
L’annonce par Xavier Darcos de 13 500 suppressions de postes a été commentée très négativement par les syndicats.
"Inacceptables", estime le Sgen Cfdt, " les menaces qui se précisent sur les conditions de travail en particulier en collège : augmentation du nombre d'élèves par classe, abandon programmé des pratiques innovantes comme les itinéraires de découvertes".
Le Snuipp déplore l'abandon des instits. " La promesse de reverser aux enseignants 50% des économies réalisées constitue une véritable supercherie puisque l'essentiel des 320 000 enseignants des écoles n'en bénéficierait pas".
Le Se-Unsa, qui parle d'un "triste record", fait le lien avec la loi sur le Service Minimum d'Accueil : " les moyens de remplacement sont ainsi explicitement visés, application avant l’heure de la loi sur le service d’accueil à l’école primaire substituant, en cas d’absence, l’accueil à l’enseignement".
Le 9 juillet 2008, le SNUipp réagit par le communiqué suivant :
« Depuis un an, le Ministre annonce l’ouverture de discussions sur la revalorisation des enseignants : à l’heure actuelle aucune discussion n’est engagée. La promesse de reverser aux enseignants 50% des économies réalisées constitue une véritable supercherie puisque l’essentiel des 320 000 enseignants des écoles n’en bénéficierait pas. Le rapport Pochard ne formulait aucune proposition pour les enseignants des écoles et les quelques mesures égrainées dans la presse confirment que leur situation est totalement négligée et que les écarts, à même niveau de recrutement et de grille indiciaire, se creusent ».
Le SNUipp fait allusion à l’absence de propositions de la commission sur l’évolution du métier d’enseignant. C’est exact. Cependant, il convient de rappeler qu’une délégation du SNUipp a été reçue par cette commission Pochard et qu’elle n’avait formulé aucune proposition pour améliorer le sort des enseignants. Nous avions alors dénoncé l’inutile intervention de Gilles Moindrot devant la commission.
En décembre 2007, nous nous étions fait l’écho de la réaction virulente de la minorité « Ensemble » courant interne du SNUipp.
Nous l’avions alors publiée intégralement sans en changer le moindre mot, du titre à la conclusion.
Nous invitons nos lecteurs à relire ce communiqué (Texte disponible sur le Site d'informations militantes animé par
les minorités syndicales des SNUipp-FSU (Ensemble) et SNASUB-FSU (PSL) : Pour retrouver ce texte, cliquer sur le titre ci-après.
Selon "Ensemble", courant interne du SNUipp : La direction du SNUipp étale sa nullité revendicative devant la commission sur l’évolution du métier d’enseignant.
La conclusion du courant « Ensemble » était la suivante :
« Malheureusement, comme on pouvait le craindre, la délégation composée des trois secrétaires généraux du SNUipp (G. Moindrot UA, M. Baby UA et R. Bousquet EE) n’a fait qu’exprimer publiquement sa nullité revendicative ».
« Ensemble », courant interne du SNUipp n’en reste pas là. Il poursuit régulièrement ses critiques à l’égard de sa direction.
Le 26 juin 2008, il publie un communiqué intitulé « Fin d’année et nullité » dans lequel il dresse un bilan sans complaisance de l’action revendicative du SNUipp au long de cette année 2008.
« Après avoir trop tardé à donner une dimension nationale à la mobilisation contre les suppressions de postes (forte à la base dans les lycées cet hiver), les directions syndicales de l’enseignement, et notamment celle de la FSU, avaient choisi une journée d’action spécifiquement éducation en mai, en pleine période d’appel inter confédéral à la mobilisation contre l’allongement de durée de cotisation des retraites. La dispersion ainsi occasionnée n’a pas permis de redonner du souffle dans l’éducation, et juin (journées des 10 et 17) a été catastrophique: moins de 10 % de grévistes le 17, conséquence de l’installation dans le préavis formel pour grève à deux vitesses.
Certes le calendrier n’était pas fédéral, mais il ne l’est jamais dans une configuration pareille. Nous avons souvent dénoncé les demi appels à la grève, préavis sans appel, grèves sans diffusion de matériel ou appel à grève édulcorant des mots d’ordre jugés trop extra-fédéraux. Le SNUipp nous a même fait le coup après le 17 de dire à la presse qu’il n’avait pas “appelé” proprement dit à la grève. Qui plus est, le SNES et la FSU faisaient le choix de signer un accord sur le dialogue social et un protocole de discussion sur la réforme des lycées en pleine période d’appels à la mobilisation. De quoi en désespérer plus d’un.
Ces erreurs n’expliquent évidemment pas à elles seules les échecs de juin. Les raisons de considérer l’arc CGT-CFDT comme peu convaincant sur le dossier retraites n’ont pas manqué dans d’autres secteurs. Mais ces raisons suffisent à expliquer cet échec dans notre secteur.
Dans le premier degré, juin a été de facto complètement zappé. L’éditorial de Fenêtres sur cours nous souhaitait juste de bonnes vacances un mois en avance (à la veille du 17 !), le rare matériel reçu pour les grèves d’initiative confédérale ne parlait que des programmes ou du samedi matin. C’est que le leitmotiv aura été : 3 heures de concertation par semaine.
La direction du SNUipp avait depuis longtemps son idée du 24+3, violant pour cela ses mandats, signant en novembre un protocole, pétitionnant, pleurnichant, soutenant pour finir une “nuit des écoles” avec les parents.
La seule nuit qu’on ait constatée, c’est celle du néant des stratégies syndicales cette année. » (fin du communiqué)
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