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Soutiens

     

 

Le statut de directeur d'école dans les projets

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

 

14

 

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Le site des directeurs

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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Analyses

Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 11:34

 

Il n’est pas un jour sans que les candidats ne soient interpellés par des groupes de citoyens, divers syndicats ou lobbies déclarés ou non.

Ainsi, a-t-on pu lire ces derniers temps à la « Une » des quotidiens :

« L'emploi : un thème primordial en ces temps de campagne présidentielle »

« La campagne présidentielle 2012 est sous le signe de l'Economie avec un grand E »

« L'Education s'invite dans la campagne pour l'élection présidentielle »

« Le logement est en train de devenir, avec le chômage, l'un des principaux thèmes de la campagne présidentielle »

« La FCPE interpelle les candidats à la présidentielle » …etc.

 

Bref, chaque jour apporte son nouveau thème de campagne sitôt oublié et remplacé le lendemain par un autre tout aussi important.

Bien qu’ils s’en défendent, les candidats ont les yeux rivés sur les sondages et autres enquêtes d’opinion. Ils adaptent, en permanence, leurs discours aux préoccupations de leurs électeurs.

 

Quelles sont donc les préoccupations des Français ? Le dernier baromètre réalisé du 6 au 9 janvier par l’institut TNS Sofres nous les livre :

 

1)     Le chômage et l'emploi 74%

2)     L'évolution du pouvoir d'achat  57%

3)     La santé et la qualité des soins 50%

4)     Le financement des retraites     43%

5)     L'école et la qualité de l'enseignement  41%

 

Ce baromètre nous indique que l’école, en recul de 4 points par rapport à Novembre 2011, n’arrive qu’en 5ème position loin derrière le chômage et l’emploi.

La conjoncture économique actuelle, l’annonce de la récession et du taux de croissance révisé à la baisse… laissent à penser que l’école restera une préoccupation de moins en moins importante aux yeux des Français.

Certes, le monde enseignant essaie d’interroger les candidats et de faire de l’Education une priorité. La FCPE les invite à en débattre le 17 mars. Toutes ces tentatives restent vaines pour l’instant. Les principaux candidats ne veulent d’ailleurs pas s’engager sur des mesures précises.

 

Le président candidat officieux poursuivra la RGPP et son corollaire de mesures de destruction d’un emploi sur deux de fonctionnaires partant à la retraite. Dans le projet présenté par l’UMP, aucune proposition ne concerne les directeurs d’école.

 

On connaît les grandes lignes du projet de François Hollande. Dans la proposition 38, il affirme qu’il mettra l’accent d’abord sur les écoles primaires et maternelles “car c’est là que les premières difficultés se manifestent et que l’échec scolaire se forme ainsi que sur les zones en difficulté. Il annonce également qu’il reverra les rythmes scolaires “qui n’ont aucun équivalent en Europe”. On y trouve évidemment des éléments quantitatifs comme la promesse maintenue de création de 60 000 postes (qui couvriront tous les métiers) dans l’éducation en 5 ans.

François Hollande se garde bien de parler du statut ou des missions des enseignants parmi ses engagements. Dans le quotidien « Le Monde », en novembre dernier, Vincent Peillon, le « monsieur éducation » du PS déclarait : "Il faut une revalorisation matérielle et morale du métier d'enseignant. Mais en même temps, il faudra faire évoluer la définition du métier, de ses tâches, de ses obligations, des services". En clair, cela signifie que les profs devront travailler plus pour gagner plus ! Vincent Peillon préfère dire « travailler mieux et différemment »…

 

Samedi 4 février, le président du MoDem, présentait son programme pour l’éducation. François Bayrou connaît bien la grande maison de la rue de Grenelle puisqu’il y a exercé les fonctions ministérielles à trois reprises. En 1993, nommé ministre de l'Éducation nationale dans le gouvernement d'Édouard Balladur, il propose une réforme de la loi Falloux, qui aurait déplafonné la possibilité, pour les collectivités locales, de subventionner les investissements des établissements d’enseignement privé. Le 24 janvier 1994, près d'un million de manifestants s'en prennent à ce projet, pour défendre l'école laïque. Après des débuts difficiles il fut raillé pour son immobilisme. Roger Fauroux, qu'il avait chargé de présider une commission sur la réforme de l'école était néanmoins critique, déclarant que François Bayrou gouvernait « avec le sondoscope en bandoulière »

 

Lors de la présentation de son projet, le candidat Bayrou rappelle à son concurrent PS qui veut créer 60 000 postes que "tout le monde le sait, sauf ceux qui consciemment ont décidé de tromper les Français, la France doit sortir du surendettement qui l'asphyxie, si elle veut préserver son modèle social et de services publics."

