Directeurs en lutte


Notre collègue Froment, bien connu des habitués de ce site, nous livre un nouvel article que nous publions bien volontiers dans son intégralité.

L’analyse qu’il fait de la situation économique est sombre et inquiétante, mais elle rejoint les positions prises par les experts français et européens ces dernières semaines.

 

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A chaque jour son lot de mauvaises nouvelles. Le 27 mai 2009, sur la radio BFM, Eric WOERTH, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, déclare :

 

« A ce jour, les recettes fiscales tirées de l’Impôt sur les Sociétés sont de 1 Milliard d’euros contre 10 à 12 Milliards l’année dernière à même date ».

 

Cette annonce fait l’effet d’une bombe tant elle est significative de l’état de nos finances. Si l’on replace cet élément dans le contexte plus général des rentrées fiscales recensées au premier trimestre 2009, les prévisions du déficit du budget devront être revues à la hausse.

Rappelons que, fin avril, le ministre du budget avait évalué à 6 % du PIB le déficit du budget. Compte tenu des nouveaux éléments, le déficit pourrait s’élever à hauteur de 10 % en 2009, dépassant probablement les 150 milliards d’euros.

 

Le 15 juin dernier, le déficit des comptes de la Sécurité Sociale a été évalué à 20 milliards. Cette donnée peut, à elle-seule, creuser encore un peu plus le déficit du budget général de notre pays.

 

 

Ces mauvaises nouvelles s’accompagnent, hélas, d’autres perspectives peu engageantes. Au cours du second semestre 2009, le risque d’une augmentation des matières premières n’est pas à exclure. Déjà, depuis quelques semaines, le cours du baril de pétrole repart à la hausse malgré une demande en décroissance du fait de la crise industrielle.

La situation au Pakistan et en Iran risque de créer des tensions qui pourraient provoquer un nouvel emballement. Toutes raisons de craindre pour le pouvoir d’achat des Français.

 

Une autre source d’inquiétude est à prendre en compte : celle qui touche les collectivités locales. Beaucoup d’entre elles présentent une situation de comptes très difficile. Certaines ont recours à des emprunts très risqués pour simplement assurer leurs seules charges de fonctionnement. Il n’est pas impossible que l’Etat soit contraint d’assumer les défaillances de certaines communes, ce qui aurait pour effet immédiat d’aggraver encore le déficit global du budget de la France.

 

 

Les conséquences pour la France

 

Les disponibilités financières disponibles sur le marché n’étant pas infinies, se profile l’hypothèse d’une difficulté voire d’une impossibilité à placer un emprunt à taux fixe comme cela a été le cas en mars dernier pour la Banque d’Angleterre.

Si la capacité à emprunter à l’Etranger atteint ses limites et si la dégradation des comptes de l’Etat se poursuit, à échéance de deux ou trois ans, faute de couverture de financement, le risque d’une faillite des comptes de l’Etat est envisageable.

 

Une forte hausse des impôts ne peut être exclue même si les prélèvements obligatoires sont déjà très importants dans notre pays (de l’ordre de 44 %). Toute augmentation pénaliserait l’investissement et la consommation, affectant le retour à la croissance.

Certains commencent à envisager la possibilité d’une réduction des salaires et des pensions dans la Fonction Publique comme cela se pratique déjà dans le secteur privé. Cette orientation provoquerait une situation sociale extrêmement dangereuse.

 

 

Les conséquences pour l’Education nationale

 

Les suppressions de postes vont probablement s’accroître plus vite et plus fortement que prévu. Les grandes réformes coûteuses seront renvoyées à des jours meilleurs, forcément lointains. La modernisation du système éducatif, la revalorisation des carrières seront mises entre parenthèses pendant une durée assez longue.

 

Les regroupements de petites écoles de 1 à 3 classes se poursuivront pour une meilleure mutualisation des besoins entre les communes.

La création d’EPEP envisagée puis abandonnée ne pourra voir le jour avant longtemps. L’objectif de déplacer des compétences vers les communes reste d’actualité mais ces dernières n’ont plus les moyens financiers de prendre en charge financièrement les transferts pas toujours compensés intégralement par l’Etat.

 

Concernant plus précisément les directeurs d’école, il est difficile d’imaginer la mise en place d’un statut professionnel. Celui-ci nécessite des moyens budgétaires importants pour accompagner la reconnaissance institutionnelle : création de postes de décharges, d’aide administrative et revalorisation indiciaire.

Ces préoccupations catégorielles ne présentent pas le même caractère d’urgence pour les comptables du Trésor ou les directeurs d’école.

