Directeurs en lutte


Face à la contestation, le ministre est contraint de changer de ton. Aux défilés de lycéens contre les réformes Darcos se sont ajoutées des manifestations de parents et enseignants à l'appel du collectif « L'Éducation est notre avenir ».


Malgré les rodomontades d’après manifestation du genre “même pas peur”, on voit bien que Xavier Darcos semble reculer après chaque manifestation ; ça ressemble de plus en plus à un recul.

Sur Europe 1, à la question de savoir si le ministre allait revoir ses réformes, M. Darcos a répondu : “je ne suis pas ministre de l’hésitation nationale, j’ai un devoir pour les générations futures”. Problème pour le ministre : les générations présentes peinent à imaginer un futur. Quand elles l’entrevoient, c’est d’un mauvais œil.

 

Depuis la grève réussie du 20 novembre, le ministre de l’Education Xavier Darcos a singulièrement modéré le ton. Sans vouloir céder sur le fond de ses réformes, il semble désormais prêt à des concessions.

 

 

La maternelle

 

Confronté à une contestation tous azimuts, le ministre a d’abord tenté de désamorcer la colère dans le primaire. «Si j’ai blessé les enseignants de maternelle parce qu’on a déformé mes propos, je leur présente tous mes regrets et mes excuses», a-t-il déclaré le 3 décembre.

Il ajoute «nous accueillons tous les enfants de trois ans sans exception et là où c’est possible ou nécessaire, nous accueillons les enfants plus jeunes, les 2-3 ans».

 

 

La réforme du lycée

 

Le projet de réforme du lycée se réduit comme peau de chagrin. On verra ce qu’il en est pour la seconde dont le projet final sera présenté mardi prochain. Mais le recul semble réel pour la Première et la Terminale. Alors qu’initialement, il était envisagé de supprimer les filières voilà qu’il déclare que pour «la première et la terminale, nous n’avons pas d’intentions extrêmement novatrices dans ce domaine, parce que vous retrouverez toujours des dominantes, qui sont le professionnel, le technologique, le littéraire, l’économique et les scientifiques, c’est très difficile d’imaginer autre chose».



Le service minimum d’accueil (SMA)

 

Sur ce dossier aussi, X. Darcos a reculé. Recevant les maires très remontés contre ce transfert de charges, il a indiqué que le dispositif serait aménagé pour les petites communes. Les poursuites judiciaires seront abandonnées contre elles.

 

 

Les RASED

 

Il a aussi quelque peu cédé sur la question des maîtres spécialisés dans la difficulté scolaire. Quelque 3 000 postes vont bien être supprimés en 2009. Mais il a précisé que la saignée s’arrêterait là.

 

 

Les EPEP

 

Lors d’une audience accordée au SE-Unsa le 5 décembre dernier, concernant les EPEP, en réponse à un exemple d’un nouveau passage en force à ne pas commettre, le ministre a fait comprendre que, « nonobstant la proposition de loi émanant d’un groupe de trois députés, il n’ouvrirait pas ce dossier ».

 

 

Comme nous n’avons cessé de l’écrire dans nos derniers articles, le ministre sort considérablement affaibli de la grève réussie et de la mobilisation importante du 20 novembre, de l’échec partiel de la mise en œuvre du SMA le même jour, de la forte contestation des élus, des élections professionnelles qui ont mis en évidence une poussée des votes protestataires…

X. Darcos est donc contraint de battre en retraite sur de nombreux dossiers épineux… Sans oublier la contestation du monde lycéen qui peine à s’arrêter et qui donne des sueurs froides à tout gouvernement… Il faut dire que les ministres de l'Education destitués à la suite de mobilisation lycéenne d'ampleur ne sont pas rares.

 

 

Quelques articles à lire ou relire :

 

Grèves, EPEP et directeurs…

Ministre affaibli, syndicats renforcés... un air de déjà vu...

Un début décembre chaud, chaud, chaud…

Elections professionnelles 2008 : résultats sans surprise

 

 

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Ven 12 déc 2008 30 commentaires

Que des bonnes nouvelles... Pas du fait du hasard, non plus. C'est le fruit d'une grande mobilisation que nous avons réussie à mettre sur pied.
Pour les sceptiques de la nécessité d'avoir des syndicats puissants, c'est aussi une belle leçon...
Concernant les EPEP, on le savait que le projet s'arrêterait là. De toute façon, on y veillera. Pas question de laisser passer une réforme aussi néfaste. 

