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Mercredi 29 septembre 2010 3 29 /09 /Sep /2010 11:19

 

 

Nous poursuivons la publicartion d'extraits du Rapport Reiss que le Député chargé de mission remettra cet après-midi au Premier Ministre.

Cette quatrième partie est plus spécifiquement consacrée aux propositions suggérées par le Député Frédéric Reiss pour reconnaître statutairement la fonction de directeur d'école.

 

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Le statut juridique des directeurs d’école pourrait être celui d’un détachement dans le corps des personnels de direction ou dans un emploi fonctionnel

 

Bien que le statut des directeurs d'école soit le centre des préoccupations, voire des appréhensions, il ne vient qu’en avant-dernière partie de la présente recommandation. Il ne faut pas s’en étonner : ce n’est qu’une fois le programme des travaux connu qu’on choisit les outils nécessaires pour le réaliser.

Les organisations syndicales ou associations regroupant des directeurs d'école ont récemment passé commande de sondages sur ce sujet. Sans s’arrêter ici sur la valeur scientifique de ces consultations, en particulier les biais qu’elles peuvent comporter, l’on note néanmoins que, parmi les directeurs interrogés, se manifeste une certaine corrélation entre la taille de l’école où l’on exerce ses fonctions et la propension à réclamer un statut pour son directeur.

 

Le champ des possibles va de l’ajustement de l’existant à la création d’un corps nouveau de fonctionnaires

 

Hormis celle de ne rien changer, évidemment exclue au regard de l’analyse ci-dessus, cinq hypothèses s’offraient à la réflexion pour envisager l’avenir réglementaire du métier de directeur.

Toutes ont été examinées à l’aune des deux critères suivants :

- permettre de plus faciles allers et retours entre le métier de directeur et celui d’enseignant de plein exercice, tout en permettant l’établissement d’un plan de carrière dans la première situation ;

- être le moins onéreux possible pour les finances publiques.

 

Des cinq hypothèses envisagées, trois apparaissent comme devant être écartées, alors que les deux dernières présentent des intérêts très comparables.

 

Première hypothèse : aménagement de l’existant, qui est déjà un statut d’emploi, en procédant à des retouches du décret de 1989 relatif aux directeurs d'école. On a vu plus haut que le décret réclamait de nombreuses modifications, afin de rendre le métier plus conforme aux besoins du service public. Ces aménagements auraient pourtant été insuffisants, en l’absence de mesures facilitatrices des « allers-retours » évoqués ci-dessus.

 

Deuxième hypothèse : création d’un corps spécifique de la fonction publique. Concernant un ensemble de tâches clairement identifié et très homogène, pouvant s’appliquer à des dizaines de milliers de fonctionnaires, le métier de directeur d'école aurait pu justifier la création d’un corps.

Beaucoup de corps de la fonction publique d’État comptent moins de fonctionnaires que la France ne compte ne directeurs d'école. Cette hypothèse aurait présenté deux grandes faiblesses, qui conduisent à devoir l’écarter. D’une part, elle irait à l’encontre de la possibilité des allers et retours souhaités plus haut et qui constituent l’une des conditions majeures d’attractivité de la charge. D’autre part, elle irait à rebours de la politique actuelle de réduction du nombre de corps de la fonction publique, motivée par le désir d’avoir des corps plus peuplés, pour à la fois faciliter la mobilité des fonctionnaires et la gestion du service public.

 

Troisième hypothèse : intégration dans le corps des personnels de direction. Le directeur d'école ferait ainsi partie d’un corps de fonctionnaire spécifique, où il côtoierait notamment les proviseurs et les principaux. Outre qu’elle marquerait mal la nette différence à faire entre les deux degrés d’enseignement pour ce qui concerne les conditions d’exercice de la direction, cette hypothèse ne répondrait pas à l’exigence de réversibilité. Par rapport à la deuxième hypothèse, elle ne présente guère que l’avantage de ne pas augmenter le nombre de corps et de donner une perspective de carrière mieux assurée au fonctionnaire.

 

Quatrième hypothèse : création d’un emploi fonctionnel. On peut définir un emploi fonctionnel comme un emploi correspondant à des fonctions particulières, qui bénéficie d’une grille de rémunération et d’un régime indemnitaire spécifiques. Ces postes sont pourvus par la voie du détachement, en général pour une durée limitée éventuellement renouvelable. Le premier de ses avantages est lié au régime juridique du détachement, position réversible entre toutes car il peut y être mis fin par l’administration comme par l’agent. Ce dernier retourne alors dans son corps d’origine, où il a conservé durant toute la période son droit à l’avancement et à la retraite. La facilitation des allers-retours est pleinement assurée. Cette hypothèse serait donc tout à fait possible. De plus, elle faciliterait un recrutement plus personnalisé.

Cette hypothèse était préconisée dans le Livre vert sur l’évolution du métier d’enseignant, en 2008. Mais l’on note que les principaux et proviseurs étaient eux aussi recrutés sur un emploi fonctionnel, qui avec le temps est devenu un corps. Si les directeurs d'école empruntaient le même itinéraire, cela reviendrait à redescendre à la deuxième hypothèse ci-dessus.

 

Cinquième hypothèse : détachement dans le corps des personnels de direction. Cette solution présente les mêmes avantages que la quatrième, avec cet intérêt supplémentaire pour le fonctionnaire de se voir proposer au bout de cinq ans, comme la loi désormais l’exige, une intégration dans le corps où il est détaché ; proposition qu’il peut évidemment refuser. Qui plus est, par rapport à l’hypothèse précédente, le risque de créer à terme un corps n’existerait évidemment plus. En somme, les directeurs bénéficieraient à la fois de la réversibilité et de la perspective de carrière, le métier devenant alors plus attractif. En revanche, l’employeur qu’est le ministère pourrait éprouver quelques difficultés dans le cas d’une intégration dans le corps. Il faudrait en effet, soit affecter l’agent intéressé dans un EPLE, où il aurait de nouveau à affronter une rupture dans sa carrière ; soit laisser cohabiter à la direction des écoles des fonctionnaires placés en situation de détachement dans le corps des personnels de direction et d’autres qui y sont titularisés. La seconde branche de l’alternative apparaît comme tout sauf souhaitable. En tout état de cause, le décret régissant le corps des personnels de direction serait modifié.

Le professeur des écoles qui a cinq ans d’ancienneté pourrait être reclassé au quatrième échelon dans le corps et le grade de personnel de direction de deuxième classe (voir grilles indiciaires de ces deux corps en annexe).

L’hypothèse 4 présente les avantages attachés à la souplesse de l’emploi fonctionnel.

L’hypothèse 5 privilégie le plan de carrière du directeur.

 

Autres suggestions pour le contenu des textes réglementaires concernant le statut du directeur et les conditions d’exercice de son métier

 

Il n’est pas du ressort du présent rapport de développer tous les points devant figurer dans ces textes, ni de les ventiler entre le code et le décret sur les directeurs. Beaucoup de suggestions ont été faites à ce sujet dans les pages précédentes. C’est pourquoi on se limitera à évoquer quelques principes.

Avant tout chose et après mûre réflexion, il est suggéré de maintenir dans les textes la dénomination de « directeur d'école ». Les auditions et la recherche documentaire menées dans le cadre de cette étude ont pourtant permis de réunir tout un catalogue de termes visant à définir ce métier. On le nomme ainsi, par ordre alphabétique, « chef d'établissement », « directeur de site », « directeur de structure primaire », « directeur d’établissement », « directeur pédagogique », « leader pédagogique », « maître-directeur », « manager ». Une telle variété de dénominations n’est pas un apanage de l’Hexagone : un tour du monde engendrerait des constatations comparables.

Le décret pourrait s’ouvrir en mentionnant que le directeur d'école exerce quatre types de fonctions : pédagogiques, relationnelles, administratives et managériales.

L’on note que l’article 2 du décret portant statut des personnels de direction prévoit que les « personnels de direction participent à l'encadrement du système éducatif et aux actions d'éducation ».

Une telle disposition est fort opportune pour les directeurs d'école.

Il n’est en revanche pas suggéré que le décret comporte une mention d’ordre général sur la philosophie de la direction d’école : « le directeur facilite les conditions d’enseignement en rendant propices… ». Elle serait en effet et fort probablement dénuée de portée normative.

Le renforcement de la situation institutionnelle du directeur passe par les voies explorées ci-dessus (prérogatives es qualité) mais aussi en faisant de lui l’exécutif du conseil d’école (conseil d’administration en établissement public). Il en irait de même en rendant ses décisions publiques et exécutoires, ce qui sera le cas dans un établissement public ; dans celui d’une école sans personnalité morale, il conviendrait d’étudier des modalités de délégation de signature ès qualité au directeur, à l’instar de ce qui se fait pour les cadres des ministères.

Afin de donner plus de souplesse à l’organisation du temps scolaire, afin d’assurer le cas échéant des remplacements de courte durée, afin surtout de faire garder à l’intéressé le contact avec l’enseignement, il est suggéré que le directeur d'école soit tenu à une obligation d’enseignement.

Il s’ensuit que, quelle que soit la taille de l’école, la quotité de décharge serait à l’avenir plafonnée à, par exemple, 75 %. Cette mesure apparaît comme devant faire l’objet d’une expérimentation spécifique dans quelques écoles. Comptant parmi ses finalités celle de rendre plus souple le fonctionnement pédagogique de l’école, il est suggéré que le mode de calcul pour le respect de l’obligation d’enseignement se fasse sur la base de l’année scolaire et non plus de la semaine, éventuellement sur la base du trimestre.

Dans le cas des écoles dont la taille justifie une décharge à temps complet, celle-ci serait donc désormais partagée entre le directeur (les 75 % ci-dessus) et un autre enseignant (le complément de décharge), sauf dans les 2EP.

De même qu’un plafonnement de décharge, un abaissement du seuil des différentes quotités de décharges aiderait à libérer du temps aux directeurs pour effectuer les tâches qui relèvent de leur métier spécifique.

Aujourd'hui, les seuils de décharges s’établissent à 4 classes pour 25 %, 10 classes pour 50 % et 14 classes pour 100 %.

