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Mercredi 5 mai 2010 3 05 /05 /Mai /2010 21:12

 

Se définissant comme un « Think tank » indépendant, l’Institut Montaigne  vient de publier un rapport intitulé « vaincre l’échec à l’école primaire » dans lequel il dresse un état sans concessions de l’école et propose des solutions concrètes et opérationnelles.

Une partie importante de ce rapport de 140 pages concerne la « gouvernance impossible » et « l’absence de pilotage » de l’école primaire. Parmi les solutions proposées, le rapport plaide pour un statut de l’établissement et un vrai statut pour son directeur. Nous avons sélectionné quelques extraits qui intéressent particulièrement les directeurs d’école.

 

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Préambule

L’échec à l’école est un phénomène préoccupant pour notre pays et il se fabrique très tôt. "Quatre écoliers sur dix, soit environ 300 000 élèves, sortent du CM2 avec de graves lacunes : près de 200 000 d’entre eux ont des acquis fragiles et insuffisants en lecture, écriture et calcul ; plus de 100 000 n’ont pas la maîtrise des compétences de base dans ces domaines", pointait déjà le Haut Conseil de l’Education en 2007. Cette situation, loin de s’améliorer ou de se stabiliser, se dégrade depuis quinze ans.

Le niveau moyen des écoliers français se situe seulement dans la moyenne des pays de l’OCDE. Il se dégrade depuis deux décennies, au point que la prochaine vague de résultats de l’enquête PISA 2009 – publiés fin 2010 – est attendue avec beaucoup d’anxiété par le Ministère de l’Éducation nationale.

 

Notre école est incapable de « transformer efficacement les ressources en résultats ».

En 2001, Claude Thélot, spécialiste des systèmes éducatifs, avançait déjà que « les progrès de l’école ne sont plus à la hauteur des ressources insufflées, un palier est atteint, le problème ne relève plus du quantitatif, le système français rencontre certaines difficultés à évoluer ».

Chaque année assombrit davantage l’avenir de milliers d’élèves, déchire un peu plus notre tissu social et nous handicape dans la course à la connaissance. Ce Rapport contribue à la compréhension des mécanismes qui produisent l’échec à l’école. Il entend aussi éclairer la réflexion en montrant, à la lumière d’expériences internationales, qu’il n’y a pas de fatalité. Nos propositions peuvent aider à changer la donne.

 

Diagnostic

 

L’École de la République est organisée en fonction des besoins des adultes, pas de ceux des enfants.

1. Un calendrier scolaire beaucoup trop stressant

2. Un système bancal : l’échec de l’organisation en cycles

3. Le redoublement : inutile et dangereux !

4. L’efficacité contestable de l’aide aux élèves en difficulté

 

Le rôle des enseignants

 

Formation initiale et continue, recrutement, rémunération, mérite, management, évolution de carrière, évaluation, reporting, performance… L’Éducation nationale continue d’ignorer les principes de base de gestion des carrières, de motivation des individus, de performance des organisations… Elle oscille entre ignorance, indifférence, résistance passive et hostilité ouverte…

 

Une gouvernance impossible ou l’absence de pilotage à tous les niveaux

 

Qui est responsable de la dégradation des résultats de notre école ? Chercher des responsabilités et proposer des actions concrètes afin d’y porter remède est un exercice vain… En effet, ni le ministre ni son administration ne sont en mesure d’organiser un pilotage du système.

Ni le rôle, ni les responsabilités des directeurs d’école ne sont clairs. Ces derniers souffrent systématiquement d’un manque d’autorité sur leurs collègues. Imagine-t-on un instant un collège fonctionner sans un principal ou un lycée sans un proviseur ? Cette vision a de quoi effrayer… C’est pourtant celle que renvoie le premier degré, c’est-à-dire l’étage où se construisent les bases de la réussite ou de l’échec scolaire pour des classes d’âge entières…

Quant aux inspecteurs, ils ne sont pas assez nombreux pour assumer leur mission et sont contraints de déployer leurs activités en sacrifiant le plus souvent la formation pédagogique comme l’évaluation des enseignants.

