Quelle heure ?

Soutiens

Liste des députés favorables au statut de directeur d'école

La nouvelle Assemblée Nationale compte 45 députés réélus ayant appuyé notre demande d'un statut de directeur d'école sous la précédente législature.

  1 PC
  3 UDF - maj. présid.
19 PS
21 UMP
  1 Divers Droite

Rapport OCDE
(Jean-Pierre Obin, IGEN)

1ère partie
2ème partie

5

 

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Le site des directeurs

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante :

http://www.ifop.com/europe/sondages/opinionf/consultationdirecteursecoles.asp

  Inscrivez-vous sans tarder à la "newsletter" des "directeurs en lutte"pour recevoir les dernières infos. 

Il suffit d'entrer votre adresse mail dans le cadre de droite.

 
 
 N'oubliez pas de revenir... en forme.
Il nous reste beaucoup à faire pour l'obtenir... ce STATUT

Mercredi 11 juin 2008

Une fois n’est pas coutume, nous avons décidé d’aborder un sujet qui n’a rien à voir avec l’objet de notre site. Simplement, nous avons recueilli 2 articles qui traitent d’un fait de société, de prime abord plutôt anodin, mais qui pourrait devenir un bon sujet de philosophie aux épreuves du bac 2009…

Le thème : la fessée.

 

Le Conseil de l'Europe veut interdire la fessée

 

Le Conseil de l'Europe veut en finir avec la fessée, pratique qui porte atteinte à la dignité de l'enfant. Un dossier de premier ordre !

Lue sur le monde.fr, cette brève qui m'a fait bondir de ma chaise : le Conseil de l'Europe veut en finir avec la fessée. Et l'organisation lance donc une grande campagne pour sensibiliser les parents sur cette question.

 

Incroyable ! Le Conseil de l'Europe, cette organisation non gouvernementale qu'il ne faut pas confondre avec l'Union européenne, n'a donc rien de mieux à faire, le dimanche après-midi, que de réunir une conférence internationale avant de s'entendre sur cette déclaration : «Aucune religion, situation économique ou méthode d'éducation ne saurait justifier de frapper un enfant, de le gifler, de lui donner la fessée, de le maltraiter, de l'humilier ou de recourir à toute pratique qui porte atteinte à sa dignité».

 

Il ne s'agit pas pour moi, ici, de défendre la fessée. On pourrait en parler pendant des heures. Philosophiquement, abstraitement, il semble évident que la violence est toujours un aveu d'échec, et que la bonne éducation est celle qui n'a pas besoin d'élever la voix pour se faire comprendre. Comme le bon chef est celui qui se fait d'emblée obéir et respecter.

 

Non, ce qui suscite mon courroux, c'est le caractère non seulement donneur de leçons, mais surtout le côté absolu de la déclaration. Rien ne justifie la fessée ! Absolument rien ! Ni une religion, ni une situation économique, encore moins une méthode éducative ! On parle, carrément, «d'atteinte à la dignité des enfants». Messieurs dames, nous avons là une quasi-religion, qui distribue les bons et mauvais points, qui décide de ce qui est bon, ou non, pour l'homme. Et en quel honneur ?

 

Mais on nous rassure dans Libé : l'initiative du Conseil est exclusivement préventive, il n'y aura pas de poursuites. Encore heureux ! et pourquoi pas une excommunication ? Bien sûr, le journal de Laurent Joffrin ressort l'éternel expert selon lequel les fessées que subissent les enfants sont la cause des violences que l'on observe entre adultes. Sans blague ? Ne serait-ce pas plutôt l'inverse ? L'absence d'éducation digne de ce nom qui provoque un bazar sans nom ? Personnellement, je commence à en avoir un tout petit peu assez des psychologues, des psychiatres, des leçons perpétuelles qu'ils donnent au monde, de leurs préconisations abstraites, de leur avis qui diffère selon l'école à laquelle ils appartiennent.

