Les suppressions de postes concernent de plus en plus les enseignants affectés au remplacement de leurs
collègues absents. Cette situation, fruit de la politique de restrictions budgétaires, est source de malaise chez les enseignants. Malaise des directeurs d’école qui doivent gérer dans l’urgence
la répartition des élèves entre les classes des maîtres présents. Malaise accentué par le fait que ces mêmes directeurs doivent souvent faire face à l’incompréhension des familles qui ne
comprennent pas que leur enfant puisse rester sans enseignant parfois plus d’une semaine. Malaise des adjoints qui voient leurs effectifs gonfler de façon régulière et souvent de façon
importante. Malaise des élèves répartis qui font les frais des coupes sombres de postes d’enseignants…
Nous publions, ci-dessous, l’article de Maryline Baumard (Le Monde)
ainsi que
la réponse du ministère de Luc Chatel.
Article paru dans « Le
Monde »
A cette époque de l'année, on entre dans une zone de turbulences : ce sont environ 10 000 classes de primaire et de maternelle qui se retrouvent sans enseignants. Absents pour cause d'arrêt maladie. C'est tous les ans le même
scénario, grippe A ou pas.
Chaque année, dans le premier degré, 45 % des enseignants ont au moins un arrêt maladie, et 8,3 % en ont plus
de trois. Chaque arrêt ayant une durée moyenne de 6,2 jours, ce sont près de 2 millions de jours d'école sans "le maître" ou "la maîtresse". Lorsqu'on inclut les congés maternité ou de formation,
on arrive à une absence moyenne de 11,1 jours par enseignant et par an. Comme il est difficile de laisser une classe sans maître, il faut remplacer.
Un rapport confidentiel commandé par le ministère de l'éducation à un cabinet d'audit - que Le Monde s'est procuré - pointe, outre cet absentéisme, deux
fois plus élevé que dans le privé, les nombreux dysfonctionnements du système de remplacement. Preuve manifeste que les conditions de travail se sont largement dégradées.
Première anomalie : les remplaçants sont plus souvent absents que les enseignants titulaires. Près de 17,4 jours par an en moyenne. "Il y a beaucoup de "bras cassés". Ils ne sont pas totalement indisponibles, mais ils sont souvent refusés par les directeurs d'école ou bien se mettent en maladie
dès qu'ils n'ont pas l'affectation souhaitée", note un inspecteur d'académie interrogé dans le cadre de cet audit.
Ce rapport avait été commandé par le
précédent ministre de l'éducation, Xavier Darcos, en vue d'une réforme des remplacements. Luc Chatel a lancé une mission sur le sujet et devrait annoncer une réorganisation au début de l'année
2010.
S'il rejette l'idée d'une "agence
nationale" lancée par son prédécesseur, il pourrait offrir des outils de gestion aux académies, voire autoriser un élargissement des zones de remplacement. "Le Vélib' va bien au-delà du
périph, non ?", lance-t-on en guise de boutade dans l'entourage du ministre.
En attendant, les académies bricolent,
essayant de concilier l'intérêt des enfants et celui des parents mécontents. "En période de pic, on a une gestion politique du dossier. On gère en priorité les écoles où les élus et les
parents sont remuants. Une fois la crise passée, on démonte le cirque et on replante le chapiteau ailleurs", explique un autre responsable académique dans ce rapport d'audit qui avait été
dévoilé par RTL, en juin.
L'affaire se complique quand on sait
que le groupe formé par les remplaçants sert de point de chute pour accueillir les enseignants en difficulté. "Le potentiel de remplaçants, c'est une marge de gestion pour du personnel
fragile en difficulté. C'est une soupape pour éviter des situations critiques devant les classes", a confié un inspecteur au cabinet d'audit.
Cette situation s'explique par
l'absence de propositions de reconversions faites aux enseignants qui ne peuvent plus faire face à une classe. Ce qui assigne à ce bataillon de 30 000 remplaçants du premier degré une mission
bien plus large que la simple gestion des remplacements... Et ce, alors que l'ensemble des enseignants du primaire et du secondaire sont touchés par les
coupes budgétaires, qui ont fait disparaître 50 000 postes depuis 2007.
Les syndicats demandent des postes, le
rapport pointe, lui, d'autres marges d'optimisation. "55 % des congés de 24 heures et 81 % des congés de 48 heures ont lieu juste autour du week-end et suggèrent un léger potentiel de
réduction ", plaide l'audit qui souligne par ailleurs la remontée des maladies en plein mois de mai.
En ce qui concerne les collèges et les
lycées, le système de remplacement est différent, mais la problématique reste identique : remplacer des enseignants qui tombent tous malades en même temps. Face à la progression de l'absentéisme, la tentation est grande de recourir à des personnels non titulaires.