Il est urgent de s’attaquer à cette situation qui fait de la première marche de notre système scolaire un corps ingouvernable.

 

Des écoles sans pilote

 

Qu’est-ce qui distingue un directeur d’école de ses collègues de l’enseignement secondaire ?

• le premier organise « le fonctionnement des écoles par le biais des différents conseils (conseil des maîtres de cycles, maîtres, école) »;

• ses collègues représentent l’État et dirigent leur établissement.

Le directeur d’école primaire ne dispose ni de l’autorité lui permettant d’assumer une réelle responsabilité pédagogique, ni des moyens suffisants pour remplir ses responsabilités administratives. Il ne dispose pas non plus d’une reconnaissance statutaire : il n’est « ni franchement un pair ni vraiment un supérieur ».

Il est en revanche soumis à l’autorité des « deux vrais responsables institutionnels de l’école, l’inspecteur de la circonscription, représentant l’État, et le maire de la commune, propriétaire des lieux et employeur des personnels non enseignants ». Ses responsabilités sont pourtant croissantes en matière administrative, pédagogique et partenariale (interlocuteur des autorités locales). Jongler avec ces trois tâches est d’autant plus complexe qu’il souffre d’une absence de légitimité pour assurer les responsabilités qui lui incombent.

Il faut bien noter que la plupart des syndicats de l’Éducation nationale sont hostiles à un pilotage renforcé des écoles, réticents à un « éclatement du corps des instituteurs et à la création d’un échelon hiérarchique intermédiaire entre l’inspecteur et l’enseignant ».

Cette crise silencieuse et larvée dure depuis plusieurs décennies. L’absence de reconnaissance de la fonction de directeur a donné lieu à un appel à la « grève administrative » entre 2000 et 2006.

Elle se prolonge encore aujourd’hui pour une minorité de directeurs. Les revendications d’ordre matériel ont été suivies d’effets, telles que l’amélioration du régime des décharges d’enseignements et l’augmentation des rémunérations. Néanmoins, la question de la création d’un corps spécifique des directeurs d’école n’est pas réglée. Une enquête commandée par le Groupement de défense des intérêts des directeurs parue en 2006 constate que « 93 % des directeurs seraient favorables à un nouveau statut, et que 73 % souhaitent qu’il débouche sur la création d’un nouveau corps. En outre cette enquête fait apparaître que 95 % des directeurs estiment que leur travail n’est pas reconnu par l’institution, et 47 % assurent que les syndicats ne défendent pas assez leurs revendications ».

Engager une réforme visant à la création d’un corps de directeur va de pair avec une évolution du statut des écoles en établissements publics d’enseignement primaire (EPEP), rendue possible par la loi du 13 août 2004 mais dont le décret d’application fait toujours défaut. Les fonctions de directeur doivent également être clarifiées, notamment à l’aune de la grande diversité qui existe d’une école à l’autre : gérer une école à trois classes ou à vingt classes n’implique par exemple pas la même charge de travail.

 

La fiction de l’inspection

 

Le rôle de cet échelon supérieur est pourtant essentiel. Au sein de leur circonscription (unité de base de l’école primaire), les inspecteurs de l’Éducation nationale (IEN) exercent leur mission d’encadrement « en assurant leurs trois missions traditionnelles : inspection, gestion, animation ». Ils inspectent, évaluent, notent les enseignants et contrôlent les écoles. Ils sont les garants des politiques nationales.

Face à la charge de travail, les IEN ne peuvent plus mener à bien toutes leurs missions. Ainsi, le HCE a-t-il constaté un recul du nombre d’inspections des enseignants face à leurs élèves. En outre, les IEN se reposent de plus en plus sur les directeurs d’école pour accomplir des tâches auxquelles ils ont moins de temps à consacrer. Préciser les missions des IEN et affiner les responsabilités incombant aux uns et aux autres permettrait de mieux piloter l’école primaire et d’accroître sa qualité.

