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Le statut de directeur d'école dans les projets

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

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Le site des directeurs

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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Propositions du Ministère

Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 22:52

 

A plusieurs reprises, dans ces colonnes, nous avons dénoncé le sort réservé à l’aide administrative apportée ici ou là aux directeurs d’école.

Le 9 septembre 2010 : « L’aide administrative aux directeurs d’école remise en cause »…

Le 6 juin dernier, nous exprimions de nouveau nos craintes dans un article intitulé : « Suppression des contrats aidés, les directeurs d’école en première ligne… »

Aujourd’hui, le doute n’est plus permis, les faits sont là : l’aide administrative aux directeurs d’école actée par un protocole d’accord signé en 2006 par le ministre et le SE-Unsa est condamnée à très court terme.

Ainsi, le 4 juillet 2011, dès le début des vacances d’été, le ministère a donné instruction aux recteurs de mettre un terme aux contrats EVS mis à la disposition des directeurs.

Le SGEN-CFDT 59 publie le courrier envoyé par Madame le Recteur de Lille aux chefs d’établissement et agents comptables chargés de la gestion des contrats aidés :

 

« La qualité de l’accompagnement des élèves handicapés est au cœur des préoccupations du gouvernement.
Par courrier daté du 4 juillet 2011, la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire du Ministère de l’Education nationale m’informe que les contrats aidés seront progressivement remplacés par des contrats d’assistant d’éducation.

Cette priorité présidentielle sera mise en œuvre dès septembre 2011 et poursuivie en 2012. A terme, l’accompagnement des élèves handicapés sera pris en charge exclusivement par des assistants d’éducation mieux formés, plus qualifiés e recrutés pour accompagner dans la durée les enfants handicapés.

 

Pour respecter cet objectif, les renouvellements et les nouvelles contractualisations de contrats aidés devront être exclusivement réservés à l’accompagnement des élèves handicapés.

 

Aussi, plus aucune prise en charge financière complémentaire ne sera effectuée à compter du 8 juillet 2011 sur des missions en assistance administrative du directeur d’école, y compris pour les contrats n’ayant pas atteint la durée maximum.

 

Par analogie avec la gestion des personnels recrutés en contrats aidés en accompagnement des élèves handicapés, je vous remercie de vous positionner en qualité d’employeur de ces nouveaux contrats d’assistants d’éducation sur des missions assistants de scolarisation (ASCOL). »

 

A cette rentrée, ce sont environ 6.000 directeurs d’école qui vont donc perdre l’aide administrative à laquelle ils avaient droit. Pour la plupart d’entre eux, la surprise sera de taille puisque l’Administration n’a même pas le moindre des égards pour avertir ses agents ! 

Les syndicats réagissent dans l’urgence.  

 

Le SGEN-CFDT invite les collègues à profiter des réunions de rentrée de directeurs pour :

- dénoncer cette mesure et faire transmettre leur désaccord par leur IEN

- envisager au sein des circonscriptions des actions collectives  

 

Le SE-Unsa appelle les directrices et directeurs d’école, en lien avec les personnels à commencer l’action en bloquant dès la rentrée les remontées administratives, et ce, sur tout le mois de septembre. Il propose aux conseils des maîtres de voter une motion de blocage des remontées administratives durant le mois de septembre. Certes, l’intention est louable mais comment croire un instant que les adjoints se sentent concernés par l’aide administrative accordée aux directeurs d’école ? Cette façon de procéder est coutumière au SNUipp. Force est de constater qu’elle n’a jamais donné le moindre résultat.