Il maintiendra « les moyens existants ». La question des moyens « n’est pas la question clé ». Il promet ainsi de mettre fin au non remplacement d’un enseignant sur deux partant à la retraite.

 

RGPP d’un côté, surendettement de l’autre… 60 000 emplois créés par l’un, qualifiés de tromperie par l’autre…  Bref, pas vraiment un débat… Pas vraiment de quoi faire rêver les enseignants...

 

Et encore moins les directeurs d’école pour lesquels aucune mesure n’est annoncée si ce n’est la proposition n°8 de François Bayrou qui, si elle était appliquée, les concernerait au premier chef :

 

8- Arrêter avec les surcharges administratives, la multiplication de réunions, l’avalanche des livrets de compétences. À l’école, comme dans tous les autres secteurs d’activité, la surcharge paperassière étouffe, asphyxie, et ne sert à rien. Idem avec les circulaires de toute nature !

 

Propos pleins de bon sens, évidemment, mais qui ne suffiront pas à satisfaire les directeurs d’école en quête d’une véritable reconnaissance statutaire.

En conclusion de notre article du 21 novembre 2011, nous écrivions que l’UMP et le PS s’accordent sur un point essentiel : l’impossibilité de doter le directeur d’école d’un véritable statut, l’un comme l’autre au nom des priorités budgétaires.

Nous citions alors Bruno Julliard : « Pour être très direct, je ne crois pas que la question du pouvoir ou de l’augmentation du pouvoir des directeurs d’école, encore moins la création d’un établissement public d’enseignement autonome soient une priorité. D’abord parce que c’est coûteux, ensuite parce qu’on a probablement d’autres chantiers prioritaires qui vont mobiliser et de l’engagement politique et de l’engagement économique. »

 

Nous savons aujourd’hui que François Bayrou rejoint Nicolas Sarkozy et François Hollande sur un point : l’absence d’intérêt pour les directeurs d’école. Ceux-ci apprécieront…

D’autant que demain, on oubliera l’éducation pour parler dette publique, CAC 40, taux d’intérêts, chômage, croissance, euro, agences de notation…etc., etc.

 

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Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 18:00

L’année 2011 se termine. Pour les directeurs d’école, elle restera une année comme les autres, sans aucune avancée concrète. Certes, des soutiens sont venus leur rappeler leur rôle irremplaçable à la tête des écoles, leur dire qu’ils méritaient une vraie reconnaissance et même un statut.

Paroles rassurantes, paroles encourageantes mais paroles… verbales. Paroles, paroles, paroles…

En cette fin d’année, les directeurs d’école sont plus que jamais découragés du manque de reconnaissance que leur manifestent les responsables politiques. Certains baissent les bras et rendent leur tablier. D’autres essaient de faire modestement leur travail. Mais la plupart ont cessé de croire aux promesses électoralistes des politiciens qui se succèdent au pouvoir depuis 30 ans…

A quelques jours de la nouvelle année, il nous a semblé important de pousser quelques coups de gueule face au déferlement de scandales et d’injustices qui touchent l’Education nationale au moment où l’on nous demande de toujours faire plus d’efforts sans contrepartie, où l’on réduit le pouvoir d’achat et que se dégradent encore et toujours les conditions de travail des directeurs d’école.

Le statut en or d’un directeur pas comme les autres… 

On connaissait les bonus des banquiers et des traders, les rémunérations exorbitantes, les stock-options et les parachutes dorés des dirigeants du CAC 40... Le site d'informations Mediapart nous révèle que les dirigeants de Sciences-Po Paris touchent aussi des super bonus.

On apprend ainsi que les primes des cadres dirigeants de la prestigieuse école de la rue Saint-Guillaume atteignent plusieurs centaines de milliers d’euros par an et qu’elles sont attribuées en toute opacité par le directeur de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris, Richard Descoings.

Richard Descoings toucherait un salaire d’environ 25.000 € par mois. Une rémunération inhabituelle dans l’enseignement supérieur puisqu’elle représente 5 fois celle d’un président d’université qui touche entre 4.500 et 6.000 euros par mois environ.

A ce salaire de chef d’entreprise, s’ajoute une prime de résultat qui peut aller jusqu’à 30% de la rémunération annuelle brute globale de chacun des directeurs. Or, il faut savoir que si cette école est de plus en plus financée par les droits d’inscription qui ne cessent d’augmenter depuis quinze ans (jusqu’à 9 300 € par an pour le collège universitaire, et 13 000 € pour le master, sur l’année 2011-2012) et le mécénat d’entreprises, la rue Saint-Guillaume reste majoritairement abondée par l’Etat. En 2010, 57% de son budget provenait de subventions publiques !