En effet la gouvernance locale et la manière de diriger ont des incidences sur la réussite des élèves.

L’organisation administrative du premier degré n’est plus adaptée à ses besoins de pilotage de proximité. À structure et organisation constantes, on voit mal quelles améliorations vont pouvoir miraculeusement se produire…

 

La « liberté pédagogique » pour quoi faire ?

 

On l’a vu, notre système souffre d’un déficit de pilotage dû à la faiblesse organique des directeurs d’école et à la surcharge d’activité des inspecteurs. Dans un tel système, c’est l’enseignant qui prend in fine seul la décision des contenus qu’il va enseigner.

En effet, les programmes scolaires sont trop lourds pour être réalisés en 140 jours. Les enseignants sont donc contraints à un arbitrage entre les différents apprentissages. De nombreuses recherches ont confirmé les résultats d’une étude menée en 1996 sur les écarts dans l’utilisation du temps par les enseignants. D’autres travaux, à partir d’observations menées dans des classes de CE2, ont constaté de grandes variations dans le temps quotidiennement consacré aux élèves : la disponibilité d’un enseignant à l’autre pouvait varier jusqu’à 1 heure 30 minutes.

Des horaires qui varient du simple au double pour le français ou les mathématiques d’une classe à l’autre, 10 % des enseignants qui appliquent les horaires prescrits par les textes officiels… La « liberté pédagogique » n’est pas seulement un slogan. Mais quels sont les garde-fous assurant que cette liberté reste bien celle utile pour tenir compte des réalités rencontrées en classe ?

 

Un statut pour les écoles

 

L’école primaire ne jouit pas du même statut que le second degré. Elle n’est pas un établissement public, n’a aucune autonomie administrative ni financière et est pilotée depuis l’extérieur : « les écoles

sont, sur le plan administratif, de simples services municipaux ».

L’article 86 de la loi n° 2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités locales permet, en principe, à titre expérimental, la création d’un nouveau type d’établissement public : l’établissement public d’enseignement primaire (EPEP), doté de la personnalité morale et juridique et d’une autonomie administrative et financière. N’ayant pas été suivie de décret d’application, cette loi pourrait, cependant, marquer un tournant décisif dans la gouvernance de proximité dont a réellement besoin l’école primaire.

Cette modification en profondeur du statut de l’école par le biais de l’expérimentation permettrait de remédier au statut obsolète de notre premier degré et d’ajouter une pierre de plus dans l’édifice de l’efficacité que nous cherchons à bâtir pour le système éducatif français.

Des pays tels que la Belgique, l’Italie, la Suède et le Royaume-Uni octroient une autonomie très large, notamment pédagogique, à leurs écoles. Les Pays-Bas et la Finlande offrent un paysage un peu plus contrasté car leur situation dépend de « la volonté et de la pratique des autorités de tutelle des établissements » dans leur choix de délégation de pouvoir. À l’inverse, une minorité de pays accorde peu d’autonomie à ses établissements, c’est le cas de la France, mais aussi de l’Allemagne ou encore de la Grèce.

En France, « les enseignants n’ont pas de comptes à rendre aux chefs d’établissement, mais au ministère représenté par l’académie ou l’inspectorat ». Comme on l’a vu, les pouvoirs d’un directeur dans le premier degré sont relativement limités, par exemple il n’intervient pas dans le champ des méthodes d’enseignement à utiliser.

« L’accent est généralement porté sur l’idée que l’école doit fonctionner comme un ensemble cohérent. Pour cela le directeur doit être un « leader », il doit impulser une dynamique, fixer des buts communs, être très présent, exercer un rôle à la fois pédagogique et administratif ».

En France, une telle « culture de la mobilisation » n’est pas évidente, car elle se heurte à certaines règles de fonctionnement de l’Éducation nationale et à certains éléments de la culture enseignante. Assez individualistes, les enseignants estiment que « passer d’une logique de la classe à une logique de l’établissement équivaut (…) à une perte d’autonomie et implique quasiment une autre définition du rôle professionnel ».