Les seuils suivants sembleraient plus raisonnables : 4 classes pour 25 %, 7 classes pour 50 %, 10 classes pour une décharge de 50 % pour le directeur conjuguée à un complément de décharge pour un autre enseignant de l’école (posé à 25 %), 14 classes pour la décharge maximale du directeur, avec un complément de décharge pour un autre enseignant de l’école (posés à 75 % pour le directeur et 25 % pour l’autre enseignant). Or, la simple mise en œuvre de ces dispositions représenterait un coût estimé entre 2 300 et 2 700 emplois de plus que la situation actuelle, soit une augmentation de l’ordre d’un quart. On voit qu’une telle mesure ne serait pas conséquence sur les finances publiques.

La délégation de signature aurait une importance particulière en matière financière. La question est de savoir si le directeur d'école peut en être dépositaire, jusqu’à un certain plafond de recettes ou de dépenses, au nom de la commune ou du groupement. En cas de réponse positive, il importe néanmoins de mesurer les conséquences éventuelles de cette situation dans les domaines autres que financiers, avant de conclure à l’opportunité ou non de son application. Le but recherché ici est avant tout d’éviter les risques de gestion de fait. En tout état de cause, le directeur exerçant ses fonctions dans un établissement public aurait la qualité d’ordonnateur. Des questions similaires se posent pour l’éventualité de recettes et de dépenses.

Beaucoup des personnes rencontrées en vue de ce rapport ont fait connaître leur regret que les directeurs d'école ne soient pas plus intégrés dans la vie sociale de leur commune, en comparaison de l’époque pas si lointaine où l’instituteur était logé. Après réflexion, il est suggéré de ne pas assortir la charge de directeur d'école d’une obligation de résidence. Une telle contrainte nuirait peut-être à l’attractivité du métier. Par contre, rien n’empêche, bien au contraire, les communes et intercommunalités de proposer des logements de fonction, ce qu’il convient donc que le droit facilite.

Enfin, dans le cas d’un établissement public, le directeur serait revêtu de prérogatives et responsabilités supplémentaires liées à cet état de fait, comme par exemple ester en justice au nom de l’école.

 

Un directeur par école (ou regroupement), un référent par site

 

L’une des pistes de l’amélioration du fonctionnement des écoles au service de la réussite des élèves est la recherche d’écoles de plus grande taille. Cela concerne particulièrement le directeur, qui a besoin de marges de manœuvre pour apporter un meilleur concours à la performance de l’école. Il s’ensuit que le métier de directeur n’en est véritablement un qu’à partir d’un certain volume d’activité.

En-deçà, il s‘agit plus de fonctions de coordination, voire d’exécution, que de direction au sens où ce concept est entendu dans le présent rapport.

C’est pourquoi celui-ci aurait pu suggérer que le titre de « directeur d’école » soit réservé à des entités atteignant une taille critique, déterminée par arrêté du ministre. La pratique actuelle du « une école – un directeur ; un directeur – une école » n’est pas forcément, en effet, de bonne administration. Les écoles situées en-deçà du seuil auraient été rattachées à la direction, au sens entendu désormais, d’une autre école. Toutefois, cette idée pêche par trop de normativisme. Ce n’est pas d’avance, d’un trait de plume, qu’un décideur, quel qu’il soit, peut déterminer, pour la France entière, à partir de quel seuil la direction n’en est plus une. De surcroît, une application indéterminée à l’ensemble du territoire national serait orthogonale au principe d’adaptation aux situations locales évoqué en introduction de ces recommandations. Les regroupements d’écoles doivent rester incitatifs, et non contraints.

En cohérence avec ce qui a été décrit ci-dessus pour la mesure de la valeur professionnelle du directeur, pour laquelle un affinement de l’évaluation de la charge semblait opportun, il est suggéré que, dans un proche avenir, le calcul aboutissant à la détermination des différentes quotités de décharges prenne plus de facteurs en compte qu’aujourd'hui.

Le besoin d’améliorer l’efficience de la gestion de l’école conduit par ailleurs à suggérer que la règle de droit commun soit qu’un regroupement d’écoles ne comporte qu’un directeur, assorti selon les cas d’un ou plusieurs référents de site.

Dans les autres sites d’enseignement du regroupement, il n’y aurait pas de directeur mais un « référent de site », principalement chargé de l’accueil des élèves et des parents au début et à la fin de la journée de classe. Cette activité ne serait pas accompagnée d’une décharge d’enseignement, mais ne serait pas incompatible avec le système de partage de décharge suggéré plus haut. Elle serait exercée de préférence sur la base du volontariat et donnerait lieu à une gratification financière.

Il est suggéré enfin que l’application de ces nouvelles dispositions concernant la direction d'école s’accompagne de mesures particulières pour les enseignants qui dès lors n’occuperaient plus la fonction de directeur. Ils seraient nommés « référents de site ». Le maintien de leur régime indemnitaire pourrait leur être assuré tant qu’ils demeurent sur le même poste.

 

L’affirmation du leadership pédagogique des directeurs est inséparable d’une amélioration de l’efficacité générale du fonctionnement des écoles primaires

 

A l’occasion des entretiens et visites effectués en vue de la rédaction de ce rapport, deux choses concernant la dimension organisationnelle des écoles sont à retenir. L’une, déjà évoquée, est le rejet très répandu de l’administratif. L’autre est le caractère bien souvent rudimentaire des matériels et procédures qui font le travail quotidien des écoles. Or, dans ce domaine comme dans les autres, l’inefficacité conduit aux pertes de temps et aux coûts induits, elle éloigne d’autant des ambitions supérieures liées aux résultats des élèves.

Le problème posé aux directeurs dans leur activité quotidienne peut se transcrire sous la forme d’une opération mathématique simple :

 

n * t = T où « n » est le nombre de tâches à effectuer, « t » le temps moyen pour effectuer une tâche, en minutes par exemple, « T » le temps de travail total disponible.

Par convention, on suppose l’absence de déséquilibre initial, que le « T » de départ est exactement égal au temps de travail légal d’un directeur d'école.

On comprend bien, dès lors, les conséquences de l’augmentation du nombre de tâches confiées au directeur. Soit s le nombre de tâches supplémentaires : (n + s) * t = T + s*t

Le directeur n’a plus le temps d’accomplir tout son travail. Il lui manque un temps égal à s * t.

 

1 Le retour à l’équilibre est possible dans chacune des deux hypothèses suivantes : En compensation de la hausse du nombre de tâches, leur réduction équivalente par ailleurs : (n + s - s) * t = T

 

2 Réduction du temps moyen par tâche : (n + s) * t * [n / (n + s)] = T ou à défaut, en accordant du temps de travail supplémentaire (renforcement en personnel).

 

Ces équations modélisent les pistes possibles pour l’amélioration de l’efficacité du travail du directeur, respectivement contenir ou diminuer le nombre de tâches qui lui sont confiées, améliorer l’efficience de son travail et accroître les ressources disponibles pour l’effectuer. On peut élargir la problématique à l’activité de l’école dans son ensemble.

 

Réduction du nombre de tâches

 

Il en va à l’école comme ailleurs : on ne fait pas toujours ce qu’on veut. Parfois, le personnel de l’école est contraint de faire un travail qui n’entre pas dans le cadre ordinaire de ses attributions mais qui est imposé par une circonstance extérieure. Sur ce point, une école souffre d’un handicap particulier : elle est en effet le lieu où, les jours de classe, convergent tous les enfants ou presque de la commune (du quartier, du hameau…). Ce n’est pas un hasard s’il fut fortement envisagé, au moment de l’épidémie de grippe A en 2009, de faire vacciner les enfants dans leurs établissements scolaires, ce qui devint une réalité dans les lycées et collèges, accroissant à cette occasion la charge de travail de leurs responsables.

Réduire ou contenir le nombre de tâches que l’on effectue au travail, raccourcir la liste des « à faire », passe par la capacité, associée à la volonté, de dire non, quand il le faut. Soulager la charge des écoles, c’est aussi leur donner plus de marge de manœuvre. On note à ce sujet qu’adresser des demandes à l’autorité supérieure peut prendre un temps pas toujours inférieur à celui requis pour agir soi-même.

Une tendance est irréversible : le corollaire de l’autonomie et de l’obligation de résultats, c’est l’accroissement de l’obligation de rendre compte. Or, celle-ci peut s’avérer une source de tensions au sein des écoles. Une organisation syndicale reçue lors des auditions s’est avérée aussi ordinaire dans le message que tranchante dans sa formulation :

« Quelque chose qui est très agaçant, c’est les enquêtes : une, deux, trois enquêtes par semaine. Tout le monde y va de son bilan. C’est une perversion de la notion de pilotage. »

Ces demandes des autorités centrales ou académiques, qui apparaissent trop nombreuses, sont très largement vilipendées. Le terme « enquête » provoque à lui seul l’irritation, à tel point que l’on songe à ces chefs d’entreprises se plaignant de payer l’ « impôt-paperasse ». Dans l’administration, l’on évoque plutôt le « harcèlement textuel ». Une telle tension, au sein pourtant d’une même institution, est préoccupante.

Pourtant, les « enquêtes » sont bien souvent indispensables. Les bases de données informatiques ne recensent pas tout, et pas tout de suite. Or, les administrations centrales ont un important besoin de données de pilotage : pour former des diagnostics, préparer des réformes, suivre leur mise en œuvre, en mesurer les effets, informer les décideurs, auditeurs, acteurs internes ou externes au système éducatif. Du reste, le Gouvernement disposant de l’administration1, il est à la fois légal et sain que cette dernière apporte des réponses aux questions que le ministre pose et ne puisse pas s’en dispenser quand les chiffres ne se trouvent pas dans l’ordinateur. De fait, les enquêtes ne sont qu’un aspect de la problématique beaucoup plus générale des systèmes d’information.

Cela étant posé, des améliorations sont nécessaires, en sus de la modération des responsables au moment de solliciter les services de terrain. Dans ce but, et se souvenant que Keynes signalait qu’une statistique ne devait pas coûter plus cher qu’elle ne rapporte, la DGESCO a mis en place un « outil enquêtes », qui vise à réduire l’impact de ce mode de fonctionnement sur l’activité des acteurs de terrain et s’accompagne d’une campagne de formation de son personnel.

