et place des directeurs sur leurs aspirations légitimes. Elle devrait également le mettre face à ses contradictions lorsqu'il affirme que les directeurs d'école ne veulent pas d'un statut professionnel.
Pour y répondre, cliquez ICI.
En quoi le maître E, la psy, le Tr seraient -ils aussi autorisés que moi à répondre à des questions concernant l'exercice de ma fonction? Je ne me prononcerait pas sur la charge de papiers à remplir par la psy, trop pas assez? ... c'est à elle qu'il faut le demander. Et inversement.
Et " la profession" comme écrivent les gens du Snuipp? Bien entendu qu'elle peut être consultée , la profession. On peut lui demander si, dans un projet d'école collégiale, elle accepterait une direction tournante ( les responsabilités ne se partagent pas , donc c'est la seule solution)... si elle accepte le "plus de" réunions pédagogiques et de CDMD, , si pour éviter toute prise de pouvoir par un potentat en puissance, elle souscrit au passage à la direction obligatoire... on peut aussi lui demander si elle souhaiterait un dirlo plus disponible , si on a trop ou pas assez de réunions, si tous veulent se plonger dans la rédaction du futur PPMS... on peut lui poser plein de questions à la profession, il suffit d'accepter, là encore, de ne pas avoir toujours les réponses que l'on souhaite, celles qui vont bien dans les bureaux parisiens... consulter est toujours dangereux si on le fait honnêtement... où alors on bidouille, on arrange , on temporise dans la remontée de résultats savamment analysés.
Alors , si la profession est du même avis que mes collègues que je connais bien: oui aux discussions pour les décisions d'ordre pédagogiques, moins de réunions, oui à un dirlo pleinement déchargé et efficace pour résoudre les problèmes quotidiens de tous ordres, non à la direction obligatoire et encore moins à la prise de responsabilité en dehors de sa classe propre... voilà à peu près le sentiment de la "profession" avec laquelle je travaille au quotidien.
Il est bon effectivement de la rappeler ; ceci visera :
- à impliquer chacun ;
- à éviter les réponses "bidon" multipliées par l'anonymat ;
Quant aux résultats, on peut légitimement penser qu'ils seront effectivement publiés dans les délais prévus...
A chacun dorénavant de prendre ses responsabilités...
Oui et non, Merlin..
Oui si on considère l'aspect purement catégoriel, pour des revendications sociales et financières (amélioration des décharges, revalorisation indemnitaire et indiciaire...).
Non, si on se place dans le domaine du changement de corps par la demande d'un statut. On le sait bien, aucun cadeau à attendre. On ne verra pas Fillon ou Chatel nous dire "chers amis dirlos, vous êtes exceptionnels, voici une reconnaissance statutaire accompagnée de bons subsides...".
Non, toute reconnaissance (et elle est nécessaire, j'en conviens, au vu du boulot qui est accompli) sera assortie d'un "donnant-donnant". C'est à dire que le dirlo deviendra un relais, un nouvel échelon d'autorité et le tout sera inscrit dans une réforme plus vaste de création d'établissement style EPEP. Tout le monde le sait. Bien ou pas bien, c'est une question d'appréciation. Mais une telle réforme, ça concerne évidemment toute la profession, tous les enseignants car ça touche au fonctionnement de l'école. Et c'est dans ce sens qu'il faut voir une enquête qui s'adresse à tous. On est loin du cas des psys ou conseillers pédagogiques dont l'amélioration du sort ne procède à aucun bouleversement de la structure école primaire et de son fonctionnement.
Tu es quand même un cas, mon pauvre Théo…
Et il semble illusoire de te voir dire un beau jour deux mots sans énoncer trois mensonges…
On te l’a signalé à de nombreuses reprises : la « profession » n’est qu’un mot vide de sens, un paravent pour conservateurs de tous poils. Ou commence et s’arrête ta « profession », Théo ?
Les instits ? D’accord… Les coordo REP en font-ils partie, de cette « profession » ? Oui ? Et les conseillers péda, les IEN, les psys scol, les médecins scolaires, les référents MDPH, les IA ? Plus difficile à dire ? Les recteurs, non ? Luc Chatel ?