 

 

Les propositions de l’Institut Montaigne pour vaincre l’échec scolaire

 

L’organisation scolaire

1 – Respecter l’organisation de l’école en cycles

2 – Réduire drastiquement le nombre de redoublements

3 – Prendre réellement en charge les élèves en difficulté

 

Le temps des enfants

4 – Revenir immédiatement à une semaine de 5 jours de travail, incluant le mercredi

5 – Rendre l’année scolaire moins compacte et pour ce faire l’allonger d’au moins deux semaines

 

Le métier de professeur des écoles

6 – Renforcer la communication autour du métier d’enseignant et mettre en œuvre un dispositif incitatif pour les candidats à cette profession

7 – Mettre en place des formations en alternance selon la formule de l’apprentissage, pour accéder au métier d’enseignant

8 – Améliorer la politique salariale pratiquée en début de carrière, afin d’inciter les personnes les plus compétentes et les plus performantes à devenir professeur des écoles

9 – Mettre en place des dispositifs contraignants pour assurer l’obligation annuelle de formation continue des enseignants en enrichissant la carte des formations comme en pénalisant ceux qui se soustraient à ce devoir

 

L’organisation de l’école

10 – Prendre le décret d’application pour la création d’établissements publics d’enseignement primaire (EPEP) expérimentaux tel que prévu par la loi relative aux libertés et responsabilités locales du 13 août 2004.

Dans la Troisième note de synthèse sur la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement primaire, le ministère plaide pour la création d’établissements publics d’enseignement primaire : « la création de l’EPEP donnerait aux inspecteurs un relais au sein de l’école sur les questions d’organisation et d’administration et elle leur permettrait de retrouver du temps pour le pilotage pédagogique et l’encadrement personnalisé des enseignants ».

À la différence du ministère de l’Éducation nationale, nous ne pensons pas qu’il soit nécessaire de donner davantage de pouvoir aux inspecteurs (IEN), bien au contraire ! L’enjeu est bien plutôt de permettre aux établissements de construire véritablement leur identité et leur projet pédagogique dans l’intérêt des enfants. C’est pourquoi l’Institut Montaigne propose également la mise en place d’une gouvernance de l’établissement et d’un véritable statut pour les directeurs d’école.

11 – Sélectionner et former des directeurs d’écoles de qualité exerçant un réel pouvoir de pilotage de leur établissement.

Il faut mieux définir le rôle et les responsabilités des directeurs d’école :

• établir les objectifs globaux de l’établissement, suivre leur réalisation et assurer leur évaluation ;

• procéder au recrutement des membres de l’équipe pédagogique à partir des viviers d’enseignants reçus aux concours ou en situation de mobilité ;

• assurer l’animation et la direction des équipes afin de fixer et d’évaluer régulièrement les objectifs pédagogiques au cours des conseils ;

• garantir un socle pédagogique minimum assurant un certain volume d’heures de français et de mathématiques. En effet, malgré les circulaires actuelles précisant les répartitions horaires, trop souvent elles ne sont pas respectées ;

• assurer la gestion financière et du personnel ;

• établir des collaborations avec d’autres institutions.

La création de ce statut nécessite une professionnalisation du recrutement des directeurs d’école. Leurs responsabilités nouvelles et étendues impliquent de reconnaître ceux dont les performances le méritent et de les récompenser – pourquoi pas à travers une part variable de la rémunération.

12 – Revoir complètement le rôle des Inspecteurs de l’Éducation nationale (IEN)

Leur mission doit se concentrer sur des objectifs pédagogiques, à savoir l’inspection des enseignants basée sur l’évaluation des élèves (afin d’évaluer les enseignants à partir des élèves) et la formation continue des enseignants, notamment afin de lutter contre l’échec scolaire.