Comment sortir par le haut de ce casse-tête ? Une inspectrice de circonscription a su faire remarquer que de la contrainte pouvait parfois naître l’occasion. « Les enquêtes ministérielles : nombreuses et chronophages (…) deviennent une aide au pilotage des écoles si une synthèse de circonscription permet des comparaisons ».

L’évolution du pilotage est indispensable pour desserrer l’étreinte qui pèse sur les écoles en général et leurs directeurs en particulier. Dans cette perspective, le ministère a conclu en 2007 une « Charte des pratiques de pilotage » des EPLE, fondée sur quatre principes : recentrer l’EPLE sur ses missions d’enseignement et d’éducation, simplifier et sécuriser le fonctionnement administratif de l’EPLE, constituer progressivement de véritables pôles administratifs opérationnels dans les EPLE, contribuer à la qualité des relations de l’EPLE avec la collectivité de rattachement et avec son environnement. Tous les quatre sont pertinents pour le fonctionnement des écoles. La Charte des pratiques de pilotage des EPLE pourrait donc inspirer une démarche similaire en faveur des écoles.

 

Amélioration de l’efficience

 

Les différences de dotation entre les écoles conduisent à ce que les moins bien loties travaillent dans des conditions matérielles rudimentaires, ce qui les rend peu à même d’exécuter leurs missions, ce qui les handicape dans leur mission d’améliorer leurs performances. En sus des mesures suggérées dans la septième recommandation de ce rapport, ces écoles ont besoin d’être particulièrement soutenues.

C’est pourquoi il est suggéré de faire des écoles primaires un lieu prioritaire de la modernisation de la gestion publique. Il conviendrait de s’efforcer de mettre les moyens d’administration les plus efficaces au service de la gestion des écoles. On se souviendra que ces moyens peuvent être du matériel, certes, mais aussi des procédés. L’on songe avant toute chose à l’administration électronique, dont les écoles ont vocation à être les bénéficiaires prioritaires, particulièrement en zones rurales, à l’instar de ce qui est en cours de développement avec les écoles numériques rurales.

 

Des efforts doivent aussi être faits en matière de mise en commun de ressources, et ce indépendamment des efforts plus généraux sur l’accroissement de la taille moyenne des écoles. Par exemple, pourraient être envisagés des secrétariats téléphoniques communs à plusieurs écoles et pouvant répondre à des questions de détail des usagers. Cette mise en commun de ressources ne serait pas non plus sans intérêt du strict point de vue des amortissements comptables.

L’accroissement des compétences individuelles est elle aussi source de gains d’efficience, ce qui renforce d’autant les enjeux liés à la formation des directeurs dans tous les aspects de leur métier.

De plus, les soutiens mis à la disposition des écoles doivent être accessibles sans coût excessif (temps d’attente rédhibitoire par exemple). Si, comme cela a été dit lors des auditions, les experts chargés de conseiller les équipes pédagogiques ne sont pas suffisamment accessibles, celles-ci risquent d’avoir à se débrouiller par leurs propres moyens.

Le directeur d'école est d’autant plus exposé à ce danger qu’il doit jongler entre des attributions variées et qu’il n’a pas toujours des experts pour l’assister ou le seconder. Cet argument rend d’autant plus opportun de renforcer le rôle de conseil des services académiques envers les équipes des écoles.

 

Temps de travail disponible

 

Une première piste est évidemment de renforcer les écoles en personnel : un AVS soulage grandement l’équipe éducative en cas de scolarisation d’enfant handicapé, tout comme un EVS peut apporter un réel soutien en matière, par exemple, de secrétariat et de comptabilité.

La comparaison entre le personnel non enseignant dont dispose un collège, fût-il de très petite taille, et une école, fût-elle de grande taille, est édifiante : quand le principal de collège dispose d’un principal adjoint et/ou d’un conseiller principal d’éducation, d’assistants d’éducation, le directeur d'école a éventuellement un EVS qui vient le soulager. C’est là une illustration de la préférence marquée de la société française pour le second degré par rapport au premier, qui n’existe pas dans les discours mais saute aux yeux à la lecture des comptes.

Cela étant, ajouter du personnel ne suffit pas en soi : le droit de tirage sur les ressources publiques n’est concevable que s’il s’accompagne d’une amélioration de l’efficience.

« Les obligations administratives entrent clairement en conflit avec les attributions pédagogiques sur la liste des priorités des chefs d'établissement et occupent 34 % de leur temps »

Cet exemple néo-zélandais, s’il manie des concepts très imprécis (« obligations administratives ») et si l’absence d’une norme idéale à laquelle comparer ces 34 % empêche de lui daigner valeur probante, confirme que l’impression de consacrer trop peu de son temps à son cœur de métier est un sentiment largement répandu.

Plus peut-être qu’à l’augmenter, l’enjeu consiste à mieux ajuster la répartition du temps de travail entre le temps « utile » et le temps « moins utile », à s’efforcer d’identifier ce que les économistes appelleraient l’utilité marginale du temps de travail consacré à une tâche donnée. Est-il plus utile que je précise les formulations contenues dans ce projet de courrier ou que je téléphone aux parents de cet élève dont le maître constate qu’il éprouve de soudaines difficultés dans ses études ?

Est-il plus utile que je débatte plus longuement de l’emplacement de la signalétique dans les couloirs ou que je prenne l’attache de l’IEN pour lui indiquer que l’équipe pédagogique suggère l’ajout au catalogue des formations académiques d’un module consacré par exemple (fictif) à l’utilisation des tableaux blancs interactifs dans le cadre de l’apprentissage de la lecture ?

En tout cas, les arbitrages que le directeur doit rendre sans cesse sur l’organisation de son temps de travail ne doivent pas se faire au détriment de son action de leader pédagogique, ni du rôle qui est le sien pour aller à la rencontre des parents les plus éloignés de l’école. Ce sont des parents dont il est possible de dire qu’il ne faut pas seulement les attendre et les accueillir, mais bien aller les chercher. Tel pourrait être un des apports les plus visibles des directeurs à la réussite de tous les élèves.

 

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Parmi les hypothèses qu'il suggère, le Député écarte la création d'un corps spécifique de directeurs d'école. Ainsi que nous l'avons toujours écrit dans nos articles, cette mesure ne serait pas compatible avec la politique de RGPP initiée par le gouvernement.

Ainsi, déclare Frédéric Reiss, "elle irait à rebours de la politique actuelle de réduction du nombre de corps de la fonction publique, motivée par le désir d’avoir des corps plus peuplés, pour à la fois faciliter la mobilité des fonctionnaires et la gestion du service public".

 

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Commentaires

Je ne veux pas être « référent de site », ce qui me pend au nez avec ma petite école. Je finirai par faire le même boulot en n'ayant même plus le titre! Quelle avancée... C'est catastrophique. C'est clair, je ne serai plus directeur l'année prochaine. Lamentable.

Commentaire n°1 posté par Pascal Oudot le 29/09/2010 à 11h50

Quelle usine à gaz ! Bravo aux apprentis sorciers qui ont permis d'aboutir à une division de facto entre les collègues qui vont se retrouver écartés de la direction pour se retrouver "référent de site" et ceux qui vont être responsables d'E2P comme dit notre cher technocrate. Et je ne parle même pas des décharges partagées (75 - 25 %). Que de déçus ça va faire et que de problèmes nouveaux dans les écoles !
Tout ça pour ça ?

Commentaire n°2 posté par Théo62 le 29/09/2010 à 17h27

Il y a à prendre et à laisser dans ce rapport. Création d'Etablissements Publics du Primaire pour les écoles de 14 classes et plus, pourquoi pas ? C'est une reconnaissance statutaire et ça donne de l'autonomie. Le regroupement pour la mutualisation des moyens, ça ne me semble pas mauvais en soi. Reste comme l'a dit Pascal que des dirlos vont se retrouver dirlos de seconde zone. Beaucoup de ceux-là vont se demander si ce ne serait pas mieux de laisser leur place à quelqu'un d'autre. On risque d'avoir des difficultés de recrutements pires que ceux qu'on rencontre aujourd'hui. Les regroupements entre petits collèges et écoles voisines, ça se fera forcément à l'avantage du Principal de collège. Je n'adhère pas du tout.
Maintenant, il ne faut pas s'emballer. On s'approche de la campagne présidentielle de 2012. Je vois mal le président Sarkozy créer des difficultés au candidat Nicolas en entreprenant des réformes qui vont faire monter au créneau les syndicats partisans du statu quo.
D'ailleurs, relevé dans La Croix : "Au ministère de l’éducation, on semble relativement ouvert aux propositions formulées par le parlementaire. « Elles serviront de base à un futur travail mené avec les partenaires », assure-t-on prudemment."
Prudemment, ça veut tout dire...

Commentaire n°3 posté par Zellof le 29/09/2010 à 17h46

Attention à ne pas crier trop vite... Les Théo-et-gégé veillent...nos déchargés maison 100% n'ont certes aucun intérêt à voir changer la condition des dirlos. Il m'a semblé lire plus de décharge, de la tune et des perspectives de carrière. Quant aux "machins de site"c'est pas pour demain, c'est avec les grosses stuctures quand elles se feront.

Commentaire n°4 posté par françou le 29/09/2010 à 18h20

Françou, c'est l'esprit du rapport que je constate. M. Reiss fait un constat catastrophique, et que nous propose-t-il comme solutions? Partager les décharges... quel progrès! Augmenter des indeminités risibles... quelle avancée! Et patati et patata. Oui, tout ce boulot pour arriver à un rapport qui va être aussi sec enterré, ce qui n'est pas forcément plus mal vu ce qui y est proposé. J'en suis malade. Je suis directeur dans ma petite école, je suis au service de tout le monde, je ne compte pas mon temps ni mon énergie, et je suis vraiment un bon con. Mais je ne vais pas le rester longtemps.

Commentaire n°5 posté par Pascal Oudot le 29/09/2010 à 18h55

Attendons une peu avant de critiquer, pour une fois qu'on parle de nous , ne faisons pas du snuippisme voire du sudisme. Peut être qu'une avnacée est possible, ce que j'espère car cela devient vraiment un métier de con! Et des cons comme nous, il n'y en aura plus beaucoup si les choses restent en l'état. Courage collègues!!!