C'est le choix du recteur de Créteil,
Jean-Michel Blanquer, toujours prêt à innover, qui a adressé un courrier, le 18 novembre, aux chefs d'établissements des lycées et collèges. "Afin de rendre le remplacement plus efficient",
il leur demande de "repérer dans leur entourage personnel ou parmi la population de vie scolaire (les surveillants), des étudiants ou des personnes titulaires au minimum d'une licence ou ayant
des compétences avérées susceptibles d'alimenter valablement le vivier de contractuels ou de vacataires".
Les syndicats et la Fédération des
conseils de parents d'élèves (FCPE) y ont vu immédiatement un "aveu sans détour" des conséquences de la politique de suppressions de postes d'enseignants et un "cache-misère".
Des critiques infondées selon le rectorat qui fait valoir que le nombre prévu de contractuels ou de vacataires n'est pas plus important cette année, que la procédure est "la même que
d'habitude" et que ce courrier s'inscrit dans un souci de "mobilisation maximale" sur le dossier du remplacement.
Habituelle ou non, l'embauche de
vacataires est aussi une des propositions du rapport d'audit. Il montre en effet qu'un vacataire coûte 20 % de moins qu'un titulaire. A l'heure où chaque ministre est prié de faire des économies,
Luc Chatel étudie toutes les pistes. "Plusieurs types de ressources pourraient être envisagés, en particulier les jeunes retraités et les étudiants en master", plaide le rapport. Les
seconds sont jugés "très pertinents en particulier sur les congés de 15 jours à 2 mois". Les jeunes retraités de l'éducation nationale, auxquels plusieurs académies font déjà appel, sont
jugés une solution possible pour les "congés de moins d'une semaine".
A l'heure actuelle, il n'y a pas
d'impératif de remplacement avant deux semaines d'absence dans le secondaire. Le système des petits arrangements entre enseignants d'un même établissement ne fonctionne pas, même s'il a été rendu
possible par un texte paru au Bulletin officiel du 1er septembre 2005. "Il est quasiment impossible à organiser avec la charge d'heures supplémentaires assurées par les
enseignants", constatait récemment le secrétaire général du syndicat des chefs d'établissements (SNPDEN), Philippe Tournier.
Réponse du ministère
Le ministère a confirmé l'existence de
ce rapport réalisé par le cabinet Roland Berger, tout en soulignant qu'il "ne fallait pas stigmatiser les enseignants et dresser les gens les uns contre
les autres".
"Il n'y a pas de problème pour la plupart des remplacements dans le premier degré", a-t-on indiqué dans
l'entourage de Luc Chatel.
"C'est un rapport qui a plus d'un an. Il faut regarder sur quelle population sont calculées ces statistiques, une population féminine à 85%, qui a naturellement plus
de congés pathologiques (post-maternité, comptabilisés comme des congés-maladies, ndlr) que d'autres populations. On trouverait les mêmes statistiques chez les infirmières", a-t-on expliqué
au ministère.
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Thierry fabre
PS Faut bien ouvrir le bal....
P.S.: faut bien entrer dans la danse...
J'ai lu cet article ce matin grâce à notre superbe barre d'outils "designed by GDID", et j'ai simplement constaté une resucée de ce qui était sorti début juillet... au moment où débutaient nos vacances d'été. Provocation quand tu nous tiens. Les élections approchent, l'identité nationale ne fait pas trop recette, faut bien remobiliser les troupes sur des sujets qui font consensus dans les rangs.
Et bien évidemment, notre ministre y va de son "ne stigmatisons pas ces feignasses d'enseignants qui coûtent bien trop cher par rapport à ce qu'il valent ou rapportent, c'est à dire des queues de cerises". En rajoutant aussi, qu'il n'y a pas de problèmes dans le premier degré. Mon oeil, tiens ! Il n'a qu'à venir faire un tour par chez moi notwe bon maîtwe. La semaine dernière, une collègue de cycle 3 absente deux jours (enfants malade, syndrôme grippal) et non remplacée. Il n'y a pas de problème qu'on vous dit. Ne stigmatisons pas, qu'on vous dit.
Mais le passage que je préfère dans cet article, c'est la remarque d'un IA : "Il y a beaucoup de "bras cassés". Ils ne sont pas totalement indisponibles, mais ils sont souvent refusés par les directeurs d'école ou bien se mettent en maladie dès qu'ils n'ont pas l'affectation souhaitée". Si nous sommes en état de refuser un collègue remplaçant, c'est que quelque part nous sommes un peu dans un état proche d'un statut de fait, non ? Et là, merci M. l'IA, vous allez permettre à certains amoureux de la controverse de venir à nouveau s'exprimer ici.
