Jeudi 17 juin 2010
4
17
/06
/Juin
/2010
12:00
Le SNUipp est actuellement réuni à Brives où se tient son 8ème congrès du 14 au 18
juin. Réflexions et débats sont au menu de ces quatre jours durant lesquels 450 congressistes venus de tous les départements de métropole et d’Outremer vont dessiner les contours d’une
école réamorçant la réussite de tous les élèves.
Gilles
Moindrot, secrétaire général du syndicat depuis six ans, quitte ses fonctions à cinquante-quatre ans. Sébastien Sihr, quarante ans, professeur des écoles dans la Nièvre,
actuellement secrétaire national responsable de la revue du syndicat, devrait en principe lui succéder.
Trois thèmes majeurs figurent à l’ordre du jour des participants :
- Quels nouveaux fonctionnements inventer pour mieux faire réussir les élèves ?
- Quelles mesures pour améliorer les carrières ?
- Quel syndicalisme promouvoir pour agir aussi sur d’autres terrains que l’école ?
Le 28 mai dernier, dans un article intitulé « Direction d’école : tour d’horizon », nous avions publié
la motion soutenant l’un des thèmes abordé lors de ce congrès : « la direction et le fonctionnement de l’école ». Nous écrivions ceci :
Le
SNUipp
tiendra
son 8ème Congrès
national
du 14 au 18 juin 2010 à Brive.
Ce sera
l’occasion, pour ce syndicat, d’élaborer les « mandats » à porter dans la période à venir.
Parmi les
trois thèmes retenus, une réflexion sur concerne « la
direction et le fonctionnement de l’école ». Le SNUipp affirme tout de go
que le statut quo n’est plus possible.
Thème I -
Pour que tous les élèves réussissent : défendre et transformer l'école et son fonctionnement
Direction
et fonctionnement de l'école : ré-ouvrir
le
dossier
Direction
d'école : dépasser le statu quo
a-
Ces
dernières années ont été marquées par une forte augmentation de la charge de travail qui pèse sur les équipes et particulièrement sur les directrices et directeurs d’école. L'avalanche de tâches
liées à la gestion de l’école et à la mise en place des réformes en cours devient insupportable.
b-
Le projet
du Ministère est de faire du directeur un maillon essentiel, y compris au plan hiérarchique, de la mise en place des politiques éducatives, « un relais des inspecteurs au sein de l’école sur
les questions d’organisation et d’administration » comme l’écrit l’IGEN. Il minore ainsi le rôle du conseil des maîtres au profit d’exigences
institutionnelles toujours plus pressantes.
c-
Après 6
ans de grève administrative, le ministère a du accorder quelques mesures (décharges des écoles de 4 classes, mesures indiciaires, EVS) qui restent insuffisantes. Pour le SNUipp, la question de la
direction et du fonctionnement de l’école est loin d’être réglée. Le statu quo n’est plus possible. Le ministère doit ré-ouvrir le dossier. Le SNUipp demande des améliorations significatives :
temps supplémentaire de décharge, aide pérenne à la direction par la création d’emplois statutaires, remise à plat des missions et responsabilités, formation, reconnaissance financière. Le rôle
du conseil des maîtres doit être reconnu et renforcé et le temps de concertation développé.
d-
Le SNUipp
refuse les nominations sur postes à profils et dénonce l'accumulation de tâches administratives qui alourdissent sans cesse la charge de travail des directeurs d'écoles.
e-
Quelles
propositions?
f-
Quelles
modalités d’action?
EPEP
a-
Le SNUipp
rejette tout projet qui diviserait la profession en conférant au directeur un statut et un rôle hiérarchique. Or le ministère prévoit la création des établissements publics d'enseignement
primaire (EPEP) qui, dans son projet actuel, romprait l'équilibre avec les collectivités territoriales, sans apporter de réponses aux inégalités territoriales.
b-
Le SNUipp
reste particulièrement vigilant et poursuivra la campagne en direction des élus et des enseignants contre ce projet. Il réaffirme son opposition à tout statut des écoles qui mettrait ces
dernières sous la tutelle des collectivités locales. Les questions de financement, l'évolution structurelle et pédagogique doivent être débattues
dans un cadre favorisant l'égalité de tous et un fonctionnement plus démocratique et plus collectif au sein des équipes.
Pour alimenter débats et réflexions, le SNUipp s’appuie sur deux
enquêtes.
La première réalisée sur le thème de « la direction et du fonctionnement de
l’école ». Une enquête « maison » dont nous avons rendu compte le 7 juin sous le titre « Enquête du SNUipp sur la direction d’école :
l’impossible analyse des résultats » et dont nous disions qu’elle était entachée d’une grossière erreur méthodologique,
qu’elle ne présentait aucune des garanties de fiabilité d’un véritable sondage ce qui rendait donc ses résultats inexploitables.
La seconde enquête est un sondage CSA / SNUIPP réalisé pour la quatrième
fois consécutive (2001, 2004, 2007 et 2010) durant les mois de mai et juin 2010 auprès d’un échantillon de 1150 jeunes professeurs des écoles de moins de 5 ans d’ancienneté.
La mise en parallèle de ces deux enquêtes permet de constater que le SNUipp sait se donner
les moyens de réaliser une consultation digne de ce nom sur certains sujets (regard des jeunes enseignants sur leur métier) alors qu’il « bricole » un « sondage
maison » sur d’autres thèmes tout aussi majeurs (fonctionnement et direction d’école)…
Concernant le thème de la direction d’école qui est un sujet sensible, il est regrettable que
le SNUipp se laisse aller à réaliser une enquête contestable et contestée alors que le problème est au cœur du fonctionnement de l’école.
Peut-être parce que ce syndicat craint les réactions des directeurs d’école et qu’il redoute
qu’une véritable consultation ne mette en évidence le fossé qui s’est creusé entre les thèses défendues par les appareils syndicaux et celles des principaux acteurs de terrain…
Retour à la page
d’accueil