Directeurs en lutte
Le 7 octobre, c'est la journée mondiale pour le travail décent. Les syndicats se mobilisent dans plus de 100 pays pour exiger une action plus ferme des gouvernements par rapport à la reprise et à la réforme économique, a indiqué la Confédération syndicale internationale (CSI).
Si l’on se bat pour le travail décent, alors, les directeurs d’école français devraient être aux premières places des préoccupations syndicales.
Le SNUipp participera à ce « 7 octobre intersyndical » avec pour slogan : « Et si l’éducation avait besoin d’idées neuves ». Il se base sur de récentes études de l’OCDE qui indiquent « qu’avec 5,9 % de son PIB consacré à l’éducation, elle [la France] se classe au 11ème rang des pays de l’OCDE. Bien en deçà de la moyenne qui s’élève à 6,1 %. Loin derrière des élèves apparemment plus innovants comme le Danemark, l’Islande, les Etats-Unis ou la Corée qui dépassent les 7 % du PIB. »
L’OCDE précise également que « la taille des classes constitue le principal déterminant de la différence de coût salarial moyen par élève en pourcentage du PIB ».
C’est le moment qu’a choisi Luc Chatel pour annoncer des premières propositions en la matière conscient de la nécessité « d’améliorer les conditions de travail, le statut social et les revenus » des enseignants.
C’est dans cette perspective que la FSU et 6 autres organisations appellent les enseignants des écoles à participer à la journée internationale sur le travail décent prévue le 7 octobre. Des
rassemblements, meetings, manifestations, conférences de presse, sont programmés un peu partout en France.
Le SNUipp, quant à lui, n’entend pas en rester là et annonce que dans les prochaines semaines, il souhaite débattre avec les enseignants de la notion de « travailler mieux, travailler autrement »
Différentes questions seront ainsi étudiées :
- comment travailler avec des petits groupes ?
- Quelles utilisations possibles du « plus de maîtres que de classe » ?
- Quelles missions pour la maternelle ?
- Comment renforcer les collaborations avec les RASED ?
- Quels besoins en formation ?
- Quelles nouvelles organisations élaborer pour la direction ?
Autant de questions à explorer avec les enseignants pour inventer d’autres fonctionnements et débattre des modalités d’action pour obtenir les moyens de cette nouvelle école.
Non, nous n’avons pas rêvé, le SNUipp envisage bel et bien de rechercher de « nouvelles organisations pour la direction ». Prise de conscience que le statu quo ne mène à rien ? Amorce de réflexion sur la reconnaissance du métier de directeur d’école au XXIème siècle ?
Si nous saluons la volonté syndicale de s’intéresser enfin au problème des directeurs, il convient de ne pas nous réjouir trop vite… En effet, le SNUipp évoque la « direction » et non le « directeur ».
Les mots ont un sens. Ils reflètent la pensée et leur choix est rarement le fruit du hasard, notamment chez les responsables syndicaux.
Est-ce un premier pas timide vers une reconnaissance
institutionnelle du directeur d’école ? Une sorte de revirement discret pour ne pas effrayer les tenants de la ligne dure « anti-p’tits chefs » ?
La direction nationale du SNUipp devra notamment convaincre ses sections départementales, à commencer par celle de l’Oise qui conteste les textes régissant l’organisation de
l’école.
Ainsi, dans ce département, le SNUipp 60 publie le communiqué suivant :
« …dans l’Oise, l’Inspecteur d’Académie utilise les résultats départementaux [des évaluations CE1-CM2] pour remettre en cause l’organisation pédagogique des équipes dans certaines écoles, en demandant aux directeurs d’exercer une « responsabilité pédagogique globale », tête de pont aux prémices d’un statut hiérarchique : en effet, il fait injonction à ces directeurs de « juger de la pertinence de l’attribution des classes de cycle 2 » en la modifiant autoritairement, alors que cette organisation incombe réglementairement au conseil des maîtres. »
Le Décret n°89-122 du 24 février 1989 relatif aux directeurs d'école est pourtant clair et notamment son article 2 qui définit les fonctions du directeur :
Il [le directeur d’école] répartit les élèves entre les classes et les groupes, après avis du conseil des maîtres. Il répartit les moyens d'enseignement. Après avis du conseil des maîtres, il arrête le service des instituteurs et professeurs des écoles, fixe les modalités d'utilisation des locaux scolaires pendant les heures et périodes au cours desquelles ils sont utilisés pour les besoins de l'enseignement et de la formation.
L’IA de l’Oise ne fait que rappeler les prérogatives des directeurs et l’on voit mal en quoi ce rappel des textes serait une « tête de pont aux prémices d’un statut hiérarchique »…
On peut donc légitimement se demander si l’objectif annoncé de rechercher « quelles nouvelles organisations élaborer pour la direction » n’est pas, au contraire, une façon déguisée d’amener les adhérents à se prononcer pour un « conseil des maîtres décisionnaire » ? On sait la direction nationale du SNUipp très attachée à ce concept.
