Directeurs en lutte



L’année 2008 aura été marquée, dans le domaine de l’Education nationale, par une rafale d’annonces et de réformes qui ont souvent pris de court les enseignants, bien sûr, mais aussi les organisations syndicales.

Cours du samedi supprimés, nouveaux programmes, aide personnalisée, suppressions de postes, suppression de RASED, propos sur les enseignants de maternelle, annonce de la création d’EPEP, loi SMA, réforme du lycée…etc. Bref, de quoi donner le tournis à l’enseignant le plus serein !

Les médias ont abondamment commenté ce tourbillon de réformes. Pour les uns, la cohérence est évidente. Pour les autres, il ne s’agit que d’un fatras de mesures prises sans réflexion…

 

A coup sûr, ce que l’on retiendra le plus des mesures Darcos, ce sont les suppressions de postes par milliers (25 000 en 2 ans).

Posant le postulat que personne ne souhaite affaiblir les résultats scolaires de la jeunesse de son pays, tout un chacun se pose alors la question suivante : « Les dépenses de la France pour l’éducation sont-elles à ce point supérieures à celles des pays voisins comparables et les résultats scolaires de ses enfants sont-ils jugés à ce point excellents qu’on puisse réduire fortement les coûts sans nuire à la qualité de l’enseignement ? »

 

Sur le plan des dépenses, la réponse est fournie par l’OCDE :

L’Education nationale française dépense 5430 euros en moyenne par élève en primaire et secondaire, les Etats-Unis et la Suisse (8580 euros), les pays scandinaves, l’Autriche, le Canada (6000 à 6400). La moyenne de l’OCDE est 5343.

Pour le primaire, la France dépense 3575 euros, les pays européens 3861. Pour les collèges, 5434 contre 4648. Pour les Lycées, la France, avec 7150 contre 5362, est à égalité avec l’Allemagne, au quatrième rang européen, n’étant dépassée que par le Luxembourg (12 368), la Suisse (10 723) et la Norvège (8576).

La France consacre au primaire et secondaire (BTS compris), 4,2% de son PIB, plus que la moyenne de l’OCDE (3,9%). Mais elle est parmi les pays dont la part scolarisable de la population (5-14 ans) est la plus élevée. La part du privé, 0,3%, est aussi à la moyenne, elle est nettement plus élevée en Suisse, Grande Bretagne et Allemagne.

Les 5-14 ans suivent, au total, 7500 heures de cours contre une moyenne OCDE de 6800; l’écart est surtout important dans le secondaire.

La France compte 19,4 élèves par enseignant dans le primaire (moyenne OCDE 14,1).

On voit bien que  là où l’effort français est bien moindre, c’est dans le primaire. Dans l’ensemble, les temps d’enseignement imposés à nos enfants de 7 à 14 ans, sont parmi les plus élevés. Quant à la taille des classes, c’est encore le primaire, qui est moins bien loti en France qu'à l’étranger.

 

Quant aux résultats scolaires, ils n’ont rien d’exceptionnel. Selon l’enquête Pirls, les résultats sont décevants. 

Selon l’enquête Pisa, La France qui était 10ème en 2003 descend au 17ème rang, si l'on compare les mêmes pays en 2003 et 2006.

 

 

Alors parviendra-t-on à convaincre les enseignants de la nécessité d’une telle réforme ? Aussi, avons-nous essayé d’y voir plus clair et tenté de dénouer le fil rouge qui a guidé Xavier Darcos tout au long de cette année.

L’un de nos membres s’est transformé en petite souris et a ainsi pu assister, incognito, aux réunions préparatoires qui ont abouti à ces mesures.
Voici son récit…

 

 

7 mai 2007 : Nicolas Sarkozy est élu Président de la République.

 

10 juillet 2007, le Premier Ministre lance le chantier de la  "révision générale des politiques publiques" (RGPP). De nombreux pays de l’OCDE ont déjà commencé à réviser leurs politiques publiques. En clair, il s’agit de « rationaliser les dépenses publiques » pour réduire les déficits afin de satisfaire les exigences de Bruxelles. Le moyen le plus efficace, d’ailleurs énoncé par le candidat Sarkozy durant la campagne présidentielle, est de réduire le nombre de fonctionnaires d’Etat. Les consignes données par l’Elysée sont claires : ne pas remplacer un fonctionnaire partant à la retraite sur deux !