Commentaire n°6 posté par directe sion le 29/09/2010 à 19h27

Comme d'autres ici, je pense qu'il faut voir ce que va devenir ce rapport... il ne serait pas le premier à être enterré à peine l'encre sèche. Alors oui, il y a beaucoup à dire, à discuter, à modifier dans les solutions proposées. Mais quand même, il y a là un constat de plus des difficultés qui sont les nôtres au quotidien.

Rêvons un peu : et si tous les constats qui s'accumulent en mettant en lumière la galère sur laquelle nous ramons comme nous pouvons faisait réfléchir les cogestionnaires de ce bordel même pas organisé ?

Commentaire n°7 posté par Denis le 29/09/2010 à 20h20

"Dans les autres sites d’enseignement du regroupement, il n’y aurait pas de directeur mais un « référent de site », principalement chargé de l’accueil des élèves et des parents au début et à la fin de la journée de classe. Cette activité ne serait pas accompagnée d’une décharge d’enseignement, mais ne serait pas incompatible avec le système de partage de décharge suggéré plus haut. Elle serait exercée de préférence sur la base du volontariat et donnerait lieu à une gratification financière."

C'est comme ça qu'ils pensent retenir les collègues à la tête des petites écoles ? Un titre bidon "référent de site" pour se coltiner les problèmes avec les parents et assurer, à leurs yeux, le rôle de directeur ou directrice mais sur la base du bénévolat. Comme maintenant mais sans le titre. Quel progrès !
Eh bien, ce sera sans moi.
Anne-Marie

 

Commentaire n°8 posté par mat pu j.prevert le 29/09/2010 à 21h29

Ce gros rapport mérite qu'on s'y arrête car il contient des aspects intéressants. Il est vrai que le constat qui y est fait est assez juste, notamment sur les résultats des élèves qui quittent le système scolaire en état d'échec.
Malheureusement, il ne suffit pas de constater et de rejeter la responsabilité de cet échec sur les enseignants pour se dédouaner de tout reproche. On voit bien que les milliers de postes supprimés malgré une augmentation des effectifs à scolariser pose un réel problème. Les élèves les plus jeunes de maternelle ne seront plus admis. Les classes seront de plus en plus surchargées. Les maîtres absents moins remplacés... Bref, la liste est longue des responsabilités de l'Etat.
Une autre partie du rapport n'est pas moins intéressante : celle qui traite du problème de la direction. Ce n'est pas une surprise, M. Reiss est familier de cette idée : tout irait beaucoup mieux à l'école si le directeur disposait d'une parcelle d'autorité qui le confine à un supérieur hiérarchique. Même si ce n'est pas dit de cette façon, chacun sent bien que c'est le coeur du problème pour M. Reiss. Quand il évoque le "leadership pédagogique", qu'il cite une anecdote concernant un directeur impuissant à s'opposer à un adjoint, l'allusion est claire : le directeur doit disposer de pouvoirs coercitifs.
Mais tout ce rapport transpire autre chose également : la recherche permanente de faire des économies budgétaires. Que ce soit le regroupement des petites écoles sous prétexte de mutualisation, de suppression des postes de directeurs des petites écoles pour les transformer en "référent de site" bénévoles, de regroupement de collèges et d'écoles... tout conduit à faire des économies sur le dos des élèves et celui des enseignants. Que les directeurs ne s'y trompent pas, ils sont les premiers visés dans ce rapport. Postes supprimés, fonction provisoire...
Sébastien Sihr résume très bien ce qu'il faut penser de ce rapport quand il dit "qu'entrevoir le problème de direction d'école sous l'angle statutaire n'a jamais permis de rendre l'école plus efficace. Il faut poser cette question d'efficacité d'abord pour tous les élèves avant de donner des réponses".

Commentaire n°9 posté par Dedel le 30/09/2010 à 09h53

Complètement à côté de la plaque, comme d'hab', Dedel. Je te rejoins sur le chapitre des économies, mais glisser au problème statutaire comme tu le fais c'est soit ne pas avoir la moindre once de logique, soit se foutre de la gueule du monde, et depuis le temps j'ai bien compris que la seconde option était la bonne. Dedel, tais-toi, je ne t'autorise pas à parler en mon nom.

Commentaire n°10 posté par Pascal Oudot le 30/09/2010 à 12h18

De tout dans ce rapport: oui , le constat est assez juste, il a aussi le mérite de faire des propositions argumentées ( certains pourraient en prendre de la graine...) mais la rigueur budgétaire et une certaine idéologie  lui font proposer des mesures qui vont bloquer très vite:

regroupements d'écoles de proximité , cela semble une évidence mais la mise sous tutelle d'une école envers le collège de secteur : soucis! ne nous y trompons pas : le directeur ne sera pas l'égal du principal, l'école sera représentée par l'IEN ou le CPIEN, le dirlo sera une potiche. Certains trouvent ça très bien, pas moi.

le " référent de site" : encore un bidule inventé pour le primaire pour quelle raison? Il faut un directeur dans chaque site pour régler tous les problèmes quotidiens et de sécurité de l'école ( et pas seulement l'accueil). La fameuse équipe pédagogique ne peut remplir ce rôle , il faut bien un responsable identifié: le référent potiche encore. Il n'y aura pas beaucoup de candidats. Merci qui?

pas de décharge complète , même pour des sites assez importants: pratique le système de quotité de décharge 75/25: il fait quoi le " 25" son jour de décharge? il n'est pas dirlo donc pas de décision, flou pour les parents, bref il accompli ce jour là des tâches que l'on confie à une EVS et le dirlo avec ses élèves sera quand même dérangé en cas de besoin. Nul et bouffon. Mais il faut bien en contenter certains. Ainsi , le directeur reste un " enseignant comme les autres " je suppose ... quelqu'en soit le prix....

  Mais le rapport a le mérite d'exister et il peut être possible de discuter. On va juger la volonté des syndicats signataires d'aboutir sur le dossier de la direction et éventuellement la capacité de blocage des tenants du CDMD fantôme.

Commentaire n°11 posté par merlin le 30/09/2010 à 12h42

"Sébastien Sihr résume très bien ce qu'il faut penser de ce rapport "

No comment...

Commentaire n°12 posté par Denis le 30/09/2010 à 16h08

Le débat est posé, il y a consensus sur les motifs  plus personne ne nie que le statu quo est devenu impossible . C'est  déjà beaucoup lorsque l'on regarde en arrière.

C'est le rapport d'un député UMP en période de crise budgétaire dominée par une vision idéologique libérale. Ce n'est pa le rapport et les propositions du gdid ( cela se saurait ).Il est donc normal d'y trouver des choses déplaisantes.


Cependant,

Il faut pointer les avancées possibles ( il y en a )  , dire nos lignes rouges ( s'il y en a ) et éviter de perdre du temps en anathèmes stériles

 

 

 

Commentaire n°13 posté par grégoire le 30/09/2010 à 17h20

 Gédel, Théodégé, les tristes clones du triste sire...

Pardon, j'le f'rai pu !

Thierry Fabre

 

PS Plus sérieusement, avez-vous remarqué qu'il s'agit là du premier rapport qui met en exergue la  faisabilité et la logique même de la création d'un corps spécifique de dirlos du 1° degré ?

Seule point avancé pour contrecarrer cela, la mise en place de la RGPP, RGPP qui est à la vocation sociale et citoyenne de la fonction publique ce que les PPRE sont aux progressions de nos élèves: un vague faux-semblant au mieux, un prétexte au pire ?

Commentaire n°14 posté par thierry fabre le 30/09/2010 à 17h23

D'accord avec toi Thierry: il y a dans ce texte la reconnaissance du métier de dirlo, une volonté de sortir des constats consternés pour proposer et proposer du concret, du faisable.

Je ne retire rien de mes remarques précédentes mais l'avancée est de taille et il serait mal venu de tout balancer parce que tout ne nous plait pas.

Alors oui, la discussion doit avoir sa place, les points que nous avons ciblé doivent être pris en compte mais il faut pousser vers l'avant , pas battre en retraite. L'implication des syndicats signataires va être déterminante dans un futur proche: soit ils poussent dans le bon sens soit...ils se rangent du côté du Snuipp mais alors cochon qui s'en dédit!

Commentaire n°15 posté par merlin le 30/09/2010 à 18h47

Un peu fatigué par nos rdv parisiens, mais juste pour dire que les regroupements, outre leur aspect expérimental, sont soumis à des critères démographiques et géographiques  autour d'un "projet éducatif" obligatoire...  

Pour le reste, je vous conseille de commencer par lire le rapport (le vrai). 

 

Théo, le statu quo est-il viable?

Si non, qui reprend l'idée du CMD? même pas les IEN FSU!

L'école n'est-elle pas déjà une usine à fabriquer de l'échec scolaire?  

Les premiers commentaires sur ce rapport soulignent sa densité, les observateurs prétendent même que Reiss n'a pas tenu compte des restrictions budgétaires (commandes ministérielles) pour proposer des solutions à la fois pragmatiques et innovantes. Qu'elles me réjouissent toutes, non, notamment celles autour de l'école du socle commun, ou les décharges partagées dont je ne vois pas très bien l'utilité (mais je suis fatigué, je relierai demain).

Des déçus? qui, les milliers d'élèves qui quittent l'école sans bagage? Mais toi, sais-tu seulement ce que c'est qu'un élève?

Qu'un enseignant soit détaché à la MGEN, à l'OCCE, au SNUipp... Normal, utile, super.Mais qu'il le soit dans le corps des chefs d'établissement, ça crée la division?

Tout ça pour ça?

Oui, et c'est énorme! Pour la première fois il est clairement dit que directeur d'école est un métier à par entière. C'est l'objet du GDiD!

Commence par lire et pendant que tu réciteras la prose que l'on t'aura dictée, nous on poursuivra avec sincérité notre travail d'analyse afin d'alimenter le débat.

Tu sais ce débat que toi et tes 2 copains essaient de pourrir...

Commentaire n°16 posté par Pierrot Lombard le 30/09/2010 à 23h02

"les observateurs prétendent même que Reiss n'a pas tenu compte des restrictions budgétaires (commandes ministérielles) pour proposer des solutions à la fois pragmatiques et innovantes".


