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Le statut du directeur

     

 

Le statut de directeur d'école dans les projets

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

10

 

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Le site des directeurs

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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Position des élus

Jeudi 12 avril 2012 4 12 /04 /Avr /2012 18:36

 

 

Plusieurs collègues dont certains se réclament du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) nous ont fait parvenir la position de Philippe Poutou sur l’école. En fait, ce texte est la réponse au courrier que le GDiD a envoyé à l’ensemble des candidats à l’élection présidentielle.

Dans la mesure où cette réponse est publique puisqu’elle figure sur le blog de Philippe Poutou, nous avons décidé de la relayer ci-après.

 

« Les résultats des élèves ne progressent pas comme ils devraient le faire en partie en raison des conditions de vie et de travail de leurs familles qui se dégradent considérablement ces dernières années. Flexibilité des horaires des parents (jusqu’à l’ouverture des magasins le dimanche, au mépris des besoins des enfants des vendeurs et des caissières), accès dégradé à la santé, équilibre alimentaire et alternance veille sommeil dégradée par de mauvaises conditions de logement,.. une part des difficultés de l’école doivent trouver des solutions sociales qui dépassent les ressources pédagogiques.

Par ailleurs, l’école peine effectivement à remplir la mission qui lui est assignée de transmettre des savoirs et d’émanciper la pensée de l’ensemble de la génération qui nous suit, afin de lui permettre de prendre en charge un monde de plus en plus complexe. Là encore, alors que l’école publique avait progressé pendant presque un siècle, allant d’une scolarité jusqu’à 12 ans seulement, à 80 % d’une génération au bac, tout le monde peut constater la régression à l’œuvre avec la RGPP. Le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, la pseudo "masterisation", l’abandon de la formation initiale, les regroupements d’école, le bourrage des classes et la suppression des CMPP et des RASED, la glorification de l’école privée ... toutes les "réformes" ne sont que des attaques contre les conditions de travail des élèves et des enseignants des écoles publiques.

Pour finir, nous ne pensons pas que l’école publique est dans l’incapacité structurelle d’accompagner les progrès de tous les enfants, au contraire, il ne s’agit plus de détruire, mais de consolider, de renforcer, en clarifiant le but de l’école fondamentale. Pour nous, tous les enfants doivent apprendre ensemble à comprendre le monde, sans filière ni orientation, jusqu’à 18 ans, et c’est cela le socle commun. Il faut sans doute réfléchir au mode d’organisation qui ne peut être pensé comme une succession de disciplines intangibles et de cours magistraux.

Puis l’école doit assurer une formation professionnelle à tous et toutes, à la mesure des besoins. Nous défendons une école strictement publique et laïque, et refusons toute subvention à l’école privée. Nous défendons l’idée d’équipes pédagogiques et éducatives, qui ne soient pas seulement composées d’enseignants, d’agents territoriaux (ATSEMS, animateurs, ...) mais aussi d’une médecine scolaire, d’un service social scolaire, d’un secrétariat d’école, de RASED comprenant si nécessaire orthophonistes et rééducateurs, afin que tous les enfants trouvent au sein de l’école l’ensemble des soutiens dont ils peuvent avoir besoin et que l’ensemble des enseignants soient centrés sur leurs tâches et non sur tout ce qui n’est plus fait par des services sociaux submergés. Nous n’avons pas la vision d’un directeur qui "pilote" une équipe, et porte à lui seul le projet et les relations avec les partenaires. Au contraire, nous pensons qu’il faut un travail d’équipe (et qu’une part plus importante du temps de travail des enseignants doit être destinée à des réunions hebdomadaires afin de construire des projets ensemble). Pour nous il est indispensable que l’ensemble des personnels soient formés à leurs différents métiers, en formation initiale et continue, et que tous soient titulaires de leurs postes.

Actuellement, le travail de directeur d’école est très incertain et d’une ville à l’autre, les statuts, les situations, les tâches varient considérablement. Il faut absolument que les tâches soient définies, comme pour tout contrat de travail, on ne peut pas demander du "bénévolat" du matin au soir : l’ensemble des directeurs d’école sont épuisés d’avoir classe, secrétariat, responsabilités, papiers, courriels, rendez vous, décisions, à un rythme qui ne permet pas de partager quoi que ce soit. La place de la direction d’école, entre la collectivité territoriale, l’Etat, l’équipe enseignante et les personnels divers est fréquemment intenable. Mais nous sommes opposés au statut d’établissement, comme à une direction d’école qui serait un statut différent de celui des enseignants.

La grève de 1983 contre les "maîtres directeurs" a montré combien les équipes sont attachées à la collégialité. La vieille revendication de 6 maîtres pour 5 classes, et de 3 heures de concertation par semaine sur le temps de travail va dans le bon sens.

Pour finir, il est évident que les conditions de vie et de travail peuvent être très différentes d’une école à l’autre et que le mille feuille actuel ZEP, RAR, zone violence, primes diverses... ne correspond en rien aux besoins réels des équipes qui n’ont pas été sollicitées pour exprimer leurs besoins. Aucune réforme profonde allant dans le sens du progrès social ne pourra être faite sans partir de la parole des personnels, des parents d’élèves, des élèves, dans un cadre démocratique. »

 

Ce texte fait un tel amalgame entre incantations, phrases creuses, vœux pieux, vrais constats, non-sens, bonnes et fausses solutions, analyses superficielles ou erronées…etc. que nous nous contenterons de quelques remarques.