Personnellement, les collègues de l'école et moi connaissons bien deux ou trois "collègues" dont nous ne voudrions pour rien au monde dans notre école ou devant nos propres enfants. J'admets tout de suite et tout à fait que l'inverse puisse être vrai pour couper l'herbe sous le pied à mes futurs contradicteurs préférés. Ces "collègues" au sens très large du terme sont des moutons noirs qui n'en rament pas une et dont l'administration ne sait trop que faire. Et bien, je n'en ai jamais refusé un en remplacement. Pourquoi ? Parce qu'ils sont payés pour faire ce boulot, et souvent plus que moi dirlo d'une école avec 7 classes ; parce que s'il ne viennent pas, c'est 25 ou 26 gamins qu'il va falloir que je répartisse, perdant ainsi un temps précieux devant mes prorpes élèves qui pâtissent déjà bien assez des coups de téléphone et autres joyeusetés intempestives quotidiennes ; parce que ces 25 ou 26 enfants vont de facto faire 5 ou 6 de plus dans nos classes s'il n'y a pas de remplaçant et que du coup, c'est 3 ou 4 classes qui seront également désorganisées en plus de la mienne, soit 75 à 110 élèves qui seront dérangés ; et surtout, parce que c'est aux IEN de prendre leurs responsabilités, surtout sur des cas archi-connus de tous et de touts. Ce sont eux nos supérieurs hiérarchiques, c'est donc à eux de trancher dans le vif et de prendre les décisions qui s'imposent.
Alors, ce bon vieil IA, il me fait bien rire avec ses "bras cassés", parce que des "bras cassés", il y en a partout, même dans le privé, même dans les entreprises et j'en connais une certaine palanquée. Et il y en a aussi dans notre administration, dans tous ces bureaux où des personnages importants, surtout pour eux, nous concoctent jour après jour des enquêtes et des requêtes pour justifier leurs postes de "bras cassés". Et un IA qui ouvre un poste dans une école le 3 septembre pour le fermer le 9 septembre (situation vécue), ce n'est pas un "bras cassé" ? Ah mais non monsieur, c'est un gestionnaire !
!!!! Et dire qu'on nous refuse un statut au prétexte que nous deviendrions des ptits chefs?
Mais c'est quoi cette attitude?
Maintenant, ces propos de la part du ministre sont un peu particuliers, et je ne crois pas à leur innocence. Veut-on nous imposer dans le primaire une "agence de remplacement" nationale? C'est pour moi plus inquiétant qu'autre chose. Car si on peut comprendre la volonté d'optimiser les moyens, on voit les résultats désastreux obtenus dans la gestion centralisée de conférences pédagogiques ou de stages.
Cela fait un peu "marronier"... et c'est un arbre qui cache une forêt dont les gestionnaires aimeraient bénéficier de reconnaissance. Les agents de l'ONF ont un statut, eux, ils ont même le droit de porter une arme! :-) Je n'irai pas jusque là évidemment, mais pour les directeurs d'école il serait temps que l'état accède à la demande de Jean-Claude Carle, rapporteur du Sénat pour le Projet de loi de finances pour 2010:
"(...) Votre rapporteur propose que leur soit attribué un plein statut de chef d'établissement en adéquation avec leurs nouvelles responsabilités."
Quand j'ai débuté, un instit absent était presque toujours remplacé. Et si ce n'est le premier jour, au moins le lendemain. Aujourd'hui, terminé. On peut toujours espérer, ça ne mange pas de pain. En octobre, la même semaine j'ai eu un collègue absent toute la semaine et une autre deux jours. Eh bien, pas de remplaçant. Débrouillez-vous. Les collègues ont râlé. Les parents aussi. Ce lundi encore, on apprenait qu'il y avait 43 maîtres non remplacés dans la circo.
Et qu'est-ce qu'il dit notre ministre ? "Il n'y a pas de problème pour la plupart des remplacements dans le premier degré". A croire que les IEN et les IA ne font pas remonter les infos et que Luc Chatel ne lit pas la presse. Mauvaise foi ou mensonge ?
1 80 % des instituteurs sont des institutrices
2 dans la majorité des cas c'est encore la femme qui s'arrête en cas d'enfant malade
3 pas de jours de carences
4 un travail au milieu d'un bouillon de culture permanent
5 des conditions d'exercice très stressantes
donc rien d'étonnant.
C'est seulement plus visible par suppression des postes "invisibles" au public.
Souviens toi quand même que dans les maternelles autrefois les maîtres étaient interdits , la profession a toujours été très féminisée et pour cause : elle est mal payée!
Quelques exemples :
"Absents pour cause d'arrêt maladie. C'est tous les ans le même scénario, grippe A ou pas." Comment faut-il (com)prendre cela ? Même sans grippe A, c'est l'hécatombe chez les enseignants ? Ou l'inverse, peut-être, mais là, il faut être un tantinet naïf. Vont peut-être nous vacciner contre l'arrêt maladie, au MEN ?