 

A-t-on entendu Luc Chatel dénoncer ces super bonus de celui qui fut, un temps, annoncé comme possible ministre de l’Education nationale ?

 

A-t-on vu Abel Mestre, du quotidien « Le Monde », s’étrangler devant ce fonctionnement ultra libéral de l’équipe de direction de cette école, lui qui pourfendait la proposition d’accorder un statut d’établissement à l’école primaire ? Rappelons ce que ce journaliste, peu au fait des questions d’éducation, se permettait d’écrire début octobre : « En ce qui concerne l'école primaire, un nouvel établissement public serait créé et doté de la personnalité juridique. Il aurait une "autonomie administrative et financière", avec à sa tête un directeur "manager" qui impulserait "le projet pédagogique" de l'école. Une mesure qui entre en contradiction avec la ligne "républicaine" et étatiste développée par ailleurs par Mme Le Pen, puisqu'untel statut reviendrait de fait à avoir des écoles plus riches que d'autres et entre dans une vision très libérale – au sens économique – de l'école. »

Les 20 milliards de l’UMP pour l’école… 


A l’approche de la présidentielle, tous les candidats jouent la carte de l’école. Après avoir taclé les 60 000 recrutements promis par François Hollande, Jean-François Copé annonce « 20 milliards de dépenses nouvelles dans l’Education au sens large » dans un projet pensé « pour protéger et préparer l'avenir des enfants de France ». Ces 20 milliards incluent ainsi « la revalorisation des salaires des enseignants du primaire et du secondaire » notamment « la revalorisation des salaires des enseignants s'impliquant davantage dans le suivi personnalisé des élèves », le « développement de l'apprentissage » ou encore « l'ouverture de nouvelles places en crèche et en jardin d'éveil ».

Alors que le gouvernement a décidé de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, que les salaires sont gelés, que des postes sont supprimés dans tous les domaines rendant les conditions de travail de plus en plus difficiles, voilà qu’on nous annonce que demain on rase gratis…

« Cela n'engage pas notre candidat, mais gageons qu'un certain nombre de nos propositions vont l'intéresser », admet Jean-François Copé. On ne pourra pas dire qu’on n’avait pas été prévenus…

Le ministère accélère l'annonce des suppressions de postes d'enseignants…

 


A quelques heures du début des vacances scolaires de Noël, vendredi 16 décembre, le ministère a présenté aux organisations syndicales la répartition par académie des suppressions de postes dans l'éducation nationale pour la rentrée 2012 alors que son budget n'a pas encore été définitivement adopté par le Parlement.

 

D'ordinaire, cette annonce intervient fin décembre, début janvier. Mais l'élection présidentielle approche. "Il faut dégager le terrain pour la campagne", soutient Christian Chevalier, secrétaire général du syndicat SE-UNSA. Un terrain miné par la suppression de 14 000 postes en 2012 (dont 5 700 dans le premier degré et 6 550 dans le secondaire), qui viennent s'ajouter aux 66 000 suppressions intervenues depuis 2007.

 

En janvier 2011, l'annonce de la répartition des emplois supprimés sur le territoire avait déclenché, tout au long du premier semestre, une vague de protestations de la part des élus locaux, des parents d'élèves, des enseignants. La communauté éducative disait alors que le « mammouth » était « à l'os », qu'il ne pourrait pas supporter une nouvelle « cure d'amaigrissement ».

 

Luc Chatel soutient le contraire. « On peut continuer à ne pas remplacer une partie des départs en retraite », a-t-il déclaré fin novembre, lors d'un séminaire consacré à la RGPP, la révision générale des politiques publiques.
Le ministère ne précise pas que ses prévisions d'effectifs montrent une hausse significative du nombre d'élèves à la rentrée 2012, effet du "boom" démographique du début des années 2000 : 6 000 élèves de plus sont attendus dans les écoles primaires à la prochaine rentrée, 21 200 dans les collèges, 6 600 dans les lycées généraux et technologiques, selon les documents budgétaires débattus par les parlementaires.

 

Rappelons que le président de la République avait promis, en juin, de « sanctuariser » l’école primaire. Les recteurs devront donc encore réduire la scolarisation de moins de 3 ans (passée de 34,5 % en 2000 à 13 % en 2011). Il leur faudra aussi toucher aux « postes invisibles » : les intervenants en langues (ce qu’il en reste), les RASED, les conseillers pédagogiques…

Heureusement, demain on rase gratis…

Statistiques ou communication ?