« La grève de 1983 contre les "maîtres directeurs" a montré combien les équipes sont attachées à la collégialité. » Outre l’erreur de date, comment peut-on affirmer que la lutte contre le décret Monory instituant le statut de maître-directeur « a montré combien les équipes sont attachées à la collégialité » ? Cette lutte syndicale a surtout mis en avant le refus du « p’tit chef » plutôt que la volonté de travailler en collégialité.

« Actuellement, le travail de directeur d’école est très incertain ». Que signifie cette phrase ? Que les tâches sont différentes selon la taille de l’école, sa commune d’implantation, les responsables hiérarchiques départementaux ? Ne pourrait-on mieux le dire ?

Quant aux solutions proposées… nul doute que certaines ont été « soufflées » par certains syndicats opposés à toute réforme allant dans le sens d’une reconnaissance statutaire de l’école et de son directeur. Ceux-là qui crient à la « régression » de l’école ne sont que trop connus pour leur volonté de conserver le statu quo ou s’en accommoder…

 

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Jeudi 8 mars 2012 4 08 /03 /Mars /2012 13:53

 

 

Mais que certaines phrases sont difficiles à prononcer ! Rappelons-nous la façon dont le candidat Nicolas Sarkozy a bafouillé pour exprimer que si c’était à refaire, il ne retournerait plus fêter sa victoire au Fouquet’s… « Je… je… je ne… ne… je ne re… re… ». C’était pathétique. Chacun a pu apprécier la sincérité de ses regrets…

Récemment, lors de son discours sur l’éducation, le candidat Nicolas Sarkozy a fait mieux encore, puisqu’il a carrément oublié un paragraphe de son discours concernant l’arrêt du « un sur deux » en primaire. Probablement a-t-il craint qu’on ne lui ressorte l’enregistrement un peu plus tard, comme c’est le cas pour les innombrables promesses de 2007 oubliées depuis.

Aussi, Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole du candidat, a-t-elle été chargée de réparer cet oubli dès la fin du meeting de Montpellier et de préciser que cette règle s’appliquerait à partir de la rentrée de septembre 2013. Précision utile si l’on se rappelle que la même promesse faite en juin 2011 valait pour la rentrée de 2012. « nous sanctuariserons l'école primaire pour qu'à la rentrée 2012, le nombre de fermetures de classes n'excède pas le nombre d'ouvertures ».

Hélas, c’est loin d’être le cas comme le stipulent les organisations syndicales. Ainsi, pour Christian Chevalier (SE-Unsa) qui précise que sur 91 départements où l'inspection académique a annoncé ses décisions, ce sont 1582 classes qui devraient disparaître à la rentrée. De son coté, le 1er mars, s'appuyant cette fois sur 95 départements, le SNUipp évalue les fermetures à 1407 classes. Pourtant, dans « Le Journal du Dimanche » du 3 mars, Luc Chatel écarte ces chiffres et déclare. "La carte scolaire n’est pas à ce jour figée. Je vous garantis qu’à la rentrée 2012 il y aura le même nombre de classes qu’à la rentrée 2011, n’en déplaise aux oiseaux de mauvais augure". Qui croire ?

Aussi, cette fois, NKM nous assure que, s’il est réélu, Nicolas Sarkozy tiendra sa promesse. « On est arrivé à un niveau dans lequel ce serait difficile de poursuivre les économies. Et par ailleurs, l'enjeu maintenant sur la maternelle et le primaire, c'est la formation des enseignants. Et il propose de donner plus de formation à ces enseignants qui parfois n'en ont pas toujours beaucoup reçu (...) Notamment en leur permettant d'acquérir une spécialité », a encore justifié Nathalie Kosciusko-Morizet.

Effectivement, il semble difficile d’aller plus loin dans la suppression de postes à l’école primaire ; les RASED sont réduits à la portion congrue, les remplacements ne peuvent plus être assurés, les moins de 3 ans ont quasiment disparu de l’école maternelle, les postes d’intervenants en langue n’existent plus… « Cela est possible car nous recrutons aujourd'hui des professeurs des écoles capables d'enseigner les langues vivantes à leurs élèves. Nous avons donc pu redimensionner le volume des effectifs d'assistants de langue », selon LUC CHATEL.

Ce n’est pas l’avis de l’APLV (Association des Professeurs de Langues Vivantes) qui manifeste son inquiétude : « le manque de compétences en langues de la plupart des professeurs des écoles ne permet pas d'assurer un enseignement de qualité pour tous ».

Quant à la formation, seul Luc Chatel continue d’affirmer qu’elle existe. D’ailleurs le candidat Nicolas Sarkozy s’est bien gardé de l’évoquer dans son discours sur l’éducation à Montpellier. Sans doute considère-t-il que parce qu’il a élevé le niveau de qualification jusqu’au master, il a réglé le problème de la formation professionnelle.

 

En réalité, les seules véritables annonces faites dans son discours sur l’éducation concernent le fonctionnement des établissements du second degré. Avec toujours l’objectif, non pas d’améliorer le système éducatif mais de réaliser des économies budgétaires. « Il faut réfléchir à des moyens de limiter le nombre d’enseignants. Il pourrait y avoir, en 6ème et 5ème, deux professeurs généraux, l’un enseignant les humanités (français, histoire, géographie), et l’autre les sciences, sans compter les professeurs de langues, d’EPS et d’arts plastiques ». Autre source d’économies, la modification du statut des professeurs, comme l’a indiqué le candidat Sarkozy lors de l’émission « des paroles et des actes » le 6 mars. Les professeurs de collège ont 18 heures d’obligation de service devant les élèves. L’objectif serait de les aligner sur les professeurs des écoles astreints à 26 heures. Il est donc prévu de les faire travailler 3 heures de plus devant les élèves pour parvenir à 21 heures de cours et d’assurer, ensuite, une présence supplémentaire de 5 heures dans l’établissement. Les professeurs volontaires recevront une rémunération supplémentaire de 500 € par mois, ce qui fait dire à Jean-Luc Mélenchon : « Ça met l'heure de travail autour du SMIC ».