"Chaque arrêt ayant une durée moyenne de 6,2 jours" (...) "Lorsqu'on inclut les congés maternité ou de formation, on arrive à une absence moyenne de 11,1 jours par enseignant et par an." (apprécions au passage les dizièmes de jour d'absence, qui ne sont donc que des moments... d'absence!) Que peut bien signifier une moyenne ? Combien faut-il de collègues absents 1 jour ou 2 dans l'année pour faire 6,2 de moyenne avec un collègue en CLD ou CLM ? Ca ferait un beau problème de rallye math, ça. On m'a toujours appris à l'école qu'on ne pouvait additionner les carottes avec les choux navets. Tout cela n'a aucun sens.
"Comme il est difficile de laisser une classe sans maître, il faut remplacer."
Ah ben flûte alors, c'est pas d'chance !
"les remplaçants sont plus souvent absents que les enseignants titulaires. Près de 17,4 jours par an en moyenne." Oui, bon, et alors, quelle analyse ?
Réponse : "les bras cassés". Je pense qu'il doit en traîner quelques uns au journal Le Monde, aussi.
Tout cela ou bien ne fait pas très sérieux, ou bien fait très orienté. Vous choisirez ce qui vous convient le mieux.
Quant à nos collègues, notamment ceux chargés de remplacer les absents, je souscris aux propos de Pascal. Globalement, je les trouve plutôt bien, sachant qu'ils font un boulot dans des conditions pas faciles. Pour avoir été ZIL en début de carrière, j'en ai gardé quelques souvenirs précis.
Dans notre circo, nous ne récusons pas des remplaçants qui n'auraient pas très bonne réputation. On serait plutôt dans le fonctionnement inverse : je demande, quand un remplacement est à assurer dans l'école et que la ZIL rattachée à l'école est en remplacement ailleurs, tel ou tel(le) remplaçant(e), car je sais qu'il/elle aime venir dans notre école (nous sommes en ZEP, ça n'attire pas forcément tout le monde à cause d'une réputation toujours surfaite mais que certains remplaçants colportent néanmoins...) et que les enfants le/la connaissent déjà, pour être venu(e) souvent. Ca aide beaucoup. J'ai une collègue brigadière qui , ainsi, fait quasiment partie de l'équipe de l'école, à un point tel qu'on l'invite régulièrement aux coups à boire de l'école ou à un restau entre collègues, quand les hasards des remplacements ne la conduisent plus assez souvent chez nous.
Et les journalistes du Monde pourront écrire tout ce qu'ils veulent sur ces "affreuzenseignantstoujoursmalades", dans ces moments-là, croyez-moi, on s'en fiche (pour rester correct) !
Cessons de nous taper dessus . On devrait nous donner , aux élèves et à nous , de meilleures conditions de travail et c'est tout .
Car "le monde" devrait se réjouir que la moyenne des jours soit inférieure à ces 12 jours qu'apparemment le droit nous octroie!!
Bref, que tous ceux qui sont déjà venus travailler avec une fièvre de cheval lèvent la main.
Dire que les moyennes ne signifient pas grand chose alors que nous les pratiquons sans cesse dans nos classes pour déterminer le niveau de nos élèves en mélangeant allègrement les choux et les carottes me semble aussi un peu court.
Ce ne sont pas les chiffres qui sont discutables mais les interprétations et les conclusions que l'on en tire.
Et certaines réactions, épidermiques, me font penser à ce que prétendent les RASED pour se défendre des suppressions: notre boulot n'est ni quantifiable ni évaluable...
2 000 000 de journées d'absence c'est vraiment beaucoup, quelles qu'en soient les raisons, et cela devrait nous faire réfléchir non pas à la manière de faire des économies à tout prix et n'importe où uniformément, mais à chercher un moyen efficace d'assurer la continuité du service public.
Et, juste un constat de 34 ans d'observation, les remplacements ont TOUJOURS posé des problèmes... Par principe, on ne pourra JAMAIS couvrir tous les besoins avec des TR, il faut trouver des solutions internes.
Donc, pour moi, commencer à baisser les effectifs par classe (ce que l'on aurait pu avoir depuis 89 au lieu de gonfler les équipes IEN) pour assumer tranquillement des répartitions.
Quand, dans nos cahiers d'appel, notre administration nous demande de calculer le % d'élèves présents (ou absents) chaque mois, il y a une case à renseigner qui s'intitule "nombre d'enfants ayant manqué plus de trois classes", information indispensable qui relativise fortement la notion de moyenne (qui ne signifie rien, je le maintiens, même quand il s'agit de notes, là-dessus je suis bien d'accord. Voilà pourquoi il faut en finir avec les notes et les moyennes à l'école selon moi) et qui permet une analyse sinon plus objective, en tout cas plus fine, moins erronée.