Dedel - le 12/12/2008 à 10h43
Nous voilà repartis dans l'immobilisme. Comme d'habitude ! Et qui sont les dindons de la farce, encore une fois ?
PouK - le 12/12/2008 à 11h13
"Bonnes nouvelles" ... tout est relatifs, mais pour moi, ne plus réformer n'est vraiment pas une bonne nouvelle !!! Ca fait 20ans que c'est comme ca, et les syndicats font tout ce qu'il faut pour que cela continue !! :(
Fanouch - le 12/12/2008 à 12h12
"ne plus réformer n'est vraiment pas une bonne nouvelle "

T'appelles ça des réformes, Fanouch ?
Transformer les écoles en machines infernales type collège, ça n'intéresse personne !
Hormis une poignée de collègues en mal de pouvoir hiérarchique, la grande majorité ne veut pas travailler dans ces usines à gaz sous la domination d'élus zélés qui obligent un pauvre dirlo à faire marcher au pas ses sbires. On ne pourra plus dire "adjoints" puisqu'il y aura la barrière de la hiérarchie.
L'école mérite mieux et on ne va pleurer parce que quelques types sont déçus à l'idée de ne pas être "chef"...
Ralbol - le 12/12/2008 à 12h51
"Glaciation", "immobilisme", certes et l'on n'a pas tort ! Mais peut-être momentanément !

Car si l'on accepte l'hypothèse que les politiques conduites actuellement sont dictées par des objectifs purement comptables ou conformément à des directives implicites européennes, on peut émettre l'idée que ce qui sort par une porte (petite) peut revenir dans quelque temps par une autre ! La législature actuelle ne s'est pas arrêtée au lendemain des élections du 2 décembre 2 008 ; le gouvernement actuel dispose encore de temps devant lui et des instances de pouvoir qu'il maîtrise.

Dans ce domaine-là, les cris de victoire doivent être relativisés pour satisfaire ceux qui se sont "mobilisés" et que l'on continuera à (im)mobiliser avec des promesses futures sur des futurs combats...

Encore une occasion ratée ou tout au moins repoussée à plus tard de voir l'école changer et la situation des directeurs se modifier dans le sens d'une plus grande reconnaissance statutaire.
henri - le 12/12/2008 à 12h58
Transformer les écoles en machines infernales type collège, ça n'intéresse personne !  
Si,Si, Lucifer et quelques uns de ses sbires  principaux des collèges, certains élus. 

Hormis une poignée de collègues en mal de pouvoir hiérarchique, la grande majorité ne veut pas travailler dans ces usines à gaz sous la domination d'élus zélés qui obligent un pauvre dirlo à faire marcher au pas ses sbires.
Respirez!

On ne pourra plus dire "adjoints" puisqu'il y aura la barrière de la hiérarchie. 

Tu devrais passer à 2 cachets Ralbol. 
On n'est pas loin des vacances, ça serait bête d'attraper un coup de sang.
Là, une bonne cure de sommeil et du vin chaud, et tu verras, ça retape!. 
Pierrot - le 12/12/2008 à 13h19
J'interviens, en réponse à Henri, davantage sous l'angle économique que polémique.

[…si l'on accepte l'hypothèse que les politiques conduites actuellement sont dictées par des objectifs purement comptables ou conformément à des directives implicites européennes, on peut émettre l'idée que ce qui sort par une porte (petite) peut revenir dans quelque temps par une autre ! La législature actuelle ne s'est pas arrêtée au lendemain des élections du 2 décembre 2 008 ; le gouvernement actuel dispose encore de temps devant lui et des instances de pouvoir qu'il maîtrise].

C’est plus qu’une hypothèse, c’est la réalité. Et tu as raison de dire que les mesures comptables dictées par des impératifs de gestion des déficits publics ne seront pas abandonnés.

Tout dépend de ce qu’on considère comme étant de nature à réaliser des économies substantielles. Les EPEP n’en sont pas vraiment. Ils pourraient le devenir mais le ministère sait bien que les élus locaux ne sont pas suffisamment prêts à aller dans ce sens surtout en cette période de repli sur soi. Je suis persuadé que le gouvernement va remiser ce projet dans un carton qui va prendre la poussière pendant de longues années. Il faudra attendre que la situation économique des communes leur permette de retrouver un moral favorisant des initiatives de regroupement. On en est loin, très loin.