Soit tu plaisantes, Pierrot, soit tu étais vraiment fatigué quand tu as écrit (c’est toi qui le dis). Tu crois que c’est pour rien qu’on retrouve un haut fonctionnaire du sérail pour aider Reiss à pondre son rapport ? Toutes les propositions sont cadrées pour faire des économies :

+ regroupement des petites écoles

+ transformation des dirlos de ces petites écoles en référent de site bénévoles

+ pas d’augmentation indiciaire mais seulement indemnitaire (pense à ta retraite)

+ pas de création de corps de dirlos


A propos de ce dernier point, Pierrot, tu as du pain sur la planche, tu dois revoir ta copie. Le projet de
Décret relatif au statut du corps des directeurs d'école du premier degré de ton association… il est caduc.

C’est pas pour dire, mais on t’avait prévenu. Même qu’on s’était pris une bordée d’insultes (comme souvent quand on veut discuter ici, hélas…), tu te rappelles ?


Et tu verras qu’il n’en sortira pas grand-chose de ce rapport. Ah si ! Peut-être quelques mesurettes pour faire encore plus d’économies… Et encore, pas certain.


Et j’aimerais bien savoir ce que tu penses de cette phrase (page 133) :


"Afin de donner plus de souplesse à l’organisation du temps scolaire, afin d’assurer le cas échéant des remplacements de courte durée, afin surtout de faire garder à l’intéressé le contact avec l’enseignement, il est suggéré que le directeur d'école soit tenu à une obligation d’enseignement."


Tu cautionnes ? Tu es d’accord ? Il m’étonnerait qu’il y ait beaucoup de collègues d’accord avec cette proposition.

Et tu dis que ça ne va pas dans le sens des restrictions budgétaires ? Soit tu défends bec et ongles le rapport, soit d’une es vraiment naïf. Un conseil, Pierrot, avant de défendre cette suggestion, consulte tes collègues…

Je ne suis pas sûr qu’ils soient dupes même si on leur dit que c’est pour garder le contact avec l’enseignement… Tu en connais beaucoup de collègues déchargés complètement qui veulent garder le contact avec l’enseignement ? Et surtout pour servir de bouche-trou à l’administration ? Ne mettons pas le doigt dans l’engrenage de ce machin à faire des économies. On nous en demanderait toujours plus.

Cette suggestion est un véritable scandale ! Et tu dis que ce rapport marque une reconnaissance du métier de directeur ? On n’en fait pas la même lecture, vois-tu…
Commentaire n°17 posté par Théo62 le 01/10/2010 à 16h51

Ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain disait ma grand-mère.

Il y a des choses que tu pointes qui effectivemment sont inacceptables pour beaucoup. Pouvoir venir faire classe ou animer un atelier ou accompagner un collègue dans le cadre du projet d'école me semble une bonne chose à condition que cela n'ait pas un caractère injonctif. Sinon exit les belles intentions on servira de remplaçant de luxe à moindre coût. Ligne rouge donc.

Dire qu'il n'y a pas de création de statut est vraie , mais en conclure qu'il n'y a pas de staut pour les dirlos est faux : il y a celui existant des principaux que l'on pourrait  intégrer . Même qu'il y a possibilité de refuser selon le texte.

Dire que les référents de site seront bénévoles est aussi une contre vérité : si il s'agit des anciens directeurs ils garderont leur indemnité jusqu'à un éventuel départ du site. Après ils pourront refuser de l'être ( et ils auront raison si c'est bénévole )

 

Je ne défends pas ce rapport mais l'idée que le manichéisme si prompt de certains est stérile. C'est une base de négociation nouvelle qui pose la bonne problématique  mais apporte des solutions à amender. Une fois pour toute il faut comprendre que nous différons sur le fond et la forme donc inutile de venir railler ici en s'appuyant sur tel ou tel point inacceptable.On ne croit plus au Père Noël alors le Père Reiss..

Petit pas par petit pas ... on y arrivera. N'en déplaise aux Cassandres.

 

Commentaire n°18 posté par Grégoire le 01/10/2010 à 17h34

Théo, ton post m'étonne un peu: tu en serais presque à regretter l'absence de création de corps de dirlos ? ton syndicat l'a toujours refusé ainsi que la reconnaissance financière qui irait avec. Réjouis-toi, Reiss et le Snuipp, si je te lis bien, même combat.

  Le dirlo bouche trou, homme ( ou femme) à tout faire dans l'école? C'est le fruit de votre travail de non reconnaissance de la fonction: l'équipe CDM machin qui fait tourner l'école, le dirlo instit comme les autres qui a du temps pour faire la classe, répondre au téléphone, et distribuer le courrier syndical qu'il a lui-même imprimé... c'est vous tout ça , ce projet vous ressemble, il doit vous mettre en joie. Plus de dirlo dans les petites structures mais un factotum! le pied intégral! ... des projets de noms bizarres comme " animateur d'équipe" , c'est bien ça ... ça fait pas hiérarchique mais un peu colonie de vacances, ça devrait te plaire.

 Alors soit tu as raison et tu dois battre des mains et le champagne est au frais à la section, soit tu ne penses pas ce que tu écris et ce rapport a en lui une certaine reconnaissance de la fonction ( même très imparfaite) et là ...; tu flippes!

Commentaire n°19 posté par merlin le 01/10/2010 à 19h01

Le rapport reconnait enfin qu'être directeur d'école est un vrai métier.

Les moyens ne sont pas autant au RDV que nous le voudrions, mais des avancées sont clairement mises en avant.

Plusieurs idées sont avancées, E2P, RS, Corps des personnels de direction.

D'autres sont à discuter: taille minimale, liaison collège, décharge partagée....

Mais surtout, le rapport est très pragmatique. Il explique bien qu'il n'y aura pas une solution, mais des solutions qui seront à étudier en fonction des situations.

Et avant toute chose, le rapport préconise de mener différentes expérimentation afin de pouvoir en tirer les conclusions positives et négative.

L'expérimentation est une bonne solution pour voir ce qui fonctionne ou non. Pourquoi ne pas essayer et ensuite adopter, amender ou rejeter ?

Commentaire n°20 posté par Samuel le 01/10/2010 à 19h49

"Le rapport reconnait enfin qu'être directeur d'école est un vrai métier."

Ben oui, et c'est bien ça qui gratouille Théo et les autres. D'ailleurs, ce n'est pas le premier constat dans ce sens, mais existe-t-il pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

Et si demain, comme certains principaux le souhaitent, nous sommes sous la coupe du collège, qui viendra pousser des cris de vierge effarouchée...?

Commentaire n°21 posté par Denis le 01/10/2010 à 20h03

En même temps, puisque les syndicats vont lâcher sur les retraites (une manif un samedi, puis une nouvelle journée de grève en milieu de semaine le 12 pour bien démotiver les troupes) en échange de l'augmentation de leur obole annuelle, le rapport Reiss va donner l'occasion à Théo, Gégé et tous les planqués qui n'ont pas mis les pieds dans une classe depuis des lustres de préparer les prochaines journées mensuelles de grève unitaire jusqu'à-satisfaction-de-toutes-les-revendications-au-moins-pendant-une journée...

 

J'adore quand Théo et consort conjuguent leurs verbes à la 1ère personne du pluriel : ça leur donne l'impression de vivre la même vie que nous, les dirlos komelézotres.

Commentaire n°22 posté par Lionel le 01/10/2010 à 20h24

Tu en connais beaucoup de collègues déchargés complètement qui veulent garder le contact avec l’enseignement ? 

Et juste pour faire plaisir à tes potes tu vas tous nous condamner? C'est dégueulasse. Moi décharge 25%. Toi comprendre?

Commentaire n°23 posté par françou le 01/10/2010 à 21h45

J'adore quand Théo et consort conjuguent leurs verbes à la 1ère personne du pluriel: ça leur donne l'impression de vivre la même vie que nous, les dirlos komelézotres.

 

Excellent, Lionel, tu m'as bien fait rire!

Commentaire n°24 posté par Pascal Oudot le 01/10/2010 à 23h37

C’est pas pour dire, mais on t’avait prévenu. Même qu’on s’était pris une bordée d’insultes (comme souvent quand on veut discuter ici, hélas…), tu te rappelles ? (sic )

Je me souviens m'être fait joyeusement allumé quand j'avais osé supposé que la création d'un statut passerait par la création d'établissement et entrainerait des suppressions de postes et de décharges.

Après le scandale des EVS , vive les référents de site !!!

Mais après tout, quelle importance, avec tout les contacts noués dans les hautes sphères, la voie royale sera ouverte ...pour quelques uns. La liste des prochaines nominations ,si le rapport est appliqué en tout ou partie, sera à observer avec attention.


Commentaire n°25 posté par Laurent Robart le 02/10/2010 à 06h57
CE RAPPORT MÉLANGE LE PIRE ET LE MEILLEUR : “Troisième hypothèse : intégration dans le corps des personnels de direction” MAIS AUSSI : "afin d’assurer le cas échéant des remplacements de courte durée, afin surtout de faire garder à l’intéressé le contact avec l’enseignement, il est suggéré que le directeur d'école soit tenu à une obligation d’enseignement." OU ENCORE : “la quotité de décharge serait à l’avenir plafonnée à, par exemple, 75 %” SANS OUBLIER : “il n’y aurait pas de directeur mais un « référent de site »” NOUS AVONS LÀ UNE BASE DE DISCUSSION À AMÉNAGER ET OUVRIR. SANS PLUS. JC RAMEY
Commentaire n°26 posté par RAMEY le 02/10/2010 à 09h20

Misérable ton angle d’attaque Laurent Robert. On sait déjà  qui seront les premiers sur les listes dont tu parles. Les mêmes que l’on a retrouvés sur celles des maîtres directeurs en 87.

Quant à te faire allumer… Je ne vois pas trop l’intérêt de jouer à la pucelle effarouchée. Après avoir imposé de lier le fonctionnement de l’école à la résolution des problèmes posés par la direction,ce à quoi le GDiD s’est toujours opposé, il est naturel d’avoir sur la table un statut d’établissement à côté de celui  du directeur.

Car contrairement à ce que prétend Théo, le statut spécifique y est bien envisagé:

 Le champ des possibles va de l’ajustement de l’existant à la création d’un corps nouveau de fonctionnaires.