J'attendais donc autre chose d'une journaliste du Monde, qui, en présentant le problème de façon partielle, le présente finalement de façon partiale.
"2 millions de jours d'école sans le maître ou la maîtresse" : cette formule m'avait échappé. Comment l'as-tu lue (tu écris "2 millions de jours d'absence") ? "Absences non remplacées" ou "jours de classe sans le titulaire de la classe" (donc avec un remplaçant). Très approximatif comme formule... Volontaire ou non de la part de la journaliste, cette expression ?...
Si l'hypothèse à retenir est la première, alors, ces 2 millions de journées d'absences non remplacées, rapportés au million et quelques d'enseignants, finalement ça fait à peine deux jours par enseignant. Vu sous cet angle (qui est une moyenne, là encore), Chatel peut crier "cocorico"... Le hic, c'est que ça ne colle plus avec les % annoncés par la journaliste dans l'article... Gênant. Que penser, que croire ?...
Pour moi, c'est de l'enfumage...
La Mairie n'a pas de moyens pour installer des ventilateurs ....
Je ne gère pas de budget
Si j'étais un EPEP , j'aurais les moyens pour donner aux classes de meilleures conditions de travail .
C'était le titre de l'article.
je dis qu'il ne faut pas simplement n'y voir qu'une attaque contre les enseignants.
Le remplacement des profs. est un vrai problème et, je crois, si on ne l'aborde que sous l'angle du nombre de TR on ne pourra JAMAIS être satisfait, et stigmatiser les enseignants ne sert à rien non plus.
Maintenant, mais comme un autre sujet, on peut discuter des causes de l'absentéisme et du niveau d'implication des TR.
Sur ces sujet on ne peut avoir que des opinions à partir d'expériences personnelles, ce qui est intéressant mais n'en font pas des généralités ni sur les bras cassés, ni sur ceux qui bossent avec la fièvre (l'un n'excusant pas l'autre).
Le Snuipp/Fsu44 dénonce l'utilisation par l'IA des Pe1 (étudiants )
comme moyens de remplacement notamment dès la semaine prochaine pour
remplacer des directeurs partant en stage de formation.
Cette situation est la conséquence de la politique budgétaire du
gouvernement et de la suppression de plus de 50 000 postes dans
l'éducation nationale. L'utilisation de personnels sous contrats
précaires prépare ce que sera le recrutement pour le premier degré si
la réforme de la formation des enseignants et le budget annoncés
passent ( 16000 postes en moins dans l'E N)
Devant la gravité de la décision de l'Inspecteur d'Académie
d'utiliser les Pe1 comme moyens de remplacements, le Snuipp/Fsu
demande aux collègues :
- de ne pas partir en stage pour ne pas laisser la responsabilité
de leur classe à un(e) étudiant(e) sous contrat précaire.
- de contribuer à la lutte contre la casse du service public
d'éducation en refusant que du personnel non formé prenne la
responsabilité d'une classe.
- que le conseil des maîtres informe l'ien de cette décision pour
qu'il prenne ses responsabilités
- d'informer les parents pour qu'ils demandent à l'Inspection
Académique que des titulaires remplaçants soient devant leurs élèves
et non pas des étudiants sous contrats précaires.
Ses positions sont idiotes et ridicules .
d'utiliser les Pe1 comme moyens de remplacements, le Snuipp/Fsu
demande aux collègues : [tiens ! les directeurs sont des collègues ? On les extrait du lot ? Ont-ils une spécificité ? Ou bien ne sont-ils que comme les autres ?]
- de ne pas partir en stage pour ne pas laisser la responsabilité
de leur classe à un(e) étudiant(e) sous contrat précaire. [s'il s'agissait d'un stage de formation syndicale, ce syndicat aurait-il de telles pudeurs ? Vécu pas plus tard que la semaine dernière : une collègue en "formation syndicale" non-remplacée : 21 élèves à répartir...On appréciera...]
- de contribuer à la lutte contre la casse du service public
d'éducation en refusant que du personnel non formé prenne la
responsabilité d'une classe.[bla...bla...bla...]
- que le conseil des maîtres [le cas "individuel" du directeur pris en compte par le CM ? Quelle abnégation !] informe l'ien de cette décision pour
qu'il prenne ses responsabilités
- d'informer les parents pour qu'ils demandent à l'Inspection
Académique que des titulaires remplaçants soient devant leurs élèves
et non pas des étudiants sous contrats précaires.[sans commentaire !]
A l'est, rien de nouveau...