Foutaise que cette « profession », conglomérat informe dont personne ne saurait en tracer les limites.
Mensonge que le vrai-faux « sondage » du SNU met d’ailleurs à bas. Ce n’est pas la « profession » qui est questionnée dans cette « enquête ». En effet, n’importe qui, sans la moindre vérification, sans la plus petite légitimité, peut répondre à ce questionnaire autant de fois qu’il lui chante. Si d’aventure Le Pen songeait à donner son avis sur les dirlos, il le pourrait, dans le « sondage » du SNU. Je suppose qu’à tes yeux, son avis sur la question vaut bien le mien…
Autre mensonge que de dire qu’il serait des personnels « dangereux », les dirlos, dont les revendications risquent de mettre à bas l’école publique, tandis que d’autres, psys ou conseillers péda, seraient défendables, leurs acquis ne changeant rien…
Si tu n’as pas compris que le renforcement des équipes de circo, la multiplications des compétences et attributions des conseillers péda se fait au détriment de l’autonomie des équipes, tu n’as rien compris à rien.
Si tu ne sais pas que les conseillers péda, depuis belle lurette, sont sortis de leur rôle premier de conseil pédagogique envers les collègues débutants et sont en fait les premiers vecteurs d’une gouvernance pédagogique par le haut, c’est qu’il te faudrait sortir de temps à autre de tes bureaux confortables et aller faire un petit tour dans une école.
Quand aux psys, leur demande d’une externalisation de leur métier, d’une équivalence privé/public de leur diplômes, va dans le même sens que cette médicalisation du handicap et de la difficulté scolaire que représente les MDPH, d’une mise sous tutelle des enseignants par les médicastres en folie… Là aussi, aucune incidence sur l’école ? Ben voyons…
Plus avant, ta conception du possible devenir des dirlos est porteuse d’un aveu et d’un constat.
Aveu que, pour toi et tes quelques semblables, il est urgent de ne rien faire pour les dirlos. Toute avancée pour nous serait dangereuse pour toi et pour tes petites certitudes. Accroché à ton conservatisme ambiant, tu préfères délirer sur la chaîne inéluctable de catastrophes qui s’abattraient sur l’Ecole pour mieux masquer ta volonté de ne pas entendre une revendication qui bouscule tes dogmes idéologiques.
Constat de l’impuissance totale de ton syndicat à obtenir, faute de volonté et de choix, la moindre avancée pour nous. Car, dans ton joli schéma qui pose dirlos d’un côté, ministère de l’autre,
un grand absent, ton syndicat… Et c’est son absence justement qui nous laisse seuls face au ministère, qui donne à VChatel tous les arguments pour avancer ses pions sur les Epep, Epep dont on se
demande, tout compte fait, si le SNU n’en ferait pas ses choux gras, tout en les condamnant vertueusement sur le papier.
Pas de procès d’intention en cela, mais juste une remarque, Théo : ton syndicat voudrait les Epep qu’il ne s’y prendrait pas autrement…
Quand à notre sondage, qui ne fait que reprendre, quasiment, mot à mot, le « vrai-faux » questionnaire du SNU, à l’exception notoire des formulations pourraves, il est effectivement
destiné aux seuls dirlos, les seuls concernés par l’évolution de notre métier.
Cela te déplait ? C’est bon signe…
Thierry fabre
Ton commentaire est copié/collé, et sera largement distribué pour que l'on comprenne bien ton mépris (et celui du syndicat que tu parodies) envers les directeurs, et donc les adjoints. En même temps ça fera plaisir au Psyscos et aux CP d'apprendre qu'ils ne participent pas au fonctionnement de l'école...
La création d'un corps qui viendrait reconnaître l'existant ne peut être considéré comme "perturbateur" par la profession.
> les prof d'EPS modifient-ils le fonctionnement des établissements du secondaires?
> les PE ont-ils bouleversé le fonctionnement de l'école?
NON! Le Primaire se perd à cause du décentrage des décisions par rapport à l'élève qui devait être au coeur du système.
C'est l'explosion des équipes IEN (avide de tableau XL et autre ACMO loin du terrain), l'évaluationnite aiguë à tous les étages, BE, AP, SRAN, SMA... et bientôt "jardin d'éveil", qui éloignent l'école de ses publics et donc la fragilisent.
