Directeurs en lutte

Les deux derniers articles publiés sur ce site dans lesquels Delphine puis Jacques ont ouvertement pris position pour un statut hiérarchique de la direction d’école, ont suscité un nombre important de réactions (commentaires et courriers directs). A la lecture de ces réactions et des arguments échangés, nous pouvons tirer deux enseignements :
- la nécessité d’un statut apparaît clairement. Ce n’est pas une surprise puisque 93 % des directeurs avaient déjà exprimé cette volonté en septembre 2006 dans la consultation commandée à l’IFOP par le GDID.
- la nature du statut fait débat. Le tabou de la hiérarchie commence à se fissurer, semble-t-il. Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour dire leur attachement à un statut de type hiérarchique, non pas dans le but de noter ou sanctionner les collègues mais plutôt d’asseoir son autorité au sein de l’école.
Dans le camp majoritaire favorable au statut, nous avons pu noter une opposition entre les collègues qui considèrent que le statut original proposé par le GDID est une bonne réponse au problème et ceux qui pensent qu’une évolution a eu lieu depuis 2006 et qu’il faut aller au-delà de ce texte et tendre vers un statut plus proche de celui d’un chef d’établissement.
Afin de permettre à
chacun de se faire une idée plus précise des références citées ici ou là, nous avons pensé qu’il n’était peut-être pas inutile de relire le projet proposé par nos collègues du GDID. Aussi, nous
permettons-nous de le publier à l’attention de ceux qui ne le connaîtraient pas encore.
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Projet de statut élaboré par le GDID (texte et commentaires sur le site du GDID)
Article 1
Il est créé
un corps des directeurs des écoles du premier degré.
Le corps de directeurs d'école est distinct de celui des I.E.N.
et n'intervient en rien dans l'évaluation ni la notation des enseignants du premier degré.
Article 2
Conditions d'exercice de la direction d'école
Le temps de travail consacré à l'exercice de la direction d'école est déterminé par le nombre d'élèves de l'école:
- 6 heures par semaine de décharge d'enseignement pour une école de moins de 75 élèves
- 12 heures par semaine pour une école de 75 à 150 élèves- temps complet de direction au-dessus de 150 élèves
- dans le cadre d'un temps complet de décharge d'enseignement, le directeur reste dans l'obligation dune mission et d'un travail pédagogique, hors contexte classe, par la prise en charge de
groupes d'élèves, dans le cadre des projets de l'équipe pédagogique et/ou du Projet d'Ecole, ou du soutien scolaire. Ce volume horaire serait de 6 heures pour une école de 150 à 200 élèves, de 3
heures pour une école de plus de 200 élèves.
- Si l'école est située en Z.E.P. ou fonctionne dans le cadre d'un R.P.I. dirigé par un directeur unique, les normes établies seront abaissées à 60 et 125 élèves.
Article 3
Conditions de nomination dans le corps des directeurs d'école du premier degré
Les directeurs d'école sont recrutés par concours interne, réservé exclusivement aux enseignants du premier degré ayant au minimum 5 années d'ancienneté de service d'enseignement.
Ce concours ouvre droit à une formation qualifiante.
Article 4
Les responsabilités du directeur d'école
Le directeur veille au bon fonctionnement de l'école, au respect des droits et devoirs de l'ensemble des membres de la communauté éducative et au maintien du caractère laïque et gratuit de l'école publique.
Il assure l'application du règlement intérieur de l'école, dont il est le garant.
Article 5
Conditions d'exercice de la responsabilité à l'égard des élèves
Le directeur d'école procède à l'admission des élèves sur production d'un certificat d'inscription délivré par le maire.
Il veille à la fréquentation régulière de l'école.
Le directeur d'école prend toute disposition utile pour que l'école assure sa fonction de service public. A cette fin, après avis du Conseil des maîtres, il organise l'accueil et la surveillance des élèves, ainsi que le dialogue avec leurs familles.
Article 6
Conditions d'exercice de la responsabilité à l'égard des enseignants
Après débat du conseil des maîtres, en cas de désaccord :
- Le directeur d'école répartit les élèves dans les classes.
- Le directeur d'école attribue leurs classes aux instituteurs et professeurs d'école.
- Le directeur d'école répartit les moyens d'enseignement, en particulier en ce qui concerne les locaux scolaires pour les heures et périodes au cours desquelles ils sont utilisés pour les besoins de l'enseignement.
- Il définit les conditions indispensables à la sécurité des personnes, biens et locaux.