Pour le SE-Unsa, « il s’agit de faire valoir notre revendication d’un secrétariat administratif pérenne. Le SE-Unsa appelle les directeurs à n’effectuer aucune remontée administrative en septembre à commencer par le constat des effectifs (sauf si besoin d’une ouverture de classe). Ils ne répondront donc à aucune enquête de l’inspection académique ou de la circonscription (langue, APE, PPRE…). Le SE-Unsa informe le ministre et les Inspecteurs d’Académie de cette action et demande l’ouverture immédiate de discussions. »  

 

Le SNUipp relève, lui aussi, l’inquiétude des directeurs d’école. Interrogé, Sébastien Sihr, Secrétaire général du SNUipp, déclare : « La situation des directeurs est vraiment critique car leurs aides administratives ne sont pas renouvelées. Cela génère une situation explosive. En juin dernier nous avons déjà écrit à Luc Chatel à ce sujet. Nous appelons les directeurs à donner la priorité aux démarches qui concernent les élèves et les familles. Pour le reste on les invite à répondre qu’ils le traiteront que quand ils auront le temps. Cela peut concerner les enquêtes…etc. mais aussi les évaluations nationales.

Tout cela montre qu’il faut ouvrir le dossier des directions d’école. L’aide administrative ne peut se contenter de salariés en contrat précaire. Certaines écoles ont plus d’élèves que des collèges. On ne voit pas pourquoi elles n’ont pas les mêmes moyens. »

A son interlocuteur qui lui demande si,  « sur ce terrain les EPEP ne pourraient être une solution », Sébastien Sihr balaie la question d’une phrase sans appel :

« L’EPEP c’est un statut. Cela ne règle pas le problème des moyens. Si un changement de statut suffisait pour faire fonctionner les écoles et réussir les élèves ça se saurait… »  

 

Les organisations syndicales ont décidé de se rencontrer rapidement et envisagent, si elles ne sont pas entendues de Luc Chatel, de lancer « une vraie grève administrative »… Le « blocage des remontées administratives » serait-il une « fausse » grève administrative ?

 

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Mardi 25 janvier 2011 2 25 /01 /Jan /2011 12:17

 

Après les recteurs, ce sont les principaux de collège et les proviseurs de lycée qui se voient attribuer une « prime de résultats »… Deux rémunérations immédiatement qualifiées par les syndicats enseignants de « prime à la casse » pour les recteurs et de « prime à la servilité » pour les chefs d’établissement.

 

Récemment, le SE-Unsa dénonçait le document adressé par le ministère à ses recteurs leur suggérant douze pistes (augmentation de la taille des classes, réduction des remplacements en primaire…) pour trouver des « niches » d’emplois dans leurs académies, une sorte de mode d’emploi pour supprimer des postes. Le syndicat faisait ensuite le lien entre ce document et l’augmentation significative des primes versées aux recteurs. Son Secrétaire général, Christian Chevalier, résumait ce lien d’une formule : « Il s’agit d’une prime à la casse. »

 

Aujourd’hui, sur RTL, Armelle Lévy nous apprend qu’à compter de cette année, les chefs d'établissement toucheront tous les trois ans, à la suite de leur évaluation, une "prime de résultats" pouvant aller jusqu'à 6.000 euros. Une mesure qui concerne les proviseurs de lycée et principaux de collège, mais pas les directeurs d'école qui n'ont pas le même statut.

 

Pour Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN (Unsa-Education), principal syndicat des chefs d’établissement et l’un des trois syndicats signataires, « c'est une prime significative mais pas extraordinaireSelon le ministre, Luc Chatel, il s'agira de mesurer les performances d'un établissement comme dans une entreprise, notamment à travers les taux de réussite.

"Cette proposition concernant les mesures indemnitaires est pour moitié supérieure à ce qui était prévu", a encore indiqué à RTL Philippe Tournier, évoquant le chiffre de "11 millions d'euros" en année pleine.

Une nouvelle bonne surprise pour le SNPDEN qui, en janvier 2008, se disait « d’autant plus satisfait » qu’il n’avait « rien demandé » lorsque les 13 500 personnels de direction de l'Éducation nationale avaient reçu une prime de 750 euros pour les chefs d'établissement et de 375 euros pour leurs adjoints.

A l’époque, certains chefs d'établissements, minoritaires, avaient le sentiment de « s'être fait acheter ». Mais la critique la plus virulente était venue des professeurs, qui, eux, n'avaient rien reçu.