13 – D’ici 2012, et dans le cadre de la mise en œuvre de la proposition n° 10, créer des EPEP qui permettent des expérimentations dans les écoles primaires, et notamment dans les ZEP, afin d’en faire un bilan à grande échelle avant d’étendre ce dispositif sur l’ensemble du territoire.

 

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Un « think tank » est une institution de « droit privé », regroupant des experts et des professionnels soucieux de réfléchir et de faire des études et des propositions dans le domaine des politiques publiques.

 

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Commentaires

Soit, ce rapport va dans le sens de vos revendications.

Pour moi, le directeur doit rester un collègue en relation directe avec le terrain, sinon, ce n'est qu'une personne qui oublie peu à peu la réalité de la classe. ET j'en ai vu quelques- uns, conseillers pédagogiques, inspecteurs ...

Mais ce qui me fait réagir, ce sont les conclusions de ce rapport.

L'école augmente les inégalité sociales. Si vous acceptez cela parce qu'une partie du rapport vous est favorable alors il y a un vrai divorce entre les enseigants et ce que pourrait être le nouveau statut de directeur.

Commentaire n°1 posté par Devulder le 05/05/2010 à 22h00

J'aurais bien écrit un commentaire intelligent, mais j'attends d'abord la sainte parole syndicale, qui bien entendu trouvera toutes les propositions idiotes, et les commentaires faussement apeurés des affidés de service. Le soucis, c'est que comme les centrales ne se sont pas encore prononcées, ces gens-là qui n'ont aucune idée personnelle ne savent pas encore quoi dire... Allons, Pascal, un peu de patience, tu vas bientôt avoir ta dose de commentaires stupides, et de qualificatifs ridicules: suppôt du libéralisme, copain de Bébéar, etc.

Commentaire n°2 posté par Pascal Oudot le 05/05/2010 à 22h03

Ah ben zut, il y en a un qui a écrit pendant que j'écrivais moi-même. Les choses viennent plus vite que je le pensais!

Commentaire n°3 posté par Pascal Oudot le 05/05/2010 à 22h04

Après lecture, je me demande qui paie ces messieurs-dames indépendants .

Vouloir absolument calquer le 1er degré sur le second, alors que beaucoup reconnaissent aujourd'hui que le collège en particulier (et bientôt le lycée par voie de vases communiquants) va mal, est une absurdité.

Toutes ces affirmations, même soutenues par des chiffres et des pourcentages, tendant à étayer une démonstration sont trop souvent gratuites et faites par des gens qui sont loin du terrain, très loin.

On veut changer un système; mais est-ce le système qui est en cause, ou bien les raisons de ce soi-disant échec à grande échelle, ne sont-elles pas ailleurs?

Quelle entreprise pourrait fonctionner correctement sans vision à long terme? Quelle entreprise pourrait fonctionner en changeant de patron (et donc de vérité) tous les 6 mois?

On nous vante les EPEP (on essaie de nous les vendre ou quoi?) alors que cela impliquera que le directeur sera absent de son établissement la moitié du temps puisque les EPEP sont prévus pour être des super structures regroupant 2 voire 3 écoles de ville actuelles (13 classes minimum !!)

L'école primaire doit rester à visage humain, à taille humaine; le directeur doit rester le lien social avec les familles, tout en étant une personne référente au sein de l'école.

On a toujours l'impression que ces discours sont très loin du terrain, et ne font que traduire une méconnaissance du public accueilli dans les écoles, masquée par une connaissance technique. Si l'école ne va pas très bien (et dans quelle mesure d'ailleurs?) c'est surtout par manque de reconnaissance, de valorisation (rappelons-nous du discours qui comparait l'instituteur au curé !!) , de dénigrement quasi systématique.