 

Car dans les faits, dans la vraie vie, que voit-on ? Des enfants brimés, battus, traumatisés ? Des atteintes à la dignité ? Oui, cela existe, même en France. Mais quand on n'a pas d'enfant, il suffit de se balader dans un supermarché ou dans n'importe quel lieu public (je ne parlerai même pas de super nanny) pour constater le désastre éducatif actuel, le caractère pathétique des adultes que les marmots mènent par le bout du nez. Depuis qu'on les vouvoie, qu'on leur demande leur avis (y compris pour des questions qui leur échappent totalement), qu'on en fait l'égal des grands, les enfants déraillent, car ils sont perdus. N'est-ce pas cela, qui est une atteinte à leur dignité ? Qui est la vraie atteinte à leur dignité ? N'est-ce pas là qu'il faut agir, au lieu de continuer à culpabiliser des parents souvent bien impuissants à trouver des solutions ?

 

Et puis, si l'on veut un peu élargir le sujet, il est assez amusant de voir que les Etats et les organisations internationales, lorsqu'ils sont impuissants à régler la mission pour laquelle il ont été choisis (la gestion de la cité), s'emparent très vite de la question du bien et du mal pour se mettre à édicter des lois morales. Mais depuis quand, en définitive, le Conseil de l'Europe est-il mandaté pour dire aux parents comment ils doivent éduquer leurs enfants ?

Par Chafouin.

 

 

Dans son édition du 3 janvier 2008, le magazine « Le Point » avait publié l’article suivant :


Une bonne fessée ne fait pas de mal !

 

Utilisée avec parcimonie et en dernier recours avant que les parents ne sortent de leurs gonds, la fessée est un outil éducatif parfois bien nécessaire. C'est ce qu'explique le Dr Maurice Berger, chef du service de psychiatrie de l'enfant au CHU de Saint-Étienne, en commentant pour Le Quotidien du médecin une enquête de l'Union des familles en Europe sur le bien-fondé de ce mode de correction utilisé par 96 % des parents. Ce spécialiste s'y déclare clairement contre l'interdiction de la fessée.

"Le psychisme de l'enfant a besoin d'autorité pour organiser ses pulsions, explique-t-il. L'enfant n'est pas un être innocent ni mauvais par essence : il a en lui de la violence comme il a de l'amour. Tout enfant manifeste des mouvements de jalousie, de domination, d'envie par rapport aux autres. Et le destin de ces pulsions violentes dépend en grande partie des réponses que les parents vont lui apporter. L'enfant a besoin de rencontrer des limites. Le problème est qu'à partir du moment où un adulte fait preuve d'autorité, il est très souvent suspecté d'abus d'autorité."

Il n'est pas question, pour les pères et les mères, de se conduire en tyrans, note le spécialiste. Et une fois les limites de l'acceptable atteintes, mieux vaut une sanction claire que des pleurnicheries parentales, pour souligner leur tristesse et tenter de culpabiliser le jeune récalcitrant. Bref, une fessée bien tempérée, donc à bon escient, après les "sommations d'usage" et surtout pas destinée à soulager l'adulte. Dans ce contexte, elle est ressentie comme méritée par l'enfant et elle ne nuit absolument pas aux relations familiales.

 

Alors, après lecture, pour ou contre une « bonne fessée » ?

 

Retour à la page d’accueil

par Les directeurs en lutte publié dans : Analyses
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Mercredi 11 juin 2008


Jean-Philippe, directeur de l’école de Chaintreaux (77), nous transmet copie d’un courrier co-signé par 96 enseignants et envoyé à l’IEN de la circonscription de Nemours (sud Seine-et-Marne).

Ce texte est un ensemble de propositions faites à l’Administration pour gérer les « 108 heures ». Nous le publions intégralement ci-dessous.

 

 

+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

 

                                                                       Le 21/05/2008

 

Objet : gestion des 108 heures.

                                              

                                                        Madame L'Inspectrice de l'Education Nationale,

 

Nous voulons porter à votre connaissance les éléments suivants :

 

1) le seul texte officiel (décret n°2008-463 du 15 mai 2008) publié à ce jour n'est qu'un cadrage quantitatif et non qualitatif des horaires (la durée de la semaine scolaire est fixée à 24 heures d'enseignement scolaire pour tous les élèves ; les élèves rencontrant des difficultés d'apprentissage peuvent bénéficier en outre de 2 heures d'aide),

 

2) l'organisation des 108 heures ainsi dégagées n'est pas précisée (la répartition 24h pour le travail en équipe, 18h d'animation pédagogique, 6h de conseil d'école et 60h d'aides aux élèves en difficulté, n'est qu'un relevé de conclusions entre le ministre et 2 des 3 syndicats majoritaires),