Il déclare n'importe quoi pour se faire sentir "intéressant" par les enseignants(es)
Dommage que certains le croient encore . Sont peut-être "drogués" par les belles paroles . Dommage!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Je ne suis plus syndiqué depuis que certains sont devenus pantouflards dans les MGEN , MAIF et autres ... Indignes!!!!!!!!!!!!
C'était le titre de l'article.
je dis qu'il ne faut pas simplement n'y voir qu'une attaque contre les enseignants.
Le remplacement des profs. est un vrai problème et, je crois, si on ne l'aborde que sous l'angle du nombre de TR on ne pourra JAMAIS être satisfait, et stigmatiser les enseignants ne sert à rien non plus."
Ca fait en gros 4% de jours de maladies pour toutes les journées travaillées des instit. Finaleent pas tant que çà.
J'comprends pas vraiment le problème en plus.. y'a une loi maintenant non qui évite que les gamins se retrouvent "à la rue" à cause de ces "fainéants toujours malades"
. La LOI n° 2008-790 du 20 août 2008
« Art. L. 133-1. - Tout enfant scolarisé dans une école maternelle ou élémentaire publique ou privée sous contrat est accueilli pendant le temps scolaire pour y suivre les enseignements prévus par les programmes. Il bénéficie gratuitement d’un service d’accueil lorsque ces enseignements ne peuvent lui être délivrés en raison de l’absence imprévisible de son professeur et de l’impossibilité de le remplacer. Il en est de même en cas de grève, dans les conditions prévues aux articles L. 133-3 à L. 133-12. »
Un service d’accueil devrait donc être mis en place en cas d’absence d’un enseignant.
De plus la règle des 25 % des enseignants absents pour le déclenchement de ce service minimum d’accueil ne s’applique pas à cette situation. En effet, "Il en est de même en cas de grève, dans les conditions prévues aux articles L. 133-3 à L. 133-12. » est il écrit dans le texte.
Cette disposition est placée dans les articles qui gèrent le service minimum dans le cas particulier de grève (133-4)
L'article 133-1 qui définit le SMA en est donc exclu car nous sommes dans le cas général
Donc, la règle des 25% ne s'applique pas dans le cas d'absence d’enseignant.
Donc... syndicats, parents, journaleux... pourquoi ne pas demander l'application de la loi?
che
Les remplacements: voilà bien un domaine où " l'autorité" du directeur est reconnue par l'Administration! Je m'explique. Un(e) collègue vous informe d'une prochaine demande de congé ou d'une autorisation d'absence. Vous informez aussitôt ( tant pis si vous avez classe), le secrétariat de l'IEN . La secrétaire , qui est celle qui a le vrai pouvoir en matière de remplacement, vous indique que le remplacement n'est pas possible, que l'autorisation sera accordée... si vous organisez la répartition... à vous de choisir.
C'est donc à vous, dirlo, que revient le choix ultime: dire " oui" et il faudra convaincre les collègues de la nécessité d'accepter 2 ou 3 élèves de plus, ou dire " non" et la collègues se verra refuser son autorisation...
Bien entendu, on peut aussi répondre à la secrétaire qu'on prévoit une réunion de CDMD extraordinaire pour la semaine suivante, mais la date de remplacement risque d'être passée!
Plus sérieusement, il y a là encore, un espace de décision qui n'appartient qu'au seul dirlo, mais qui , comme d'autres, n'est pas reconnu, ce qui nous oblige, encore et toujours , à en référer à un secrétariat d'IEN qui vous laisse tout seul. Le pire est bien là. Cette délocalisation systématique des moindres décisions concernant le fonctionnement ordinaire de l'école, délocalisation voulue et défendue par les syndicats enseignants, préférant une hiérarchie décisionnaire hors l'école, plutôt qu'une gestion de proximité des problèmes..; tout en sachant que dans les faits qui se fade le boulot?
Selon toi, le dirlo aurait ou non le "pouvoir" d'influer sur la décision de l'IEN d'accorder une autorisation d'absence à un collègue.
"l'autorisation sera accordée... si vous organisez la répartition... à vous de choisir."
Je ne pense pas que ce soit notre avis qui nous est demandé. Tout au plus, veut-on savoir comment nous allons organiser le service en l'absence du collègue. En fin de compte, c'est un avis pour du beurre. Seul l'IEN décidera en dernier ressort, qu'on soit d'accord ou pas.
Il y a de cela plus de 15 ans, dans une autre circo, l'IEN avait inscrit sur les demandes : "avis du directeur - favorable - défavorable". On devait barrer la mention inutile. C'était de pure forme car l'IEN accordait quasiment de façon systématique les autorisations même quand on émettait un avis défavorable. C'est plus une façon de faire croire qu'on implique le dirlo dans un système de décision. Plutôt de la démagogie...
lors d'un besoin de remplacement, j'écris que c'est souvent la secrétaire de l'IEN qui gère ( l'IEN est ailleurs et se repose sur elle).