- Le directeur d'école veille à la diffusion auprès des maîtres de l'école des programmes officiels et instructions annexes
Article 7
Conditions d'exercice de la responsabilité à l'égard des personnels non enseignants
Le directeur d'école organise le travail des personnels communaux en service dans l'école qui, pendant leur service dans les locaux scolaires, et pendant le temps scolaire, sont placés sous son autorité.
Dans le cas des écoles maternelles, le directeur d'école, en liaison avec les services de la commune, organise le service des A.T.S.E.M. dans un souci d'équité entre les classes et du bon fonctionnement du service public.
Il n'exerce aucune responsabilité dans les temps de restauration autres que celles contractualisées entre la commune ou l'association organisatrice et lui-même.
Le directeur d'école autorise la présence d'intervenants d'extérieurs bénévoles dans l'école, dans le respect des lois en vigueur et de la laïcité de l'école publique
Article 8
Conditions d'exercice de la responsabilité à l'égard des parents d'élèves
Le directeur d'école organise les élections des délégués des parents d'élèves au conseil d'école.
Le directeur d'école réunit et préside ce conseil d'école dont il prépare l'ordre du jour après consultation avec les représentants des parents d'élèves et les enseignants.
Il valide et rend public le compte-rendu des délibérations établi par le(s) secrétaire(s) de séance.
Article 9
Conditions d'exercice de la responsabilité à l'égard des autorités locales
Le directeur d'école représente l'institution scolaire auprès de la commune et des autres collectivités territoriales. A ce titre, après avis du Conseil d'Ecole, il est co-signataire des conventions d'utilisation des locaux scolaires en dehors des heures d'enseignement.
Le directeur d'école contribue à la protection de l'enfance en liaison avec les services compétents.
Article 10
Conditions d'exercice de la responsabilité par rapport à la sécurité des biens, personnes et locaux
Le directeur d'école est responsable en ces domaines pendant les temps scolaires.
Dans ce cadre, le directeur d'école :
- organise les exercices d'évacuation incendie
- participe aux visites des Commissions Communales de Sécurité
- organise, avec l'aide des services municipaux, le P.P.M.S. de son école, document dont il demande validation technique aux services municipaux ou préfectoraux concernés.
- tient à jour les registres de sécurité et registres H.S.T.
- signale aux autorités locales tout risque et danger potentiel
- décide, en l'attente, des mesures conservatoires à prendre
Article 11
Formation
Le directeur d'école doit bénéficier d'une formation initiale d'un mois qui lui permette d'acquérir et de développer les compétences nécessaires à l'exercice de ses responsabilités :
1 - Formation à l'encadrement, communication, gestion des conflits
2 - Stage dans les écoles
3 - Formation à la comptabilité publique, la gestion, l'utilisation des outils de communication modernes et de l'informatique
4 - Formation juridique
5 - Stages dans divers services administratifs
- l'inspection académique
- la mairie
- l'inspection de circonscription
- les services spécialisés de l'enfance (services sociaux, de police, justice)
Le directeur d'école bénéficie d'une formation continue de 6 jours par an regroupant l'ensemble des directeurs d'une circonscription sur un ordre du jour établi avec eux
Article 12
Rémunération
La grille indiciaire du corps des directeurs d'école du premier degré s'établit ainsi : (cf sur le site du GDID)
Soit 1958 € brut en début de carrière et un salaire terminal de 3687 € au 11° échelon.
Article 13
Droit des personnes du corps des directeurs d'école du premier degré
Conformément aux dispositions législatives en vigueur, le présent statut reconnaît à chaque directeur d'école le droit d'adhérer ou non à un syndicat représentatif de la profession et de bénéficier de l'ensemble des droits syndicaux des enseignants du premier degré
Le directeur d'école du premier degré n'étant pas fonctionnaire d'autorité, il n'est pas soumis au devoir de réserve.
Article 14
Intégration dans le nouveau corps
A réussite du concours, le nouveau directeur d'école conserve dans ce nouveau corps l'échelon qui était le sien dans le corps de professeur des écoles.
Les directeurs d'école actuellement en poste depuis un minimum d'une année sont intégrés dans le corps des directeurs d'école sur simple demande, et sont dispensés de tout concours.
Les services accomplis dans le corps d'origine sont assimilés à des services accomplis dans le corps d'intégration et pris en compte dans le calcul indiciaire.
Les enseignants n'étant pas actuellement en poste de direction, mais ayant effectué 5 années consécutives à la direction d'une école pourront être intégrés sur demande de leur part.
Article 15
Retour dans le corps d'origine
Un directeur d'école peut démissionner du corps des directeurs d'école du premier degré. Cette démission, signalée par courrier à l'Inspection Académique de son département, prendra effet à la fin de l'année scolaire en cours.