Le rapport prévoit de mal noter les maitres qui refuseraient la formation continue; on croit rêver, vaut mieux entendre ça que d'être sourd - quoi que ...; la formation continue sous forme de stages est quasi inexistante faute de moyens; des maitres attendent plusieurs années avant d'obtenir un stage , et bien heureux s'il n'est pas supprimé au dernier moment ou si ils ne peuvent y participer car ils ne sont pas remplacés dans leur classe; la formation continue se limite de plus en plus aux demies journées d'animation pédagogique (obligatoires, donc on ne peut s'y soustraire).

On veut donner une autonomie financière aux écoles; pourquoi faire ?? L'ecole primaire n'est plus nationale depuis longtemps; elle est municipale; et d'une ville à l'autre non seulement les différences financières sont fabuleuses, mais l'importance donnée à l'école publique varie dans proportions prodigieuses. L'autonomie changera-t-elle ce problème? Par quel miracle?

En leur temps, les fondateurs de l'education nationale ont su imposer aux communes, contre vents et marées,  un minimum vital à offrir aux enfants de leurs communes. Mais ce qui les guidait n'était pas des intérêts financiers, encore moins bassement politiques. C'était la foi en l'importance de la culture pour le développement de l'homme.

Qu'en est-il réellement aujourd'hui? A regarder les élucubrations de nos dirigeants et leur bassesse, je ne peux que craindre le pire.

Qu'il faille redonner à l'école son équilibre perdu, et donc son efficacité, soit. Cela passera par l'importance qu'on lui donnera au sein de la société.

Qu'il faille redéfinir les taches incombant aux directeurs (et alléger ce mille feuille indigeste qui grossit d'années en années), soit. Cela passera par une réglementation, et pourquoi pas un statut. MAIS STATUT DES DIRECTEURS NE SIGNIFIE PAS POUVOIR HIERARCHIQUE, NI EPEP.

Qu'il faille donner de l'importance à la formation continue, c'est indéniable; c'est exactement le contraire de ce qui se passe aujourd'hui. Mais au fait qui est responsable du manque de formation continue??? Et qu'en sera-t-il avec la nouvelle "formation" des futurs maitres ??? Pourquoi a-t-on fermé les écoles normales qui formait des personnels payés pendant leur formation??? Et aujourd'hui, on vient nous dire qu'il faudra punir les maitres non formés !!!!!!!!!!!!!!!!!

Ce commentaire est brut de décoffrage, écrit sans brouillon; il vaut ce qu'il vaut; il est ecrit par un collègue directeur quelque peu écoeuré .

 

 

 

Commentaire n°4 posté par LEGIONNET le 05/05/2010 à 22h34

Institut Montaigne, think-tank de droite, financé par des dons privés, créé par un certain Claude Bébéar, fondateur et président du conseil de surveillance des assurances "Axa"! On comprend mieux le contenu de ce rapport !!!

Il ne faut pas confondre liberté pédagogique et libéralisme démagogique...

 

Commentaire n°5 posté par Bernard Dessaint le 05/05/2010 à 23h01

Allez voir sur les forums du GDID  on en parle justement.

En effet, l'institut Montaigne de Bébéart sait où il se place.

che

Commentaire n°6 posté par che le 05/05/2010 à 23h04

Cet institut a raison . Y a-t-il un pilote réel dans l'école primaire ? NON

Pas d'autorité , pas de pilote .

Ainsi va le Primaire : au p'tit bonheur la chance !!!

Ecole Primaire = mauvaise fondation de l'EN

Je ne comprends pas pourquoi les syndicats , qui sont responsables (???) ne veulent pas entendre qu'il faut un vrai PILOTE au Primaire . Veulent-ils la casse de l'EN ? L'IEN ne peut pas être un pilote , il n'est pas dans l'avion de tous les jours (= école) . Il ne sert qu'à inspecter et former !!! Bon sang de bon soir !

Commentaire n°7 posté par Noé BABET le 06/05/2010 à 04h04

"Pas d'autorité , pas de pilote ."
Ah, sacré Noé ! C'est qu'il y tient à  son galon... pour ne plus voir qu'une seule tête : la sienne...