 

3) le calendrier imposé ne permet pas d'envisager avec sérieux et esprit de responsabilité la mise en place d'un dispositif en direction des élèves en difficulté,

 

4) dans cette précipitation, l'Inspection Académique fait référence à une circulaire de rentrée qui n'existe pas (le BOEN n°15 du 19 avril 2008 comme l'indique l'IA est en réalité du 10 avril 2008),

 

5) les textes précisent que les projets doivent être élaborés en Conseil des Maîtres et non sur proposition de l'Inspecteur d'Académie (propositions à géométrie variable en fonction des départements...),

 

6) aucun texte à ce jour ne précise les obligations de service des personnels,

 

7) un dispositif d'aide ne peut être subordonné à l'organisation de transports, de cantine, de garderie...,

 

8) le temps d'aide proposé peut « rallonger » la journée de l'enfant à l'école,

 

9) requérant l'accord des familles ce dispositif n'est pas obligatoire, ce qui porte en germe la remise en cause des valeurs fondamentales de l'École de la République,

 

10) externaliser la prise en charge de la difficulté scolaire (cf stages de « remise à niveau ») met en danger l'existence des RASED (peu ou pas cités dans les textes) dont une nouvelle organisation devrait être proposée.

 

11) nous sommes convaincus que la difficulté scolaire doit être envisagée pendant le temps scolaire,

 

12) la réussite des élèves n'est pas proportionnelle au temps de présence de l'enfant à l'école (cf le temps de présence à l'école des enfants chez nos voisins européens : moins de temps = plus de réussite...),

 

13) réduire la lutte contre l'échec scolaire à des pratiques pédagogiques en excluant les facteurs socio-culturels et affectifs est un leurre en direction des familles,

 

14) les enfants les moins en difficulté dans certains secteurs se verront proposer la même offre que les enfants les plus en difficulté (donc plus de temps enseignant/élève),

 

15) les charges des personnels ne seront pas les mêmes en fonction de leur affectation (maternelle/ZIL/élémentaire/RASED...),

 

16) que 24 heures face aux élèves semble pouvoir établir une certaine équité entre enseignants du premier degré et enseignants du second degré,

 

En considération des points énoncés ci-dessus, sachant que les textes nous autorisent à l'expérimentation et que l'Inspection Académique considère que l'année scolaire 2008/2009 constituera, à l'évidence, une année de transition ; nous proposons d'utiliser pour l'année scolaire à venir les 108 heures ainsi dégagées comme suit :

 

l        6 heures de conseil d'école

l        24 heures de travaux en équipes pédagogiques incluant les conseils des maîtres (actuellement non comptabilisés dans le temps de travail)

l        18 heures d'animation pédagogique

l        60 heures pour engager une réflexion collective sur:

l        l'évaluation des dispositifs existants

l        le repérage le mieux ciblé des difficultés

l        le travail en équipe, condition de la réussite de ce dispositif (associant RASED, enseignants spécialisés, MAZEP,...)

l        la nécessaire formation des enseignants à la difficulté scolaire.

l        la nécessaire formation des enseignants à la scolarisation des élèves handicapés (la circulaire de rentrée insiste sur « l’appui et l’aide pédagogique aux enseignants qui accueillent dans leur classe des élèves handicapés sont une priorité »).

l        la mise en oeuvre des nouveaux programmes.

l        la mise en place d'outils de travail liés à ces nouveaux programmes pour les élèves en difficulté.

 

            et organiser avec les différents partenaires impliqués dans cet enjeu majeur un dispositif réfléchi, concerté, ambitieux.

 

Lettre écrite par des directeurs et des enseignants de la circonscription de Nemours et cosignée par 96 enseignants de la circonscription.

 

+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

 

Retour à la page d’accueil

par Les directeurs en lutte publié dans : Analyses
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Lundi 2 juin 2008

Depuis plus d’un an, Sous le pseudo « Froment », l’un de nos collègues, très favorable à un statut de directeur et passionné d’économie nous livre régulièrement ses réflexions au travers de commentaires souvent très pointus et passés au travers du prisme économique.

Il nous a récemment promis une version plus détaillée de sa vision de l’avenir du statut de directeur d’école. Pour lui, aucun doute, la mauvaise santé économique du pays plombe la réforme du statut que nous attendons tous. Nous reproduisons en intégralité, ci-dessous, le texte qu’il vient de nous envoyer.