Ce qui permet également au candidat Nicolas Sarkozy d’affirmer qu’il revalorise financièrement les enseignants. Naturellement, aucune mesure n’est prévue pour ceux du primaire qui, eux, pourtant assurent déjà 26 heures de cours…

 

Comme nous le disions plus haut, rien sur l’école primaire lors du meeting consacré à l’éducation. Tout simplement parce que, comme le dit l’entourage de Nicolas Sarkozy, « depuis 2007, beaucoup a été fait » et d’expliquer que « la réforme de l’école primaire est sans doute notre acquis le plus incontestable. Elle a permis de recentrer les programmes sur les fondamentaux et a instauré deux heures par semaine d’aide individualisée pour les élèves en difficulté. Cette aide bénéficie à 26% des élèves de primaire. Dans l’école de l’éducation prioritaire, ce chiffre atteint 33%. »

Ainsi, dit-on encore, « la réforme de l’école primaire a été recentrée sur les fondamentaux : le nombre d’élèves en difficulté en français en CE1 a ainsi baissé de 20% en quelques années ».

« Les évaluations-bilan en CE1 et CM2 montrent déjà de réels signes de progrès. L’échec scolaire recule :


en français, en CE1, il y a 20% d’élèves en difficulté en moins par rapport à 2009, année d’entrée en vigueur de la réforme. Le nombre de très bons élèves a progressé de 7,5%.


en mathématiques, en CM2, il y a 14% d’élèves en difficulté en moins.


dans les écoles relevant de l’éducation prioritaire, la part des élèves les plus faibles a diminué, passant de 32% en 2003 à 23% en 2009. »

 

Une amélioration spectaculaire des résultats qui arrive à point nommé et qui fait doucement sourire les enseignants… eux qui savent que l’aide personnalisée est le plus souvent inefficace car placée lors de la pause méridienne ou le soir lorsque les élèves en difficulté sont saturés par une longue journée de travail et que la fiabilité des évaluations de CE1 et CM2 est pour le moins très contestée.

 

Rien non plus sur les rythmes scolaires même si l’on reconnaît, dans l’entourage du candidat, « que la semaine des 4 jours, pour laquelle ont opté la majorité des écoles, n’est pas optimale pour les enfants. Il aurait fallu que l’Etat encourage davantage l’adoption de la semaine de 4,5 jours. »

 

Quant au fonctionnement de l’école… Tout au plus, répète-t-on, discrètement, dans l’entourage du candidat : « Il faut aussi améliorer le pilotage des écoles, qu’il faudrait enfin doter d’un vrai chef. » Aucun engagement, aucune discussion en cours, aucun texte en préparation… Rien. A tel point que pour répondre aux critiques faisant suite au flop du discours du candidat UMP sur l’éducation, Jean-François Copé a laissé entendre que le candidat « aurait peut-être l’occasion de revenir sur le sujet avant la fin de la campagne ».

 

Autant dire que le statut de reconnaissance que réclament et attendent les directeurs d’école n’est pas à l’ordre du jour et n’est pas la priorité du candidat Nicolas Sarkozy… comme il ne l’est pas non plus pour son principal concurrent François Hollande…

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Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 21:54

 

 

Au-delà des promesses alléchantes des divers candidats à la présidentielle, quelle est la réalité du message délivré par les hommes d’appareil qui seront probablement en charge de l’éducation nationale en cas de victoire de leur chef de file ?

Intéressons-nous plus particulièrement au statut de l’école et de son directeur. A ce titre, il n’est pas inutile de relire le verbatim du débat diffusé par le site « aufeminin.com » en juillet 2011, réunissant autour de Karim Amellal, Daniel Laurent professeur des Universités et conseiller spécial de l’Institut Montaigne, Jacques Grosperrin député UMP membre de la commission des affaires culturelles et de l'éducation, Bruno Julliard Secrétaire national du PS en charge de l’éducation et Marie-Caroline Missir rédacteur en chef « Education » à l’AEF.

 

Karim Amellal - « Vous faites des propositions qui consistent à accroître les pouvoirs du directeur d’école… Vous dîtes dans votre rapport que le directeur d’école n’a ni les moyens ni les pouvoirs alors qu’il a plus de responsabilités…

 

Daniel Laurent - Notre approche n’est pas idéologique. Simplement, si l’on met en place tout ce que l’on a évoqué, en particulier l’organisation par cycles, il est clair qu’il faut un directeur d’école qui ait une certaine autonomie à la fois vis-à-vis de l’administration et vis-à-vis de ses collègues. Christian Forestier qui a travaillé avec nous, qui est quand même une éminence grise au sein de l’Education nationale, nous disait « l’école primaire, c’est un trou noir, on ne sait pas ce qui s’y passe » quand il était directeur de cabinet de Jack Lang.

Il y a des programmes nationaux, l’enseignement du calcul ou du français, ça peut varier du simple au double dans la semaine, en fonction des écoles et de l’enseignant… Il y a des propositions qui ont été votées par le Parlement mais les décrets n’ont jamais été publiés pour faire l’expérimentation d’établissements publics locaux d’enseignement de telle sorte qu’on aille plus loin.

 

Karim Amellal - M. Grosperrin, qu’est-ce que vous pensez à l’UMP de doter le directeur d’école d’un véritable statut ?

