Directeurs en lutte

Le SNUipp nous refait le coup des 1000 délégués à Paris ! C'est reparti comme en 2002.

"Ensemble, on continue". Tel est le nouveau slogan du SNUipp et du SGEN-CFDT qui organisent une action commune à Paris pour créer un rapport de force favorable à la défense de la "direction et du fonctionnement de l'école".

Tels deux compères, nos "défenseurs" des directeurs, bras dessus, bras dessous, vont donc battre le pavé parisien et prendre d'assaut la citadelle du Ministère de l'Education nationale...

L'Académie française nous fournit la définition suivante du mot "délégué" :

Délégué (ée) : celui ou celle qui agit en vertu d'une délégation. Personne chargée de représenter les intérêts d'une autre personne, d'un groupe.

Le SNUipp nous annonce l'envoi de 1000 délégués. Au-delà du chiffre qui peut impressionner, qui sont ces délégués ? Qui les a délégués ? Qui représentent-ils ? Ont-ils été nommés, désignés, élus ?

Il est certain qu'ils n'ont pas été chargés par les directeurs de les représenter. Leurs revendications, ou plutôt celles qu'on leur fait porter, sont trop éloignées des souhaits massivement exprimés par la profession lors de la récente consultation Ifop. Certaines de ces revendications sont même contraires voir préjudiciables aux intérêts des directeurs. Notamment la deuxième sur la liste du SNUipp : "la reconnaissance institutionnelle du conseil des maîtres comme instance de décision".

S'ils n'ont pas été mandatés par les directeurs, alors, tout laisse à penser qu'ils se sont auto-désignés. Le nombre de directeurs syndiqués au SNUipp étant plutôt faible, chacun de ceux qui seront présents à Paris n'a pu être nommé que par lui-même. Il faudra d'ailleurs avoir recours à d'autres collègues non directeurs pour former un cortège de 1000 personnes. Ce ne devrait pas être trop difficile tant les sujets de mécontentement sont nombreux et rendent possibles les manifestations fourre-tout.

En agissant ainsi, en piétinant la démocratie, le SNUipp affiche au grand jour son mépris le plus complet des directeurs. L'idéologie passéiste reprend le dessus. Il lui faudra agir autrement et vite pour que le mot "ensemble" conserve toute sa valeur dans un slogan vide de sens.

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Mar 14 nov 2006 3 commentaires

Les 1000 délégués, ce ne sont que des directeurs ? Ce sont des délégués chargés de représenter les directeurs ? Ce sont des militants qui se foutent pas mal du problème de la direction et qui sont là pour représenter le Snuipp ?


Pas très transparent ce syndicat !

Pierre Danti - le 15/11/2006 à 18h25
'En agissant ainsi, en piétinant la démocratie' ; on peut ne pas être d'accord avec les revendications du Snuipp(c'est mon cas) et leur reconnaître le droit d'intervenir ici car, quand même, la direction et le fonctionnement de l'école sont liés et ce sont des élus, ne nous égarons pas. Pourquoi le seul avis aurait-il pouvoir de transformer l'école, Y aurait-il là aussi démocratie?
Sined B - le 16/11/2006 à 11h47

Moi je partage l'avis des auteurs de l'article. Le Snuipp bafoue la démocratie. Il parle au nom des directeurs sans être mandaté pour le faire. Certes, si l'on n'avait aucune idée de ce que pensent les directeurs, on pourrait faire le reproche au syndicat de ne pas organiser de concertation. Mais tout de même, la consultation de l'Ifop nous a fourni beaucoup de renseignements. Et elle est fiable de par son nombre de réponses. Et on sait clairement que les directeurs pensent le contraire de ce que leur font dire les syndicats. Alors, oui, le Snuipp piétine la démocratie.

Julien Poiret - le 16/11/2006 à 16h18