 

---------------------------------------------------------------------

 

En septembre 2006, 93 % des directeurs d’école se sont déclarés favorables à un statut professionnel lors de la consultation IFOP commandée par le GDID. Résultat considérable tant par le taux de participation que par celui des réponses positives. Aucun doute, à l’unanimité ou presque, les « enseignants chargés de direction » attendent une vraie reconnaissance de leur métier.

Pourtant, 20 mois plus tard, rien n’a changé. Toujours la même attente. Toujours le même silence du ministère. Toujours la même indifférence des syndicats. Aucune négociation en cours. Pire, la situation économique du pays a changé et avec elle, la probabilité du statut semble s’éloigner.

 

En effet, deux éléments jouent contre le statut. Le premier est d’ordre idéologique. Les syndicats majoritaires n’ont pas évolué dans le sens d’une reconnaissance du métier de directeur. S’ils acceptent qu’on lui donne quelques moyens supplémentaires (décharges, indemnités), ils refusent de voir le directeur se transformer en vrai responsable institutionnel de l’école. L’idée de « chef » (petit ou grand) leur est insupportable.

Paradoxalement, les directeurs eux-mêmes ne luttent pas vraiment pour contrer la « puissance » syndicale. On le voit bien, lorsque des salariés veulent imposer leur point de vue à leurs responsables syndicaux, ils le peuvent. En 68, les ouvriers de chez Renault ont conspué le leader de la CGT venu leur apporter la « bonne nouvelle » des accords de Grenelle. Plus près de nous, les marins pêcheurs ont refusé l’accord passé par leurs représentants avec le ministre de l’agriculture et ont poursuivi le blocage des ports.

En fait, tout se passe comme si les directeurs avaient peur qu’on leur donne plus de pouvoirs alors qu’ils n’exercent pas ceux dont ils disposent aujourd’hui, comme s’ils avaient un complexe d’infériorité définitif.

Le second élément qui fait obstacle au statut est lié à la conjoncture économique. Celui-ci se double d’un aspect structurel propre à la répartition des établissements scolaires du 1er degré.

Sur le plan économique, tous les experts confirment les propos du Président de la République : « les caisses sont vides ».

Certes, il existe bien des économistes qui se montrent moins pessimistes. Ainsi, Mathieu Plane, économiste de l’OFCE, qui intègre les actions de l’Etat  et qui arrive à ce résultat surprenant : « Si l'on déduit les actifs physiques de la dette, l'Etat est créditeur de 37.8% du PIB.
Moralité, le bébé français ne naît pas avec une dette de 18700 euros sur les épaules comme le disent les Cassandre, mais un crédit de 11000 euros
 ». Oui, c’est exact… sauf que les actifs ne sont pas cessibles…

L’aspect structurel de cette difficulté financière est propre à l’Education nationale. L’enseignement primaire est constitué d’un vaste réseau d’écoles souvent de petite taille. Certes, le nombre d’écoles décroît de façon régulière depuis de nombreuses années mais la France comptait encore 49 928 écoles publiques à la dernière rentrée de septembre 2007.

Parmi les 59 % de directeurs qui disposent d’un temps de décharge, 83 % ont 1/4 de décharge, 13 % une ½ décharge et seuls 4 % ont une décharge complète.

Il est important de bien garder ces chiffres en tête pour comprendre l’effort financier colossal que représenterait la création d’un statut.

Bien sûr, il est possible de créer un statut à moindres frais. Un statut pourrait ne comporter que la stricte reconnaissance institutionnelle du métier de directeur. Ce serait une avancée capitale. Mais passé le moment d’euphorie « on a gagné ! on a gagné ! », viendrait vite la déception de la coquille vide. En effet, ce qu’attendent les directeurs et toutes les enquêtes le disent, c’est la reconnaissance mais aussi et surtout les moyens nécessaires pour mieux faire fonctionner leur école.

Du temps, du temps, du temps, réclament les directeurs. Or, le temps ne peut être attribué qu’en accordant des décharges d’enseignement. Seulement, voilà ! Le temps de décharge passe par des créations de postes en nombre considérable.

