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Au moment de partir en vacances, il nous a semblé intéressant d’avoir une pensée pour le nouveau titulaire du ministère de l’Education nationale… Xavier Darcos, grillé, Richard Descoings ayant décliné l’offre, aucun volontaire ne se manifestant à l’horizon, Nicolas Sarkozy n’a pas vraiment eu le choix pour ce poste à haut risque…
L’Express nous propose un ensemble de témoignages d’anciens ministres de l’Education nationale. Certains ont accepté de se livrer, d’autres non. Luc Chatel ne peut pas ignorer ce qui l’attend dès la prochaine rentrée scolaire…
Nous reproduisons un extrait de cet article intitulé « Bienvenue en enfer ».
Luc Chatel récupère le portefeuille le plus redoutable du gouvernement. De leur arrivée à leur départ de la Rue de Grenelle, cinq anciens tenants du titre livrent leurs souvenirs sur cette maison si spéciale. Et sur ce poste ingrat qui ne se refuse pas.
C'est un métier où l'on récolte plus de coups que de gloire. Où l'on noue une relation sadomasochiste avec les syndicats - tu me cèdes, je te méprise, tu me résistes, je te grille.
Un ministère avec 1,1 million d'âmes inconnues et suspicieuses, enseignants et administratifs. Un maroquin que l'on n'a pourtant guère le choix de refuser : on y manie les plus nobles des matières, le savoir, l'avenir, l'esprit républicain. Et les dossiers les plus roboratifs: réformes du primaire, du lycée, des programmes, revalorisation des carrières.
"C'est l'un des portefeuilles les plus difficiles, parce qu'il y a 60 millions de ministres de l'Education en France, mais c'est aussi l'un des plus beaux". Et puis François Fillon m'a dit: "On en sort vivant, regarde-moi !", confie à L'Express Luc Chatel, en poste depuis le 23 juin.
Cinq ministres "rescapés", Jean-Pierre Chevènement, Jack Lang, Luc Ferry, Gilles de Robien et Xavier Darcos, ont accepté de raconter leurs souvenirs. François Bayrou et Lionel Jospin ont refusé de répondre. Claude Allègre s'est contenté d'un : "Jamais plus je ne voudrai être ministre de l'Education nationale. J'ai gagné mon paradis une fois, je ne tenterai pas ma chance une seconde fois." Car, si ce ministère peut mener au paradis, il faut, le plus souvent, passer d'abord par l'enfer.
Lire l’ensemble des témoignages sur " l’Express.fr ". La lecture des commentaires de certains des ministres interrogés montrent que Claude Allègre n’est pas le seul à manier l’ironie et l’amertume voire l’insulte…
A lire également, dans ce même journal, la chronologie des manifestations étudiantes depuis plus de 30 ans. De quoi assombrir un peu plus le moral de Luc Chatel…
Publié le 02/07/2009 à 10h28 dans Analyses