 

Automne 2007 : Réunion au « Château » (l’Elysée pour les non initiés) du G7 (les 7 chouchous du Président à savoir Xavier Bertrand, Brice Hortefeux, Luc Chatel, Laurent Wauquiez, Xavier Darcos, Eric Woerth, Nadine Morano).

 

Le Président  - Vous savez que dans quelques mois, je vais assurer la présidence de l’Union Européenne. Je veux que la France montre l’exemple et qu’elle diminue fortement ses déficits publics. Nous allons donc appliquer la RGPP. Je veux que chaque ministère me présente un plan d’économies digne de ce nom. Les premières décisions sont prises.

J’ai demandé à Rachida Dati de fermer environ 200 tribunaux : un TGI (Tribunal de Grande Instance) sur  8 et un TI (Tribunal d’Instance) sur 2.

Hervé Morin va poursuivre la réduction des effectifs dans l’Armée. De 2009 à 2014, nous supprimerons 54 000 emplois civils et militaires ainsi que de nombreuses unités (régiments).

J’ai demandé à Roselyne Bachelot de travailler sur la carte hospitalière : création des Agences régionales de santé, fusion d’établissements au sein de « communautés hospitalières publiques », fermeture d’hôpitaux de proximité, de services de chirurgie et de maternité ;

Bernard Kouchner a pour mission l’allègement du réseau diplomatique français : transformation d’une trentaine d’ambassades en postes de présence diplomatique simple à format allégé et simplifié, poursuite de la fermeture des consulats, notamment en Europe ;

Michèle Alliot-Marie a reçu sa feuille de route. Elle doit réformer la sécurité publique : suppression de 9500 postes en 3 ans (6000 dans la police et 3500 dans la gendarmerie).

Elle est également chargée de voir quelles sous-préfectures il est possible de fermer. Nous allons aussi entreprendre une réforme des services déconcentrés de l’Etat afin de réduire les grandes directions départementales ». 

 

S’adressant au ministre de l’Education nationale, le Président déclare : « Toi, Xavier, tu as décidé le non-remplacement d’un enseignant partant à la retraite sur 2 (environ 25 000 sur la période 2008-2009). C’est un bon début, Xavier, mais c’est nettement insuffisant. Je te rappelle que tu es à la tête du plus gros ministère. C’est sur toi que nous comptons le plus pour réduire les déficits… ».

 

Et le Président de conclure : « Voilà, messieurs, votre mission. Elle est impérative. Bousculez vos services, s’il le faut, mais qu’ils fassent preuve d’imagination. Je veux que les premiers résultats soient connus des Européens avant ma prise de fonction à la tête de l’Europe. Et surtout, n’oubliez pas de bien vendre vos réformes ! »

 

De retour dans son ministère, Xavier Darcos réunit ses principaux conseillers techniques ainsi que le conseiller à la communication de son Cabinet.

« Messieurs, je sors d’une réunion au Château. Le Président est furieux. Les mesures que nous avons déjà programmées sont insuffisantes à ses yeux. Je vous laisse une semaine pour m’en présenter de plus ambitieuses. Quant à vous, monsieur le conseiller à la communication, votre rôle consistera à « habiller » ces réformes pour mieux les faire passer aux yeux de l’opinion et des syndicats.

Vous devez tous faire preuve d’imagination et surtout, ayez toujours présentes à l’esprit les 4 lettres R.G.P.P. »


 

Une semaine plus tard, Xavier Darcos réunit ses conseillers...

 

X. Darcos  - Je vous écoute, messieurs. 

 

Le conseiller chargé des collèges  - Je propose une refonte des collèges. Nous pourrions fermer progressivement les petits collèges de moins de 200 élèves en zone rurale, et de moins de 250 en zone urbaine.

 

Le conseiller à la communication  - Pour faire passer cette mesure, vous évoquez tout simplement la mutualisation des moyens dans les départements… On fera faire 2 ou 3 rapports qui montreront la nécessité d’aller dans ce sens.

 

Le conseiller à l’enseignement scolaire  - Monsieur le ministre, nous avons une vaste réforme à vous proposer. Une réforme qui comporte plusieurs volets mais, vous le verrez, tout s’enchaîne de façon très logique.

