Le SNUipp tiendra son 8ème
Congrès national du 14 au 18 juin 2010 à Brive. Ce sera l’occasion, pour ce syndicat, d’élaborer les « mandats » à porter dans la
période à venir.
Parmi les trois thèmes retenus, une réflexion sur concerne « la direction et le fonctionnement de
l’école ». Le SNUipp affirme tout de go que le statut quo n’est plus possible.
Thème I - Pour que tous les élèves réussissent : défendre et transformer l'école et son
fonctionnement
Direction et fonctionnement de l'école
: ré-ouvrir
le dossier
Direction d'école : dépasser le statu quo
a- Ces dernières années ont été marquées par une forte augmentation de la charge
de travail qui pèse sur les équipes et particulièrement sur les directrices et directeurs d’école. L'avalanche de tâches liées à la gestion de l’école et à la mise en place des réformes en cours
devient insupportable.
b- Le projet du Ministère est de faire du directeur un maillon essentiel, y
compris au plan hiérarchique, de la mise en place des politiques éducatives, « un relais des inspecteurs au sein de l’école sur les questions d’organisation et d’administration » comme
l’écrit l’IGEN. Il minore ainsi le rôle du conseil des maîtres au profit d’exigences institutionnelles toujours plus pressantes.
c- Après 6 ans de grève administrative, le ministère a du accorder quelques
mesures (décharges des écoles de 4 classes, mesures indiciaires, EVS) qui restent insuffisantes. Pour le SNUipp, la question de la direction et du fonctionnement de l’école est loin d’être
réglée. Le statu quo n’est plus possible. Le ministère doit ré-ouvrir le dossier. Le SNUipp demande des améliorations significatives : temps supplémentaire de décharge, aide pérenne à la
direction par la création d’emplois statutaires, remise à plat des missions et responsabilités, formation, reconnaissance financière. Le rôle du conseil des maîtres doit être reconnu et renforcé
et le temps de concertation développé.
d- Le SNUipp refuse les nominations sur postes à profils et dénonce
l'accumulation de tâches administratives qui alourdissent sans cesse la charge de travail des directeurs d'écoles.
e- Quelles propositions?
f- Quelles modalités d’action?
EPEP
a- Le SNUipp rejette tout projet qui diviserait la profession en conférant au
directeur un statut et un rôle hiérarchique. Or le ministère prévoit la création des établissements publics d'enseignement primaire (EPEP) qui, dans son projet actuel, romprait l'équilibre avec
les collectivités territoriales, sans apporter de réponses aux inégalités territoriales.
b- Le SNUipp reste particulièrement vigilant et poursuivra la campagne en
direction des élus et des enseignants contre ce projet. Il réaffirme son opposition à tout statut des écoles qui mettrait ces dernières sous la tutelle des collectivités locales. Les questions de
financement, l'évolution structurelle et pédagogique doivent être débattues dans un cadre favorisant l'égalité de tous et un fonctionnement plus
démocratique et plus collectif au sein des équipes.
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Côté SE-UNSA, l’actualité se résume à une analyse du rapport de l’Institut Montaigne « Vaincre l’échec à l’école
primaire » que le syndicat qualifie de « rapport tendancieux »
Pour l’Institut Montaigne, le salut est dans des EPEP, dont les directeurs auraient des fonctions administratives et hiérarchiques sur le modèle du second degré. Des
pistes que le SE-UNSA a refusées catégoriquement lors de son congrès de Brest en mars dernier.
Pour le SE-UNSA, les projets d’EPEP « De Robien » et
« Darcos », évoqués clairement dans les propositions 10 à 13 du rapport, ne peuvent en aucun cas servir de modèle. Le SE-UNSA ne veut pas des EPEP : il l’a affirmé sans détours
dans son congrès. Alors que le premier ministre vient de placer à nouveau le dossier à l’ordre du jour en chargeant le député F. Reiss d’une mission sur le sujet, le SE-UNSA est sorti de son
congrès avec des exigences claires. Tout projet de modification de l’organisation de l’école devra poursuivre des objectifs pédagogiques pour permettre aux enseignants de mieux exercer leurs
missions. Il devra garantir l’indépendance du projet pédagogique et maintenir des structures de taille raisonnable et un maillage territorial de proximité. Les taux d’encadrement devront être
maintenus sur trois ans et les écoles pourront choisir, après un bilan, de revenir à la situation antérieure. Enfin, la direction de l’école doit rester à un enseignant, qui ne sera pas un
supérieur hiérarchique. C’est en fonction de ces exigences que le SE-UNSA jugera les projets à venir.
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La CFTC
EDUCATION NATIONALE, quant à elle, tient à préciser la
notion d’EMPLOI FONCTIONNEL DE DIRECTEUR D’ECOLE PRIMAIRE qu’elle a repris lors de l’audience auprès du député REISS.
La CFTC EDUCATION NATIONALE n’abandonne pas son objectif de création d’un statut. Face aux diverses oppositions sur ce terme voire ce concept, la CFTC EDUCATION NATIONALE constate qu’un emploi
fonctionnel œuvre pour la spécificité du métier de directeur d’école. C’est une étape, voire un palier. Ces emplois fonctionnels doivent être précisés.
La CFTC EDUCATION NATIONALE entend voir figurer dans les attendus de leur création :
- Une indemnisation conséquente (points d’indice, NBI ou autres).
- Une intégration dans ces emplois fonctionnels des directeurs et directrices actuellement en poste.