Aujourd’hui, la réaction n’a pas tardé. Déjà, Daniel Robin, co-secrétaire général du SNES, principal syndicat d'enseignants, estime que cette initiative n'est pas un bon signe pour l'avenir des relations entre les enseignants et les chefs d'établissements.

Daniel Robin souligne que cette prime, qui ressemble à celle que viennent de recevoir les recteurs d'académie, c'est l'encouragement pour les chefs d'établissement à mieux faire passer les suppressions d'emplois dans leurs établissement : « On est dans une logique de perte de pouvoir d'achat des fonctionnaires, c'est une rémunération à la servilité. »

 

D’autres réactions ne manqueront pas de se faire entendre. Dénonçant la prime aux recteurs, Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, s’était insurgée : « On nous avait pourtant promis que l’argent gagné sur les suppressions de postes servirait à revaloriser le métier. Et puis on aimerait savoir sur quels critères de résultat, ou de mérite, elles seront attribuées : la seule obéissance politique ? »

Mercredi dernier, à l'occasion de ses vœux au monde de la culture et de l'éducation, le président de la République a estimé que « la rémunération de nos professeurs, c'est le chantier de l'avenir ».

Chantier mal auguré par son ministre de l’Education nationale… Primes « à la casse » ou « à la servilité » pour quelques privilégiés, absence de revalorisation, stagnation voire recul du pouvoir d’achat pour l’immense majorité des enseignants, voilà qui ne devrait pas améliorer le moral d’une profession déjà très éprouvée par la dégradation de ses conditions de travail…

Pour l’instant, cette attribution de primes qui tient lieu de politique salariale n’a d’autres résultats que de diviser les personnels et les syndicats. Si tel était son objectif, alors il est atteint.

 

Cette politique de rémunération permet, également, de mesurer la différence abyssale de reconnaissance entre le chef d’établissement et le directeur d’école… qui, faute de statut, n’existe pas aux yeux du ministère même lorsqu’il gère, pourtant seul, un établissement plus important que bon nombre de petits collèges ruraux. Il est vrai qu’il ne dispose pas d’un syndicat tel le SNPDEN-Unsa pour le représenter et le soutenir…

 

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Jeudi 9 septembre 2010 4 09 /09 /Sep /2010 23:04

 

C’était l’un des maigres acquis de la signature du protocole d’accord 2006 entre le ministère et le SE-Unsa. Il est aujourd’hui remis en cause. La création d’EVS instaurait une aide administrative aux directeurs d’école. En 2009-2010, 17 000 assistants d’éducation (essentiellement sur des postes d’AVS) et 50 000 EVS sous contrats aidés étaient en exercice dans les écoles maternelles et élémentaires. Il semble que cet avantage soit en passe d’être réduit fortement, RGPP oblige

Depuis le 1er janvier 2010, un seul contrat, le nouveau « contrat unique d’insertion » (CUI) est proposé aux emplois de vie scolaire. Déjà, depuis le 1er Août, dans certains départements, les contrats initiaux ou renouvellements traités par Pôle emploi  sont signés pour une période de 6 mois uniquement.

En juillet, la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle a demandé aux Préfets « d’inscrire leur mobilisation pour l’emploi dans un cadrage budgétaire contraint qui implique une stricte mesure des flux et des paramètres de prise en charge ».

Les recteurs ont reçu pour consigne de réduire les contrats aidés dont l’Education nationale est friande. Il a donc été décidé de donner priorité à l’accompagnement aux élèves en situation de handicap au détriment de l’aide aux directeurs d’école.

Dans de nombreux départements, les IA se voient contraints de supprimer massivement les emplois assignés à l’aide administrative des directeurs d’école. Selon le SNUipp, les coupes seraient de 80 dans la Drôme, 160 en Haute-Savoie, 357 dans les Bouches-du-Rhône, 120 dans l’académie de Besançon. Ailleurs comme dans le Haut-Rhin ou le Var aucun recrutement ni renouvellement de contrat ne seraient possibles.