 

Jacques Grosperrin - Je crois qu’il y a une difficulté, c’est vrai à ce jour, il n’y a pas de supérieur hiérarchique parce que la culture du professeur des écoles ne le souhaite pas… Oui, il y a des inspecteurs mais la difficulté actuellement c’est une difficulté financière. Faut pas se cacher les yeux, à partir du moment où il y a 55 000 écoles en France dont ¾ qui ont moins de 4 classes, qu’est-ce qu’on fait ? Est-ce qu’on met un directeur d’école dans chaque école ?

 

Karim Amellal Vous y seriez favorable ?

 

Jacques Grosperrin Moi, je crois qu’il y a différentes solutions qu’on peut imaginer. Moi, je serais plutôt pour l’école du socle commun. Je pense qu’il est plus intéressant de mettre en place un établissement scolaire comme un collège et de relier les écoles primaires qui sont avoisinantes à ce collège pour faire en sorte qu’il y ait une véritable synergie qui se mette en place. Si on met en place un véritable directeur d’école dans chaque école, on va arriver à l’échec de ces écoles du socle commun. Il serait plus fondamental qu’il y ait un seul chef d’établissement et que ces écoles soient pilotées par un IEN pour faire en sorte que la liaison entre la 6ème et le CM2 soit plus efficace.

 

Karim Amellal - …pilotées par un IEN. Cela dit, il a 1300 IEN pour 300 000 enseignants…

 

Jacques Grosperrin Oui mais il faut redéfinir leurs tâches, peut-être en recruter d’autres mais il est évident qu’à ce jour il y a un véritable trou noir au sein des écoles primaires. Il faut faire attention et ne pas être démagogique avec ça, sinon on met en place un véritable directeur dans chaque école, ça aura un coût fabuleux que les finances publiques ne pourront pas assumer. Et puis ça ira dans une situation contraire à cette liaison du cycle obligatoire du CP à la fin de la 3ème, ce qui me semble l’entité administrative la plus intéressante pour la réussite de nos élèves.

 

Bruno Julliard - Pour être très direct, je ne crois pas que la question du pouvoir ou de l’augmentation du pouvoir des directeurs d’école, encore moins la création d’un établissement public d’enseignement autonome soient une priorité. D’abord parce que c’est coûteux, ensuite parce qu’on a probablement d’autres chantiers prioritaires qui vont mobiliser et de l’engagement politique et de l’engagement économique.

En revanche, il y a 3 sujets qui doivent être traités dans la gouvernance :

-       Accorder plus de pouvoir d’agir aux équipes éducatives, aux enseignants dans les écoles primaires, quand on met en place la politique des cycles ; ça veut dire qu’il faut qu’on ait des enseignants qui soient en capacité d’avoir cette autonomie pédagogique.

-       Ensuite, il faut améliorer l’accompagnement des projets éducatifs dans les écoles et ça demande une réforme importante de l’administration et notamment des inspections d’académie. Ça passe par une réorientation du travail des inspecteurs pas en nombre suffisant et aujourd’hui pas formés pour ça.

-       Et puis le dernier élément, je partage ce que vous avez dit, c’est accroître les liens entre l’école primaire et le collège.

 

Karim Amellal Marie-Caroline Missir, sur les directeurs d’école, les IEN… ?

 

Marie-Caroline Missir - De ce qui vient d’être dit, on voit très bien que nos interlocuteurs tournent autour d’une notion qui est celle de l’autonomie du pilotage, mais ils n’en parlent pas du tout de la même manière parce qu’ils ne la conçoivent pas de la même manière.

D’un côté, les établissements publics d’enseignement, le renforcement du pouvoir du directeur d’école… la droite, si je simplifie, avec différents projets, l’entend comme renforcer l’échelle locale… C’est pas du tout ce que j’ai entendu du côté de Bruno Julliard qui parle d’autonomie pédagogique.

Pourquoi ? Parce qu’on touche du doigt, ici, une question idéologique très forte et l’on en revient toujours à la question idéologique, à des choses qu’il est difficile de faire bouger, qui est celle de l’enseignant et en primaire, le directeur d’école est considéré par ses collègues au même titre, comme un enseignant normal. Il n’a pas de statut de chef d’établissement.

Pour revoir cette organisation de l’école, tous les décrets sont prêts, il n’y a qu’une volonté politique à mettre en œuvre. Mais c’est compliqué pour cette question de réticence idéologique. Est-ce qu’on est dans un système avec un enseignant qui est au-dessus des autres parce qu’il est directeur d’école ou est-ce qu’on est dans une logique d’accompagnement des élèves, d’autonomie pédagogique ?

 

Karim Amellal Ça existe pour les collèges et les lycées, pourquoi ça n’existerait pas pour les écoles primaires ?

 

Marie-Caroline Missir C’est une question culturelle. Là encore, il faudrait un syndicat autour de la table pour qu’il nous explique pourquoi ils ne le font pas. Si vous en parlez au principal syndicat du 1er degré, je peux vous assurer qu’ils sont très très très hostiles à la mise en place d’un établissement public d’enseignement.

 

Jacques Grosperrin - On le fait pour le collège parce que le collège a plus d’élèves. Il y a plus d’enseignants donc c’est plus facile à sortir budgétairement un chef d’établissement. Puis j’ai peur que ça fige et qu’on n’arrive pas à faire cette école du socle commun.

 

Daniel Laurent La création d’un poste de directeur d’école, ça soulève des problèmes, mais je retiens quand même que quelle que soit la solution retenue, il faudrait davantage de liberté au niveau local. »

 

A l’écoute de ce débat, la conclusion s’impose : UMP et PS s’opposent sur la question de l’idéologie. Double idéologie avec les mêmes conséquences pour les directeurs d'école. A droite, on estime nécessaire de doter les établissements d’un vrai chef. A gauche, on préfère évoquer l’accompagnement des projets éducatifs, l’autonomie pédagogique et l’on souhaite accorder plus de pouvoir aux équipes et aux enseignants. Quid du directeur ?     