Commentaire n°8 posté par Gégé le 06/05/2010 à 06h56

Allons Gégé... même plus de pseudos arguments?

Commentaire n°9 posté par JeanRoger le 06/05/2010 à 08h26

Une remarque (d'autres suivront ) ce rapport par un institut plutôt "très libéral" prône la création d'un corps des directeurs d'écoles  .

Comme quoi, à coeur vaillant...

 

PS: à part t'en prendre à la personne Gégé (super pour un syndicaliste!) tu as quelque chose d'intéressant à copier/coller?

 

Commentaire n°10 posté par Pierrot Lombard le 06/05/2010 à 08h45

@Pierrot

"ce rapport par un institut plutôt "très libéral" prône la création d'un corps des directeurs d'écoles"

C'est pas parce qu'il le prône que ça va se faire. J'en connais un autre "très libéral" qui avait dit "travailler plus pour gagner plus". No comment !
Le même "très libéral" avait fait de beaux discours sur la nécessaire reconnaissance du travail des enseignants. Il avait même pris des engagements. C'est vrai que c'était pendant la campagne électorale...

Tu vois, Pierrot, j'ai appris à être méfiante et à me comporter comme St Thomas... A mon âge, on ne se refait pas, surtout quand on a été déçue si souvent. La retraite approche à grands pas et je ne suis pas sure de voir des changements d'ici là...

Anne-Marie

Commentaire n°11 posté par mat pu j.prevert le 06/05/2010 à 10h26

Anne-Marie, j'ai la même méfiance que la tienne à l'égard des "politiciens"... En plus j'ai bien peur que mon départ à la retraite s'éloigne un peu...

Je faisais référence à la discussion précédente parce que certains y affirmaient que les conditions économico-politiques rendaient impossible la création d'un nouveau corps

Je faisais donc remarquer que même du côté libéral, non seulement on ne les exclue pas, mais on présente le statut et la création d'un corps de directeurs d'école comme une solution. 

Et là-dessus, il commence à y avoir un consensus de plus en plus large...

 

 

Commentaire n°12 posté par Pierrot Lombard le 06/05/2010 à 10h48

Think-tank libéral, dirigé par des gros patrons du CAC40, avec des personnalités bien connues pour leurs thèses de droite… Think-tank qui reflète la pensée unique dans toute sa splendeur…

Il y aurait tellement à dire sur ce rapport… D’abord, je le trouve d’une logique implacable. Je ne parle pas de la véracité de ses affirmations, non, uniquement de sa logique ultralibérale.

Logique du début à la fin.

On fait un diagnostic avec les chiffres du ministère pour casser l’école primaire publique. Au passage, notez que ça ne concerne que le public. Le privé marche tellement bien…

Constat catastrophique, on s’en doutait… On cherche les responsabilités, on les dénonce et on fait des propositions toujours avec une vision bien libérale des choses. Comme si on se trouvait dans une entreprise dirigée par ces messieurs qui n’ont peut-être jamais vu une école publique de leur vie. 


Si l’école primaire marche mal, c’est d’abord parce qu’elle n’est pas pilotée… Tiens donc !

"Les directeurs d’école … souffrent systématiquement d’un manque d’autorité sur leurs collègues. Imagine-t-on un instant un collège fonctionner sans un principal ou un lycée sans un proviseur ? Cette vision a de quoi effrayer…" dit le rapport. Parce que le collège, qui lui est piloté par un vrai chef d’établissement avec statut, donne toutes satisfactions ? C’est nouveau, ça !
 

Toujours dans la même logique libérale : il faut créer des EPEP et ça marchera mieux. Oui, dans leur logique à eux. Car, disent-ils, il faut un vrai "pilote" à la tête de ces EPEP : un directeur avec un vrai statut. Nous y voilà !