 

Alertés, les principaux syndicats enseignants n’ont pas tardé à réagir. Ainsi, le SE-Unsa, signataire du protocole, voit sa signature remise en cause et en fait un casus belli. Il vient de publier un communiqué assorti d’une lettre au ministre :

 

Communiqué : « L’aide administrative, ça ne se discute plus !

 

« En cette rentrée 2010, l’aide administrative à la direction d’école est en partie suspendue dans nombre de départements. La mesure menace d’être étendue d’ici le mois de janvier 2011. Le SE-Unsa s’y oppose fermement et a solennellement écrit à Luc Châtel pour lui demander le respect de la parole ministérielle engagée par le protocole d’accord sur la direction d’école signé en 2006.

Déjà lancés dans la rigueur du budget 2011, des Recteurs, des Inspecteurs d’Académie ont gelé les recrutements afin de passer sous la toise de la diminution par deux des emplois aidés. Cette décision prise dans plusieurs départements aurait donc vocation à être généralisée d’ici quelques mois. Pour le SE-Unsa, c’est inacceptable pour les EVS comme pour les directeurs d’école.

Les perspectives économiques ne permettent pas de renoncer à une politique d’emplois aidés en abandonnant ainsi, sans ménagement, des dizaines de milliers de chercheurs d’emploi alors que les besoins resteraient sans réponse.

La nécessité de l’aide administrative enfin reconnue en 2006 par le ministère ne peut plus faire débat. Les tâches administratives et les demandes de l’institution se sont encore surmultipliées depuis, accroissant la charge et les responsabilités directeurs d’école jusqu’à l’épuisement.

Alors que l’aide administrative a besoin d’être stabilisée et professionnalisée, sa disparition conduirait au conflit. Le Ministre est désormais prévenu. »

 

Lettre au ministre Luc Chatel :

 

« Monsieur le Ministre,

Depuis 2006, suite au protocole que le SE-UNSA a signé avec l’un de vos prédécesseurs, les directrices et directeurs d’école bénéficient d’une indispensable aide administrative.

A cette rentrée, des informations convergentes nous indiquent que cette aide sera réduite, voire supprimée, dans de nombreux départements. Les inspecteurs d’académie justifient ces décisions par la diminution importante du nombre des contrats dont bénéficie le ministère de l’Education nationale et par la priorité donnée à la scolarisation des enfants en situation de handicap.

Les directrices et les directeurs d’école sont actuellement affairés à la réussite de la rentrée dans leur école. C’est un moment important où leurs charges administratives sont particulièrement lourdes. L’absence de cette aide administrative pèse.

Au-delà de cet aspect, derrière chacun de ces emplois se trouvent des hommes et des femmes dans l’incertitude de voir leur contrat renouvelé. C’est désastreux en matière de gestion de ressources humaines. Plusieurs milliers de personnes pourraient se trouver concernées et, faute de solution rapide, aller grossir les rangs des demandeurs d’emplois.

Le SE-UNSA, seul signataire du protocole d’accord de 2006 instituant enfin cette aide administrative, n’acceptera pas la diminution, voire la suppression de cette assistance indispensable aux directeurs d’écoles.

Nous vous demandons, Monsieur le Ministre, de revoir de toute urgence ces situations et les consignes que vous avez données. Si les notifications de suppression ou de diminution de ces emplois devaient être maintenues, vous ouvririez la voie à un nouveau conflit sérieux dans les semaines à venir. Depuis 2006, la charge et les responsabilités des directeurs d’école ne se sont pas amoindries. Sachez que le SE-UNSA et les directeurs sont déterminés à voir rapidement rétablie l’aide administrative dont ils ont besoin. »

 

Le SNUipp dénonce, lui aussi, « la suppression d’emplois d’EVS, pourtant nécessaires au bon fonctionnement des écoles. Outre les diverses tâches qu’ils remplissent dans les établissements avec les équipes, les EVS assistent les directrices et directeurs pour tout ce qui concerne le travail administratif, particulièrement lourd dès la rentrée. Voici donc encore une mesure qui ne va pas dans le sens de l’amélioration des conditions de travail dans les écoles. »

Le syndicat majoritaire s’est également adressé à Luc Chatel pour « demander l’annulation de ces suppressions et réaffirmer sa demande de reconnaissance de ces emplois par la création de postes pérennes et statutaires. »

 

Le SNUDI-FO réagit à ces suppressions de postes.