Si les divergences idéologiques sont bien réelles, force est de constater que l’UMP et le PS s’accordent sur un point essentiel : l’impossibilité de doter le directeur d’école d’un véritable statut, l’un comme l’autre au nom des priorités budgétaires.

Tous deux sont encore sur la même longueur d’onde pour mettre en place l’école du socle commun et revoir le rôle de l’IEN.

 

Pour Jacques Grosperrin, la cause est entendue : « Il serait plus fondamental qu’il y ait un seul chef d’établissement et que ces écoles soient pilotées par un IEN pour faire en sorte que la liaison entre la 6ème et le CM2 soit plus efficace. »

La menace est peut-être plus proche qu’il n’y paraît. Le projet d’évaluation porté par Luc Chatel ravive toutes les inquiétudes. On y apprend notamment que les IEN chargés d’une circonscription du premier degré (CCPD) ne feraient pas partie du « service académique de l’inspection ».

Les IEN CCPD, à l’inverse de leurs autres collègues inspecteurs, feraient partie de la ligne hiérarchique décisionnelle à l’instar des chefs d’établissement. Dans l’école du socle commun, on aurait donc à égalité le chef d’établissement du collège (principal) et l’IEN, supérieur hiérarchique des professeurs des écoles et chargé de piloter les écoles rattachées au collège…

 

Que deviendrait le directeur dans cette école du socle commun ? Quelle serait sa place dans un dispositif entre le principal qui ne voudra jamais laisser son poste de chef d’établissement et l’IEN qui piloterait les écoles associées au collège ?

Le directeur sera-t-il réduit à gérer le « trou noir au sein des écoles » pour reprendre l’expression de Christian Forestier ?

 

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Mercredi 9 novembre 2011 3 09 /11 /Nov /2011 23:18

 

 

L'UMP a réuni mardi 8 novembre sa Convention éducation à Paris. Les deux tables rondes réunissaient une douzaine de personnalités sur le thème « Du savoir pour tous à la réussite de chacun ». Parmi les invités, les ministres Luc Chatel et Laurent Wauquiez, la secrétaire d’état Jeannette Bougrab, une enseignante de maternelle et un principal de collège, Laurent Bigorgne, de l’Institut Montaigne, Jean-Robert Pitte, délégué à l’information et à l’orientation, un président d’université…

 

Cette convention fut d’abord l’occasion de dresser un constat en forme de satisfecit de l’action gouvernementale.

 

« L’enquête internationale PISA publiée en décembre 2010 montre que le système éducatif français obtient des résultats corrects, dans la moyenne des grands pays développés. Ce système peut s’améliorer. L’étude révèle ainsi deux points de fragilité au sein de notre école : une part encore trop importante d’élèves de 15 ans ne maîtrise pas suffisamment la lecture et le calcul, et une relation encore flagrante entre la situation économique et sociale des parents et les résultats des élèves. Ces élèves ont ainsi vu leurs résultats encore baisser entre 2003 et 2009.

Les évaluations 2011 effectuées en CE1 et CM2 révèlent une meilleure maîtrise des fondamentaux, qui est la priorité de notre école. Les résultats au baccalauréat 2011 ont vu accéder 71,6% d’une classe d’âge au baccalauréat : c’est un chiffre historique, de six points supérieurs aux dernières statistiques qui stagnaient depuis 15 ans.

Depuis la rentrée 2004, le nombre d’élèves handicapés scolarisés dans des établissements scolaires ordinaires a augmenté de 60%. 214 000 élèves handicapés sont ainsi scolarisés en milieu ordinaire dont plus de 90% le sont à temps complet. 41 197 personnes accompagneront près de 70 000 élèves à titre individuel.

La réforme de la formation et du recrutement des enseignants est entrée pleinement en application à la rentrée 2011. Les professeurs stagiaires ont ainsi bénéficié d’une formation préalable à l’université. Pendant leur année de stage, ils sont accompagnés par des professeurs tuteurs chevronnés et complètent leur formation didactique et pédagogique. A l’issue de leur année de stage, 87% des professeurs stagiaires de la 1ère promotion issue de la réforme, dressent un bilan positif de leur première année d’enseignement.

La revalorisation du métier d’enseignant passe aussi par les salaires : entre 2007 et 2012, le pouvoir d’achat des enseignants et des personnels d’éducation et d’orientation aura été revalorisé, pour un montant supérieur à 1,1 Md€. L’effort financier s’est notamment concentré à la rentrée 2010 sur la rémunération des professeurs débutants, qui augmente de

10% la première année, soit l’équivalent d’un treizième mois, avec une augmentation de153€ nets de plus chaque mois pour les jeunes enseignants certifiés.

Dernier constat pour l’enseignement scolaire : la réussite de chaque élève n’est pas une question de moyens. On compte aujourd’hui 34 000 professeurs de plus et 540 000 élèves de moins qu’en 1990. Entre 1980 et aujourd’hui, la dépense intérieure d’éducation par élève a augmenté de 80%. Les moyens existent donc mais il faut les mettre là où on en a le plus besoin. Les premiers progrès que nous observons en 2011 sont en fait le fruit d’une démarche qui refuse le « toujours plus de moyens » et repose sur une conception nouvelle de l’enseignement (personnalisation, autonomie,….). »

 

Bref, tout va pour le mieux dans le petit monde de l’éducation en France… Les résultats s’améliorent (dommage que les enquêtes internationales disent le contraire…), les élèves handicapés sont bien accueillis (dommage que la MDPH fonctionne si mal et que les personnes les accompagnant ne soient pas formés), la formation des enseignants est formidable (dommage qu’elle n’existe plus), les enseignants sont revalorisés sur le plan financier (sauf qu’un rapport récent nous confirme qu’ « en France, le salaire moyen des enseignants du primaire ou du secondaire est inférieur à la moyenne de l'OCDE » et que « depuis 1995, le salaire des enseignants a crû dans les deux tiers des pays de l'OCDE. Pas en France » … Vraiment dommage.)