 

« Depuis une dizaine d’années, le pourcentage d’élèves en difficulté face à l’écrit a augmenté de manière significative et près d’un élève sur cinq est aujourd’hui concerné en début de 6ème.

Si le niveau de compréhension de l’écrit des élèves moyens n’a pas évolué, la plupart des évaluations témoignent d’une aggravation des difficultés parmi les élèves les plus faibles.

Alors que la maîtrise des mécanismes de base de la lecture reste stable, les compétences langagières (orthographe, vocabulaire, syntaxe) sont en baisse, ce qui explique l’aggravation du déficit de compréhension des textes écrits, parmi les élèves les plus faibles. »

 

C’est l’Insee qui, le 16 novembre dernier, dans son « Portrait social » divulgue les résultats de deux enquêtes retenues par le ministre Luc Chatel.

 

En novembre, un collectif “Interstat” composé de syndicalistes de l’INSEE et des autres services ministériels dénonçait déjà dans un manifeste paru dans Médiapart,le manque d’indépendance des statistiques officielles et la volonté du ministère de “retenir” certaines études défavorables à la propagande ministérielle.

 

« Interstat, collectif de syndicats de l'Insee et des Services statistiques ministériels (SSM), doit s'insurger une nouvelle fois contre les pratiques de nos dirigeants politiques. L'indépendance de la statistique publique, inscrite dans la loi depuis la Loi de modernisation de l'économie d'août 2008, est une réalité que les agissements des gouvernements et de leurs entourages tentent de remettre en cause.

 

Comme en 2008, il nous faut rappeler au ministre de l'Éducation nationale, que la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) n'est pas un service statistique dont il serait le seul utilisateur, mais qu'elle fait partie du service statistique public.

 

Des publications validées et prêtes à être diffusées sont retenues en attendant une éventuelle communication du ministre sur le sujet, ou un moment plus propice pour qu'elle ne génère pas de polémique dans le débat social.

 

La rétention d'information est une atteinte à la démocratie

 

Cette rétention d'information a pour objectif de faciliter la communication du ministre. Ainsi, ce dernier a pu s'enorgueillir, lors de sa conférence de presse de rentrée (1er septembre 2011) d'améliorer les compétences des élèves malgré la hausse du nombre d'élèves et la baisse du nombre d'enseignants. Ces résultats sont pourtant sujets à caution : alors que jusqu'au milieu des années 2000, les enquêtes dont sont tirés ces résultats étaient conçues et réalisées conjointement par des statisticiens et des enseignants. Elles sont à présent menées par la Direction pédagogique du ministère (DGESCO). Or la DGESCO n'est pas un service statistique, et ne bénéficie donc pas de l'indépendance vis-à-vis du ministère dont jouissent légalement les services statistiques ministériels. »

 

Ainsi peut-on lire sous la plume de Maryline Baumard dans  Le Monde du 12 décembre que « Le jour de la parution de l'ouvrage, les statisticiens de la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) ont été priés de ne pas commenter ces résultats qui ne suivaient pas la "bonne" courbe.

 

Dix jours plus tard, le cabinet de Luc Chatel publie l'une des enquêtes. La seconde qui compare le niveau des élèves entre 1997 et 2007 est toujours au fond d'un tiroir: "Ce qui s'est passé là est assez symptomatique. Nos enquêtes sont bienvenues lorsqu'elles accompagnent la communication du ministre. Sinon, elles attendent, rappelle un chercheur, sous couvert d'anonymat. Et plus encore si elles montrent une baisse de niveau." »

 

"Il est regrettable que le ministère préfère mettre en avant les résultats contestables des évaluations CE1 et CM2, mises en place depuis quatre ans par la DGESCO, évaluations qui ont surtout pour objectif de nourrir la communication ministérielle au détriment d'une information étayée sur une méthodologie rigoureuse", estime Jean-Claude Emin, ancien sous-directeur de la DEPP.  

 

Bonne Année quand même… En 2012, on rase gratis.  

 

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Jeudi 13 octobre 2011 4 13 /10 /Oct /2011 17:07

Le 29 septembre dernier, l’e-mag de l’éducation « vousnousils » titrait : « Marine Le Pen s'adresse aux enseignants en faisant le mea culpa du FN ».