Rappelons-nous : la signature du protocole a « accordé » ¼ de décharge aux 7135 directeurs de 4 classes par l’utilisation de stagiaires IUFM avec les conséquences que l’on sait et que nous n’avons cessé de dénoncer. Mais ces stages filés représentaient l’équivalent de 1641 ETP (Emploi Temps Plein).

Pour que le statut présente réellement un intérêt palpable par les directeurs, il conviendrait, à minima, de transformer les 3827 demi décharges en décharges complètes et d’augmenter de façon significative le temps de décharge des 29 000 collègues qui n’en ont qu’un quart. Il ne faudrait pas oublier non plus les milliers de collègues qui ont moins de 4 classes… Bref, des milliers de postes à créer. Autant dire qu’en l’état actuel de nos finances, c’est mission impossible avant de nombreuses années.

On m’a souvent rétorqué : « quand le gouvernement veut trouver de l’argent, il en trouve » et de me citer la « prime de Noël » des chefs d’établissement du secondaire. Mais, c’est une goutte d’eau par rapport à des créations de postes qui engagent l’état pendant 40 ans. A bien y regarder, les avancées obtenues par les salariés en détresse ne sont bien souvent, hélas, que des arrangements budgétaires sans lendemain.

D’ailleurs, « Bruxelles » veille… Le 28 mai, elle demande à la France de "mettre en oeuvre l'invitation politique du conseil du 12 février", date à laquelle les ministres des Finances de l'UE avaient demandé à Paris de "renforcer sa consolidation budgétaire". Cette recommandation est l'un des trois instruments dont dispose la Commission pour rappeler un Etat à l'ordre sur ses déficits.
Elle peut par ailleurs choisir d'ouvrir une procédure dite de "déficit excessif", ou envoyer une mise en garde "précoce" pour demander à un Etat de réagir. Bruxelles devrait appeler aussi la France à "soutenir le processus de réforme de manière interne à travers une application ambitieuse des recommandations" de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), lancée en décembre dernier, et censée réformer l'Etat et produire des économies substantielles sur cinq ans.

L’idée de créer un corps particulier de directeurs du 1er degré a également été évoquée à plusieurs reprises sur ce site. C’est même le libellé de l’article 1 du projet de statut proposé par le GDID. Or, pour les mêmes raisons que celles énoncées plus haut, c’est impossible. La France s’est lancée dans une réforme qui vise à restructurer la fonction publique. Les différents corps vont être regroupés en grandes filières pour former ce que le gouvernement appelle la « fonction publique de métiers ». Je ne reviens pas plus explicitement sur cette réforme qui a fait l’objet d’un article complet sur ce site (*).

A mes yeux, la seule possibilité d’intégrer les directeurs d’école dans un « corps », ce serait de les associer aux personnels de direction regroupés dans l’actuel corps des chefs d’établissement. Mais il conviendrait de le demander avant que la réforme ne touche concrètement les métiers de l’enseignement.

Naturellement, cette intégration ne serait pas sans conséquences sur la nature du « cadre statutaire » qui attribuerait de facto aux directeurs d’école une fonction hiérarchique. Mais le veulent-ils ? On entre là dans un tout autre débat. Il convient aussi de savoir qu’une étape intermédiaire est tout de même indispensable pour être compatible avec l’état de nos finances, c’est la réduction drastique du nombre de directeurs d’école. Cette réforme est en phase d’expérimentation. Elle est imparfaite. Elle ne nous convient pas telle qu’elle existe actuellement mais elle a un nom : EPEP. C’est sur ce terrain que nous devons porter notre combat si l’on ne veut pas rater le train de la réforme. Train qui ne repassera pas de sitôt…

Alors devant ce constat ô combien pessimiste que je dresse, faut-il baisser les bras et renoncer à réclamer un statut jusqu’à rétablissement des finances publiques ? Evidemment non ! Nous devons maintenir la pression ne serait-ce que pour faire évoluer les esprits des « responsables » syndicaux et signifier au pouvoir en place que la coupe est pleine.

 

---------------------------------------------------------------------

 
(*)
Notre collègue fait référence à notre article du 12 mai intitulé :

« La création d’un corps de directeurs d’école : hautement improbable »

 



Question écrite posée le 20/05/2008 au ministre de l'Education nationale

par le Député M. Meslot Damien (UMP - Territoire-de-Belfort)
 

 

M. Damien Meslot attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la revalorisation de la prime allouée aux directeurs d'école. Une augmentation forte des indemnités des directeurs d'école a été envisagée par le Président de la République et, pour l'heure, aucune mesure en ce sens ne semble avoir été engagée. C'est pourquoi il lui demande de bien vouloir lui indiquer s'il est dans ses intentions de revaloriser les indemnités des directeurs d'école et sous quels délais cette revalorisation pourrait intervenir.