 

Mais à part ça, madame la Marquise, mais à part ça, tout va très bien…

 

Une petite pique, au passage, à l’encontre de ceux qui critiquent la baisse des moyens et toujours les mêmes assertions pourtant maintes fois démontées de la comparaison avec les années 80…

 

Après le constat, les propositions qui se déclinent autour de 4 points : la réforme des rythmes scolaires, celle du collège, le management scolaire et la réforme du statut des enseignants. Nous en retiendrons quelques-unes.

 

PROPOSITION 1 : Encourager la création de jardins d’éveil pour les enfants de 2 à 3 ans

 

Rappelons que la suppression des classes de maternelle accueillant les enfants de cet âge est la variable d’ajustement du non renouvellement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. L’Etat se décharge sur les collectivités locales de l’accueil de ces enfants.

 

PROPOSITION 2 : Rendre l’assiduité obligatoire pour les élèves inscrits à l’école Maternelle.

 

Luc Chatel s’est opposé récemment à la proposition de loi de la sénatrice Françoise Cartron rendant obligatoire la scolarisation à 3 ans au prétexte que " la proposition de loi entraînerait la scolarisation de 700 à 750 000 élèves de plus, ce qui entraînerait une charge de 1,3 milliard d'euros, elle est donc inconstitutionnelle", a déclaré Luc Chatel. Pourtant, nous indique le ministre, "l'école maternelle scolarise aujourd'hui les enfants de 3 à 6 ans à plus de 99%". Comprenne qui pourra…

 

PROPOSITION 3 : Réorganiser les rythmes scolaires

Les écoliers français ont, en effet, les journées les plus chargées de tous les pays de l’OCDE, réparties sur le nombre de jours de classe le plus faible (140 par an) : 913 heures/an pour les 7-8 ans, contre 634 heures en Allemagne, 608 heures en Finlande et 769 heures en moyenne. Les écoliers français suivent en moyenne deux heures de cours quotidiens de plus que les écoliers finlandais qui, avec 4 heures de cours par jour à raison de 5 jours par semaine, se classent au premier rang des évaluations internationales de l’OCDE.

- un allongement de l’année scolaire de deux semaines.

- la possibilité de rendre obligatoire la semaine de quatre jours et demi

 

L’UMP oublie de rappeler qu’elle a soutenu cette calamiteuse réforme du rythme scolaire de la semaine impulsée par Nicolas Sarkozy et imposée dans l’enseignement primaire par Xavier Darcos.

 

PROPOSITION 4 : Rendre publiques les évaluations-bilan existantes des écoles primaires et des collèges

Il faut que soient rendues publiques les évaluations bilans de CE1, CM2, 5ème comme les résultats du Diplôme National du Brevet en fin de 3ème, afin de montrer la valeur ajoutée de chaque école et de chaque collège, à l’exemple des indicateurs de résultats des lycées.

Dans ce cadre, un contrat d’objectif pourrait être passé avec le directeur de l’école afin de responsabiliser chaque école primaire sur ses résultats en matière de maîtrise des fondamentaux.

 

PROPOSITION 9 : Encourager l’apprentissage précoce de l’anglais dès 3 ans

Aujourd’hui, ne pas maîtriser l’anglais est un handicap majeur. Par ailleurs, plus on apprend tôt l’anglais et plus on a des capacités pour apprendre une autre langue.

Il est nécessaire de revoir les pratiques pédagogiques pour pouvoir généraliser l’apprentissage de l’anglais dès le plus jeune âge. Cet apprentissage pourrait se faire en généralisant l’apprentissage à distance de l’anglais dès 3 ans, via des outils ludiques.

 

Là encore, l’UMP oublie que les mesures de suppression de postes ont touché les intervenants en langue étrangère. Elle n’a pas pris conscience du manque de formation des enseignants pour assurer efficacement cet apprentissage. Faute de moyens, il est demandé à « tout enseignant s’en sentant capable de mener cet apprentissage »… Faut-il alors s’étonner de la faiblesse des Français en langues étrangères ? Le bricolage continue et s’étend…

 

PROPOSITION 10: Dans un cadre national, faire bien davantage confiance aux établissements et leur donner plus de responsabilités.

Le renforcement de l’autonomie des établissements doit signifier la possibilité pour le chef d’établissement (principal de collège, proviseur de lycée, mais aussi, à terme, directeur d’école) de recruter librement son équipe enseignante et d’administration, en fonction du projet de son établissement. Une telle évolution doit naturellement s’accompagner d’une formation à la GRH des chefs d’établissement et un renforcement de l’équipe de direction.

Une réflexion doit aussi s’engager sur une évaluation du chef d’établissement en fonction des résultats qu’il obtient.

 

PROPOSITION 12: Donner un statut juridique aux établissements de premier degré et à leur directeur.

Cette mesure consiste donc à doter l’école, actuellement dépourvue de la personnalité morale à la différence des collèges et des lycées, d’un statut juridique qui en permette une gestion pédagogique moderne et efficace. Elle permettrait de créer un véritable statut d’emploi pour  les directeurs d’Etablissements Publics d’Enseignement Primaire.