« Je le sais, longtemps, il y a eu un malentendu entre nous. Longtemps, nous avons donné le sentiment de vous regarder en ennemis… Longtemps, nous n'avons pas su parler, trouver les mots et comprendre à quel point vous étiez attachés à l'intérêt général… Longtemps, nous avons commis l'erreur de penser que vous étiez complices ou passifs face à la destruction de l'école. Pour l'immense majorité d'entre vous, c'était une erreur et cette époque est révolue… »  

Si la plupart des médias ont repris ce titre et relayé les principales phrases de ce mea culpa, très peu de journaux ont évoqué la partie du discours concernant le statut de l’école et du directeur. Bien que la vidéo soit consultable sur le forum du GDID, il nous a semblé intéressant d’y revenir eu égard à la réaction qu’elle a suscité, notamment dans le journal « Le Monde ».


Lors de ce colloque sur l’éducation, Marine Le Pen a livré sa vision de l’école primaire (maternelle, statut de l’école et du directeur, rythmes scolaires, aide personnalisée).
 
 

« L’école maternelle est une chance pour la France. Une magnifique réussite que le monde nous envie. Elle est une chance pour notre natalité. Démanteler l’un des seuls points qui marchent à l’école est donc une absurdité ! Les chiffres le disent : de moins en moins d’enfants de moins de 3 ans sont admis à l’école maternelle, au profit des jardins d’éveil. C’est une sottise. Je redonnerai tout son sens et toute sa place à l’école maternelle. 

Quant à l’école élémentaire, je pense qu’elle doit être la priorité de notre action. C’est là que beaucoup se joue. Or l’école élémentaire française va mal. L’échec scolaire s’aggrave. En particulier, les élèves en difficulté avant leur arrivée au CP le restent par la suite, presque tous. Ce gaspillage des talents se retrouve dans la population active où un trop grand nombre arrivent sous-qualifiés. Le plus inquiétant est le recul de l’écriture, de la lecture, du calcul, la France enregistrant en particulier en mathématiques la plus forte baisse des scores obtenus au sein de l’OCDE depuis dix ans.  


L’école primaire doit donc être réformée en profondeur. Il faut en particulier revoir le statut de l’école, créer un nouveau type d’établissement public, doté de la personnalité juridique et d’une autonomie administrative et financière. On en parle depuis longtemps, mais rien ne bouge. Je le ferai.

Soumis à l’autorité des acteurs institutionnels (Etat et collectivités territoriales), le directeur d’école souffre en outre d’un manque cruel de légitimité pour assurer les responsabilités qui sont les siennes. Il est possible d’agir dès maintenant pour renforcer le pilotage local de la politique éducative en rénovant, en créant le statut de directeur d’école. Il doit avoir ce rôle de véritable « manager » chargé d’impulser le projet pédagogique de l’école en dialogue permanent avec l’ensemble des acteurs de la communauté éducative : professeurs des écoles, parents, commune, ministère. Son nouveau statut devra lui donner les moyens d’accomplir complètement ses missions. Une revalorisation de la rémunération et une amélioration du régime de décharge sont indispensables pour pallier les problèmes actuels de recrutement, qui sont très graves, très préoccupants. Je ferai ce statut du directeur.  


Quant à la réforme des rythmes scolaires de Nicolas Sarkozy, elle était condamnée à l’échec puisqu’elle allait contre le rythme biologique de l’enfant. Elle s’est traduite, en fait, par une basse manipulation comptable pour réduire les cours de 2 heures par semaine dans le seul but, mesquin, de faire quelques économies de bout de chandelle, de supprimer par exemple les postes d’enseignants spécialisés. Double effet négatif puisque les élèves en échec ont leur journée allongée par l’aide personnalisée qui, de fait, devient inefficace puisque ce sont souvent ces élèves qui ont les plus gros problèmes de concentration… Il faudra y revenir également. »
 
 

Comme écrit précédemment, le quotidien « Le Monde », sous la plume d’Abel Mestre, a été l’un des rares journaux à reprendre cette partie du discours. Hélas, le journaliste, peu au fait des problèmes de l’école primaire et de la situation des directeurs d’école en a fait un commentaire tout à fait contestable :

« En ce qui concerne l'école primaire, un nouvel établissement public serait créé et doté de la personnalité juridique. Il aurait une "autonomie administrative et financière", avec à sa tête un directeur "manager" qui impulserait "le projet pédagogique" de l'école. Une mesure qui entre en contradiction avec la ligne "républicaine" et étatiste développée par ailleurs par Mme Le Pen, puisqu'un tel statut reviendrait de fait à avoir des écoles plus riches que d'autres et entre dans une vision très libérale – au sens économique – de l'école. » 
 

Ce commentaire erroné est regrettable à plusieurs titres. D’abord parce qu’il est le fait d’un journaliste travaillant dans un quotidien qualifié de « journal de référence ». Ensuite parce qu’il traduit une absence de réflexion sur un sujet que manifestement ce journaliste ne connaît pas. Enfin, et surtout, parce que l’affirmation exprimée par Abel Mestre va à l’encontre de la réalité et est contredite par les faits.  