D’abord, supprimer les cours du samedi matin. Moins d’heures pour les élèves, on se rapproche de la moyenne européenne. Les enseignants conservent leur volume horaire. L’opinion ne comprendrait pas qu’ils travaillent moins.

Ensuite, devons revoir les programmes. Il convient naturellement de les alléger pour répondre à la réduction de l’horaire scolaire.

 

Le conseiller à la communication  - Nous en profitons pour revenir aux fondamentaux. C’est ce que notre électorat attend de nous : des méthodes traditionnelles qui ont fait leurs preuves.

 

Le conseiller à l’enseignement spécialisé  - dans la même logique de réduire l’échec scolaire, nous pourrions demander aux enseignants de prendre en charge les enfants en difficulté, par petits groupes, à raison de 2 heures par semaine, après les cours, le midi ou le soir...

 

X. Darcos  - je vous rappelle, messieurs, que nous devons suivre le fil rouge de la RGPP. C’est la mission que nous confie le Président.

 

Le conseiller à la communication  - Justement, monsieur le ministre… Nous sommes dans le droit fil des obligations de la RGPP… Puisque les enseignants ont 2 heures pour assurer une aide personnalisée, nous pouvons supprimer les RASED qui n’ont plus lieu d’être… Nous économisons 3000 postes par an pendant 3 ans…

 

X. Darcos  - mais c’est génial, messieurs. Vous avez d’autres idées de cet acabit ?

 

Le conseiller à l’enseignement préscolaire  - Nous pouvons probablement récupérer des postes en première année de maternelle. En quelques années, le taux d’accueil des élèves âgés de deux ans est passé de plus d’un tiers à un seulement un cinquième (20,9 % à la rentrée de 2007). Je propose de poursuivre cette évolution.

 

X. Darcos  - Les Français sont attachés à leur maternelle…

 

Le conseiller à la communication  - C’est exact. Aussi, j’ai pensé à un argument qui peut faire mouche. Il vous suffirait de déclarer : "Est-ce qu’il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits de l’Etat, que nous fassions passer des concours à bac + 5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ?"

 

X. Darcos  - Très juste. Merci. Quoi d’autre ?

 

Le conseiller chargé des regroupements d’écoles  - Pour ma part, j’ai envisagé de relancer les EPEP. En regroupant les établissements, on peut espérer diviser le nombre d’écoles par 2 environ…

 

X. Darcos  - Sujet sensible. Les syndicats s’y sont toujours opposés…

 

Le conseiller à la communication  - Pour éviter qu’on ne prenne cette mesure pour une provocation, nous commanderons là aussi quelques rapports qui iront dans le sens de ceux dont nous disposons déjà. Je suggère que nous demandions à quelques parlementaires de déposer une proposition de loi sur le sujet. Ainsi, ce serait un souhait des représentants du peuple et les syndicats auraient plus de mal à combattre cette réforme…

 

Le conseiller aux relations avec les associations  - Il est possible de grappiller quelques centaines de postes dans les associations qui gravitent autour de l’école notamment en réintégrant les enseignants mis-à-disposition…

 

X. Darcos  - Vous semblez faire fi des réactions syndicales… Les syndicats vont organiser grèves et manifestations.

 

Le conseiller à la communication  - Le risque n’est pas mince, en effet. Aussi, monsieur le ministre, avons-nous pensé qu’il serait temps de créer un service minimum d’accueil dans les écoles. Mais il faut le faire par la loi : la loi SMA. Nous aurons mis les syndicats sous l’éteignoir le jour où le Président pourra affirmer : "désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit"…

 

X. Darcos  - Tout cela est excellent, messieurs. Vous avez fait preuve d’imagination pour coller aux impératifs de la RGPP et je vous en félicite. Nous allons nous arrêter là aujourd’hui. Je dois maintenant assister à la réunion du G7. Le Président compte faire le point sur l’avancement de la RGPP…

Je vous laisse une semaine pour me proposer des réformes sur le lycée. Mais attention toujours de la même veine... N’oubliez pas de suivre le fil rouge de la RGPP. Il vous faut travailler à la fois sur la réduction d’heures de cours aux élèves et sur la dotation globale horaire. Il y a là un gisement de postes à récupérer. Mais attention : comme pour le primaire, essayez de trouver une cohérence plausible dans ce que vous me proposerez. Il ne faut pas que nos réformes donnent l’impression de n’exister que pour supprimer des postes… ».

