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Le statut de directeur d'école dans les projets

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 11:38

Le Congrès du SE-UNSA, réuni à Brest du 17 au 19 mars, a adopté le rapport d'activité à plus de 92%. Le syndicat avait choisi « Imaginons demain » comme slogan en vue de l’élaboration de son projet pour les quatre années à venir.

Comme prévu, parmi les thèmes abordés, figurait l’évolution de l’école en un possible « Etablissement public d’enseignement du premier degré (EPEP) ». Hasard de calendrier, le jour-même de l’ouverture du congrès syndical, le 17 mars, le député Frédéric REISS se voyait confier, par le Premier Ministre, une mission temporaire de six mois intitulée « Les directeurs d'écoles et le statut des écoles maternelles et élémentaires ».

Le thème des EPEP a été examiné en commission puis en séance plénière lors du Congrès de Brest. Il a donné lieu, comme il fallait s’y attendre, à de vifs débats entre partisans de l’évolution du statut de l’école et ceux qui redoutent de voir l’école primaire ressembler à un établissement du second degré, type collège.

Comme au SNUipp, les opposants au statut d’EPEP craignent l’émergence d’une « tutelle hiérarchique » que résume ainsi Joël Péhau, Secrétaire national, chargé de la formation : « Beaucoup de nos collègues craignent de se voir imposer un supérieur hiérarchique, alors que le directeur d’école aujourd’hui n’en est pas un ».

 

Les débats sont ouverts et chacun peut s’exprimer librement. Les opposants font part de leurs interrogations et de leurs craintes.

« On en a discuté en section locale. En quoi l’établissement public va améliorer le fonctionnement de l’école ? Nous n’avons pas trouvé de réponse. Les collègues du second degré nous ont présenté les mauvais côtés. Exemple: même si on est élu au CA, on n’a pas beaucoup d’action sur le budget. Inversement les chefs d’établissement peuvent recruter des vacataires, profiler des postes, veut-on la même chose pour le premier degré ? » interroge un délégué des sections du Gard, de la Savoie et de la Haute-Savoie.

« Si on instaure un statut des directeurs d’école, cela implique la création d’un concours, interne et externe, et donc la possibilité de recruter des cadres hors Éducation nationale », analyse un représentant de l’Aude.

Christian Chevalier, Secrétaire Général, se veut rassurant : « S’il y a une direction, c’est forcément un enseignant, culturellement, c’est obligatoire ». Et de rappeler la nécessité de poser des « garde-fous », à commencer par le refus des projets d’Epep menés sous Gilles de Robien et Xavier Darcos.

Le SE-Unsa pose ses exigences et parmi celles-ci « la possibilité de revenir à une structure antérieure » et « l’impossibilité pour le directeur d’école d’être un supérieur hiérarchique », soit-il enseignant. « C’est un rempart important pour le SE et pour la profession, qui répond à une crainte épidermique des enseignants du premier degré de perdre leur indépendance », même s’il faut réfléchir à la « direction d’école ». « Elle est en crise. Les enseignants s’investissent de moins en moins pour contribuer au fonctionnement de l’école. Les directeurs ont de plus en plus de travail et de moins en moins de temps. »

Autre exigence posée par Christian Chevalier : l’établissement public doit « rester à taille humaine » et tenir compte des spécificités locales : « Il n’y a pas de solution univoque. On ne peut pas proposer la même chose pour une école à deux classes que pour une à 25. »

 

Les témoignages affluent, comme celui d’un représentant d’Indre-et-Loire  « J’ai dans mon département pas mal de collègues qui passent aujourd’hui l’agrément de direction pour être prêts le jour où les Epep se mettront en place et avoir des écoles à quatorze classes totalement déchargées »

 

Les résistances continuent de se faire entendre. Certains délégués regrettent que le débat n’ait pas, d’abord, été porté dans chaque section avant d’aborder le Congrès et souhaiteraient une « consultation de la base ».

« On ne sait pas comment notre positionnement sera perçu par les adhérents », déclare un représentant de la Vendée, évoquant un « danger pour la profession » et « pour la représentativité ». Pour certains représentants, « il faut qu’une vraie concertation ait lieu. Il faut qu’elle soit le plus large possible ». D’autres encore disent leur inquiétude : « la situation n’est pas mûre, nous n’avons pas assez discuté avec les collèges. Dans ma section, nous avons débattu des EPEP trois quarts d’heures, ce sera très dur d’expliciter cette prise de position lundi ».

Réponse de Joël Péhau : « Je comprends que les sections aient pu être déçues, que les débats n’aient peut-être pas été organisés au niveau local car c’est difficile, mais lors de la journée des militants c’est un sujet que nous avons identifié dès le début comme important. Nous avons joué le jeu du débat ».

Christian Chevalier invite le congrès à « faire un choix responsable ». « Ce sont des débats compliqués parce qu’ils ont des conséquences à la fois sur le syndicat mais aussi sur la profession. Si dès lundi j’ai un mail de Frédéric Reiss qui demande à nous rencontrer, on fait quoi ? Soit on ne lui dit rien, soit on arrive avec quelque chose en main ».

 

Dix sections départementales (sur 134) demandent que soit gommée du projet syndical toute référence explicite à « l’établissement public ». Après de longs débats, cette proposition est rejetée « par 80 % des délégués du congrès ».

 

« Nous avons eu ce débat de manière parcellaire mais je souhaite sortir de ce congrès avec quelques éléments tangibles afin de tracer des lignes jaunes à ne pas franchir. Ce débat ne sera pas clos dans cette salle. Il continuera via une consultation, qu’il faudra déterminer, et dans le conseil national du mois de mai et du mois de septembre. En mai, il ne sera pas trop tard, Frédéric Reiss doit rendre un rapport d’étape en juin », pousuit le secrétaire général.

 « Nous irons discuter avec le ministère sans a priori, puis nous montrerons le projet au conseil national, pour voir ce qui amendable, négociable, ou détestable, selon le texte », conclut Claire Krepper.

 

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