Selon le journaliste du Monde, doter l’école primaire d’un statut d’établissement « reviendrait de fait à avoir des écoles plus riches que d'autres et entre dans une vision très libérale – au sens économique – de l'école ».


Aujourd’hui, ce journaliste est démenti de façon cinglante par l’enquête réalisée par le SNUipp avec l’AMRF (Association des Maires Ruraux de France) et l’ANDEV (Association Nationale des Directeurs de l’Education des Villes) sur « l’argent de l’école ».


En effet, et en l’absence de statut, l’école primaire française souffre d’importantes disparités de financement avec un écart de 1 à 10 dans l’attribution de crédits de fonctionnement, « à savoir de 13 euros jusqu'à 130 euros par an et par élève ». Les inégalités entre écoles riches et écoles pauvres sont devenues "très criantes", soulignent ces organisations.

« Des disparités fortes sont observables en fonction des priorités des communes et de leurs capacités contributives » déclare Didier Migaud, Président de la Cour des Comptes.  

« Il faut changer la donne puisque nous sommes aujourd'hui dans un point de rupture entre le principe de gratuité et celui d'égalité… la réglementation n'a pas évolué, elle date du début du XXe siècle alors que les missions demandées à l'école ont évolué sans pour autant remettre à plat les responsabilités et les moyens que chacun devait assumer » ajoute Sébastien Sihr, Secrétaire général du SNUipp.


En ce qui concerne les crédits d’investissement, la situation est encore plus inégale. En effet, l’enquête révèle que si un quart des écoles perçoivent plus de 1800 € par an, un tiers des écoles n’obtiennent rien.

Il faut également prendre en compte le recrutement par les municipalités « riches » ou « généreuses » d’intervenants extérieurs (professeurs municipaux) comme à Paris ou quelques autres communes.

De fait, soulignent les organisations, « l’insuffisance des moyens disponibles nécessite pour la quasi-totalité des écoles le recours à des activités lucratives (kermesse, tombolas, vente diverses…) ».

 
 

Quelles solutions pour mettre un terme à ces inégalités criantes ? 


Il faut « redéfinir les responsabilités » selon Anne-Sophie Benoit, Présidente de l’ANDEV, « recenser l’intégralité des moyens nécessaires à l’école » selon Didier Migaud, Président de la Cour des Comptes.

Comme on le voit, lorsque le journaliste du « Monde » écrit que la création d’un statut des écoles « reviendrait de fait à avoir des écoles plus riches que d'autres et entre dans une vision très libérale – au sens économique – de l'école », il fait une colossale erreur d’analyse.


Contrairement à ce que pense et dénonce Abel Mestre, la solution passe probablement par la transformation de l’école en « un nouveau type d’établissement public, doté de la personnalité juridique et d’une autonomie administrative et financière » pour que l’on puisse parler d’égalité des chances.

En effet, comme le dit Vanick Berberian, Président de l’AMRF, « C’est à l’Etat qu’il appartient d’assurer l’équité ».   

 

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Samedi 24 septembre 2011 6 24 /09 /Sep /2011 15:22

 

A l’approche des élections professionnelles, les directrices et les directeurs d’école découvrent combien l’organisation du scrutin représente une lourde charge supplémentaire pour chacun d’eux.

Loin d’alléger la tâche des directeurs, la procédure de vote électronique ne fait que l’amplifier. Chaque jour, de nouvelles consignes envahissent la messagerie des écoles. Des consignes provenant du ministère, de l’Inspection académique, souvent redistribuées sous forme de doublons par les IEN pour le cas où elles n’auraient pas été bien comprises… Des consignes, parfois contredites par un autre message, et qui doivent s’appliquer, comme trop souvent, le lendemain quand ce n’est la veille…

L’Administration a même le toupet, parfois, de demander aux directeurs de se déplacer dans les inspections pour récupérer certains documents ! Et comble de l’ironie, c’est au moment où l’aide administrative est supprimée que le travail des directeurs se trouve alourdi par de nouvelles tâches liées au mode de scrutin inauguré cette année…

Les syndicats se montrent peu diserts sur le sujet. Certes, le SNUipp dénonce « la complexité du scrutin ». Il y voit une « volonté délibérée du gouvernement ». Selon lui, « tout est fait pour organiser une baisse de la participation et donc amoindrir la capacité de mobilisation et d’expression de toute la profession ». Et d’ajouter que « l’édition et la transmission des listes sont de la responsabilité des inspections »… Quant aux autres syndicats... ils sont trop occupés par leur propre campagne électorale.

