Directeurs en lutte
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Les syndicats donnent l’impression de rivaliser dans l’intérêt qu’ils portent actuellement aux directeurs. Les enquêtes sont dans l’air du temps. Le 4 février dernier, nous avions déjà eu l’occasion de rendre compte des résultats de celle initiée par le SE-Unsa. Ce syndicat, après avoir probablement longtemps hésité, avait fini par dévoiler les chiffres en les laissant « fuiter » dans de rares sites départementaux. Néanmoins, les informations étaient honnêtes, courageuses et cohérentes.
On ne peut en dire autant du SNUipp qui nous gratifie de deux enquêtes récentes sur le même sujet. L’une dans les Alpes-Maritimes et l’autre dans les Hautes-Pyrénées. Toutes deux peuvent servir d’exemple à des enquêteurs stagiaires pour leur montrer les dérives à éviter dans leur futur métier de sondeur.
Une enquête volontairement floue et
non chiffrée
Dans les Alpes-Maritimes, le SNUipp 06 a fait fort. Il
nous communique une synthèse des résultats sur environ 100 réponses. Sur un tel nombre, rien de plus simple pour le plus faible de nos élèves de
CM2 de donner des pourcentages sans même savoir calculer. Or, nos responsables syndicaux ont réussi le tour de force de ne fournir le moindre
chiffre.
En effet, aucun pourcentage ne vient ponctuer leurs réponses. Ils se contentent d’asséner les points positifs ou négatifs liés à la fonction de direction sans que l’on sache combien de collègues se retrouvent dans l’une ou l’autre catégorie.
L’on y apprend tout de même que « la grande majorité des collègues directeurs/trices ont fait le choix soit du statut non hiérarchisé, soit de l'échelon hiérarchique entre adjoint et IEN soit du grade de chef d'établissement. »
Il serait pourtant intéressant de connaître la proportion de chacune des réponses très différentes qui sont globalisées dans un seul et même résultat.
« Peu souhaitent conserver la situation actuelle. Beaucoup sont indécis. »
Entre « grande majorité » pour un statut et « beaucoup » d’indécis, il est difficile de s’y retrouver.
Même absence de clarté entre « ceux qui sont favorables à une reconnaissance du Conseil des maîtres » et « d’autres qui pensent que le Conseil des maîtres n’est plus adéquat ». Qui ? Combien ? Quel pourcentage des uns et des autres ? Mystère.
Et le SNUipp 06 de poursuivre en aveugle dans le classement « des revendications des collègues directeurs » et dans la définition des « actions ».
Simplement apprend-on que « une grande majorité des directeurs est prête à suivre des actions lancées sur le plan départemental (rassemblement, audience auprès de l'IA et des élus), mais surtout au plan national » et que « La proposition de blocage administratif ou de grève de la direction convient toujours à bon nombre de directeurs. »
Erreurs, incohérences et
contresens
Dans les Hautes-Pyrénées, les collègues directeurs font aussi l’objet de toutes les attentions du
syndicat majoritaire. Mais dans ce département, le SNUipp 65 a choisi une stratégie totalement différente. Il nous abreuve de tableaux remplis de
pourcentages. Hélas, trois fois hélas, si l’on sait que « 80 % des résultats émanent de directeurs et 20 % d’adjoints », il manque une
donnée essentielle : le nombre de réponses retournées…
Signe évident que ce nombre est faible probablement, comme le souligne la synthèse parce que « nous sommes tous débordés ».
Effectivement, la participation a été des plus faibles puisque le nombre de réponses retournées est de l’ordre de la quarantaine ! Autant dire que nous ne nous attacherons pas à en analyser les résultats puisqu’ils n’ont aucune signification scientifique.
Là n’est pas, cependant, la seule anomalie de cette enquête. Les tableaux sont truffés d’erreurs et d’incohérences dont auraient pu nous épargner les auteurs de cette synthèse. Notamment dans les péréquations stipulant le regroupement des réponses « directeurs et adjoints » dans une rubrique « ensemble » puisque les premiers représentent 80 % des retours de l’enquête.
Quelques exemples :
Question : « Avez-vous pris connaissance du contenu détaillé du projet de création des EPEP ? »
Réponse dans la synthèse : oui à 54 %
Mais les chiffres dressés dans le tableau donnent les résultats suivants :
Directeurs : oui à 36 %
Adjoints : oui à 3 %
Ensemble : oui à 50 %
Comprenne qui pourra…
Question : « Pensez-vous que la question de la direction d’école ne concerne que les seuls directeurs ? »
Directeurs : oui à 96 %
Adjoints : oui à 100 %
Ensemble : 95,20 %
Amusant de constater que le pourcentage global est inférieur aux deux pourcentages cités.
Curieux de lire les mêmes chiffres mais une formulation contraire dans le tableau récapitulatif : « la direction ne concerne pas que les directeurs ».
Manifestement, le rédacteur du questionnaire et de la synthèse éprouve certaines difficultés avec l’emploi des négations. Ce qui est d’autant plus grave quand les deux formulations disent le contraire l’une de l’autre…
Comprenne qui pourra…
Autre bizarrerie :
Question : « Pensez-vous qu’il faille un statut particulier pour les directeurs ? »
Directeurs : oui à 33 %
Adjoints : oui à 62,50 %
Ensemble : oui à 38 %
Curieusement les adjoints sont plus nombreux à estimer que les directeurs doivent bénéficier d’un statut particulier et « 57 % des directeurs ne veulent pas d’un statut particulier ». Rappelons que l'enquête IFOP (une vraie celle-là) commandée par le GDID avait obtenu un score de 93 % de collègues favorables à un statut et que ce pourcentage était l’émanation de plus de 10 000 réponses. L’enquête du SNUipp ne comptabilise qu’une trentaine de directeurs dont une partie importante d’adhérents.