 

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Jeu 18 jun 2009 43 commentaires
Le moral dans les chaussettes... ça me semble bien mal engagé pour nous.
Franck - le 18/06/2009 à 23h01

@ T Fabre

Permets-moi quelques réponses.

 

Je n’ai pas hurlé au « sarkozysme ». J’ai employé le mot « DARKOZY », un raccourci (Darcos – Sarkozy) largement utilisé dans les médias.

Pour un syndicaliste, il est dur d’entendre des gens dire qu’après tout, 2000 postes de plus ou de moins… Inacceptable ! Surtout en cette période de crise où le chômage nous explose à la figure. C’est environ 2 à 3000 emplois supprimés par jours, tous les jours !

Et entre nous, comment peux-tu réclamer des postes de décharges pour les dirlos et balayer d’un revers de main 2000 postes supprimés en PLUS de ceux programmés. EN PLUS !

Tu sais comme moi que des postes existants, ça peut se transformer. Qui sait, peut-être même en décharge de dirlo. Alors que des postes supprimés, c’est définitivement perdu.

 

"faire dans l'amalgame sournois en tentant d'impliquer le GDID dans des avis somme toute personnels"

 

Excuse-moi, mais aux yeux de bon nombre de collègues, tu es avant tout le « grand manitou du GDID » (pardonne l’expression, elle est imagée mais ne se veut nullement offensante ni péjorative).

Lorsque tu t’exprimes à « titre personnel », c’est que tu le veuilles ou non, la voix de ton asso qu’on entend.

 

Ce sont des suppressions de postes, non d'emploi

Ne jouons pas sur les mots. Ce sont 2000 postes non créés qui laissent autant de jeunes sur le carreau. Donc ça contribue à augmenter le chômage. Bien sûr, c’est moins dramatique que des licenciements car ces jeunes n’ont pas charge de famille. Mais…

 

 

@ Henri

Parmi les sujets de philo du bac, j’ai beaucoup aimé celui-ci : «Le langage trahit-il la pensée ?».


J’aime beaucoup ce sujet, car le mot «trahir» de l’intitulé est ambigu : cela veut-il dire que le langage déforme ou révèle la pensée ?

Quand Henri dit que je suis un «con», on est dans la catégorie du langage qui révèle la pensée qu’il voulait lui-même cacher. Le mot est sorti tout seul, comme un lapsus. Il lui a échappé, lui qui aime se faire passer pour quelqu’un de serein et de posé.
Gégé - le 19/06/2009 à 08h45
Je m'aperçois que j'ai posté mon commentaire sous le mauvais article. C'était dans la continuité du précédent que je voulais le mettre. Toutes mes excuses. Que faire ?
Gégé - le 19/06/2009 à 08h47
Juste un embryon de réponse sans vouloir polluer les commentaires par des piques, mais quand même !

Pas très bonne ta copie, Gégé ! surtout lorsqu'on prétend, comme tu le fais souvent ainsi que d'autres, penser à la place de..., prêter des propos à des personnes, révéler des intentions cachées !

Étant un grand garçon, je mesure toujours ce que j'écris et je l'assume dans son intégralité : libre à toi de penser à des "lapsus", ou des mots qui mettent à jour des choses cachées ! Quand j'ai écrit que, selon moi, tu étais un" con" le mot était raisonnablement venu sur mon clavier et non des profondeurs de mon inconscient (Lacan aurait dit : "L'inconscient, ça parle", mais là, il y aurait eu erreur ; tu vois moi aussi je peux gloser et hausser ma petite pensée au-delà du bac philo).

La pratique des amalgames à laquelle tu te livres est aussi une forme d'insulte, ne t'en déplaise ; utiliser le mot "Darkozy" en est une aussi, quelque soit "l'ennemi" que l'on a en face et en place, la démocratie force malgré tout le respect (et je n'ai aucune accointance avec ces personnes !)

Fais le ménage dans ta tête avant de songer à ce qu'il y a dans celle des autres et un petit pas en avant sera fait dans le respect !

Désolé d'avoir été trop long....
henri - le 19/06/2009 à 10h42

Essayons de garder notre calme, Henri. Nous ne sommes pas là pour nous invectiver.