Malgré son intervention auprès du Ministère où il pensait avoir été entendu, le SNUipp constate que, dans de nombreux départements, les IA n’ont tenu aucun compte des recommandations ministérielles. Le syndicat demande alors aux directeurs d’école « d’aller au plus simple pour l’organisation de ce scrutin ». En l’occurrence, le plus simple, c’est l’organisation complète du scrutin… Autant dire que cette intervention syndicale n’a en rien réglé le problème de la surcharge de travail des directeurs.  

 

Parmi les nombreuses obligations exigées du directeur, l’impression des professions de foi des différentes organisations syndicales pose le problème de son coût, outre celui du temps à y consacrer. Toutes les écoles, loin de là, ne sont pas dotées d’imprimante laser à impression rapide… Personne ne semble y avoir pensé. Et à vrai dire, tout le monde s’en fiche.

Concernant le coût, ni le Ministère, ni les IA ne se préoccupent de savoir avec quel financement les directeurs imprimeront le matériel électoral (imprimante, papier, encre) alors même que l’école ne dispose d’aucun budget spécifique de fonctionnement. Certaines écoles seront contraintes d’utiliser le crédit municipal, souvent limité, alloué aux copies réservé à leurs élèves. Si l’Administration n’en a cure, que penser du silence assourdissant des syndicats ?

Dans de nombreux départements, la grogne monte et commence à envahir les messageries électroniques. De plus en plus nombreux sont les directeurs d’école décidés à boycotter le travail qui leur est imposé par cette campagne électorale.

Les syndicats ont tort de feindre de l’ignorer. Ils risquent de ne pas mobiliser les enseignants et d’affaiblir leur représentativité. C’est peut-être ce que recherche le gouvernement, comme le dit le SNUipp…

 

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Mardi 6 septembre 2011 2 06 /09 /Sep /2011 17:20

Le magazine « L’ECOLE aujourd’hui » consacre son numéro de rentrée (septembre 2011) à la direction d’école.
Nous invitons nos fidèles lecteurs à se le procurer afin d'en prendre pleinement connaissance. Il comporte notamment un reportage très intéressant sur le travail de deux directeurs travaillant en binôme dans une école relevant du dispositif ECLAIR.

 

 

Tâches administratives de plus en plus lourdes, difficultés quotidiennes de relations avec les parents, responsabilité accrue… Le cahier de doléances des directeurs et directrices d’école se remplirait vite s’il était ouvert dans les IA ! Et pourtant, le nombre de directions vacantes n’augmente pas sensiblement d’année en année.

 

Depuis les textes de 1989, le rôle et la responsabilité du directeur se sont considérablement accrus : intégration, PPRE, évaluations nationales, pour ne citer que ces dernières activités. Les tâches administratives n’ont pas été réduites par l’entrée de l’informatique dans les bureaux de direction (« base-élèves » en est l’exemple le plus marquant).

 

Malgré ces constations, l’ensemble des directeurs fait un travail indispensable pour que nos écoles fonctionnent, même si une grande majorité souhaite que quelque chose bouge pour eux : 93 % des directeurs interrogés par l’IFOP pour le compte du GDID en 2006 sont favorables à un statut non hiérarchique des directeurs d’école.

 

Que faut-il faire ? Créer des EPEP et donner un statut fort à leur directeur comme le propose Frédéric Reiss, repenser le statut des maîtres-directeurs vite abandonné en 1987, ou leur donner une aide réelle pour leur gestion technique et administrative ?        Daniel Nielsen

 

Entretien avec Frédéric Reiss

 

Regroupements scolaires, établissements publics du primaire, socle étendu jusqu’à la 3ème, Frédéric Reiss fait part de ses propositions pour revaloriser la fonction de directeur d’école.

 

L’école aujourd’hui : Avant de rédiger votre rapport, vous avez rencontré de nombreux directeurs d’école. Quel constat en avez-vous tiré ?

Frédéric Reiss : Les tâches des directeurs se sont considérablement alourdies au fil des années. Tous m’ont dit « on croule sous les charges ». Même si, dans la loi, on dresse la liste de toutes les responsabilités que les directeurs ont, il en ressort clairement qu’ils n’ont pas les moyens de les assumer. Il y a tellement de choses auxquelles ils doivent veiller qu’en cas de conflit dur, ils sont totalement démunis. Il faut aussi faire une distinction entre les directeurs des petites écoles rurales et ceux qui sont en milieu urbain. Les propositions que je fais ne peuvent pas être les mêmes. Il n’y a pas de réponse universelle.