Ce directeur d'école serait alors reversé dans son corps d'origine de professeur des écoles.
Article 16
Les fonctionnaires inscrits sur la liste d'aptitude pour l'accès à la fonction de directeur d'école mais non encore nommés conservent pour l'application du présent statut le bénéfice des droits liés à leur inscription.
Article 17
Les fonctionnaires
retraités qui exerçaient les fonctions de directeur d'école sont rattachés, à compter du 1er janvier … au corps des directeurs d'école du premier degré.
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Je ne nie pas les progrès qu'il représente pour les directeurs. Le métier serait reconnu, mieux rétribué et certainement plus attractif. C'est un pas immense fait par les collègues qui y ont travaillé. Je leur tire mon chapeau pour le temps passé à réfléchir, à concocter, à mettre sur papier. Du bon travail.
Mais, pas étonné que Cédric s'en dise satisfait. Pourtant, il est au SE, je crois (?).
Ouais... moi, ça me laisse perplexe. Justement à cause des arguments que reprend Cédric. Et en les reprenant, je serais tenté de dire l'inverse de ce qu'il dit : à savoir que ce statut ne me semble pas en mesure de changer quoi que ce soit dans le fonctionnement de l'école.
Oui, ce texte me laisse sur ma faim. Il ne donne aucune autorité du directeur sur les enseignants. Partant de là, je ne vois pas le progrès qu'il représente sur le strict plan du fonctionnement de l'école.
J'ai encore en mémoire les atermoiements récents de nombreux collègues à l'égard de leurs adjoints. Est-ce que ce statut permettrait d'y apporter le moindre début de réponse ? Je ne le pense pas. Et cependant, ça me semble être une nécessité car la situation relatée par certains collègues est plus fréquente qu'on ne le pense.
Très franchement, je pense que ce projet est améliorable et qu'il faut l'améliorer si on veut mieux "vivre" notre métier.
Je ne suis pas davantage rassurée aujourd'hui.
S'il fallait résumer, je dirais :
- un statut pour les directeurs. Parfait, on sera mieux reconnus et on gagnera plus.
- le statu quo pour le fonctionnement de l'institution. Dommage car il me semble que l'école est faite avant tout pour les élèves, en tout cas plus que pour les profs.
C'est mon opinion et s'il le faut je la garderai pour moi seule.
Véronique Daumont
Qu'est-ce que vous entendez par "avoir autorité sur les enseignants"?
- supprimer le CM?
- En quoi le fait de juste "donner des ordres" est-il une garantie pour les élèves?
- Pourquoi, dans ce cas, choisir la dirlottes ou le dirlo parmi les enseignants?
L'autorité, dans l'administration ça se définit.
Comment l'envisagez-vous?
Bonjour,
Qu’on m’accorde le crédit de croire que ma réaction se veut éloignée de toute polémique, même involontaire, avec les collègues directeurs. D’autant que j’ai quitté cette fonction pour un poste de CPAIEN. Je ne suis donc pas le mieux placé pour donner mon avis.
Néanmoins, j’essaie d’imaginer la réaction de l’Administration centrale face à une demande, aussi légitime soit-elle, d’un statut de directeur.
Il me semble qu’il convient de voir les intérêts des uns (les directeurs) et des autres (le ministère). Le statut mis en avant par le GDID est manifestement un progrès incontestable vers une reconnaissance du métier de directeur. Chacun mesure combien il est important de se sentir reconnu pour travailler sereinement. Je ne reviens pas sur les avantages du statut pour tout ce qui touche à la définition des tâches, à la sécurité de l’emploi…
Côté employeur, je crains que le compte n’y soit pas. Il ne faut pas se leurrer : le ministre n’entrera pas dans cette négociation de statut s’il n’y voit d’abord un intérêt pour lui. Pour lui, c'est-à-dire pour justifier un meilleur fonctionnement de l’école. Or, comme l’ont justement expliqué les collègues qui se sont exprimés avant moi, je ne vois pas la contrepartie que pourrait exiger le ministère. Rappelons-nous les conseils du « donnant-donnant » qui étaient soufflés à l’oreille de Lionel Jospin lors de la réforme des PE. En cette période où plus rien n’est accordé qu’en échange de gains pour l’Etat, j’imagine mal qu’un « cadeau » puisse être fait aux directeurs.
Alors quelle contrepartie le pouvoir serait-il en droit d’attendre des directeurs ? L’air du temps me laisse à penser que ce pourrait être une réforme qui conduise à une plus grande autonomie des établissements. Et qui dit autonomie sous-entend meilleur contrôle interne. Donc une responsabilité accrue des directeurs passant par une autorité plus grande sur son établissement.