Deuxième hypothèse : création d’un corps spécifique de la fonction publique. Concernant un ensemble de tâches clairement identifié et très homogène, pouvant s’appliquer à des dizaines de milliers de fonctionnaires, le métier de directeur d'école aurait pu justifier la création d’un corps. Beaucoup de corps de la fonction publique d’État comptent moins de fonctionnaires que la France ne compte ne directeurs d'école.

Eh oui, c’est possible ! Et ce, contrairement à tout ce que nous a dit le SNUipp depuis plus de 10 ans. C’était possible et sans toucher au statut de l’école. Qui manipule les autres, le GDiD ou le SNUipp ?

Si on continue la lecture, Reiss nous donne 2 raisons pour abandonner, aujourd'hui, cette piste. La première est recevable, la possibilité du retour au corps d’origine (PE), la seconde moins, la réduction du nombre de corps de fonctionnaire.

On peut y être opposé, mais indéniablement, cela laisse la place à la négociation. Parce qu’il est là l’intérêt de ce rapport, la possibilité enfin d’ouvrir des négociations sur du concret.

 L’argumentaire  du SNUipp ce n'est pas le rapport Théo.

Un argumentaire racoleur et populiste qui jamais ne fait appel à notre capacité d’analyser :

Qu’une part des économies possibles se traduise en une revalorisation indemnitaire des directeurs d'école irait dans le sens de l’intérêt général. Par ailleurs, quand on a vu l’écart des efforts financiers pour le premier et le second degré, on ne peut que penser que des redéploiements sont possibles.

Il est donc suggéré une nette revalorisation de la rémunération indemnitaire des

directeurs d'école.

 Augmentation des indemnités, donc rien sur la retraite ?

1- C’est faux depuis 2005 avec la RAFT (là encore il y a à négocier).

2- ce serait pour l’existant, avant les évolutions envisagée

3- si on se donne à peine de  lire un peu plus bas, dans les propositions de changement :

….Bénéficie d’une grille de rémunération et d’un régime indemnitaire spécifiques.

 

Les référents de sites.

D’abord, il n’y a aucune obligation de « regroupement », et les conditions pour le faire sont contraignantes :

• démographique,

Commentaire n°27 posté par Pierrot Lombard le 02/10/2010 à 11h39

commentaire coupé..

J'étais de toute façon un peu long.

En résumé. 

je défends ce rapport parce qu'il est le fruit d'une véritable écoute, et pas que du GDiD. Je défends ce rapport pour ce qu'il est, un rapport, et ce qu'il permet: des négociations sur du concret (diificile pour le MEN de nier ce qui est dans un rapport qu'il a lui-même commandé).

Face à des perspectives concrètes de reconnaissance de notre métier, la posture purement démagogique, au détriment de ceux que l'on prétend représenter, et l'énumération de mensonges me débectent... mais renforcent ma détermination.

Commentaire n°28 posté par Pierrot Lombard le 02/10/2010 à 12h53

dans le champs du possible, soit , mais il est aussi écrit :

Des cinq hypothèses envisagées, trois apparaissent comme devant être écartées ( c'est moi qui souligne )

Commentaire n°29 posté par Laurent Robart le 02/10/2010 à 13h03

1- comme nous le disons depuis 10 ans et pour les raisons que nous mettons en avant depuis 10 ans, le statut spécifique du dirlo est possible. Le SNUipp a toujours prétendu le contraire.

2- aujourd'hui le gvt diminue le nombre de corps dans la fonction publique, ce n'était pas le cas il y a 10 ans.

3- c'est la première fois que le statut est envisagé, présenté comme logique f ace au constat.... enfin.

4- "apparaître comme devant être..." ne veut pas dire "doivent être...". 

5- du moment où l'on désigne un public pour être directeur: des enseignants confirmés, la question de pouvoir retourner dans son corps d'origine se pose. C'est pourquoi il ne faut pas trop vite tourner le dos au "statut d'emploi" ou au détachement dans un autre corps".

C'est à étudier, comme le reste de ce rapport qui donne vraiment du grain à moudre, en s'attachant au contenu (ne pas partir des "résumés" SNUippiens)

Commentaire n°30 posté par Pierrot Lombard le 02/10/2010 à 17h55

Comme tous les rapports commandés par le MEN, celui-là n'a pas vocation à constituer, voire préfigurer, une quelconque loi ou un quelconque décret réformant la direction d'école. Ce sont des propositions qui, peut-être, serviront de base à... Mais à quoi au juste ? Là je suis plus dubitatif, à quelques jours d'un remaniement ministériel. On nous dit Chatel bien dans les petits papiers de la sarkozie pure et dure. Si c'est vrai, une promotion devrait l'attendre. Dans le cas contraire, il fera partie de la charrette. Bref, nous aurons un nouveau ministre. Que fera-t-il d'un rapport qu'il n'aura pas commandé ? Un classement vertical ? Une grande négociation pour avancer, enfin ? Beaucoup de questions sans réponses possibls dans l'immédiat. Il serait donc bon d'attendre et de voir, avant de s'emballer pour ou contre.

Il y a, pour revenir à Reiss, de bonnes choses dans son rapport, surtout du côté de l'analyse. Il y en a de moins bonnes dans certaines suggestions. Celle qui m'énerve quand même le plus, c'est la proposition incongrue de disparition de la décharge complète. Malgré tout le travail d'investigation qu'il a mené, j'ai bien peur que Reiss n'ait toujours pas bien cerné ce qu'est être directeur d'une grosse école (et je ne vous parle pas quand, en plus,  elle est en REP...). "Garder le contact avec l'enseignement" dit-il. Croit-il qu'un directeur en décharge complète est enfermé à longueur de journée dans son bureau comme dans une tour d'ivoire ? Qu'il ne sait plus rien de la pédagogie ? Qu'il ne peut donc plus piloter pédagogiquement son école ? Où a-t-il été cherché cela ? Quels directeurs a-t-il rencontrés pour écrire de telles âneries qui discréditent les propositions les plus intéressantes de son rapport et donnent du grain à moudre aux Théo, Gégé et consorts ?

Non, le diecteur n'est pas un enseignant comme les autres. Non, dans un grand nombre d'écoles, il n'a pas vocation à faire classe tout le temps, et dans certaines écoles, à partir de 9 à 10 classes selon mon avis et par expérience, il a bien plus urgent à faire que de faire classe. Voilà, la réalité.

Je sais qu'un certain nombre de collègues portent une responsabilité dans ce genre de proposition : certains, et ils sont légitimes à le vouloir, veulent garder un temps devant classe. Mais de là à penser, comme le fait Reiss, qu'AUCUNE école, quelque soit sa taille, ne justifie un directeur à temps plein, c'est bien mal connaître la problématique que posent les écoles de France, aussi diverses que nombreuses...

Proposition à combattre, donc, absolument.

Commentaire n°31 posté par denis08 le 02/10/2010 à 21h57

Je me goure peut-être, mais les multiples références au détachement et au retour au corps d'origine m'inquiètent fortement.

Ca a un petit côté siège éjectable...

Commentaire n°32 posté par Laurent Robart le 02/10/2010 à 22h04

Denis08 et Laurent, vous êtes suffisamment avertis pour savoir qui donne des verges pour se faire battre...
"Je sais qu'un certain nombre de collègues portent une responsabilité dans ce genre de proposition : certains, et ils sont légitimes à le vouloir, veulent garder un temps devant classe. Mais de là à penser, comme le fait Reiss, qu'AUCUNE école, quelque soit sa taille, ne justifie un directeur à temps plein, c'est bien mal connaître la problématique que posent les écoles de France, aussi diverses que nombreuses..."

"Je me goure peut-être, mais les multiples références au détachement et au retour au corps d'origine m'inquiètent fortement.
Ca a un petit côté siège éjectable..."

On a souvent lu ces arguments ici même. Pierrot Lombard a toujours défendu la thèse selon laquelle il fallait pouvoir revenir dans son corps d'origine de la même façon qu'il a toujours soutenu que le dirlo devait garder le contact avec la classe. Voilà le résultat !
Comme il n'y aura pas de corps, le retour sera aisé et puisqu'il faut un contact avec la classe, le dirlo assurera les remplacements. Autant de postes de remplaçants qu'on pourra économiser. CQFD. 

 

 

Commentaire n°33 posté par Jean-Louis le 03/10/2010 à 00h28

Le problème de la caricature et du raccourci, Jean-Louis, c'est que tous deux sont...caricaturaux en diable et font passer (insidieusement ?) un bon petit message ! Bon fallait bien trouver, sur ce point-là, un ou des coupables...ce qui a toujours pour bel effet de détourner l'attention de pas mal de choses !

Le Rapport Reiss, sur l'idée du partage de la décharge, est quand même d'une grande prudence (je précise que je suis tout à fait opposé à ce dispositif et pense qu'effectivement, un dirlo'doit l'être à 100% dès que la taille de son établissement est importante) :

"C'est pourquoi il est suggéré que la décharge d'enseignement, dans une école, puisse être partagée. Le directeur ne serait plus forcément le seul fonctionnaire à être totalement ou partiellement déchargé. Il pourrait donc partager cette décharge, après avis du Conseil des Maîtres. (...) Pour finir sur ce point, est-il vraiment besoin de souligner que de telles perspectives ne sont envisageables que dans des écoles qui ont, encore une fois, atteint une taille critique ?" (p. 123)

Est-il besoin de crier haro sur le baudet sur ce point ? il y a encore loin de la coupe aux lèvres...

Commentaire n°34 posté par henri le 03/10/2010 à 11h11

On a souvent lu ces arguments ici même. Pierrot Lombard a toujours défendu la thèse selon laquelle il fallait pouvoir revenir dans son corps d'origine de la même façon qu'il a toujours soutenu que le dirlo devait garder le contact avec la classe. 

C'est faux Jean-Louis. À quoi ça sert d'appuyer ses arguments sur des mensonges.

Pour ma part j'ai très vite compris que directeur était un métier à part entière. Le faire reconnaître c'est le but du GDiD. Imposer, jusqu'à la caricature, le fait que le directeur est un enseignant comme les autres c'est le fait du SNUipp.

Si on nous avait suivi plus tôt on n'en serait pas là.

Par contre, et nous assumons, nous exigeons que le directeur d'école soit un enseignant. Il doit donc être recruté dans le corps des enseignants, contrairement à ce qui se fait dans le secondaire.