Les écoles de petite taille pourraient être regroupées pour former un seul établissement, éclaté, et permettre ainsi une émulation pédagogique et une mutualisation des moyens humains, pédagogiques et financiers au bénéfice des élèves.

 

 

Réactions syndicales

 

Christian Chevalier, Secrétaire général du SE-Unsa craint « le risque de déserts scolaires du fait de l'embauche des enseignants par les chefs d'établissement » et ajoute que « l'UMP a un vrai projet pour l'Ecole : l'Ecole de la concurrence. Ce n'est pas une école de la réussite de tous les élèves ».

 

Thierry Cadart, Secrétaire général du Sgen-CFDT voit dans cette mise en concurrence « une obsession idéologique,... une tentative d'importer dans le système éducatif les principes du management des entreprises. »

 

Sébastien Sihr, Secrétaire général du SNUipp-FSU, dénonce « une conception libérale de l'école ». Et d’ajouter : « la vision éducative de l'UMP c'est le chacun pour soi. Avec les jardins d'éveil tous les parents par exemple n'auraient plus accès à l'éducation préélémentaire. »

 

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Jeudi 13 janvier 2011 4 13 /01 /Jan /2011 22:22

 

Le 12 janvier, le SE-Unsa a organisé un colloque intitulé "Imaginons le collège de demain". Il s’était fixé pour objectif de « faire réfléchir militants et responsables syndicaux sur les enjeux du collège à un moment où l'on sent bien que son destin se joue ».

 
De nombreux intervenants ont mis l’accent sur la nécessité de donner un nouvel élan au collège et de gérer la continuité école – collège. C’est ce qu’a notamment souligné Jean-Louis Auduc, directeur adjoint de l’IUFM de Créteil qui estime que le socle commun est un levier important sur lequel il faut travailler.

Jacques Grosperrin, député UMP du Doubs et membre de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, a annoncé son intention de déposer, avec le député Frédéric Reiss, une proposition de loi sur l'école du socle. Une proposition de loi qui devrait reprendre les idées des deux rapports (Reiss et Grosperrin) et devrait être discutée prochainement.

De nombreux indices d’inefficacité montrent, rapport après rapport, que le collège connaît des taux d’échec importants. « Le collège est en souffrance et ses difficultés croissent sans cesse. L’enjeu démocratique est de taille, avec toujours davantage d’élèves relégués aux marges du système. Le socle commun impose une nouvelle cohérence dans une école qui doit être libératrice », déclare Christian Chevalier, Secrétaire général du SE-Unsa, pour qui le temps est venu de « revisiter le concept du collège unique ».

 

Dans ses Recommandations pour le socle commun, le Haut conseil de l’éducation rappelait que 15 % des élèves en fin de Troisième n’ont aucune maîtrise des compétences générales attendues à la fin du collège, auxquels s’ajoutent près de 30 % qui ont des difficultés importantes.

L’une des raisons des échecs importants constatés en Sixième, l’année de l’enseignement secondaire la plus redoublée, avec un taux de redoublement de 5 % en 2008, après la Seconde générale et technologique (taux de 11,5 %), réside, ainsi que cela a déjà été souligné dans la première partie du présent rapport, dans la rupture que cette année marque pour l’élève, ce dernier passant d’un professeur polyvalent à neuf professeurs « disciplinaires ». Pour les participants à ce colloque, « plus que sa modernité, c’est son caractère opérationnel qui fait tout l’intérêt du socle commun. Il permet d’accroître l’efficacité de l’organisation pédagogique des écoles et des collèges. »

 

Dans sa proposition de loi, Jacques Grosperrin devrait mettre l’accent sur un certain nombre de points qui lui semblent indispensables pour mieux faire fonctionner l’école du socle commun :

 

-       Un temps de présence accru des enseignants au sein de leur établissement

« Pourquoi ne pas intégrer dans le service de ces enseignants, qui mènent, au quotidien, une action décisive en faveur de l’égalité des chances, une heure dédiée à cette activité indispensable au bon fonctionnement de leur établissement ? »
«  Une heure de concertation viendrait s’imputer sur l’horaire de cours et pourrait être qualifiée d’« heure socle commun car elle serait consacrée à la coordination pédagogique indispensable à la mise en œuvre de cette nouvelle approche de l’enseignement »

 

-       Un pilotage des établissements plus incitatif

«  Les collèges pourraient bénéficier, s’ils le souhaitent, d’une plus grande liberté d’organisation, afin de disposer des marges de manœuvre qu’eux-mêmes jugeraient indispensables à l’accomplissement de leur mission d’acquisition, par les élèves, des compétences du socle commun. »

 

-       Une organisation des corps d’inspection repensée

« Les recteurs devraient être les garants de la mise en place du socle commun. Une mise en œuvre réussie du socle commun impose de repenser l’organisation et les missions des corps d’inspection de l’Éducation nationale en fonction de deux objectifs ».