« Des personnels contractuels apprennent ainsi qu’ils sont brutalement renvoyés au chômage.
Dans le même temps, des écoles sont encore plus désorganisées, les conditions de travail des directeurs davantage dégradées.

Le SNUDI-FO, qui revendique la transformation de tous les emplois contractuels en emplois statutaires à temps plein de la fonction publique, intervient avec la FNEC-FP-FO auprès du ministère pour exiger :

- l’annulation de ces mesures

- qu’aucun contractuel ne soit au chômage

Il invite les sections et syndicats départementaux à intervenir en ce sens auprès des IA ».

 

Le SNE demande audience au ministre pour dénoncer « le projet de détournement des missions des EVS aides-administratifs de leur rôle auprès des directeurs d'école.

Cette confiscation de ces aides administratives, affectées à d’autres missions quand elles ne sont pas purement et simplement supprimées, laisse une nouvelle fois les directeurs dans une situation intolérable de surcharge de travail et de responsabilités.

Un mépris et un désaveu éprouvant autant qu'édifiant de la fonction de directeur d'école ! »

 

N’oublions pas que l’aide administrative était l’une des trois mesures présentées comme des avancées par le SE-Unsa en 2006 (avec la décharge accordée aux écoles de 4 classes et une aumône financière). Supprimer ou même réduire cette aide, c’est effectivement faire preuve d’un formidable mépris à l’égard des syndicats et des directeurs d’école.

Un mépris à l’égard des partenaires sociaux qui ont négocié, signé un accord, obtenu des contreparties en échange de la fin de la grève administrative des directeurs. Comment, demain, faire confiance à un gouvernement qui renie sa signature dans un accord signé avec une organisation syndicale ?

Un mépris doublé d’hypocrisie à l’égard des directeurs d’école si on se réfère aux propos tenus par les différents ministres sur les difficultés du métier. Comment comprendre les contradictions d’un pouvoir qui commande une mission sur le statut de l’école et des directeurs et dans le même temps rend leur travail plus difficile ?

En agissant de la sorte, et quelles qu’en soient les nécessités financières édictées par la RGPP, le ministre se décrédibilise aux yeux des syndicats enseignants. En rendant plus pénible encore la fonction de directeur, il affaiblit l’école publique. En avait-elle besoin ?

Il serait temps, enfin, que les ministres de l’Education nationale mettent en adéquation leurs propos flatteurs à l’égard des directeurs d’école et les actes qui, eux, contribuent à leur rendre la tâche plus compliquée...

 

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Mardi 13 juillet 2010 2 13 /07 /Juil /2010 22:59

 

Depuis le mois d’avril, Frédéric Reiss, chargé par le ministre de l’Éducation nationale d’une mission sur les directions d’écoles, recueille les points de vue d'associations, parents d’élèves, syndicats enseignants et représentants de l’Éducation nationale. Il s’est ainsi rendu dans différentes académies (Bordeaux, Nantes, Nice, Paris...).

 

Dans une interview à l’AEF, le député dresse le constat de ses premières auditions.

 

Statut du directeur d’école

 

« Quand on demande aux enseignants si le directeur doit avoir un statut, la réponse est “oui” à une grande majorité, rapporte-t-il dans une interview accordé à AEF. Mais tout le monde ne met pas la même chose derrière le terme « statut » ».

« Lorsqu’on les interroge sur le fait que le directeur doit être représentant de l’État, elle est déjà plus nuancée », ajoute le député.

Mais il ne peut que constater que les enseignants auditionnés se prononcent systématiquement « contre » un statut de directeur hiérarchique.

 

Création d’EPEP

 

La possibilité de mettre en place des établissements publics dans le premier degré est reçue « de manière mitigée » par la profession. Les enseignants rencontrés, sont globalement « assez défavorables aux Epep ».