Pour l’instant, pas de procès d’intention mais une clarification s’impose. L’ambiguïté doit être levée au plus tôt.
Si, comme le dit le slogan, l’éducation a besoin d’idées
neuves, il serait bon de commencer par la gestion des écoles et la reconnaissance du directeur.
Comme le rapporte le SNUipp, « les vieilles recettes ne font plus fortune… » Alors, souhaitons que ce 7 octobre, journée mondiale pour le
travail décent, on pense un tant soit peu aux directeurs d’école…
cette organisation incombe réglementairement au conseil des maîtres
C'est bien un mensonge, n'est-ce pas?
Le CDM(d?)serait mieux à même de refuser qu'un dirlo? pas certain du tout .
Que veut dire le Snuipp? Une chose est certaine: il feind de ne pas connaître les textes régissant les écoles.... pas très net comme comportement... ça sent le coup fourré et la manip... pas sympa pour des défenseurs du personnel.... à moins que pour eux , les dirlos ne soient déjà plus des personnels " comme les autres"... on nous aurait menti?
C'est à la réflexion que les équipes ont été invités et si la réflexion est refusé par un certain type d'adjoints, minoritaires, l'IA ne fait que rappeler les textes, ici bizzarement interprétés par le snuipp, qui donnent le droit de décider au directeur , après avis (réflexion?) du CM, de la répartition des classes.
Là ou je ne suis pas d'accord avec l'IA, c'est que cela a été annoncé lors de la réunion de prérentrée et donc que les répartitions pouvaient changer avant la rentrée, anéantissant le travail de préparation de la rentrée des enseignants fait jusque là.
Quand le texte de 89 dit qu'après avis du CM, le directeur répartit les élèves c'est bien parce que plus haut il le désigne comme le garant du bon fonctionnement de l'école.
De plus, de nombreuses circulaires insistent pour éviter qu'un CP ou un CM soit confié à de jeunes PE sans expérience...
À priori je ne suis donc pas choqué qu'un IA donne un outil plus 'objectif' pour ces répartitions.
Sauf que cela suppose un vrai travail d'équipe (ÉQUIPE ≠ ça c'est MA CLASSE), un investissement collectif, un projet donc de l'autonomie et une incarnation de l'école reconnue...
Sur le CMD, ce n'est qu'une posture, la responsabilité collective n'existe pas!
Mais cela va permettre au SNUipp le refus de rentrer dans les débats EPE pour mieux surfer sur la vague des mécontents...
Enfin, et cela me choque énormément, au lieu de critiquer les évaluations (un élève forme un tout, le découper en des centaines d'items pour y déceler précisément ses défaillances et démagogique) tu exonères les enseignants mais rejette la faute sur les élèves.
Les élèves sont et resteront ce qu'ils sont, notre métier n'est pas d'agir sur un matériel uniformisé (donner tout ce qui dépasse au RASED...), mais bien prendre en compte chaque individu pour l'accompagner, l'élever, le plus loin possible.
S'il y a échec, il est normal que l'enseignant s'interroge, et que l'on interroge l'enseignant.
On le constate tous les jours par l'absence de réponse de ses militants qui fréquentent ce site, dès que les questions deviennent précises et dérangeantes. Le flou est leur domaine, l'allusion , le conditionnel. Ils fuient la lecture précise d'un texte définissant les devoirs et responsabilités des uns et des autres, la réalité du terrain ( qui est souvent cruelle et en inadequation avec ses propres aspirations).
On peut cependant s'interroger sur la crédibilité de dirigeants syndicaux qui pratiquent à telle échelle l'art de la manipulation et de la désinformation car c'est de cela qu'il s'agit. Est-ce pour masquer le manque de projet ou pour masquer le projet?
Seule solution pour le SNU, et c'est une très ancienne tactique agit-prop, lancer les enseignants dans des débats absurdes, faire peur et diviser pour mieux récupérer les voix des mécontents, des laissés-pour-compte, des frustrés, des trouillards. Le débat sur les EPE est pour le SNU un bon exemple: on fait peur aux adjoints en sacrifiant les directeurs, ça donne auprès des attardés du bulbe une bonne raison de se replier vers le syndicat.
Bref, le SNU veut tout simplement empêcher de réfléchir. C'est vieux comme le monde.
Tu es devin ?
Rappel : en 2005, le SNUipp était déjà largement en tête des syndicats du 1er degré.
En 2008, progression de plus de 2% avec une participation en hausse.
Alors, s'il te plaît, ne pense pas à la place des collègues. On verra bien.