L’école aujourd’hui : Vous préconisez de redéfinir le métier de directeur, de faire de son statut un véritable emploi. Qu’apportera ce nouveau statut ?

 

F. R. : L’objectif ultime est de faire baisser le nombre d’enfants qui sortent du système scolaire à 16 ans sans diplôme ni qualification. Tous les rapports ( Institut Montaigne, Cour des Comptes, par exemple) disent qu’en France nous ne mettons pas assez l’accent sur l’école préélémentaire et élémentaire. Ce statut donnerait au directeur une certaine autonomie dans son établissement.

 

A titre personnel, je pense que le directeur d’école, qui fait souvent un boulot formidable, mérite d’être le leader pédagogique de son école. Il faut qu’il ait les moyens, après discussion, d’imposer le projet d’école et la façon de le faire. Ce nouveau statut lui permettra d’organiser son école comme il l’entend : répartir les classes entre les enseignants, faire fonctionner le projet d’école dans la durée pour avoir du personnel stable. Toutefois, même s’il sera consulté, les inspections pédagogiques resteront du ressort de l’IEN. Ce ne sera pas le directeur qui décidera de l’avancement ou non de ses collègues. Dans une école de 13 ou 14 classes, le directeur deviendrait le représentant de l’Etat et de son école en toutes circonstances.

 

L’école aujourd’hui : Et pour les petites écoles ?

 

F. R. : Les petites écoles peuvent être regroupées. Pour moi, un directeur n’a pas besoin d’être physiquement présent dans son école à tous les endroits. Des écoles peuvent fonctionner en réseau avec un responsable de site sur chaque site, le directeur étant là où il a été affecté. Toutefois, le directeur doit obligatoirement venir du sérail, contrairement aux principaux et proviseurs, et doit garder le contact avec la classe.

 

L’école aujourd’hui : Avec ce nouvel emploi, vous évoquez un plan de carrière. Quel peut-il être ?

 

F. R. : Je suis de ceux qui pensent qu’il faut plus de souplesse entre le premier et le second degré. Pour les enfants en difficulté, la marche à monter entre le CM2 et la 6ème est trop haute. Je verrais très bien des échanges de services entre le premier et le second degré. Pour que cela puisse marcher, dans une deuxième étape qui serait celle du socle commun, cette école qui irait du CP à la 3ème, pourrait avoir comme patron un principal ou un directeur d’école, dont les statuts seraient à égalité.

 

Je veux éviter que, par usure, les directeurs d’école quittent leur fonction au bout de quelques années pour redevenir simple enseignant. Une véritable carrière motiverait sans doute plus d’enseignants chevronnés et éviterait que des directions soient confiées au dernier arrivant dans l’école.

 

Propos recueillis par Daniel Nielsen pour « l’Ecole Aujourd’hui »

 

Françoise Cartron, Sénatrice PS de Gironde et ancienne directrice d’école réagit au rapport de Frédéric Reiss.

 

« Monsieur Reiss souhaite que les directeurs deviennent des managers, des gestionnaires, alors qu’ils sont actuellement des enseignants partiellement déchargés pour assurer l’administration d’une école… Par ailleurs, soyons conscients d’une chose : le postulat de départ justifiant l’expérimentation des EPEP, sous l’autorité des du seul chef d’établissement, complètement déchargé et bénéficiant d’un statut renforcé, était de créer une « émulation » au sein d’un nouvel établissement. Sous couvert d’avancée pédagogique, il paraît évident que les EPEP étaient avant tout un outil d’intensification de la RGPP (Révision générale des politiques publiques), en permettant notamment des fermetures de classes moins « visibles » lors des regroupements que dans les écoles de petite taille.

 

Je tiens aussi à préciser que les équipes d’enseignants auraient pu se voir imposer un EPEP en dehors de toute considération d’intérêt pédagogique puisque la demande aurait été faite à l’initiative d’une ou plusieurs communes ou d’un EPCI (Etablissement public de coopération intercommunale)n et non sur la base d’un projet pédagogique.

 

L’enjeu essentiel est que les activités du directeur d’école soient recentrées autour de l’animation pédagogique, des relations autour de l’animation pédagogique, des relations extérieures, avec les familles et les pouvoirs institutionnels. En parallèle, il est nécessaire que pour la gestion technique et administrative, il puisse bénéficier d’une aide elle-même clairement définie et pérenne. Je ne suis pas contre la reconnaissance d’un statut aux directrices et directeurs d’école. En revanche, je m’oppose fortement à la définition du chef d’établissement telle que la propose monsieur Reiss. »

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