Retrouver la proximité c'est retrouver l'école.
Pour cela il faut lui assurer une certaine Autonomie et lui reconnaître un responsable, à la fois pilote et interlocuteur.
Enfin, à quoi a servi l'enquête de 2006?
à quoi ont servi les États Généraux?
l'avis de le profession vous l'avez!
Temps, argent, statut. (dans l'ordre: un statut dont découlera décharge et salaire)
Alors pourquoi une consultation si tardive, dont les résultats seront communiqués fin mai, pour éventuellement un contact avec les autres syndicats... mi-juillet et une action mi-Août?
Toujours aussi limpide l’argumentation de Thierry Fabre !... Voilà qui fait du bien à lire, par les temps qui courent !...
Pour en rajouter une petite louche sur la « profession » que le SNU invoque à tout bout de champs, « profession » dont, pour lui, nous faisons partie, bien sûr, voilà ce que ce cher syndicat écrivait dans sa circulaire de rentrée, en septembre, dans mon département :
« Conseils de rentrée,
La voix hiérarchique.
Très en vogue dans l’Education Nationale, la voie hiérarchique consiste à écrire une lettre à un supérieur hiérarchique en passant par le premier maillon de la chaîne. A ce titre, il faut rappeler que la voie hiérarchique commence à l’IEN. Toutefois, s’agissant des courriers concernant directement la vie de l’école, il est admis que ce type de courrier transite par le directeur qui n’est pas un supérieur hiérarchique (exemple : demande de congés maladie, autorisation d’absence….) Notons cependant la propension de certains IEN à vouloir faire passer systématiquement tous les courriers par les directeurs. L’idée est de formater les esprits au futur statut directorial. (…) »
Je note pour ma part la très grande propension du SNU à faire passer systématiquement, auprès de la « profession » (puisque c’est dans leur circulaire de rentrée envoyée dans toutes les écoles, à tous les collègues, nominativement) les directrices et directeurs d’école pour des affreux chefaillons en mal d’autorité, quand ce n’est pas pour de dangereux propagandistes à la solde des gouvernements sarkozystes successifs dans leur volonté d’instaurer les EPEP… Directeurs, nous sommes donc des dangers potentiels, contre lesquels il convient de mettre la « profession » en garde, voire qu’il convient de combattre. Or le SNU ne combat pas la « profession », puisqu’il prétend la « défendre». J’en conclus donc que, pour le SNU, nous ne faisons plus partie de la « profession ». Les problèmes des directeurs d’école ne peuvent donc plus concerner ni la « profession », ni le SNU. CQFD.
L’urgence d’un statut n’en est que plus grande encore, seul gage d’un début de reconnaissance véritable de notre métier de directeur d’école et de ses spécificités. Voilà pourquoi, pour ma part, je revendique maintenant, non seulement un statut, mais un statut hiérarchique, car, tant qu’à passer pour un chefaillon de la part du SNU, autant en avoir aussi les avantages. Voilà où j’en suis arrivé aujourd’hui, à lire la prose à répétition des Gégés et autre Théos…
Une dernière chose. Sur les listes des candidats à l’élection régionale, on retrouve, à peine étonné, le nom de certains de nos chers responsables snuippiens départementaux sur les listes Lutte ouvrière, Alternative rouge et verte et/ou NPA. Mais, du point de vue de la « profession », tout cela n’a sans doute rien à voir…
"C'est à dire que le dirlo deviendra un relais"
Arrête Théo, tu me fous la trouille... je vais cauchemarder toute la nuit...
Je n'ose imaginer l'enfer que va devenir ma misérable existence si je suis obligé de relayer...
- des infos, consignes, notes de services, tableaux et enquêtes de tous poils de mon IEN (ou IA) à mes collègues et vice-versa.
- des paperasses multiples aux provenances nombreuses: mairies, parents, collègues, communauté de communes, intervenants, transporteurs, centres d'accueil, MDH, référent, médecine scolaire et
j'en passe, à chacun de ses destinataires.
- voire même, soyons fous, la prose syndicale auprès des mêmes collègues...
Non, t'as raison camarade, ce serait affreux que le dirlo devienne un relais.