Je pense qu’il faut s’attendre à ce genre de « marchandage » si l’on veut espérer un changement de regard de l’Administration. Je crois qu’il faudra un engagement fort des directeurs « en échange » (je n’aime pas cette expression…) d’un statut.
Or, sans vouloir ni choquer, ni polémiquer, cet engagement réciproque, je ne le vois pas dans le statut actuellement proposé.
On n’a rien sans rien. Il est préférable de le savoir avant de s’engager.
Jacques Marmey (CPAIEN)
Véronique.. Le statut proposé est conçu pour une amélioration du métier de dirlo et donc du fonctionnement de l'institution pour les enfants.
Il ne faut pas garder La question de l'autorité "statutaire, sur les adjoints pour toi seule.. elle mérite d'être débattue. pour l'heure, me concernant, la balance des avantages et des inconvénients de cette mesure me font pencher vers le statut non hiérarchique, fortement.. D'où mon engagement.
Jacques Côté donnant donnant avec le Ministère, je ne crois pas que le statut non hiérarchique soit aussi peu intéressant pour nos supérieurs.. L'autonomie plus grande des directeurs et donc des équipes va de pair avec un allégement des tâches de l'IEN au plan administratif et donc responsabilités. En revanche, ils gardent le côté "notation" clef de leur position de fonctionnaire d'autorité.
D'ailleurs la réforme de l'évaluation prévue pourrait être mieux acceptée, les équipes accepteront certainement mieux une "évaluation sur résultats" si elles ont la sensation qu'elles ont entre leur main plus de clefs pour faire tourner leur école avec un directeur plus "représentatif".
Autre chose.. nous travaillons en ce moment sur un contre projet aux EPEP.. cohérent avec loe projet de statut non hiérarchique et très différent des EPEP..
La liaison des deux peut être un donnant donnant pouvant intéresser le Ministère.
Non franchement, le projet du GDID n'est pas un "non sens" comme j'ai pu lire.. Il est une voie.. améliorable comme tout mais basé sur des principes qui tiennent compte de la spécificité d'une école par rapport à un collège qui interdit à mon avis un 'calquage" de statut existant.
Che
J'ai déjà répondu sur le notion de hiérarchie, le débat rebondit sur la notion "d'autorité".
Là aussi, il faut préciser, sinon, on en viendrait à brandir des mots-bibelots pour leurs inanités sonore, sans trop savoir si l'on parle bien de la même chose.
Autorité sur les personnels ATSEM et de service ? Nous l'avons déjà, définie par la loi...
Autorité sur nos collègues adjoints, en matière de sécurité des biens et personnes ? Nous l'avons déjà, depuis longtemps, et elle est rappelée à chaque nouveau texte (sorties scolaires)...
Notre projet de statut le rappelle et le précise explicitement, là où règne le flou administratif, comme, par exemple, dans la question de l'attribution des classes...
Dans quels autres domaines voudriez-vous donc avoir autorité sur les adjoints?
- le pédagogique ? Sans nous... On est attaché à la liberté pédagogique des enseignants
- la sanction ? Sans nous... Par goût et par réalité. Par goût car ce n'est guère notre truc, par réalité, puisque c'est illusoire. Même un chef d'établissement du secondaire n'a aucun pouvoir de sanction (et c'est heureux...)
- l'autorité du langage, de la position, du discours ? on revient là sur le sempiternel cliché des récrés durant des heures... Mais, mes collègues, cette autorité, nous l'avons déjà et c'est à nous de l'utiliser et pour l'école publique, et pour ses minots... Qu'un statut semblable au notre vienne renforcer ce positionnement du dirlo est une chose, mais il ne remplacera jamais, au grand jamais, notre volonté et notre capacité à régir devant l'indamissible !
Notre statut est une reconnaissance, pas un paravent... Et notre boulot sera parfois aussi difficile après le statut qu'avant...
A Jacques
moi, je veux bien que l'on tire des plans sur la comète et que l'on définisse à l'envi les désirs secrets du ministère. Pour y avoir été plus souvent qu'à mon tour, je peux t'assurer que nos interlocuteurs sont des gens très satisfaits du système actuel...
Ils ont des dirlos qui font le boulot pour pas grand chose, taillables et corvéables à merci, et savent très bien qu'avec un statut, entre les décharges et les salaires, il leur faudrait douiller...
Quand au "marchandage", ne retournons pas les rôles, il n'est pas à l'ordre du jour. Aucun ministère n'a jamais envisagé de passer à une notation administrative des enseignants du premier degré, semblable à celle existant dans le secondaire. Je ne vois pas sur quoi nous irions donc marchander... Si la Rue de Grenelle veut avancer là-dessus, qu'elle le fasse et nous verrons bien ce qu'il y a lieu d'en penser. Pour l'instant, je ne vois pas pourquoi le GDID irait bâtir le devenir des dirlos sur du vent et du sable...