 

Les cycles à l’école primaire

 

Cette politique de cycles, mise en place par la loi d'orientation sur l'éducation du 10 juillet 1989, n’a jamais été vraiment mise en œuvre si l’on en croit de nombreux rapports ou audits réalisés ces dernières années. Certains rapports récents vont même jusqu’à attribuer cet échec de la mise en place des cycles à l’absence de pilotage des écoles primaires. Pourtant, « vingt ans après la loi Jospin, tous mes interlocuteurs me vantent le principe des cycles, si critiqués au début, et me disent combien ils jouent un rôle essentiel dans le continuum des apprentissages », déclare Frédéric Reiss…

 

Après avoir reçu, écouté (« sans entendre », selon le SNUipp), Frédéric Reiss vient d'exposer au directeur de cabinet du ministre de l'Education les premières pistes de son travail.

 

  • Un statut de directeur sur le modèle du chef d’établissement

 

Le directeur d’école doit pouvoir jouer le rôle d’un véritable pilote du projet d’école. « Le statut que je vais proposer, quel qu’il soit, devra permettre au directeur d’obtenir l’adhésion des enseignants au projet d’école. » Dans un souci de continuité des cycles, le député estime qu’ « il est important d’avoir un directeur unique pour la maternelle et l’élémentaire ». De même, il fera des propositions pour que le directeur assure le lien CM2/sixième, qui constitue aujourd’hui une « marche infranchissable pour certains élèves ».

 

  • Des établissements publics pour le premier degré (EPEP) pour les grandes écoles urbaines

 « ... car la situation le justifie pleinement, mais ce n’est qu’une solution parmi d’autres. », ce qui permettrait « notamment aux écoles de signer des contrats d’emplois vie scolaire (EVS). Aujourd’hui, cette charge revient aux EPLE ».

Le député se défend pourtant de vouloir imposer les EPEP « d’autant que je suis juste en train de me plonger dans le fonctionnement des regroupements, des réseaux, des RPI ».

 

Fédéric Reiss préconise également d'améliorer la prise en compte des années de direction d'école dans la retraite, de revoir les temps de décharge, de structurer l'intercommunalité, de favoriser l'émergence d'établissements du socle commun et de laisser davantage de place à l'expérimentation.

 

Il précise que son rapport ne se limitera pas à une proposition unique : « Je peux d’ores et déjà dire que je ne proposerai pas une solution au ministre [de l’Éducation nationale] mais différentes solutions qui dépendront de la taille et de la situation des écoles, selon qu’elles sont situées en zone rurale ou urbaine ».

 

Il devrait rendre son rapport définitif à Luc Chatel « la troisième semaine de septembre 2010 ».

 

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Jeudi 1 juillet 2010 4 01 /07 /Juil /2010 22:20

François Baroin, ministre du Budget, vient de présenter  le  quatrième rapport d’étape et les décisions du Conseil de Modernisation des Politiques Publiques.

 

Le Conseil de modernisation des politiques publiques, présidé par le Président de la République a adopté une série de près de 150 nouvelles mesures pour la période 2011-2013.

« Cette nouvelle étape de la RGPP contribuera également à la réduction des dépenses publiques. Les nouvelles mesures permettront de dégager une économie de 10 milliards d’euros et de réduire les effectifs de l’État à hauteur de 100 000 postes. De 2007 à 2012, cet exercice aura conduit à ne pas remplacer plus de 150 000 fonctionnaires et à ramener les effectifs de l’État à ceux du début des années 1990. »

 

Chaque ministère dresse le bilan des actions mises en place et leur degré de réalisation. Ainsi, « la RGPP au ministère de l’Education nationale a conduit à mettre en œuvre dans le premier degré une nouvelle organisation du temps scolaire, avec notamment la création d’un créneau de deux heures par semaine dédié à une aide personnalisée. Cette réforme a été complétée par la réécriture des programmes afin de renforcer les priorités du socle commun de connaissances et la maîtrise de la lecture. L’analyse des résultats des évaluations nationales CE1 et CM2 permet d’en mesurer l’efficacité.