- L’obligation de proposer ces emplois aux agents inscrits après examen sur une liste d’aptitude.
- Une décharge de présence face à une classe : une demie jusque 7 classes - totale au-delà.
- Un emploi administratif : à mi-temps jusque 5 classes - à temps complet ensuite.
- Une réelle autonomie du directeur qui avec l’équipe pédagogique pourra élaborer un projet d’école correspondant aux besoins de son école et non à la déclinaison d’orientations venues dont on ne
sait où.
- Le maintien de structures à taille humaine (de préférence moins de 14 classes).
- Le Directeur devient le correspondant EDUCATION NATIONALE vis-à-vis de la collectivité territoriale favorisant ainsi la cohérence entre les politiques éducatives mises en œuvre.
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L’UNAF
(Union Nationale des Associations Familiales) a été reçue par le député Frédéric Reiss,
chargé d’une mission concernant le statut des
écoles maternelles et élémentaires et celui des directeurs d’école.
Pour l’UNAF,
Rémy Guilleux (administrateur) a réaffirmé la volonté de l’Institution que l’établissement d’un véritable statut, pour le directeur d’école, permette une relation plus étroite
avec les familles, en positionnant clairement chacun dans leur rôle.
Le directeur
d’école doit pouvoir être porteur d’un projet pour l’école en y associant les partenaires et en créant du lien avec les familles sur le territoire.
Les contraintes
actuelles, reconnues par tous concernant le directeur d’école (cf note bas de page) amène à vouloir la création d’un vrai statut pour qu’il puisse se positionner dans la hiérarchie,
piloter véritablement la structure, et répondre aux besoins des enfants et des familles.
Il ne faut
cependant pas ignorer la diversité des situations : 50 000 écoles primaires dont moins de 2000 qui ont 13 à 15 classes. Celles-ci sont naturellement très différentes des écoles des petites
communes rurales. Il est donc nécessaire de confronter le statut aux réalités locales et d’envisager parfois la mise en réseau.
Ce statut
permettra de définir les missions : relation avec les parents autour d’un projet d’école construit avec les acteurs des territoires, relation avec les administrations, la mairie et le
rectorat, relation avec les enseignants, et définition d’un projet pédagogique.
La personnalité
du chef d’établissement marque les élèves, les familles et les équipes. Le projet d’école devrait être affiché et l’ensemble de l’équipe devrait pouvoir être signataire de ce projet. Le chef
d’établissement devrait aussi se positionner comme « tuteur » dans l’accueil des enseignants stagiaires.
Le recrutement
et la formation des directeurs d’école : même si le recrutement se fait sur concours, l’expérience devrait pouvoir être prise en compte notamment celle de la relation avec les forces vives
du territoire. Il existe un potentiel de directeurs d’écoles ayant de l’’expérience, aujourd’hui mobilisables rapidement.
L’UNAF est, par
ailleurs, plutôt favorable à la réunion de l’école maternelle et de l’école primaire en un établissement unique, ce qui permet une réflexion entre la fin de l’école maternelle et la classe de
CP.
Dans les zones
rurales, certaines petites écoles ne nécessitent pas la présence d’un directeur d’école à plein temps. Il est évident, dans ce cas, qu’il serait intéressant de proposer un directeur regroupant
plusieurs sites et un référent sur chaque site.
En revanche,
concernant un éventuel regroupement du collège et de l’école primaire dans une « école du socle commun », l’UNAF considère qu’on n’a pas, actuellement, le recul d’une réflexion uniforme
sur le sujet. Ceci nécessiterait, par ailleurs, une réflexion sur le partage des compétences communales et départementales, qui n’est pas encore aboutie.
Les contraintes actuelles du directeur d’école
- Son rôle de directeur et d’animateur pédagogique des professeurs est difficilement compatible avec
son statut actuel, identique à celui des personnes qu’il doit diriger.
- Sa charge de travail est peu en rapport avec le système de la décharge. « Le système de
décharges devient obsolète et sans doute inéquitable du point de vue de l’adaptation de la décharge à la réalité des fonctions exercées. »
- Il se trouve dans la situation d’avoir deux employeurs différents : l’Education nationale, par
le biais de l’IEN, et le maire de la commune.
- Ses missions sont de plus en plus vastes et diversifiées : le nombre d’interlocuteurs et
d’intervenants divers dans l’école ne cessent de croître. Ses responsabilités sont énormes, notamment celles de permettre à tous les enfants d’entrer dans des conditions optimum au collège en
sachant lire, écrire et compter. « Leurs attributions sont à la fois administratives, pédagogiques et de relation et médiation avec l’extérieur. »
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Le ministre de l’Education nationale poursuit sa réforme comptable et continue de « dégraisser le mammouth ». 16 000 postes supprimés en 2010. Ces suppressions se poursuivront d’ailleurs en 2011, selon les déclarations du secrétaire d’État chargé de la Fonction
publique, Georges Tron : « Nous continuerons d’appliquer, strictement, le principe du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux l’an prochain
à la fonction publique d’État ». 17 000 postes devraient être supprimés en 2011 et 20 000 en 2012.
En cinq ans, de 2007 à 2011, c’est 66.400 postes supprimés dans l’éducation (soit près de 8% des effectifs).
Avec les conséquences que l’on sait sur les moyens de remplacement des maîtres absents et l’impact sur… les
décharges des directeurs.
Bref, rien de vraiment neuf ni réellement réjouissant tant du côté syndical que de celui du pouvoir.
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