A Cedric58:
Chapeau ! Il est rare que l'on reconnaisse publiquement une erreur d'appréciation. Merci donc...
Reste à espérer voir Cédric, Véronique, Pierre et Jacques nous rejoindre un jour... Après tout, discuter sur tel ou tel forum, c'est sympa, mais se bouger un peu le derche pour faire avancer les choses, c'est pas plus mal.
C'est en tous cas ce que s'emploie à faire votre serviteur
Thierry fabre
je n'ai pas de problème avec la notion d'autorité ni avec celle de hiérarchie (en dehors d'être directeur d'école à trois classes depuis 21 ans, je suis aussi maire de ma commune et à titre associatif, je suis arbitre en volley ball -championnat régional, je n'avais plus assez de temps à consacrer à l'arbitrage en national...- et président d'une commission de discipline)...
Mais je ne veux pas être un fonctionnaire d'autorité et je refuserai tout statut me donnant un contrôle hiérarchique sur mes collègues...
Je veux surtout du temps pour assurer le boulot de direction et une reconnaissance en terme de salaire...
Les responsabilités ? Tous les jours j'en prends, et j'assumerai les conséquences s'il fallait un jour le faire : la stratégie du parapluie a tellement paralysé certains que pour un peu on ne ferait plus rien que de très ordinaire dans les écoles... Moi je n'ai pas de parapluie à ouvrir : en tant que directeur ou maire d'une paetite commune, c'est forcément moi qui prendrai les coups de bâtons !!!
Pour ce qui est de la formation, je fais partie de ceux qui ont bénéficié de la formation de "traître directeur" (c'est comme ça que certains nous désignaient) il y a 21 ans et j'ai trouvé ça plutôt bien (6 semaines de formation initiale -je crois, mais un collègue m'a assuré que c'était quatre semaines, plus trois fois une semaine de formation en cours d'année plus une semaine de stage en mairie...)
voilà une contribution simpliste, mais comme j'en ai ras la casquette des choses compliquées, je la revendique et l'assume.
Pierre Souin
Directeur d'école et maire à Marcq (78)
A jacques ,
" j’imagine mal qu’un « cadeau » puisse être fait aux directeurs."
Il ne s'agit pas de cadeau mais de simple reconnaissance de ce qui est implicite depuis des années , la seule chose certaine est, qu'il nous faudra sûrement durcir notre mouvement revendicatif car il me semble que très récemment les toubibs ne se sont pas trop agités pour voir rapidement augmenter leur tarif de consultation et les chefs d'établissements pour voir leur prime grimper dans la gestion des conflits avec les lycéens.
Nous n'en sommes plus au donnant-donnant !
Mais lorsqu'on va donner ça va faire mal , c'est ce que dit un bon collègue à moi qui fait de la boxe " mieux vaut donner que recevoir !"
Amicalement , un collègue qui en a ras la casquette....
"...se bouger un peu le derche...". J'avoue n'apprécier que très modérément cette expression qui met fin à un dialogue.
Ne peut-on émettre des opinions sans se voir taxer de type qui reste le cul sur la chaise pendant que d'autres colportent la bonne parole, les bonnes idées et oeuvrent pour le bas peuple ?
Le projet de statut est-il verrouillé au point d'être à prendre ou à laisser ? Toute critique, tout avis, toute suggestion... sont-ils irrecevables ?
L'appel maintes fois lancé dans la "bouteille à l'encre" ou sur le site : "exprimez-vous" ne serait-il qu'exhortation à soutien inconditionnel ?
Excusez mon amertume mais trop c'est trop !
Vous allez être surpris si je vous dis que de prime abord, je n'y vois rien qui me semble rejetable.
Le contenu ne diffère pas vraiment de ce qui existe actuellement. Je craignais d'y trouver que le directeur avait autorité sur ses adjoints. Rien de tel. Très bien.
La grosse différence, si je puis dire, c'est que le métier est reconnu. C'est bien. Le salaire est revu à la hausse. Très bien.
Sur le fond, rien ne me choque. Le directeur prend avis, débat et en cas de désaccord, répartit, attribue... (art. 5). On retrouve les mêmes formulations que dans les textes qui nous régissent en ce moment.
Non, vraiment, rien ne me choque. Je suis surpris par rapport à tout ce que j'en avais entendu dire.
J'aurais dû le lire plus tôt... pour éviter bien des polémiques.