 
Retour à la page d’accueil

par Les directeurs en lutte publié dans : Analyses
ajouter un commentaire commentaires (24)    recommander
Dimanche 1 juin 2008


Avec les premiers résultats du mouvement, il apparaît que les directions restent toujours aussi peu prisées par les enseignants du 1er degré. Les fameuses « avancées » conquises de « haute lutte » avec la signature du protocole en 2006 par le SE-Unsa n’auront pas réussi à rendre un tant soit peu d’attrait à une fonction dont on dit et répète qu’elle est un véritable métier.

Les résultats qui nous parviennent de différents départements montrent, pour chacun d’eux, que les directions vacantes se comptent par dizaines. Nous atteindrons, cette année encore, un score à 4 chiffres qui se situera probablement autour de 4 000.

Cette situation, sans nulle autre pareille, est dénoncée dans tous les rapports. Elle est connue de tous ceux qui occupent des responsabilités de haut niveau à l’Education nationale, dans toutes les inspections académiques, les rectorats, dans chaque service du Ministère mais également par tous ceux qui ont occupé Matignon et l’Elysée depuis des décennies. Rien n’y fait.

Les syndicats font mine, parfois, de s'en préoccuper surtout les années concernées par les élections professionnelles. Mais force est de constater que leur réaction n’est que « parole verbale » et que cette dernière est bien molle.

 

Ainsi, pour exemple, la déclaration du SNUipp 28 (Eure-et-Loir)

 

Direction d’école

Le premier constat, c’est qu’il y a autant de directions vacantes cette année que l’an dernier : 39.

Mais au-delà de ce constat, le malaise de la direction d’école persiste et le détail de ce mouvement l’atteste.

Depuis de nombreuses années, nous réclamons du temps pour toutes les directions d’écoles et une augmentation du volume des décharges actuelles.

14 écoles de 1 à 3 classes restent vacantes. C’est la preuve que ces écoles n’attirent pas.

11 écoles de 6 à 9 classes restent vacantes, c’est la conséquence directe de l’augmentation de la charge de travail et la non prise en compte de cette difficulté.

Enfin, 6 écoles de 7 classes et plus restent vacantes, soit une augmentation de 50% !

Autre éclairage pour illustrer ces propos, 17 directeurs en poste, sur 36 qui participaient au mouvement, ont souhaité redevenir adjoint et 10 ont obtenu satisfaction.

On assiste de plus en plus à un turn-over qui montre l’usure liée à la fonction. Il est plus que temps de donner des réponses concrètes, répondant à l’attente des collègues pour stopper ce dysfonctionnement.

Du temps pour la direction d’école, c’est ce que les collègues ont le plus besoin et c’est l’une des demandes du SNUipp dans le cadre de la mise en œuvre du nouveau calendrier scolaire.

 

 

On le voit, si le constat est dressé, la réponse n’est pas appropriée. En effet, n’hésitons pas à le dire : il s’agit d’une véritable catastrophe dont on ne mesure pas suffisamment les effets destructeurs.

D’abord pour l’école publique française qui subit de plein fouet les coupes budgétaires drastiques et qui ne fournit pas les résultats qu’on est en droit d’attendre d’elle.

Ensuite pour les directeurs qui se démobilisent, usés par les charges de plus en plus lourdes que leur impose l’administration. Directeurs qui n’ont pas les moyens d’optimiser le fonctionnement de l’école et qui n’ont d’autre choix, hélas, que de la laisser se détériorer au fil des ans.

Enfin, par voie de conséquence, pour les élèves qui subissent les contrecoups des mauvais coups portés à l’école au travers de ses personnels en manque de considération morale et financière.

 

Il est urgent de prendre le problème à bras le corps et d’y apporter des solutions durables. Il est urgent que les syndicats s’intéressent enfin à cette profession qui ne peut plus accomplir les missions qui lui sont assignées. Il est urgent que les pouvoirs en place accordent reconnaissance statutaire à cette catégorie de fonctionnaires dévoués au service public.