Afin de renforcer encore la lutte contre l’échec scolaire, le ministère poursuit ses efforts dans deux directions :

-          Renforcer le soutien scolaire à l’aide des stages de remise à niveau

-          Optimiser l’organisation scolaire et la mettre au service des objectifs de lutte contre l’échec scolaire et d’ancrage du socle commun de connaissances. Cette mesure concerne l’organisation du réseau des écoles. Le ministère travaille à la création de groupements d’établissements, nommés « Etablissements du socle commun », constitués autour d’un collège. Au-delà de la rationalisation de l’organisation et d’une plus grande souplesse de l’action pédagogique, cette mesure vise à renforcer la continuité des apprentissages du socle commun et la communication entre les enseignants des 1er et 2nd degrés, au bénéfice des élèves et de leurs familles. Cette mesure s’accompagnera d’une optimisation de la taille des classes, prenant en compte les spécificités de chaque établissement. »

 

Dans le précédent rapport d’étape de la RGPP, le ministère se l’Education nationale se félicitait de l’état d’avancement des réformes programmées. Parmi les 6 mesures visant à l’amélioration de la réussite scolaire à l’école primaire, seule l’une d’entre elles restait affublée d’un clignotant rouge (selon la nomenclature utilisée) : la mise en place des établissements publics de l’enseignement primaires (EPEP).

 

Dans le quatrième et tout récent rapport d’étape, cette mesure n’apparaît plus. Elle est littéralement passée sous silence. En revanche, elle semble remplacée par « la création de groupements d’établissements, nommés ‘’Etablissements du socle commun’’ ».


En avril 2010, un rapport parlementaire propose d’expérimenter des « réseaux du socle commun » sur le modèle des RAR, de restructurer l’Igen autour de grands champs, d’instaurer la bivalence pour les enseignants ou encore de remplacer dès 2012 le diplôme national du brevet (DNB) par une attestation de compétences.

Considérant que le socle commun conduit à envisager le parcours de l’élève de l’école primaire à la Troisième, le député Frédéric Reiss (actuellement chargé d’une mission sur le statut des écoles) estime qu’il convient de réorganiser les structures pédagogiques des premier et second degrés pour tirer toutes les conséquences de la réforme votée par le Parlement en 2005.

« De manière plus profonde et plus prospective, le socle commun des connaissances et de compétences couvrant la scolarité obligatoire, n’est-il pas logique d’envisager, pour des raisons d’efficacité pédagogique évidentes, de regrouper, dans un avenir pas trop lointain, écoles primaires et collège(s) sous un même établissement ? L’heure n’est pas encore venue, mais une nouvelle architecture des enseignements du premier et du second degré devrait être ainsi mise en place autour d’"écoles du socle commun ».

En attendant ces « établissements du socle commun », une première étape pourrait être franchie en s’appuyant sur une organisation déjà existante, les réseaux « ambition réussite » mis en place à partir de 2006. On sait que chaque réseau est piloté localement par un principal de collège, pour le second degré, et par un inspecteur de l’éducation nationale pour le premier degré. Un comité exécutif réunit ainsi le principal du collège, son adjoint, l’inspecteur et les directeurs des écoles.

 

Aucune annonce gouvernementale n’ayant accompagné la publication de ce quatrième rapport d’étape de la RGPP, quelques questions subsistent qui intéressent les directeurs d’école :

-          La création des EPEP est-elle abandonnée ?

-          Que seront réellement ces « établissements du socle commun constitués autour d’un collège » ?

-          Quel serait le rôle du directeur d’école par rapport au principal du collège ?

-          Les enseignants des écoles seraient-ils sous la tutelle du principal de collège ?

-          Quel serait le statut du directeur d’école dans ce nouvel établissement ?

-          A terme, le nouvel établissement serait-il le fruit d’une fusion des écoles et du collège ?

-          Les syndicats enseignants approuvent-ils ce dispositif ?

 

Bref, beaucoup d’interrogations…

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