Pour revenir au débat lié au texte de Froment, je fais les remarques suivantes :

 

1-    Le ton est d’un pessimisme alarmiste. Je ne remets pas en cause l’analyse, elle est tout à fait correcte. On peut s’interroger. Le gouvernement ne noircirait-il pas à dessein la situation dans le but de faire avaler d’autres pilules amères ? Je pense au recul de l’âge du travail (67 ans), une véritable provocation. Je pense à la proposition de la ministre de la famille de revenir sur la majoration de 2 ans par enfant dans le régime général, mesure mise en œuvre en 2003 dans la fonction publique…

2-    Le pouvoir n’est-il pas, au contraire, en-deçà de la réalité pour ne pas trop affoler les citoyens ? On a vu au cours des mois, des trimestres, les prévisions s’avérer fausses et être sans cesse démenties car trop optimistes…  

3-    Sur le plan strictement Education nationale, il est vrai que la situation est inquiétante. Les suppressions de postes seront plus importantes que ce que nous annonce notre ministre. On le voit bien avec les 2 194 emplois dont parle l’article. C’est quand même un véritable scandale de procéder de la sorte. Je partage l’analyse de Gégé.

4-    Les collègues directeurs veulent du temps et de l’argent. C’est ce qu’ils expriment. Le plus. Je pense qu’il va falloir se battre durement et on aura besoin de tous pour arracher des décharges supplémentaires et déjà pour ne pas en perdre. Côté revalorisation, le gouvernement s’est engagé dans une politique de primes pour ceci, pour cela… Tout cela est scandaleux car c’est fait pour masquer la perte de pouvoir d’achat.

5-    Un seul point élément positif que je tire de ce texte : l’impossibilité de créer les EPEP. Voilà la seule bonne nouvelle de cette crise. On aura au moins échappé au désastre de cette mesure qui aurait mis à mal les équipes dans les écoles.

Dedel - le 19/06/2009 à 14h18
A gégé

D'accord, tu ne m'as pas traité de sarkozyste, juste de darcos et sarkozy. Tu m'insultes donc doublement... Plus sérieusement, pour un syndicaliste, réduire toute opposition à un discours convenu à une préférence partisane au gouvernement actuel, ça réduit singulièrement toute possibilité de débat. On partage tes avis ? Oui ? On est gentils et adoubés... Non ? C'est que l'on est darkozyste...
C'est peut-être aussi cette incapacité à sortir du discours manichéen qui est cause du déclin du nombre de syndiqués...

Je constate cependant que tu me donnes raison sur le fond et te gardes bien de contester les chiffres que j'avance, et le peu d'incidences qu'auront ces 2000 suppressions de postes.
Tu préfères élargir le débat au niveau national, privé et public confondu, pour justifier ta position. Comme si c'était pareil...

Ben non, ça ne l'est pas, à mon humble avis...
2000 licenciements et 2000 suppressions de poste, ça n'a pas le même impact social.
Et s'il faut s'arrêter vraiment aux chiffres, je me contenterai de ceux que tu avances.
2000 licenciements par jour d'un côté, 2000 postes en moins cette année pour le mammouth.
Dedel justifiait l'absence totale du SNUipp sur la direction par l'obligation qu'a tout syndicaliste de faire des choix. Discours comique, mais baste...
Si l'on reprend ce discours, il serait peut-être plus urgent de se bagarrer pour les centaines de  milliers de types virés de leur emploi que pour sauvegarder à tout prix nos petits postes à nous...
Poste qui au passage, Gégé, ne sont jamais définitivement perdus. Tout dépend, chaque année, de la volonté politique de chaque gouvernement, lors du vote du budget...

Je résume... On me parle de 20 000 postes supprimés, banco; là, il y a du sérieux... Tu me parles de 2000 postes, c'est peanuts... Et se battre pour ça, ce serait aussi ridicule que d'aller défiler devant des gens au chomâge en hurlant le slogan débile du SNUipp "la semaine de 24 h !" Slogan idéal pour envoyer des gamins dans le privé...

Précision enfin: que tu entendes en me lisant la voix du grand manie-tout du GDID, c'est possible, au même sens où une bergère lorraine entendait bien des voix... Pour autant, je ne suis ni président du GDID, ni vice-président, ni trésorier, mais un simple membre de son bureau et ce que je dis, à titre personnel,  n'engage que ton serviteur...

Thierry Fabre
thierry fabre - le 19/06/2009 à 17h25
A Dedel

1/ Le gvt noircit le tableau pour préparer d'autres mesures ?
Possible...

2/ Le gvt reste en deça pour calmer les inquiétudes ?
Possible, mais contradictoire avec ton point 1/...

3/ Les suppressions seront plus importantes que ce qu'annonce Darcos ?
Possible...