 

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Notre petite souris nous a dit : « Toute ressemblance avec des faits existants ou ayant existé serait fortuite ou involontaire... »

Néanmoins, d’après le Canard Enchaîné du 22 octobre 2008, Xavier Darcos aurait confié à ses collaborateurs :

« La plupart des mesures que je prends servent surtout d’habillage aux suppressions de postes. »

 


Le ministre a tellement collé aux impératifs de la RGPP, en suivant le fil conducteur de réduction des déficits qu’il en a oublié que ce fil rouge pouvait ressembler à un élastique…

 

Or, chacun le sait, quand on tire trop sur un élastique, il arrive qu’il casse…


 

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Dim 4 jan 2009 28 commentaires

Première incartade sur le site en 2009... Bonne année à tous. Que pourrait-on espérer de mieux qu'un statut ? Ce serait un joli cadeau, non ?
J'adore la petite souris... Au-delà de ce qu'elle nous relate, je retiens surtout que toutes les réformes de notre ministre ont été raccrochées à cette fameuse RGPP dont vous nous parlez depuis quelques mois.
Quand on relie ce qui se passe dans l'EN à ce qu'on entend dans les autres ministères, on comprend mieux ce qui motive nos ministres : des économies à tout prix plutôt qu'une amélioration du fonctionnement des administrations. C'est évident.
C'est vrai qu'on peut faire cette lecture des réformes comme nous y invite la petite souris. J'avais du mal à y croire tant ça parait gros mais, de plus en plus, je me demande si la vérité n'est pas là où vous nous la montrez. N'empêche, c'est extrêmement décevant car on s'aperçoit à quel point on peut être manipulé. Moi qui me faisais encore quelques illusions sur les hommes politiques...

Delphine IA78 - le 04/01/2009 à 14h30
"nous commanderons là aussi quelques rapports qui iront dans le sens de ceux dont nous disposons déjà. Je suggère que nous demandions à quelques parlementaires de déposer une proposition de loi sur le sujet."

Vous nous racontez cet épisode imaginé sur le ton de la plaisanterie. Mais savez-vous que c'est comme ça qu'on a voulu nous faire avaler la pilule ? Une évidence.
Quant à faire faire quelques rapports qui vont dans le sens que l'on souhaite, ça n'a rien de nouveau. C'est toujours comme ça que les ministres procèdent. Il se trouve toujours un inspecteur général qui va accepter ce qu'on lui "impose"...
Après cela, on s'étonne que les gens descendent dans la rue alors qu'on "croyait" connaître leurs desiderata... Ben voyons !
En conclusion de l'article, vous auriez pu indiquer que notre ministre a eu un fameux retour de boomerang qui va l'inciter à plus de prudence pour relancer ces EPEP dont personne ne veut. Et indiquer aussi que nos 3 parlementaires vont avoir (ou ont déjà eu) comme consigne de remballer "leur beau projet"...
Je rappelle quand même, il ne faudrait pas l'oublier, que c'est le fruit de luttes syndicales... Heureusement que certains y ont cru...
Dedel - le 04/01/2009 à 15h10
A toute chose malheur est bon...

Pas trop tôt que certains ouvrent les yeux sur les réformes concoctées depuis 1 an !!!
L'enrobage était tellement beau que certains, ici et sur un autre site, se sont laissés enfumés par un discours complètement inique.
Rien n'était bon dans ce qui a été proposé. Tout avait une odeur de fric à économiser. Et pourtant ça a marché pendant presque 1 an !

La maternelle, la classe de TPS avec ses couches... Bien sûr qu'on peut s'interroger sur l'efficacité de l'école à cet âge. Mais faudrait peut-être d'abord créer les structures de remplacement (jardin d'éveil, crèche...). L'objectif du gouvernement, c'était de faire des économies en refilant le bébé et l'eau du bain aux collectivités territoriales.
Démasqué.

Les RASED... Là encore, le discours a pu séduire (être plus proche des écoles et des élèves en difficulté, moins de saupoudrage donc plus d'efficacité...). Tout ça pour économiser des postes.
Démasqué.

