Mardi 29 juin 2010
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Au terme d’un dernier mandat non renouvelable, Gilles Moindrot, Secrétaire général depuis 6 ans, a cédé la
place à Sébastien SIHR. Lors du Congrès de Brive, l’ancien patron du SNUipp a dressé un bilan de son
action à la tête du premier syndicat de l’enseignement primaire. Fort de la progression de son syndicat aux élections professionnelles, Gilles Moindrot a également rappelé que son organisation
syndicale avait aussi « progressé de plus de 3000 syndiqués de 2007 à 2009 ».
Gilles Moindrot précise toutefois que « cette situation s’est
légèrement inversé cette année : elle concerne uniquement une baisse chez les nouveaux syndiqués en revanche les taux de resyndicalisation sont les mêmes. A l’évidence, notre activité et
notre orientation conviennent à nos syndiqués mais nous avons plus de mal cette année à aller vers de nouveaux collègues : est-ce le fait des difficultés à organiser des réunions d’infos
syndicales ? De la réforme de la formation ? Il reste aussi un effort considérable à fournir en direction des actifs de manière générale et des débuts de carrière. Nous comptons
toujours un écart entre le taux de féminisation de la profession (80,3%) et celui du syndicat (76,75%) mais celui-ci s’est légèrement réduit. »
Comme toujours avec les syndicats, les chiffres de syndicalisation ne sont pas dévoilés. Tout juste
annonce-t-on une hausse de 3 000 adhérents en 3 ans mais sans préciser la valeur de la « baisse chez les nouveaux syndiqués ».
Une lecture fine des propos de Gilles Moindrot permet, en outre, de comprendre que les actifs
« de manière générale » et les « nouveaux collègues » font de plus en plus défaut. Ce qui est plutôt inquiétant pour le
SNUipp…
Dans sa longue intervention, le futur ex-secrétaire général dresse un état de l’école. Il en
profite pour passer en revue les multiples réformes qui accompagnent la RGPP et se traduisent par des coupes sombres dans le budget et les moyens alloués à l’Education nationale :
« De la suppression du samedi matin aux nouveaux programmes, de l’aide individualisée aux Rased, des évaluations à la comparaison entre le curé et
l’instituteur, du SMA, de la maternelle à la formation continue, la formation initiale, les EPEP, tous les secteurs, tous les enseignants sont concernés, et les conséquences sont là
…. ». Il évoque ensuite la réforme de la formation, « la suppression de milliers de postes de stagiaires » avant de rappeler
« quelques éléments essentiels des propositions de transformation de l’école » relayées par son syndicat.
Nous ne reprendrons ici que celles qui ont un rapport certain avec notre métier de directeur
d’école :
« Développer le travail en équipe. Il faut sortir de l’exercice trop
solitaire de notre métier. Les questions d’élaboration et de travail collectifs se posent dans tous les métiers. Travailler à plusieurs, croiser les regards, cela permet de prendre le recul
nécessaire sur les difficultés et les réussites des élèves. La grande majorité de la profession aspire à son développement, mais tous les enseignants disent que la question du temps de travail
est devenue incontournable.
Avec l’augmentation de la charge de travail, le volontariat atteint
ses limites ; des décisions institutionnelles sont indispensables : il faut augmenter la part du temps consacré à la réflexion collective. Afin de diversifier les pratiques
enseignantes, de pouvoir alterner travail en groupe classe et en petit groupes, de mieux prendre en charges les élèves en difficulté, il est indispensable d’attribuer plus de maîtres que de
classes. »
Propos ambigus de Gilles Moindrot. Lorsqu’il parle de « l’augmentation de la charge de travail », et ajoute que « le volontariat atteint ses limites »,
pense-t-il aux directeurs d’école ? On peut en effet l’imaginer.
Quand il poursuit en affirmant que « des décisions
institutionnelles sont indispensables », fait-il alors allusion à la nécessité de reconnaître le métier de directeur par un statut ?
Les doutes sont d’autant plus permis qu’à aucun moment il ne cite précisément les directeurs d’école.
Néanmoins, si tel n’était pas le cas, on comprendrait mal ce qu’a voulu dire Gilles Moindrot. A moins qu’à cet instant, il n’ait eu présent à l’esprit le fameux « Conseil des Maîtres Décisionnaire » si cher à la direction du SNUipp…
Quelle que soit l’interprétation que l’on puisse faire de ses propos, force est de constater que dans ses
adieux, Gilles Moindrot a oublié de saluer les directeurs d’école et omis de présenter les propositions de son syndicat pour améliorer, à travers eux, le fonctionnement de
l’école. Espérons que son successeur trouvera les mots justes pour réconforter les « enseignants chargés de direction » dont le
« volontariat atteint ses limites »…
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