D’autres mesures, en revanche, continueront d’être prises quelque soit leur degré d’impopularité. Je veux citer les suppressions de postes. Car le bénéfice est immédiat et se répercute sur des dizaines d’années. On rejoint le concept de la RGPP qui s’impose aux pays européens.

Le reste, c’est du domaine du symbole si l’on se réfère aux bénéfices financiers que le pays peut en tirer. Le gouvernement l’abandonnera d’autant plus facilement qu’il donnera l’impression d’écouter les doléances des enseignants et de mieux être en phase avec eux. Les syndicats auront eux aussi l’impression d’avoir été entendus. Certains appellent ça : « gagnant / gagnant ». Façon de voir les choses… 

Froment - le 12/12/2008 à 13h19
J'interviens, en réponse à Henri, davantage sous l'angle économique que polémique.

[…si l'on accepte l'hypothèse que les politiques conduites actuellement sont dictées par des objectifs purement comptables ou conformément à des directives implicites européennes, on peut émettre l'idée que ce qui sort par une porte (petite) peut revenir dans quelque temps par une autre ! La législature actuelle ne s'est pas arrêtée au lendemain des élections du 2 décembre 2 008 ; le gouvernement actuel dispose encore de temps devant lui et des instances de pouvoir qu'il maîtrise].

C’est plus qu’une hypothèse, c’est la réalité. Et tu as raison de dire que les mesures comptables dictées par des impératifs de gestion des déficits publics ne seront pas abandonnés.

Tout dépend de ce qu’on considère comme étant de nature à réaliser des économies substantielles. Les EPEP n’en sont pas vraiment. Ils pourraient le devenir mais le ministère sait bien que les élus locaux ne sont pas suffisamment prêts à aller dans ce sens surtout en cette période de repli sur soi. Je suis persuadé que le gouvernement va remiser ce projet dans un carton qui va prendre la poussière pendant de longues années. Il faudra attendre que la situation économique des communes leur permette de retrouver un moral favorisant des initiatives de regroupement. On en est loin, très loin.

D’autres mesures, en revanche, continueront d’être prises quelque soit leur degré d’impopularité. Je veux citer les suppressions de postes. Car le bénéfice est immédiat et se répercute sur des dizaines d’années. On rejoint le concept de la RGPP qui s’impose aux pays européens.

Le reste, c’est du domaine du symbole si l’on se réfère aux bénéfices financiers que le pays peut en tirer. Le gouvernement l’abandonnera d’autant plus facilement qu’il donnera l’impression d’écouter les doléances des enseignants et de mieux être en phase avec eux. Les syndicats auront eux aussi l’impression d’avoir été entendus. Certains appellent ça : « gagnant / gagnant ». Façon de voir les choses… 

Froment - le 12/12/2008 à 13h19
Transformer les écoles en machines infernales type collège, ça n'intéresse personne !  
Si,Si, Lucifer et quelques uns de ses sbires  principaux des collèges, certains élus. 

Hormis une poignée de collègues en mal de pouvoir hiérarchique, la grande majorité ne veut pas travailler dans ces usines à gaz sous la domination d'élus zélés qui obligent un pauvre dirlo à faire marcher au pas ses sbires.
Respirez!

On ne pourra plus dire "adjoints" puisqu'il y aura la barrière de la hiérarchie. 

Tu devrais passer à 2 cachets Ralbol. 
On n'est pas loin des vacances, ça serait bête d'attraper un coup de sang.
Là, une bonne cure de sommeil et du vin chaud, et tu verras, ça retape!. 
Pierrot - le 12/12/2008 à 13h23
"Glaciation", "immobilisme", certes et l'on n'a pas tort ! Mais peut-être momentanément !

Tu vois, Henri, moi je n'ai vraiment plus de temps à perdre. J'espérais bien qu'on déboucherait sur un statut avant ma retraite. Histoire de gonfler un peu mon indice et donc ma pension, comme on dit. Et, aussi, je ne m'en cache pas, pour souffler un peu les dernières années. Je rentre chez moi, le soir, je suis morte !
Franchement, les cris de victoire de ces collègues qui se satisfont de l'immobilisme, ça me met hors de moi ! Je n'arrive pas à comprendre qu'on ait ce choisi ce métier et qu'on n'essaie pas d'en améliorer les conditions de travail ! Je ne comprends pas qu'on accepte de bosser comme des fous, sans la moindre reconnaissance ! Je suis écoeurée !
Je m'arrête avant que le collègue ne me propose 2 cachets...
Anne-Marie
mat pu j.prevert - le 12/12/2008 à 13h54