Je ne prétends pas que le dirlo a un " pouvoir" particulier mais au contraire qu'on le laisse seul avec un choix cornellien: répartir ( et provoquer parfois des protestations de collègues), refuser la répartition et provoquer le refus d'autorisation.
Dans les deux cas, l'Administration se donne le " beau" rôle .
Qui ne s'e st pas entendu dire : " vous êtes le directeur, à vous de voir!", combien de parents demande à parler au " directeur" en cas de problème avec un enfant ou un enseignant? Combien de collègues se reposent sur le directeur pour régler les conflits internes ? on peut multiplier les exemples, et à chaque fois que penserait-on si le directeur bottait en touche en déclarant : " j'ai distribué le courrier, donné l'info, pour le reste débrouillez vous, j'ai ma classe et je ne suis pas le supérieur hiérarchique, voyez l'IEN..."
Les collègues ne seraient-ils pas les PREMIERS à traiter ce dirlo d'incapable, de mou du collier, de fainéant, de valet de l'administration?
Je parle ici de ce qui se passe sur le terrain , pas dans les délires des bureaux du Snuipp ou d'ailleurs, là où vivent les petits lapins roses du pays des Bisounours si chers à certains.
Sur tout le reste, évidemment qu'avec un statut, on serait à même de prendre des responsabilités sans en référer à tout moment à l'IEN. Nul besoin de me convaincre. Mais, entre nous, je désespère de l'obtenir un jour. Je ne vois rien venir sinon parfois des paroles qui ne se traduisent jamais en actes... C'est pénible.
Il faut admettre aussi qu'au delà du mythe du " petit chef " , sorte d'épouvantail pratique mais peu crédible pour la majorité des adjoints, la création d'un statut du directeur réformerait pour le coup d'autres relations:
les Rased tout d'abord qui évoluent dans un flou entretenu par le Snuipp essentiellement, qui veut faire croire que ses membres ont un statut à part dans l'école alors qu'ils sont bel et bien rattachés à une école et ont par là même un interlocuteur privilégié le dirlo auquel ils doivent rendre compte de leur activité ( souvent maîtres E et G tentent de se " détacher" de l'école pour se " rapprocher" de l'équipe de circonscription, au moins symboliquement.)
les CPEN qui parfois s'auto proclament " IEN bis" et interviennent auprès de certains collègues dans les écoles en " free-lance", sans même informer le dirlo de leur présence...
Quelques TR aussi qui effectuent un remplacement dans l'école sans même venir se présenter au dirlo qui lui, fait classe.
La présence dans l'école d'un directeur totalement déchargé ( ou presque) mais surtout reconnu en tant que chef d'établissement, le rendrait incontournable pour tous ces personnels, lesquels ne pourraient plusfaire comme bon leur semble.
on peut imaginer les pressions de ceux-ci auprès des syndicats dont ils sont souvent très proches. LCe sont surtout eux qui auraient " à perdre" de la création d'un statut plus que l'adjoint avec lequel le dirlo travaille six heures par jour ( et même un peu plus).
"La présence dans l'école d'un directeur… reconnu en tant que chef d'établissement, le rendrait incontournable pour tous ces personnels, lesquels ne pourraient plus faire comme bon leur semble."
Rien ne m'horripile plus que d'entendre un "touriste" me dire qu'il n'est pas venu me saluer pour ne pas me déranger en classe ! Je ne supporte pas car ça me met devant une vérité : la directrice que je suis n'est rien aux yeux des autres enseignants. Comme si je n'existais pas. Dans n'importe quelle société ou entreprise, viendrait-il à l'esprit de personnes étrangères à l'établissement d'intervenir sans se signaler à un responsable ? Non. Alors pourquoi dans les écoles ? Parce qu'il est ancré dans toutes les têtes qu'il n'y a pas de chef. Je trouve cela insupportable. Comme si on niait mon rôle, ni plus ni moins.
Ma réflexion n'a rien à voir avec le thème de l'article, je sais, mais c'est la réaction de Merlin qui m'amène à lui emboîter le pas.
Anne-Marie
"Enseignants : deux millions de journées de congé maladie
...
Ca fait en gros 4% de jours de maladies pour toutes les journées travaillées des instit. Finalement pas tant que çà.
...Si on se cantonne aux causes des absences, ce qui est un faux problème, mais qui est énorme quand on essaie de gérer ses absences. Ta statistique minimise et déforme la réalité du problème posé.
Et je ne rentre pas dans le débat 'prof=fainéant', il est stupide et n'apporte rien en terme de solution.