Les EPEP... Ah les EPEP qui en ont fait saliver plus d'un ! Là, l'objectif était double.
1- Regrouper donc économiser des postes (en rationalisant les moyens comme ils disent...)
2- Contourner les instits rétifs aux réformes. Les IEN n'étant pas assez proches du terrain, fallait trouver des pigeons pour leur faire jouer le rôle de contrôleur. Comment ? En nommant des super dirlos et leur faire endosser un habit trop grand pour eux puis les enjoindre de relayer le message sur le terrain.
Démasqué.

Bon, maintenant, on va avoir la paix un certain nombre de mois. Bien sûr, les postes supprimés ne reviendront pas. Mais les maternelles vont pouvoir respirer.
Les RASED aussi. La "remise" sur le terrain s'arrêtera là. On limite les dégats.
Les EPEP sont passés du stade de projet à celui de virtuel. Une bonne chose. Ceusses qui s'y voyaient déjà, ben... faudra qu'ils se fassent une raison ou qu'ils postulent dans le secondaire.

Oui, à toute chose malheur est bon.
Théo62 - le 05/01/2009 à 09h23

Le malheur n'est jamais bon, et les slogans, forcément  réducteurs, sont fatals.

 

Quelle casse a-t-on limité Théo?

L'école sort plus solide avec le SMA, les stages, le soutien et des partenaires, avec statut, toujours plus exigeants. Nous voilà encore plus dépendants des « autorités » locales et académiques.

 

Que l'objectif soit l'économie budgétaire (suppression de postes) est une évidence, qui le découvre?

Mais surtout, qui reviendra sur ces suppressions de postes?

 

et peux-tu me dire:

> En quoi le fait de vouloir faire des économies est-il  répréhensible en soi? (je ne parle pas des domaines dans lesquels on économise, mais du choix de faire des économies dans l’EN).

> En quoi la mutualisation des moyens est-elle une solution aberrante? (les instits étant les inventeurs des mutuelles, des fanas du regroupement!).

 

• je te signale, mais est-ce utile, que les regroupements d'écoles se font par centaines chaque année et que dans le même temps des milliers de postes de directeurs restent vacants...

 

Ceux qui s'y croient, qui se la "pètent", sont ce qui ont le discours victorieux quand ils enfoncent des portes ouvertes ou qu’ils démasquent des évidences.

 

 

2- Contourner les instits rétifs aux réformes. Les IEN n'étant pas assez proches du terrain, fallait trouver des pigeons pour leur faire jouer le rôle de contrôleur. Comment ? En nommant des super dirlos et leur faire endosser un habit trop grand pour eux puis les enjoindre de relayer le message sur le terrain.

Démasqué. 

Que de calembredaines en quelques lignes! 

> Un IEN n’a pas de pouvoir sur le fonctionnement d’une école, aucune responsabilité ni en matière de sécurité ni en matière d’organisation.

Serait-ce bien raisonnable de les leur confier ?

Les pigeons, vous les avez déjà sous la main. Ils sont justement pigeons parce qu’ils ne sont pas protégés par un statut.

• qui assume les sorties scolaires (Loi S.Royal)

• qui autorise les intervenants extérieurs

• qui doit renseigner BE

• qui doit monter le PPMS

• qui signe les PAI

• qui est responsable des RAN

… Les IEN ?

Il faut remettre les choses à l’endroit Théo, et arrêter de nous prendre pour des oies (pour rester dans la volaille).

C’est parce que l’école va mal qu’il faut la consolider, la reconnaître et l’installer dans le paysage juridique.

Nous n’avons rien gagner, nous perdons chaque fois un peu plus.

La voilà « leur » stratégie, et vous, vous vous en gargarisez…


Pierrot - le 05/01/2009 à 11h20
@ Pierrot
Tu es membre des jeunes UMP pour défendre avec une telle force les réformes calamiteuses de 2008 ?

"L'école sort plus solide avec le SMA, les stages, le soutien..."

Tu es bien le seul à défendre le SMA. Vaste blague, mon ami. Quad on sait que les maîtres absents ne sont même plus remplacés, qu'on peut avoir une classe sans enseignant pendant des jours et des jours, voire presque 2 semaines comme ça nous est arrivé en décembre...