Ce qui implique, presque naturellement, la possibilité d'un retour dans le corps d'origine, et c'est d'ailleurs une demande plutôt récurante (pas par moi, j'ai 55 ans!).

La diversité des écoles a trop longtemps servi de frein aux conservateurs de tous poils. Mise en avant quand il s'agit d'une solution globale, cachée dans sa poche quand il s'agit de partager de "l'avoir":

> les directeurs totalement déchargés sont exemptés des 60h A.P, les directeurs des petites écoles doivent les faire dans leur totalité.

Tout comme l'hypocrisie à ne vouloir jamais parler de la situation des directeurs parisiens quand on cherche des solutions...

Hypocrite encore de parler de futur "siège éjectable". Comme si celui dans lequel on nous a installé ne l'était pas. Demandez aux 10zaines de dirlettes et de dirlos chaque année éjectées... Et sans autre parachute qu'une simple information en CAPD, puisque nous occupons une fonction et sommes nommés par l'IA.

Ce rapport explique pourquoi il faut sortir de cette situation et comment le faire.

Voilà le résultat?

Ben oui, voilà le résultat. Un rapport complet qui fait un tour réaliste de la question à partir d'un travail au plus près du terrain.

Un rapport qui "propose" des pistes toutes aussi réalistes que le constat qu'il pose.

Même si ces pistes ne sont pas toutes à suivre...

Un rapport installé dans le réel, donc insupportable pour les apparatchiks qui ont besoin de rester dans les fantasmes afin de capitaliser sur les craintes, les rancoeurs.

Un rapport qui n'est qu'un rapport.

L'initiative est au GVT. Et là, méfi!

La plupart des joyeusetés Darcos étaient dans le rapport Thélot. Sauf que piochées au hasard et imposées au galop, on y a perdu la cohérence pour ne garder qu'un empilement de mesures.

Ici, le danger est de même nature. À force de sortir du contexte des phrases qui ne servent que des à priori, on ne crée pas de rapport de force autour de propositions et on permet au GVT de choisir ce qui lui conviendra (en anticipant aisément sur les réactions stéréotypées de chacun...).

Le SE, le SGEN, avenir école la CFCtc éducation nationale et le GDiD se verront pour confronter leur analyse avant de rencontrer le (futur?) ministre.

 

Commentaire n°35 posté par Pierrot Lombard le 03/10/2010 à 11h40

"

Le problème posé aux directeurs dans leur activité quotidienne peut se transcrire sous la forme d’une opération mathématique simple :

 

n * t = T où « n » est le nombre de tâches à effectuer, « t » le temps moyen pour effectuer une tâche, en minutes par exemple, « T » le temps de travail total disponible.

Par convention, on suppose l’absence de déséquilibre initial, que le « T » de départ est exactement égal au temps de travail légal d’un directeur d'école.

On comprend bien, dès lors, les conséquences de l’augmentation du nombre de tâches confiées au directeur. Soit s le nombre de tâches supplémentaires : (n + s) * t = T + s*t

Le directeur n’a plus le temps d’accomplir tout son travail. Il lui manque un temps égal à s * t.

 

1 Le retour à l’équilibre est possible dans chacune des deux hypothèses suivantes : En compensation de la hausse du nombre de tâches, leur réduction équivalente par ailleurs : (n + s - s) * t = T

 

2 Réduction du temps moyen par tâche : (n + s) * t * [n / (n + s)] = T ou à défaut, en accordant du temps de travail supplémentaire (renforcement en personnel).

 

Ces équations modélisent les pistes possibles pour l’amélioration de l’efficacité du travail du directeur, respectivement contenir ou diminuer le nombre de tâches qui lui sont confiées, améliorer l’efficience de son travail et accroître les ressources disponibles pour l’effectuer. On peut élargir la problématique à l’activité de l’école dans son ensemble. "

  

 

avec T, t, n et s indéfinies..  

 

pour la tâche n" qui serait de rentrer un élève dans BE... si "t" est marqué par mes chefs a 1 minute par enfant... Je veux

-1 Ne pas être connecté avec Alice

-2 n'avoir que des enfants avec des noms et des prénoms de moins de 6 lettres.

-3 que des familles non divorcées

-4 que des nouveaux qui ont déjà un frère ou une souer dans l'école.

 

je gagnerai du temps sur mon ratio  txn1 qui me donnera plus de temps pour la tâche suivante (txn2) sans risquer de dépasser T

 

Au fait est ce que le café entre dans la gamme "s"??

che

Commentaire n°36 posté par che le 03/10/2010 à 15h25

"L’évolution du pilotage est indispensable pour desserrer l’étreinte qui pèse sur les écoles en général et leurs directeurs en particulier. Dans cette perspective, le ministère a conclu en 2007 une « Charte des pratiques de pilotage » des EPLE, fondée sur quatre principes : recentrer l’EPLE sur ses missions d’enseignement et d’éducation, simplifier et sécuriser le fonctionnement administratif de l’EPLE, constituer progressivement de véritables pôles administratifs opérationnels dans les EPLE, contribuer à la qualité des relations de l’EPLE avec la collectivité de rattachement et avec son environnement. Tous les quatre sont pertinents pour le fonctionnement des écoles. La Charte des pratiques de pilotage des EPLE pourrait donc inspirer une démarche similaire en faveur des écoles."

 C'est vraiment une perle ce rapport ! Ca détend  Ca me rappelle la chartre de bonne conduite des banques, des agences de notation.. On vient de recevoir, ici," une chartre du travail personnel", pour les devoirs des enfants (qui d'ailleurs n'existent pas)..

On créé une commission qui rend des bilans d'étape avant de rédiger Une Chartre...  Si pour nous, il faut voir comment faire pour que n x t + s  arrivent à rentrer dans T.  Pour d'autres, on serait plutot dans  " comment trouver un "n" auquel je pourrais associer un "t" pour justifier qu'on me paye mon T   

che

Commentaire n°37 posté par che le 03/10/2010 à 15h39

 Pour rester dans la logique des formules mathématiques :

Le problème posé aux directeurs dans leur activité quotidienne peut se transcrire sous la forme d’une opération mathématique simple :

 n x t = T

C’est bien la formule qu’utilise le MEN et celle sur laquelle les principaux syndicats s’appuient pour demander plus de moyens, mais en partant du principe que D=E.  représentant la direction et E un PE dans sa classe.

La direction d’une école est un ensemble de tâches que E peut effectuer si je donne un peu de t à E.

Donc, quand D=E, n x t=T.

Mais ça coince partout, même quand le directeur est totalement déchargé…

Pourtant, rien à redire sur la formule de Che : n x t=T.

Il faut donc remonter un cran au dessus :

D=E ?

ben non :

• D=d ou D représente toujours la direction mais d un directeur et d≠E…

À partir de là, on définit les tâches d’une direction d’école que l’on va confier à un directeur…

La saisie informatique n’en fait pas partie.


Commentaire n°38 posté par Pierrot Lombard le 03/10/2010 à 16h08

"Pourtant, rien à redire sur la formule de Che : n x t=T"

Et encore... Il faut prendre en compte les variables en maths

Exemple, si je téléphone en même temps que je lis les mel de l'IEN tout en écoutant mon collègu qui se plaint de tel parent.. ce que l'on fait chaque jour j'obtiens donc n1+n2+n3 =n  puisque ce n'est qu'1 t ce qui est rentable pour l'employeur, mais stupide du point de vue du grouillot.

Donc, j'ai intérêt à découper n en sous tâches associées d'un t pour chacune..

et c'est là qu'une nouvelle variable entre en jeu... A, important par les temps qui courent.. A pour âge..

Moi, Vd (vieux dirlo) décroche le téléphone moins vite qu'un Jd.. Comme d'ailleurs courent moins vite ouvrir la porte au livreur.. mon temps "t" doit donc être assorti d'un coefficient A qui est validé par le fait qu'on veut pas que je m'en aille trop tôt..

le T d'un Jd frais n'est donc pas le même que celui d'un Vd déjà avancé..

Qu'est ce c'est c.. les formules..

che

Commentaire n°39 posté par che le 03/10/2010 à 16h52

Pourquoi pas un mot de ce rapport dans les medias?

Commentaire n°40 posté par françou le 03/10/2010 à 17h29

Saint Etienne est en tête du Championnat de foot, Johnny est pas content, y'a des belles voitures Porte de Versailles... C'est pas l'époque des marronniers pour la presse.. On parlera d'école dans un moment.. pour le poids des cartables, pour les rythmes scolaires aux vacances et peut-être, si vraiment il ne se passe rien dans secret story, pour les devoirs qui fatiguent les petits..

che

Commentaire n°41 posté par che le 03/10/2010 à 18h04

Qui dispose d'un budget com: Reiss, le gdid ou... nos syndicats?

Commentaire n°42 posté par françou le 03/10/2010 à 18h16

"Je défends ce rapport pour ce qu'il est, un rapport, et ce qu'il permet: des négociations sur du concret (diificile pour le MEN de nier ce qui est dans un rapport qu'il a lui-même commandé). " Pierrot Lombard com 28

M'enfin, voyons, Pierrot, ça n'est jamais arrivé que le gouvernement mette au placard un rapport qui vient de lui être remis ? Mais c'est le cas de la majorité des rapports et à part ceux de la Cour des Comptes, la plupart des rapports sont commandés par le gouvernement.
Et c'est pareil à l'Education Nationale. T'as oublié le Rapport Pochard ? Commandé par Darcos pour "réfléchir à la modernisation du métier d'enseignant", il a demandé un boulot énorme à une commission de 12 membres. Et alors ? Qu'est-il devenu ? Il est passé aux oubliettes comme bon nombre de rapports avant lui.

J'aime bien les commentaires de Che avec les formules mathématiques sur le temps de travail des dirlos. Che s'en amuse et nous amuse... Très bien. Mais peut-on penser un instant que ce raisonnement vienne du Député Reiss ? Il provient de celui qui l'a "aidé" à pondre ce pavé : un haut fonctionnaire du MEN chargé d'orienter les réflexions du député vers un maximum d'économies budgétaires. Oh ! ça n'a pas dû être un travail difficile de convaincre un parlementaire UMP de se couler dans l'idéologie sarkozyste de réduction des moyens alloués à l'école... C'est quand même ça la première chose qui découle de ce rapport. Le constat, on est tous d'accord pour approuver. Mais ça ne coûte pas un sou de le dire. Les actions positives, c'est autre chose. On les cherche, on les attend.
Décharges partagées... une vaste blague. On se sert du prétexte que que "les" dirlos veulent garder un contact avec l'enseignement pour leur demander d'assurer les remplacements des maîtres absents... Super !!!! 