Oui, il est urgent d’agir !

 

Retour à la page d’accueil

par Les directeurs en lutte publié dans : Analyses
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Dimanche 18 mai 2008

Un collègue nous a transféré une partie des discussions que l'on retrouve ces derniers jours sur la messagerie IA 59. Nous n'avons retenu que quelques extraits que nous avons regroupés pour une meilleure compréhension. Les inter-titres sont le fait de notre rédaction.
 
Du bon usage de la messagerie...
 
Tout commence par un communiqué du syndicat @venir écoles qui indique pourquoi il ne prend pas part à la grève du 15 mai 2008. Immédiatement, une première réaction fuse. Non pas pour commenter cette prise de position mais pour fustiger l'utilisation de la messagerie. Puis, c'est l'enchaînement...
 
Collègue A :
Bonjour, Pourquoi envoyez-vous un message syndical à partir d'une boite mail d'école ?

Collègue B :
Il y a encore des directeurs qui ont bien du temps pendant la classe !!!

Collègue C :
Bonjour, moi je suis directeur non déchargé, je fais classe d'abord, la direction hors temps de classe et je n'envoie pas de mails ni administratifs, ni de syndicats à 11 h 02 min !
Message envoyé à 6 h 45 et j'attends que les syndicats (tous) défendent mieux les directeurs et directrices.

Réponse du secrétaire du syndicat @venir écoles :
Je suis déchargé à 100 % ; de plus, nous ne possédons pas de bureau particulier pour notre syndicat.
Bien à vous.
 
 
De la représentativité des syndicats...
 
Communiqué d'un délégué du SNUipp 59 qui demande aux directeurs de "diffuser auprès de leurs collègues" la lettre de Gilles Moindrot au Premier ministre.
 
ExtraitComment comprendre, par exemple, que vous souhaitiez « l’existence de syndicats forts et représentatifs » et que les organisations syndicales du premier degré qui représentent plus de 85% des voix aux élections professionnelles soient écartées de toute discussion approfondie au sujet des programmes d'enseignement?

Collègue D :
C'est avec intérêt que j'ai lu le courrier que vous avez envoyé à Monsieur Fillon.
Ce jeudi, je serai gréviste, tout simplement parce que la politique de notre ministre de tutelle va à l'encontre de mes convictions et qu'il existe de graves menaces sur la qualité du service public d'enseignement.

Cependant, un détail me choque. Je vous cite :
" Comment comprendre, par exemple, que vous souhaitiez « l'existence de syndicats forts et représentatifs » et que les organisations syndicales du premier degré qui représentent plus de 85% des voix aux élections professionnelles soient écartées de toute discussion approfondie au sujet des programmes d'enseignement ?". Je suis tout à fait d'accord avec vous. Cependant, vous appliquez les mêmes méthodes que notre ministre quand vous refusez d'écouter les 93 % des directeurs d'école qui réclament un statut.
Il y a dans votre démarche quelque chose qui m'échappe et une certaine incohérence qui me saute aux yeux. C'est avec un intérêt certain que je lirai la réponse à ce courrier.
 
Collègue E :
C
'est pour ma part bien envoyé et je prône le fait que la responsabilité de la direction d'école mérite une bien meilleure attention de tous car il s'en faut de peu que nombre d'entre nous se lasse...

Collègue F :
On fait dire ce que l'on veut aux chiffres...
Pour arriver à "plus de 85 % des voix", le SNUipp comptabilise les suffrages obtenus par les 4 premiers syndicats du premier degré :

   SNUipp               45.05 %
   SE-UNSA            24.56 %
   FO                         7.79 %
   SGEN                    7.74 %

   Total                    85.14 %

Or, en 2005, le taux de participation était de 61.22 % (en recul de 5.68 % par rapport aux élections précédentes de 2002).
85,14 % (de voix) sur 61,22 % (de votants) ça ne représente que 52,12 % des enseignants du 1er degré...
52 %, pas mal... oui, mais à peine plus de 1 enseignant sur 2... pour l'ensemble des 4 syndicats arrivés en tête, c'est peu. Et, on est loin des 85 % !!!