Le soutien... Sais-tu ce qu'en dit le sociologue François Dubet ?

"Il faut être bien ignorant de la chose scolaire pour penser que les élèves étiquetés faibles et qui feront du soutien entre midi et quatorze heures en profiteront vraiment et se débarrasseront un jour de leur étiquette « d’élève en difficulté »"

Mais toi, tu défends une telle énormité ! Tu ne te sens pas trop seul dans ce rôle ingrat ?

Et tu oses écrire :

"En quoi le fait de vouloir faire des économies est-il  répréhensible en soi? (je ne parle pas des domaines dans lesquels on économise, mais du choix de faire des économies dans l’EN)."

Aucun doute, tu es "carté UMP". Le parti pris t'aveugle, garçon ! Comment ne pas voir que c'est le service public que l'on casse ?

Et en plus, je ne me trompe pas ? c'est bien toi LE fervent défenseur des EPE (mouture alambiquée des EPEP). Ah ! Oui, d'accord... c'est bien ce qui me semblait... OK. J'ai compris.
Szyckx - le 05/01/2009 à 13h22

Navré, j'ai oublié le point d'interrogation.

L'école sort plus solide avec le SMA, les stages, le soutien et des partenaires, avec statut, toujours plus exigeants?

 

NON! Je ne suis ni jeune, ni, UMP! (J’ai été adjoint de la seule commune de gauche du littoral de ma région.).

Mais on a droit de l’être, et je ne vois pas ce que cela vient faire ici. Comme s'il fallait être UMP pour être aveuglé...

Je voulais juste répondre à ceux qui crient victoire, que l'école sortait encore plus affaiblie par ces dernières "nouveautés". Que le "coup d'arrêt" est un leurre et qu'il est donné, comme  à chaque fois, quand on attaque la partie des moyens que l'on donne à l'école. Je parle ici du lieu, pas de l'Institution.

 

Donc, je ne défends en rien ces pseudo réformes, prises à la va-vite (donc ce ne sont pas des réformes) et n'ayant qu'un objectif politicien.

 

Par contre j'assume parfaitement ma phrase sur la rigueur indispensable de la gestion de nos Institutions.

C'est la moindre des choses de rationaliser les moyens quand on parle de service public.

Ce n'est pas le fait de faire des économies qui me gêne, mais  les choix opérés pour les faire. 

 

 

Enfin, ne fais pas celui qui a tout compris, tu n'as rien compris...

L'Autonomie des écoles est une nécessité.

Le terme juridique pour lui donner personne morale c'est "établissement public": EP!

Le mot "établissement" te gêne, ou peut-être "public"?

Là encore les termes ne sont pas important, c'est le contenu qui l'est.

> soit on dit NIET, et ça passera sans nous, mais peut-être avec les Maires ou les collèges.

>soit on regarde les avantages à en tirer et on travaille pour que ces EPE (écoles, tout simplement) puissent garder leur caractère, leur spécificité tout en bénéficiant d'un outil efficace à leur fonctionnement.

C'est ce qui s'appelle "réformer".

Mais là, Obstacle...

L'Autonomie ne peut faire peur qu'aux Jacobins, aux réacs, aux centralisateurs de tous poils. Ceux qui se vautrent dans le cataclysmique et la démagogie afin de ne pas partager leur, souvent petit, pouvoir. De ces personnages, il y a en sous toutes les couleurs de cartes. Voilà pourquoi les EPEP sont facilement remisés.

 

Ce qui me sidère, c'est qu'ils trouvent de braves soldats, prompts à baptiser celui qui pense différemment du nom honni (ici UMP) afin de se donner bonne conscience en appuyant sur la gâchette.

 

Ben non, je ne suis pas UMP, je vote (et milite) à gauche, mais j'ai une tare, c'est vrai, je suis réformiste, et accepte que l’on puisse avoir d’autres visions que la mienne.

D'ailleurs, là-dessus, même s'il traite de la réforme des lycées, l'article de Meirieu (dans le dernier Monde de l'Educ) est très intéressant...