Nous pourrions continuer la litanie des incohérences ou des erreurs manifestes qui ôtent toute crédibilité à l’enquête du SNUipp 65. Ainsi, à 2 reprises, 3,75 % au lieu de 37,5 %. Ou encore 6 % et 0 % qui aboutissent à un total de 7,10 % et bien d’autres calculs approximatifs.
La conclusion n’en est que plus cocasse puisque « Le SNUIPP 65 va donc transmettre les résultats de cette enquête à nos Inspecteurs et leur demander une audience, ou mieux un groupe de travail pour réfléchir et trouver des solutions satisfaisantes aux difficultés actuelles de la direction d’école. »
Nous conseillons vivement aux « inspecteurs » de se munir d’une règle à calcul ou d’un boulier chinois et de chausser de bonnes lunettes grossissantes pour bien comprendre les résultats chiffrés de cette enquête.
Si ces mêmes « inspecteurs » auront matière à faire rire dans les chaumières à l’issue de cette entrevue… les directeurs d’école, eux, ne pourront que rire jaune en lisant ces deux enquêtes qui ne sont pas de nature à rendre crédible le combat qu’ils mènent pour une vraie reconnaissance de leur métier.
Le SNUIPP se fout de la gueule des directeurs et directrices ?
Oui : 96 % Non : 12 % Ensemble : 245,1 %
Conclusion : le SNUIPP 65 doit absolument suivre de manière intensive, et ce le plus rapidement possible, des cours de DAPE et de RAN pour espérer passer dans la classe supérieure. Et ce, tant en mathématiques qu'en compréhension de lecture.
Ouais, ouais... La critique est facile et... stérile.
Regardons les commentaires des uns et des autres ? On y trouve plein de fautes. Souvent liées à l'utilisation qui clavier, c'est classique. Ce qui ne veut pas dire que les collègues qui écrivent sont nuls. Des fautes de frappe ou d'inattention (surtout au clavier), tout le monde en fait. Alors pourquoi jeter la pierre à ceux qui ont mis la virgule au mauvais endroit dans des chiffres ?
Jean-Michel se fout-il de la gueule des directeurs et directrices ?
Oui : 10 % Non : 10 % Ensemble : 100 %
Ah ! la critique aisée et le gna...gna difficile ! Dans la cohorte des légionnaires souteneurs on comptera un commentateur de plus...
Et une paire d'oeillères, une !
le snuipp aurait-il été noyauté par des enfants de CP ?
"Il faut que nous nous battions seuls . Ne pas compter sur les pseudos syndicats qui ne représentent qu'à peine 8% des travailleurs".
Les 8 % que tu cites ne concernent pas le syndicalisme enseignant. Le jour où tu n'auras plus de syndicats, crois-tu que le gouvernement en place t'accordera une revalorisation salariale par pure bonté ? Il a déjà du mal à le faire aujourd'hui. Imagine...
L'organisation du travail déjà malmenée actuellement, imagine encore ce qu'elle pourrait devenir... Seuls, on ne peut rien. La machine du pouvoir (de droite comme de gauche, nous écrase.
Et sans institutions représentatives, on le sait bien, les salariés s'organisent en coordinations. Le besoin de s'organiser est là. Les gens savent que l'union fait la force. Chacun tire à hue et à dia et en fin de compte, le perdant est toujours le même. Devine...
Nous, en tant qu'enseignants, nous avons une responsabilité particulière pour préserver le tissu social et empêcher toute fuite de la société vers un individualisme forcené. Je sais, ce n'est pas simple. Mais justement, ne tombons pas dans la facilité de la démagogie, Noé.
Certainement pas les salariés et pas non plus le GVT. Quelque soit le côté de barrière où l'on se trouve, il faut un le dialogue social organisé.
Mais, le fait que le syndicat soit un outil indispensable n'est pas une raison pour se faire prendre pour des truffes par ceux qui le dirigent!
Parce que ce n'est pas les erreurs de frappes qui sont gênantes, mais bien le fond de l'affaire.
Et pas le moindre petit effort de crédibilité pour faire passer la pilule, non, aucune considération pour nous les salariés de l'EN:
- Voilà du foin, broutez!
Pour ceux qui en ont la patience, à cette adresse, vous avez le déroulement de ce qui s'est passé dans le 06:
http://www.dirlo.org/forums/index.php?showtopic=472&st=0
Le SE a recueilli à peine plus de 1000 retours pour une enquête nationale soit environ 10 ar département... Une broutille complètement négligeable.
Proportionnellement, le SNUIPP06 fait mieux avec l'annonce de 100 réponses.Le SNUIPP65 préfère ne pas compter ses résultats. On le comprend puisque vous lui attribuez une quarantaine de retours.
Ils sont devenus inexistants. C'est grave car, comme le disent Pierrot et Théo, tout le monde a intérêt à avoir des syndicats forts. On est loin du compte car ça ne fait que se dégrader.
Je relève :
"Pensez-vous que la question de la direction d’école ne concerne que les seuls directeurs ? "
Réponse des dirlos : 96¨% de OUI et 100 % de OUI pour les adjoints
Interprétation du SNUipp :
96 % pensent que "la direction ne concerne pas que les directeurs "
Voilà une question qui demande au minimum une mise au point. Erreur de formulation de la question ? Erreur de formulation de la réponse ? Mauvaise compréhension des sondés ? Manipulation du sondeur ?