« Le premier objectif est l’accroissement de l’efficacité pédagogique des écoles et des établissements scolaires… Or, les corps d’inspection, qui devraient jouer ce rôle de suivi et d’accompagnement, ne disposent pas des moyens nécessaires pour le faire… il convient, sans doute de réfléchir à une réorganisation des corps d’inspection, dont les effectifs doivent être augmentés et les missions redéfinies, afin qu’ils consacrent un temps significatif de leur activité à faire du conseil pédagogique de proximité, c’est-à-dire à jouer un rôle de « conseillers techniques » des écoles et des établissements scolaires. Ils exerceraient ainsi une fonction d’appui auprès des équipes enseignantes, en leur donnant des conseils sur la mise en place de dispositifs pédagogiques propres à amener les élèves à maîtriser le socle commun et en contrôlant ensuite leur efficacité. Ils pourraient notamment donner leur avis sur la constitution des groupes de compétence, le contenu des livrets personnels de compétence numériques, la définition des niveaux d’acquisition des contenus du socle commun, la mise en place des dispositifs de soutien scolaire (accompagnement éducatif et programme personnalisé de réussite éducative), etc. Quant aux inspections individuelles, si leur suppression n’est pas envisageable à court terme dans notre pays – certains interlocuteurs de la mission l’ont pourtant préconisée en s’appuyant sur le fait que des pays européens, scandinaves en particulier, recourent à un système d’évaluation purement « externe » des établissements –, celles-ci pourraient être reconfigurées, en complétant le contrôle en classe par un temps de restitution et d’analyse collectives, devant toute l’équipe enseignante et en présence du chef d’établissement. »

 

-       Un mode d’organisation des écoles et des collèges à généraliser : les Réseaux Ambition Réussite

« En attendant ces « écoles du socle commun », une première étape pourrait être franchie en s’appuyant sur une organisation déjà existante, les réseaux « ambition réussite » mis en place à partir de 2006. On sait ce que pourrait être une organisation scolaire propice à l’acquisition du socle commun, si ces réseaux étaient étendus aux écoles et établissements ne relevant pas de l’éducation prioritaire.

L’organisation de ces réseaux repose sur trois piliers :

– chaque réseau est piloté localement par un principal de collège, pour le second degré, et par un inspecteur de l’éducation nationale pour le premier degré.

Un comité exécutif réunit ainsi le principal du collège, son adjoint, l’inspecteur et les directeurs des écoles. Ce comité est chargé de l’élaboration, du suivi et de la régulation du contrat du réseau, permettant ainsi la définition d’objectifs partagés et le développement d’une culture commune de la maternelle au collège ;

– le projet de chaque réseau est formalisé dans un contrat « ambition réussite ». Il contient un tableau de bord, un diagnostic axé sur les acquis des élèves, des objectifs pédagogiques, un plan d’actions et les lettres de mission des enseignants. Validé par le comité exécutif du réseau, ce contrat devient une référence commune de travail au sein du réseau, de même qu’avec les autorités académiques. Il est discuté lors des conseils d’école, du conseil pédagogique et du conseil d’administration au collège. Il peut être amendé chaque année ;

Les réseaux ambition réussite pourraient donc être la matrice de « l’École fondamentale » de demain, le rapprochement entre les premier et second degrés étant favorisé par d’autres mesures évoquées dans le présent rapport : le développement de la bivalence, les échanges de service entre enseignants de CM2 et de Sixième et une formation des maîtres plus interdisciplinaire et axée sur le socle commun. Dans ce but, des « réseaux du socle commun » expérimentaux pourraient être mis en place. Reposant sur le volontariat et associant des écoles et des collèges relevant ou non de l’éducation prioritaire, ils pourraient être, en cas d’évaluation positive, généralisés pour englober la totalité des élèves suivant le cursus de la scolarité obligatoire. »

 

Si les rôles respectifs du principal de collège et de l’IEN sont bien définis dans le projet de Jacques Grosperrin, celui du directeur d’école semble réduit à la portion congrue. Nulle trace de sa reconnaissance statutaire, de son implication administrative ou de sa responsabilité dans le dispositif.

Quelle serait sa place entre le chef d’établissement et l’IEN ? Serait-il en permanence court-circuité par l’IEN qui se verrait attribuer le rôle de super directeur ? Quelles seraient ses attributions, ses responsabilités, ses devoirs, ses moyens… ? Quid du projet de création des EPEP ?

Les organisations syndicales se doivent de réfléchir à ces problèmes et d’apporter des réponses satisfaisantes le plus tôt possible. Avant que les parlementaires ne se saisissent du dossier…

 

Le dispositif "ECLAIR"

 

Mais la proposition de loi du député Grosperrin n’est-elle pas caduque avant même que d’avoir été déposée sur le bureau de l’Assemblée nationale ? N’est-il pas prévu, dès la prochaine rentrée, de basculer les 249 collèges et 1725 écoles des réseaux d’éducation prioritaire sous un statut dérogatoire doté d’un nouveau sigle « ECLAIR » qui signifie « Ecoles, Collèges et Lycées pour l’Ambition, l’Innovation et la Réussite »…

La mesure dérogatoire la plus spectaculaire permettra aux chefs d’établissements de formuler un avis sur le recrutement des enseignants « afin de s’assurer de leur volonté de s’investir dans le projet d’établissement ». Cet avis de recrutement sera remis au recteur qui procèdera aux affectations. Pour ce qui concerne les avis des enseignants affectés dans les écoles, ce rôle devrait revenir aux inspecteurs…comme le leur avait expliqué Luc Chatel en septembre dernier.

Une fois encore, faute de statut, les directeurs d’école seront les grands absents de cette nouvelle procédure. Dans un cas comme dans l’autre, ce sont les IEN qui seront directement impliqués dans la direction des écoles primaires.

 

Es syndicats se sont immédiatement réunis en intersyndicale regroupant la CGT-Educ'action, le SE-UNSA, le SNCL-FAEN, le SNEP-FSU, le SNES-FSU, le Snuep-FSU, le SNFOLC, le Snetaa-FO et SUD-Education pour demander dans un communiqué commun "le retrait de la circulaire autorisant ce dispositif et l'abandon de toute pression à l'égard des personnels".

 

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