Pierrot - le 05/01/2009 à 14h54
Je ne comprends même pas pourquoi vous vous fatiguez à remettre les EPEP sur le tapis.
Faut bien vous mettre dans la tête, Pierrot et les autres, que les EPEP, C'EST FINI !!!
Darcos a bien compris que de toute façon il ne serait pas suivi par les maires qui n'ont pas envie de racker une fois de plus. Ils en ont marre. Du coup, ça ne servirait plus à rien si ce n'est à entrer en guéguerre avec les syndicats...
Comme Darcos a eu son compte de grèves (et c'est pas terminé) le pauvre il lève le drapeau blanc.
Alors, ne passez plus vos nuits à rêver des EPEP, c'est fini. Oui, FINI !!!
Ralbol - le 05/01/2009 à 16h02
Mes nuits sont plus belles que tes jours, Ralbol.

Que Darcos soit fini, même si en politique faut faire gaffe au retour de flamme, je suis d'accord et tant mieux.
Mais:
-Les Maires veulent des EPEP, ils en réclament même la présidence.

Il ne sont pas les seuls a en vouloir:
- La FCPE, dans les conclusions de la commission Thélot, s'est prononcée pour, la PEEP aussi.
- la CFTC-éduc, le SNE, @venir école, le SGEN(qui veut confier la direction à un IEN ou un CP) et d'une certaine manière le SE (eux demandent de passer par une expérimentation) sont plutôt pour...
reste la FSU.
Or, au MEN (et ailleurs) on sait bien que, de toutes les façons la FSU ne signe pas. Reste qu'ils sont dans une opposition "molle", de posture, et sauront être pragmatiques au moment de la désignation des directeurs (ils nous ont déjà fait le coup en 87!).

> Reiss, et c'est lui qui nous l'a dit, pas la petite souris, tient au projet. Il continue ses consultations et prétend même que des associations et des personnalités ont demandé à être auditionnées.
Or, le parlement a acquis de nouveaux droit...

Quant à Darcos, son compte se jouera avec les lycéens et pas avec (ou contre) les enseignants.

La politique, c'est un peu comme le foot, tout le monde a son avis.
On devrait quand même rester sur nos gardes.
Bertrand à la tête de l'UMP, c'est pas pour faire du tricot, c'est pour préparer 2012.
Or, si Sarko brigue un 2° mandat, il faudra qu'il garde ses voix à droite = peu de "reculade" à envisager avant 2011.
Donc ce n'est pas fini, faut se préparer (je rappelle qu'il suffit d'un décret pour lancer les expérimentations...) 
Pierrot - le 05/01/2009 à 17h14
Analyse lue dans Libération et qui va plutôt dans le sens de l'article de ce blog. Aussi je le mets à disposition de tous car il apporte un éclairage qui en dit long sur la crédibilité perdue du ministre.

Xavier Darcos, la réforme en louvoyant

 

VÉRONIQUE SOULÉ - Libération

 

L’année qui commence s’annonce à haut risque pour Xavier Darcos. Le ministre de l’Education va-t-il pouvoir continuer à réformer tout en tenant bon sur les suppressions de postes ? Ou face à la grogne, devra-t-il encore reculer au nom de la paix sociale ? Tout porte à croire qu’il devra sérieusement ralentir le train et prendre le temps de dialoguer. Le mois de janvier pourrait être décisif. Dès le 8, les organisations lycéennes appellent à une journée d’action afin de remobiliser les troupes après les vacances (lire aussi page 16). Le 17, les enseignants, les parents d’élèves et les lycéens manifesteront contre la politique éducative. Enfin, point d’orgue, les fédérations de l’éducation vont participer à la journée nationale du 29 janvier à laquelle ont appelé tous les grands syndicats.

 

Le problème est qu’en ce début d’année, le ministre se trouve face à la même contradiction : il lui faut toujours convaincre qu’il réforme pour améliorer le système éducatif et non pas pour justifier les suppressions de postes - 11 200 à la rentrée 20008, 13 500 en 2009, encore 10 000 au moins en 2010… Toute l’année 2008, il s’est déjà évertué à démontrer la sincérité de ses intentions réformatrices. En vain. Les syndicats sont restés sceptiques. Les lycéens eux-mêmes, qui n’y étaient pas hostiles au départ, ont très vite vu dans la réforme du lycée une façon de leur préparer un enseignement «au rabais».