Collègue G :
Lors d'une élection, politique ou syndicale, on calcule la représentativité sur 100% des gens qui se sont exprimés ...
Ceux qui ne votent pas ou s'abstiennent prennent la responsabilité de leur "non-expression".
Sauf à ce que les règles électorales de notre pays aient été récemment modifiées, notre système démocratique actuel est fondé sur ce principe.
Et je suis pourtant loin de partager les points de vue du SNUIPP !!!

  
Réponse du délégué du SNUipp :
Le document que le SNUipp vous a envoyé est un courrier UNITAIRE (dommage que le SNU soit le seul ou presque à l'avoir transmis aux collègues, d'où l'erreur de jugement que vous semblez faire). Le SNU ne trompe personne en avançant  85% des voix : le 85 représente bien tous les syndicats signataires et le 85% des voix, ça dit juste ce que ça veut dire : 85% des exprimés. Il n'y a là pas tromperie sur la marchandise...

Par contre, sur la participation, je suis bien d'accord, elle est en baisse : c'est mécanique depuis que le vote individuel par correspondance a été mis en place : avant on votait dans toutes écoles (ou presque), ça prenait 10 minutes au directeur (+ le temps pour poster l'enveloppe) et la participation était énorme.

Depuis, à chaque élection, le vote par correspondance s'étend (chacun reçoit le matériel de vote chez lui, le pose, le jette par erreur, se dit qu'il a le temps et puis oublie, ne reçoit rien et ne le dit pas, etc.) et l'abstention gagne. Pensez aux élections "CAMIF" ou "MGEN" : plus près des 15 % les bonnes années !!
Moins il y a de votants, tant que le quorum est atteint, et plus nos dirigeants sont contents... Ils ont face à eux des organisations affaiblies.

Faut-il leur jeter la pierre ou plutôt tout faire pour que nos collègues participent (pour qui ils veulent) à ces élections pour faire élire leurs délégués du personnel ?
 
 
De l'utilité d'un statut pour les directeurs...
 
Le même délégué du SNUipp ajoute un post-scriptum à son message :
PS : concernant le statut, étudiez celui des chefs d'établissement, le seul qui pourrait nous être appliqué : pour moi, c'est non. Quant à penser que ce gouvernement (ou tout autre d'ailleurs) pourrait nous accorder "tous les avantages" d'un statut "sans contrepartie" : qui peut sérieusement le croire ?
Du temps, de la considération, des moyens (pas que financiers) : alors là, tout à fait d'accord. Mais c'est ensemble qu'il faut l'exiger, et comme tous nos collègues qui écrivent "moi je suis enseignant d'abord, la direction ça vient après", alors c'est tous ensemble, adjoints et "enseignants directeurs" que nous devons faire avancer ce dossier qui n'a que trop duré.
Si nous étions à la recherche de voix (voir plus haut), je ne dis pas "par démagogie" parce que je respecte tous mes collègues qui pensent tous honnêtement qu'un statut pourrait régler nos problèmes, il nous serait facile de dire "nous voulons un statut", sans argumenter.
Rappelez-vous le "samedi matin" : en début d'année, 75% des enseignants étaient POUR la suppression du samedi matin. Le SNUipp a exigé la mise en place de rencontres avec le ministère, a travaillé à expliquer, à argumenter.
En mars de cette année, 78% des enseignants étaient CONTRE la signature du protocole ! La FCPE qui était pour vient de voter contre en Congrès.
Dommage que d'autres aient signé quand même.
 
Collègue H :
Lorsque je lis :
"moi je suis enseignant d'abord, la direction ça vient après", je me dis que le combat de la considération n'est pas gagné d'avance : pouvons-nous réclamer une quelconque reconnaissance de notre fonction si nous ne la respectons pas nous-même! Enseignant, bien sûr, et AUSSI, EN PLUS (et pas après !), directrice ou directeur. Et tous autant que nous sommes savons bien ce que nous coûte ce PLUS, en temps, en débauche d'énergie...
 
Réponse du délégué du SNUipp :

Tu as raison, je me suis mal expliqué.
Je voulais dire que je suis enseignant d'abord parce que répondre au téléphone durant la classe : non. Je prends le téléphone, je vais en réunion, je fais la paperasse après la classe (en terme de temps, pas de priorité)

                                                                Retour à la page d'accueil

par Les directeurs en lutte publié dans : Analyses
ajouter un commentaire commentaires (16)    recommander

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Blog : Philosophie sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus