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Eric Woerth, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, rapporteur général de la révision générale des politiques publiques (RGPP), a présenté mercredi lors du conseil des ministres le deuxième point d’étape de la mise en œuvre des 374 décisions prises dans ce cadre.
Ce 2ème rapport d’étape rend compte de la conduite de chaque réforme, mais aussi de son degré d’ambition et de ses premiers résultats, dans l’intérêt des citoyens, des fonctionnaires et des finances publiques.
« 95 % des mesures adoptées par le Président de la République et le Gouvernement, lors des conseils de modernisation des politiques publiques, sont en cours de mise en œuvre. 75 % respectent le calendrier prévu. 20 % connaissent des retards ou des difficultés. Pour ces dernières, ainsi que pour les 5% de décisions encore non appliquées, des décisions correctrices et un nouveau calendrier ont été décidés ».
Eric Woerth a souligné qu’une nouvelle phase de la RGPP était en cours de lancement, parallèlement à ce dispositif de suivi de la mise en œuvre. Cela concerne notamment la gestion des opérateurs de l’Etat et une meilleure maîtrise des dépenses de fonctionnement. « Il est particulièrement nécessaire, pour préparer la France à la sortie de la crise, de dégager des marges de manœuvre et de concentrer les moyens publics sur les enjeux prioritaires ».
Le rapport fait le point sur l’avancement de la RGPP dans chacun des ministères. Nous nous arrêterons à la présentation qui concerne l’Education nationale et plus précisément l’école primaire.
Malgré un budget en progression sur les quinze dernières années et le dévouement de ses personnels, de nombreuses études françaises et internationales montrent une dégradation des résultats de notre enseignement scolaire.
Les réformes engagées au ministère de l’Éducation nationale ont donc pour objectif d’améliorer la performance du système éducatif et s’organisent autour de quatre axes :
La réforme de l’école primaire vise une amélioration sensible de la réussite scolaire.
Concrètement, il s’agit de mettre en place un système qui permettra de diviser par trois le nombre d’élèves en situation d’échec lourd à la sortie de l’école primaire. L’organisation de la semaine scolaire a été adaptée, permettant entre autres un renforcement de l’accompagnement des élèves en difficulté.
« Ce qui a déjà changé »
Des résultats ont d’ores et déjà été atteints sur plusieurs réformes.
- La semaine scolaire a été aménagée, et de nouveaux programmes ont été instaurés. L'organisation de la semaine scolaire a été revue : d'une durée de 4 jours ou 9 demi-journées, la semaine scolaire réserve désormais 2 heures aux élèves qui connaissent des difficultés dans chaque classe. Plus d’un million d’élèves connaissant des difficultés scolaires, soit 19,13%, sont désormais pris en charge dans les écoles primaires selon les modalités qui ont été proposées par le conseil des maîtres et validées par l’inspecteur de circonscription. Cette mesure doit directement permettre de réduire le recours au redoublement. Les résultats de la première évaluation nationale ont été rendus publics pour les CM2.
- Depuis la rentrée 2008, l’accompagnement éducatif est monté en puissance et des stages de remise à niveau sont proposés pendant les vacances scolaires.
- Comme les familles ont pu le constater, l’accueil des plus jeunes élèves lors des journées de grève est désormais généralisé.
- La disparition de la carte scolaire permet de plus en plus souvent de répondre positivement aux familles qui souhaitent inscrire leur enfant dans un autre établissement que celui de leur secteur.
Le rapport fixe également les objectifs qui ont pris du retard et doivent avancer prochainement. C'est le cas des EPEP, de la réforme des lycées, du développement de l'autonomie des établissements.
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Ce rapport d’étape appelle plusieurs commentaires.
Il énumère un certain nombre de réformes lancées par le ministère, certaines dans la douleur, sans qu’à aucun moment il ne soit fait état des difficultés rencontrées dans leur application sur le terrain.
Ainsi, le rapport se contente de citer la mise en place du SMA en cas de grève sans préciser qu’il a été nécessaire de l’adapter.
Il est faux de prétendre que la carte scolaire a disparu et il serait honnête de mentionner les conséquences néfastes de son assouplissement pour certains établissements (collèges) qui se sont vidés ou qui se transforment en ghettos.
Aucune allusion non plus aux nombreuses critiques émanant des parents et des municipalités sur l’organisation de la semaine de 4 jours. Plusieurs grandes villes souhaitent d’ailleurs modifier cette organisation et consultent actuellement enseignants et parents.
Curieusement, Eric Woerth passe sous silence les principaux résultats pourtant tangibles de l’application de la RGPP :
- les dizaines de milliers de suppressions de postes
- la disparition de 1500 postes de RASED
- la réduction de l’accueil en maternelle
- la suppression de stages de formation continue
- la difficulté de remplacement des maîtres absents
- la modification des règles de nomination (postes à profil)
- la valorisation et la modernisation du métier d’enseignant
- …etc.
Quant à la mise en place des EPEP, il s’agit davantage d’une longue « pause » que d’un retard. En effet, le retrait de la loi de finances des postes administratifs et la mise en sommeil de la proposition de loi portant création d’EPEP et pourtant déposée sur le bureau de l’Assemblée Nationale signifient plutôt abandon que recul. Comme nous l’avons déjà écrit, il est peu probable que cette réforme voie le jour avant la prochaine échéance présidentielle de 2012.
Sur ce site, nous n’avons cessé de rappeler que la RGPP correspond à une demande de « Bruxelles » et qu’elle n’a qu’une vision comptable des réformes qu’elle impose aux gouvernements de l’Union Européenne. (relire nos multiples articles sur la RGPP)
Nous continuerons donc d’observer ses implications dans les différents domaines de l’Education nationale et d’en dénoncer les effets pervers chaque fois qu’ils se feront sentir.
Publié le 15/05/2009 à 12h48 dans Analyses