"...lancer les enseignants dans des débats absurdes, faire peur et diviser pour mieux récupérer les voix des mécontents, des laissés-pour-compte, des frustrés, des trouillards. Le débat sur les EPE est pour le SNU un bon exemple: on fait peur aux adjoints en sacrifiant les directeurs..."
Cette fois l'analyse atteint des sommets... Arguments massue mais même pas dignes du café du commerce.
Je rappelle aussi que l'objectif des syndicats de salariés, c'est d'abord de faire porter les revendications principalement sur les salaires et les conditions de travail. Dans le secteur public, les syndicats défendent également, en parallèle des acquis sociaux, leur vision du service public.
Dernier rappel, un syndicat n'existe que par la volonté de ses adhérents qui lui confient des mandats.
-quelles sont les motivations des syndiqués ? adhésion au projet syndical ou sociétal ou assurance professionnelle complémentaire ?
- quelles sont effectivement les mandats syndicaux ? issus de conseil syndicaux quasi professionnels pour certains syndicats encartés noyautés politiquement pour d'autres ? et leur traduction concrète dans les congrès ( ah ces coups de fils aux copains LO ou NPA ... )
Mais après tout c'est le fonctionnement normal de la représentation, il suffit de regarder ailleurs.
Là ou je m'interroge c'est sur l'effet " désobéisseurs" et la posture "anti". Les dernières élections c'étaient juste avant le bilan de l'année horribilis de l'an I des réformes. Montrer son opposition lorsqu'on pense encore pouvoir le faire avant le cataclysme fait le jeu des contestataires. Aujourd'hui le bilan est fait : une minorité pour des raisons certes respectables intellectuellement a choisi le refus du fonctionnement du fonctionnaire hors période de Vichy. Les autres se trouvent un peu cocus dans l'affaire. D'autres comme moi ont clairement énoncé leur opposition car jugeant à long terme la posture dangereuse pour notre statut de fonctionnaire et surtout sa place dans le contrat social.
A voir autour de moi fonctionner les écoles, un recentrage autour du réel et du possible me semble s'opérer et cela ne fait pas le jeu des extrêmes. Certains syndicats l'ont compris et se rapprochent des directeurs car c'est par eux que passera le dialogue et l'élaboration de l'école future hors projet sarkoyste.
Les collègues bien souvent otages du bras de fer administration SNUIPP cette année ( 60h, RIS, ... ) risquent de se souvenirent des belles paroles musclées et véhémantes des AG syndicales suivies de lettres de menace des IA rappellant les simples obligations du fonctionnaires. Et à chanter "les loups sont entrés dans Paris " à la moindre occasion , que restera-t-il lorsqu'effectivement ils seront là ?
On verra bien, mais je crains pour le SNUIPP que le recentrage et l'accumulation des défaites poussent les collègues au vote utile. Les gens n'ont pas vocation à perdre tout le temps : au bout d'un moment ils se lassent..
a suivre.
Quant à ça: "Alors, s'il te plaît, ne pense pas à la place des collègues." c'est l'hôpital qui se fout de la charité! J'en ai lu des bonnes ici, mais à ce point c'est fort, de la part de gens qui justement n'arrêtent pas de clâmer partout qu'ils savent mieux que les autres ce que les enseignants veulent, acceptent ou refusent. Sauve-toi, Théo, tu es minable! Mais avant je veux une réponse aux trois questions de Liocal:
1) Etes-vous enseignant ?
2) Etes-vous directeur ?
3) Etes-vous déchargé syndicalement ? Si oui, combien de jours par semaine ?
Dans le cas, tel qu'il est rapporté, l'IA demande aux dirlos de modifier l'attribution et la répartition des classes en fonction des résultats aux évaluations CE1 et CM2.
En somme, si les résultats ne sont pas à la hauteur c'est de la faute de l'instit. Les élèves n'y seraient pour rien ? On sait tous que les années se suivent et ne se ressemblent pas forcément. On a tous rencontrés des crus meilleurs certaines années. Comme dans les vins. Et on a souvent les pires difficultés à trouver une explication satisfaisante.
On imagine ce que ça pourrait donner dans une petite école où, bon an mal an, il faudrait faire tourner l'équipe. Et si le collègue se révèle une fois encore en dessous des "objectifs" à atteindre en matière d'évaluations (un an en CE1, un an en CM2), on le vire ?
Et les parents, dans l'histoire, on leur dit que l'instit de leur enfant était nul en CM2 et qu'on l'a mis ailleurs où ce serait moins grave ? Ce qui veut dire aussi que les années les plus importantes sont le CE1 et le CM2 et qu'on doit y placer les "meilleurs éléments". Oui, mais comme il faut aussi un "performant" en CP...
C'est vraiment le grand n'importe quoi ! la société de consommation !