Un dirlo verra sa décharge passer à 75 %. Son boulot restera à 100 %, bien sûr. Ses responsabilités aussi. Il suffira qu'il ait à remplacer un^de ses adjoints absents. Ce remplacement comptera dans le partage de décharge ? L'adjoint "partageur" acceptera de redonner ses 25 % au dirlo ayant effectué un remplacement ? Sinon ou si le remplacement dure plus de 25 %, le dirlo sera déchargé à 50 %, à 25 % ou plus du tout ?
On voit bien l'absurdité totale d'une telle proposition. Ce qui me met en rage c'est de savoir que ça part de la volonté de collègues souhaitant conserver un temps d'enseignement. Mais, qu'ils ne demandent pas une direction, alors !! Puisque même Reiss nous dit que c'est un métier et non une fonction. Faut savoir ce que l'on veut !
Il y a des propos dangereux à tenir. Celui-là en est un.

Commentaire n°43 posté par Jean-Louis le 03/10/2010 à 18h52

Mais d'accord avec toi Jean-Louis. (sauf sur les rapports, ça revient toujours sous une forme ou une autre.).

Sur ces 75% / 25%, Reiss nous en a parlé lors de notre dernière audition, le 6 juillet. Le GDiD lui a confirmé son opposition. Nous avons défendu l'idée, pour les 1/4 et les demi décharges, un temps de présence devant les élèves qui ne soit pas obligatoirement lié à la classe. 

Et se focaliser sur ce paragraphe (alors que pour le coup il y a vraiment loin de la coupe aux lèvres, comme on l'a déjà dit) et révélateur que la solution ne passe pas uniquement par de l'avoir (dans ce cas pourquoi ne pas partager) mais bien par l'être...

Quant au refrain sur les restrictions, ok. Et après.

Là on a les manifs et bientôt les perspectives d'une alternance. Pour les dirlos on attend?

Et puis, le budget du MEN aurait permis 100 fois de nous donner satisfaction sur le salaire ou les décharges. On a eu?

Ben, non!

Alors on fait quoi? On reste dans le pas de 2 ou on se met ensemble pour proposer?

Commentaire n°44 posté par Pierrot Lombard le 03/10/2010 à 19h16

Lorsque tu entres dans une négociation tu as intérêt à placer le curseur bas car tu sais qu'il te faudra lâcher un peu et le faire remonter ( sinon ce n'est pas une négociation ).
Cette histoire de 75 % est une foutaise mais surtout un épouvantail qui fonctionne bien. Il suffira de revenir à l'existant sans rien ajouter d'autre et hop le tour est joué, en face ils auront l'impression d'avoir sauvé les meubles. Principe de la question ouverte ou fermée ( veux tu un dessert ou veux-tu une poire ou du fromage ? ). Donc je ne pense pas que cela soit un élément déterminant du débat. D'autant qu'on imagine très mal un directeur de 15 classes ( because les regroupements ) avoir le temps de faire 25% devant des élèves. C'est antinomique avec tout le reste. Je pense que Reiss a voulu donner des gages non pas aux directeurs qui le demandaient ( dans le cadre du projet d'école pour la plupart et sans caractère injonctif ) mais davantage aux tenants du "pair parmi les pairs " et du fonctionnement type CMD si cher à certains ( suivez mon regard )

Encore une fois il faut négocier discuter amender. Ma grande peur est qu'une fois de plus en surfant sur les imperfections, les excès ou provocations ( chacun son vocabulaire ) et  les pièges de ce rapport le SNUIPP ( et oui désolé c'est souvent lui qui bute ) fédére le mécontentement et alimente la propagande pour ne conduire une fois de plus à un immobilisme mortel pour nous. Autour de moi c'est l'hécatombe chez les collègues directeurs, ça craque de partout et le plus dur est devant nous : 16 000 postes en moins donc des classes surchargées ou non ouvertes ( on a atteint l'os ), sans compter les jeunes collègues non formés et les bulletions de compétences l'AP, le projet d'école 2011/2015 l'accueil des élèves handicapés à gérer le tout sans EVS sans la totalité des heures d'AVS pour cause de pénurie ...

Dire non à tout conduit au suicide collectif des dirlos. Ca c'est une certitude.

Commentaire n°45 posté par Grégoire le 03/10/2010 à 19h25

Que veux tu... Au bout du banc, ne reste qu'à essayer l'humour.. Le rapport Reiss... Pour moi une honte..

Il parle de "métier" et on trouve cela bien? Mais Tous, de l'ANPE à l'Onisep en passant par les parents ont toujours appelé cela un métier.  Et ca change quoi pour nous? Reiss dit qu'on fait un métier. Ben voyons.. Ca ne mange pas de pain. C'est même pas original..

A t il écrit que parce que c'était un métier, il fallait le définir par un statut.. Non bien au contraire..

En clair, on se fait "enfler", comme d'hab et on est content parce qu'il a dit "métier"..

Tout est à jeter dans son rapport. Et j'espère qu'il fera comme les autres rapports.. qu'il dormira au fond d'un tiroir, car ses "ouvertures" sont pires que l'existant.. Et nous.. ou on s'en va.. ou on rigole.. de s'être fait balader

che

Commentaire n°46 posté par che le 03/10/2010 à 19h28

Ce qui me met en rage c'est de savoir que ça part de la volonté de collègues souhaitant conserver un temps d'enseignement.

Non. Ca part du constat donné à l'avant denier paragraphe de la page 51 du rapport.

Pour ma part , je m'en tape de vos préoccupations de déchargés complet. Vous essayez de les assortir de grandes considérations ou vous êtes plus honnêtes (malgré vous) en nous faisant comprendre que les-gamins-y-en-a-ras-le-bol. Je sais, j'ai les mêmes collègues et les mêmes conversations dans la salle des maîtres. Je ne juge pas. Mais je ne vous laisserai pas écraser la cause des 25%. Je viens d'apprendre par ce rapport que nous sommes la majorité. Désolée mais c'est pour nous qu'il est urgent de trouver des solutions.

Prétendre à l'enterrement de ce rapport parceque vous sortez deux à trois paragraphes sur deux cents pages est un mépris affiché pour la cause des 25%.

Avec les élections cette semaine je ne vais pas rentrer un soir avant 20h, une bonne partie de mon mercredi va y passer.

Oui je te suis entièrement d'accord sur le fait que directeur est un métier à part entière , mais stp lis bien ce rapport, il dit la même chose bon dieu!! On nous tend des perches énormes en écrivant page131 , souligné, le champ des possibles va de l'ajustement de l'existant à la création d'un corps nouveau de fonctionnaires. Bien sûr il y a la suite. Et alors? Il me semble qu'il fait tout pour qu'on défende la fameuse 2eme hypothèse, même si ,UMP, il ne peut pas le dire comme ça évidemment.Création d'un corps spécifique. La première critique est idiote et il le sait bien: pas d'aller retour! Comme tu dis: faut savoir ce qu'on veut! Quant à la deuxième, il nous donne lui-même l'argument pour la combattre: il existe des corps moins nombreux que ce que sera(it) le nôtre.

Si notre volonté est commune, le statut , le corps est à notre portée.

Commentaire n°47 posté par françou le 03/10/2010 à 19h32

c'est marrant comme on lit pas la même chose

Des cinq hypothèses envisagées, trois apparaissent comme devant être écartées, alors que les deux dernières présentent des intérêts très comparables.

et le statut fait partie de ces 3

che

Commentaire n°48 posté par che le 03/10/2010 à 19h44

Il me semble que tu fais une grossière erreur d'analyse, Françou. Et je le dis sans le moindre mépris.
"le champ des possibles va de l'ajustement de l'existant à la création d'un corps nouveau de fonctionnaires"
Bien sûr qu'intellectuellement, techniquement, moralement... la création d'un corps de dirlos est possible. Tout comme rien n'empêche d'augmenter les dirlos demain matin si l'on a la volonté de le faire, tout comme on peut laisser les mères de 3 enfants conserver le bénéfice de leur retraire avantageuse... Oui, techniquement, tout est faisable. Seulement, Reiss le dit lui-même, autant abandonner l'idée que ça se fasse. Pour des raisons politiques (j'allais dire budgétaires). Et il n'y aura pas d'exception pour les dirlos. Reiss le sait bien et je le trouve honnête de le dire.

Toujours sans le moindre mépris, Françou, permets-moi de de te dire que je perçois une confusion dans ce que tu appelles le 25 %.
N'imagine pas que le partage 75 / 25 % donnera plus à ceux qui ont moins. Ce n'est pas un système de vases communicants où on retire 25 % aux décharges complètes pour les donner aux dirlos qui n'ont qu'un quart. Non, pas du tout. On retire à ceux qui ont "trop" pour trouver un prétexte de leur faire assurer les remplacements de maîtres absents. Le pipeau, c'est de dire qu'ainsi on les laisse en contact avec l'enseignement... Elle est pas belle celle-là ?
Moi, je ne suis pas loin de penser, comme Che, qu'il n'y a pas grand-chose de bon dans ce rapport.

Commentaire n°49 posté par Jean-Louis le 03/10/2010 à 19h52

Cinquième hypothèse : détachement dans le corps des personnels de direction. Cette solution présente les mêmes avantages que la quatrième, avec cet intérêt supplémentaire pour le fonctionnaire de se voir proposer au bout de cinq ans, comme la loi désormais l’exige, une intégration dans le corps où il est détaché ; proposition qu’il peut évidemment refuser.

OK c'est pas un statut spécifique mais au regard de notre histoire c'est  quand même une sacrée avancée. Nous en sommes à nous chamailler non pas sur l'obtention d'un statut mais de la forme qu'il devrait avoir : celui du personnel de direction ( je prends bien volontiers d'autant que cela m'éviterait de préparer le concours l'an prochain ) .

Commentaire n°50 posté par Grégoire le 03/10/2010 à 19h53

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