Ou est passé ton humour Pierrot? Bien sûr que c'est une déformation de la réalité. D'un autre côté, pas plus déformant que
"Chaque année, dans le premier degré, 45 % des enseignants ont au moins un arrêt maladie, et 8,3 % en ont plus de trois. Chaque arrêt ayant une durée moyenne de 6,2 jours, ce sont près de 2 millions de jours d'école sans "le maître" ou "la maîtresse". " qui mélange des longues maladies et des congés courts..
ou " cet absentéisme, deux fois plus élevé que dans le privé," ce qui n'est pas vraiment juste selon les sources..
ou
" 55 % des congés de 24 heures et 81 % des congés de 48 heures ont lieu juste autour du week-end et suggèrent un léger potentiel de réduction ", plaide l'audit qui souligne par ailleurs la remontée des maladies en plein mois de mai. " qui laisse penser que les intits prolongent les ponts et les week end ou les ponts avec des congés maladie de complaisance... EN ECRASANTE MAJORITE
La gestion du remplacement est un casse tête.. c'est certain, mais le sujet ne se satsifait que peu, à mon avis, de la déformation statistique... Ou alors, c'est de l'humour... ce que je fais.
Tout autant qu'en citant le texte sur le SMA... Analyse juste, n'est il pas?
Ce sujet, comme d'autres, nécesite des évolutions, des reflexions, mais comment partir sur de bonnes bases en s'appuyant sur des manipulations des stats?
Tant que l'on ne sortira pas d'une logique mathématique qui dès qu'on l'applique à l'humain, "déconne", on "s'amusera" à déformer les stats dans unsens ou dans l'autre et rien n'avancera.
Dommage! mais gardons notre humour.. Il ne reste bientôt plus que cela
che
Garder de l’humour ?
On y a tous grand intérêt, tant notre mammouth favori accumule couenneries sur couenneries.
Et ce domaine des remplacements n’y fait guère exception : trois exemples à la clef…
- Je suis arrivé dans mon école actuelle voici 15 ans aux fraises. A l’époque, mon IEN avait 1 secrétaire, 1 conseiller péda et ½ poste de conseiller péda EPS. Soit 4 personnes dans cette « équipe de circo » à mettre en balance avec les 11 ZIL
A cette rentrée, outre l’IEN, 2 secrétaires, 1 CPC, 1 CP EPS, ½ CP Arts Plastocs, ¼ CP musique, 1 ERIP (informatique), 2 Coordonateurs ZEP, 3 enseignants-référents MDPH, ¼ CP Langue Vivante. Soit 14 personnes dans l’Equipe de Circonscription !
Et il ne reste que 10 ZIL…. Cherchez l’erreur…
- Il y a 5 ans, lorsqu’un instit était malade, qu’on apprenait ça vers 8 h, on téléphonait à la circo. Il y avait quelqu’un au bout du fil, qui, en 5 minutes, arrivait à nous dire si le rempla était ou non possible. On pouvait donc en avertir les parents de la classe concerné. Au pire, vers 9 h, le ZIL arrivait.
Ce n’était pas assez moderne…
Aujourd’hui, en cas d’absence, vers 8h 30 (pas avant, y’a personne à la circo) on devrait allumer son ordi, se connecter à EGOR (application informatique du site de l’IA 13) pianoter les coordonnées du collègue absent, la durée de son absence, les raisons de cette absence, pis, …., attendre….le temps que la secrétaire fasse le bilan, découvre les données, et décide qui va où. Du coup, les ZIL arrivent beaucoup moins vite, quand ils arrivent…
- Sur mon beau département, la moitié des postes affectés aux remplacements sont bloqués sur les stages de formation continue. On a ainsi le plaisir, lorsque l’on a un collègue en stage, de recevoir ces remplaçants qui nous apprennent, benoîtement que, la semaine passée, alors que nous avions plusieurs instits absents, ils étaient chez eux, n’ayant pas de stage à remplacer…
Je sais bien que, pour la plupart des syndicats, le droit à la formation continue sur le temps de travail est un dogme intouchable, mais, politiquement incorrect en diable, j’ai du mal à comprendre pourquoi une minuscule partie de ces stages ne pourrait pas se dérouler pendant les vacances. Je pense en particulier à un stage organisé trois années de suite au PDF de l’IA 13, stage dénommé « découverte du milieu maritime » et qui comprenait, entre autres, pratique de la voile, escalade dans les calanques, randonnées etc… Toutes chose certainement très utiles pour apprendre à lire et à écrire aux gamins de mon quartier, mais qui aurait peut-être pu se dérouler sur les vacances…
Thierry fabre
Aux yeux de certains, il y a des "non-remplacements" critiquables et d'autres pas !