4/ Les collègues directeurs veulent du temps etd el'argent, voila ce qu'ils expriment ?
Faux et tu ne te trompes pas, mais tu mens...
Cette soi-disante position, limitant nos revendications à trois sous et cinq minutes de décharge n'a aucune base solide autre que tes postulats idéologiques. Il s'agit d'un dogme maintes fois énoncé par ton syndicat, par déni du réel et de nos demandes.
Il n'y avait jusqu'à cette année qu'une seule base de réponses sérieuse, celle réalisée par le GDID au travers de son sondage. Il y en a désormais une autre, plus parcellaire puisque portant sur un seul département, celui du Tarn et Garonne (sondage du SE-UNSA 82) Les deux  enquêtes se recoupent et montrent bien que l'exigence statutaire est formulée par une très grande majorité de collègues.
Que tes oeillères idéologiques t'empêchent de voir une vérité niée par ton syndicat est une chose, que tes slogans prétendent influer sur les choix des collègues en est une autre. Et tous les efforts de toutes les Inquisitions n'ont jamais empêché une petite voix de persister à dire "et pourtant, elle tourne..."

5/ Pas d'EPEP ? Bonne nouvelle...
Pourquoi pas, ce projet avait ses défauts. Mais cela change-t-il la nécessité de doter les écoles d'une existence adminsitrative et juridique ? La défense acharné d'un existant pas trop joyeux, par peur panique de tout changement, c'est du conservatisme, ni plus ni moins. Et le conservatisme, ça peut se concevoir au niveau politique (le gouvernement actuel), mais ça reste une catastrophe au niveau syndical, et l'assurance de lendemains qui déchantent...

Thierry faber
thierry fabre - le 19/06/2009 à 17h48
L'article proposé, si le thème en est intéressant, montre surtout votre croyance qu'une nation se gère comme un ménage. Si les choses étaient aussi simples, tout le monde pourrait gérer les comptes d'une nation. Mais l'économie politique, ce n'est pas ça. Avoir une vision optimiste ou pessimiste de l'avenir proche est pour l'instant extrêmement difficile et donc parfaitement inopportun. En ce sens, monter les uns contre les autres les pro et anti-EPEP, ou les indécis, est absurde à l'heure actuelle.

Ce qui est en revanche certain, c'est qu'il est urgent d'assainir les comptes de la nation, et en particulier le gouffre de l'Education Nationale. En ce sens, comme citoyen et comme contribuable, je ne peux absolument pas reprocher à un gouvernement qui veut être responsable d'essayer de faire ce qui aurait dû être lancé depuis bien longtemps: le dégraissage d'un mammouth dont les 95% du budget partent dans les salaires.
Pascal Oudot - le 19/06/2009 à 18h10
Non Dedel, pas encore!
Le discours " on va se battre pour les dirlos" , même toi tu n'y crois pas. Le Snuipp a donné la preuve à de maintes reprises qu'il ne désire pas se battre pour les dirlos, même pour des bouts de décharge, il a prouvé qu'il tenait même les dirlos en piètre estime ( pardon les chargés de direction) alors pas la peine d'agiter le '" on va se battre" , c'est pathétique.

  Quand au " les dirlos veulent du temps et de l'argent" , ça n'engage que toi, beaucoup veulent tout simplement la reconnaissance de leur métier.
merlin - le 19/06/2009 à 23h18

Pascal, tu parles du gouffre de l'Education Nationale. Quel gouffre ?

Avec de tels propos, on atteint le fond, le fond du gouffre du conservatisme…

 

Tu sais ce que disait Abraham Lincoln : "Si vous trouvez que l'éducation coûte cher, essayez l'ignorance".

 

Thierry, te rends-tu compte des propos que tu tiens ?

 

"Je résume... On me parle de 20 000 postes supprimés, banco; là, il y a du sérieux... Tu me parles de 2000 postes, c'est peanuts..."

 

Ah, si seulement les suppressions de postes se limitaient à 2 000…

8 500 en 2007, 11 200 en 2008 et 13.500 suppressions en 2009… Excusez du peanuts

 

"Et se battre pour ça, ce serait aussi ridicule que…"

 

On ne va quand même pas se battre pour peanuts… Et encore moins faire grève… On va faire la JAS, c’est mieux…

 

Merlin

"beaucoup veulent tout simplement la reconnaissance de leur métier".

 

Tu connais mal les aspirations des collègues. Demande à celui qui trime sans décharge ou avec seulement un quart s’il se satisferait d’une simple reconnaissance… Il te répondra que ça lui ferait une belle jambe. Tu imagines qu’on va satisfaire les collègues de cette façon ? Regarde l’exemple de Paris : décharge et argent. Et il n’y a pas de direction vacante.

 

Décidément, vous représentez bien mal les collègues au GDID.

Gégé - le 19/06/2009 à 23h36