 

Dette. C’est que, au-delà du contenu des réformes, Xavier Darcos a péché par la méthode. S’inspirant de Nicolas Sarkozy, il a expliqué que le temps manquait pour de longues et interminables négociations avec des syndicats par ailleurs jugés «démodés» et rétifs au changement. Il fallait faire vite, disait-il, afin de ne pas laisser une dette démesurée aux générations futures… Il a donc préparé ses réformes en petit comité, officiellement pour ne pas s’enliser, puis consulté à la va vite - les enseignants du primaire ont eu une demi-journée pour étudier les nouveaux programmes -, et enfin conclu à la hussarde.

 

Abonné. Pour convaincre, le ministre a tout misé sur la «com». Il s’agissait avant tout de séduire les familles, ces parents soucieux de la réussite de leurs enfants, bien plus «ouverts» que les enseignants accrochés à leurs habitudes… Xavier Darcos est alors devenu un abonné des médias - sur une chaîne d’infos en continu au petit matin, à un grand journal télé du soir, avec entre-temps un chat sur un site d’informations, une interview sur une radio, etc.

 

Durant toute l’année 2008, on a ainsi eu droit à une rafale d’annonces. Ce fut un jour la suppression du samedi matin dans le primaire, puis l’annonce de l’«évolution du bac», suivie de peu par celle de son maintien, l’annonce de la semaine des quatre jours dans les écoles, puis celle de quatre jours et demi, avec le mercredi matin, dans celles qui le souhaitent, l’annonce encore de stages de rattrapage gratuits pendant les vacances, complétée par celle de stages d’anglais, puis pourquoi pas d’allemand, etc. Il y eut aussi des annonces d’annonces - le suspense a été particulièrement nourri sur la réforme du lycée, avec l’annonce des grandes lignes en juillet, puis de l’architecture générale de la seconde en octobre, les détails étant promis pour décembre - ou encore d’annonces pour tester - l’accompagnement individualisé prévu en seconde est resté flou jusqu’au bout. Le résultat de ce brouhaha a été un brouillage du message ministériel. Sur le lycée par exemple, on avait cru comprendre que le ministre voulait réformer de fond en comble en s’inspirant du modèle finlandais.

 

Mais à la rentrée, il parlait de quelque chose de «plus raisonnable». Que fallait-il croire ?

Simultanément, les syndicats, mécontents d’être si peu consultés, se sont braqués. Exaspérés d’apprendre dans la presse ce qui allait changer dans leurs classes, les enseignants ont peu à peu perdu confiance dans ce ministre qu’ils avaient pourtant bien accueilli. «Je serai le ministre de l’Explication nationale», a promis Xavier Darcos au lendemain du report de la réforme du lycée le 15 décembre. Mais la formulation est ambiguë. Si le ministre, qui s’estime victime d’une campagne de désinformation, veut expliquer en quoi ses réformes sont bonnes, il risque d’être mal reçu. S’il cherche à rétablir le dialogue, il lui faudra argumenter. Les suppressions de postes, comme les économies pour les générations futures, passent mal : on lui rétorquera qu’en temps de crise, l’un des meilleurs investissements reste l’éducation.




VALMORI Patrick - le 05/01/2009 à 22h58
@ Pierrot

Difficile de te suivre quand tu affirmes que -Les Maires veulent des EPEP, ils en réclament même la présidence.

Je te rappelle les réactions de l'AMF et de l'ANDEV :

En février 2007, lors de l’annonce de l’expérimentation d’EPEP, l’Association des Maires de France (AMF) a déclaré :

« Les maires sont très réservés quant au principe d'attribuer aux écoles primaires le statut d'établissement public autonome en raison notamment du fort attachement qu'ils ont au lien communes-écoles et des coûts supplémentaires que ce mode de gestion risque d'engendrer ».

 

Le 26 septembre 2008, dans un communiqué, L'Andev (Association nationale des directeurs de l'éducation des villes de France) estime que cette proposition de loi créant les EPEP est "un coup de force, de nature à empêcher au bout du compte toute réelle évolution en profondeur du fonctionnement de l'école, en lien avec les politiques éducatives locales".

Pas tout à fait ce que tu déclares, Pierrot...

Dedel - le 05/01/2009 à 23h14