D’ailleurs, ce fameux club Bébéar est opposé à donner plus de pouvoirs aux IEN. A leurs yeux, c’est l’homme du terrain, le dirlo, qui doit être le vrai patron. C’est lui qui doit faire exécuter les basses œuvres du ministère. C’est lui qui doit imposer à ses instits de travailler de telle ou telle façon. C’est lui qui doit imposer de fonctionner en cycles. C’est lui qui doit veiller à ce que les horaires d’apprentissages soient respectés… Bref, le dirlo doit devenir un capitaine d’industrie. Un vrai ! Comme eux.

Logique imparable encore concernant les dirlos : "Leurs responsabilités nouvelles et étendues impliquent de reconnaître ceux dont les performances le méritent et de les récompenser – pourquoi pas à travers une part variable de la rémunération."

On l’aura compris, ces gens de pouvoir veulent un dirlo fort et respecté. La liberté pédagogique, ils s’assoient dessus : "La « liberté pédagogique » pour quoi faire ?", écrivent-ils…

J’étais en colère quand j’ai lu cet article. Je me suis dit que c’était un fameux coup de pub à ces idées farfelues. Finalement, je pense que c’est une bonne chose qu’il soit publié. Je suis persuadé que ça aidera les collègues à mûrir leur réflexion sur l’avenir de l’école primaire.

Oui, très utile ce rapport car il nous montre où mène la logique du statut. S’il pouvait simplement ouvrir les yeux de ceux qui s’imaginent encore qu’on peut avoir un gentil petit statut pour être reconnu et donc avoir de meilleurs moyens matériels et un petit coup de pouce financier.

Chez ces gens-là, je veux parler de ceux qui ont vraiment le pouvoir, la logique du statut c’est autre chose. C’est se servir du dirlo pour être un véritable relais du pouvoir dans les écoles.
Commentaire n°13 posté par Théo62 le 06/05/2010 à 11h23
@ Gégé et Théo, Vous jubilez là, n'est-ce pas ? Pas moi, et ce parce que cet article ne fait que prouver ce que je vous dis depuis longtemps : que les syndicats, SNUipp en tête, continuent à ne rien proposer d'autre que le statut-quo, d'autres le feront à leur place et proposeront, voire imposeront, leur propre schéma qui ira à l'encontre des intérêts de l'école, des dirlos et des adjoints. CQFD Quand à l'analyse de Théo, on frôle l'ignominie, tout du moins sur la fin. Je cite sa vision du directeur : Théo : C’est lui (le directeur) qui doit faire exécuter les basses œuvres du ministère. Ben oui, Théo, tu ne le savais pas encore, nous autres les dirlos sommes inféodés aux forces du mal. Mais heureusement que tu es là, jeune padawan, pour révéler la vérité au monde libre des bisounours. Théo : C’est lui (le directeur)qui doit imposer à ses instits de travailler de telle ou telle façon. Ah bon ? Et où est-ce écrit ? Théo : C’est lui (le directeur) qui doit imposer de fonctionner en cycles. Oui. Qu'y a-t-il de choquant à respecter la loi ? Une loi qui plus est votée par un gouvernement de gauche et promulguée par un président de gauche. Les cycles, ça ne fait que 21 ans que ça existe. Alors Théo, vous allez vous décider à vous bouger un peu plus que lors de ces 10 ou 20 dernières années pour obtenir autres choses pour les dirlos et pour l'école que ce que propose Bébéar ? Ou bien allez-vous continuer à jouer la montre jusqu'à ce que nous tombe dessus un truc du genre prôné par cet institut ?
Commentaire n°14 posté par Lionel le 06/05/2010 à 12h45

Aaaah là, c'est moi qui  jubile: les protestaires sont aussi cons que ce que je supposais dans mon premier billet tout en haut! Quel régal de lire vos âneries!

 

Libéralisme (raaaah lovely!), Think-tank de droite (n'en jetez plus!), pensée unique (l'ineffable Théo qui devrait enlever la poutre qu'il a dans l'oeil), noooon, c'est trop boooon, vous êtes vraiment petits petits petits et cons cons cons... Quant à "l'école primaire doit rester à visage humain", cette phrase m'est une pure jouissance. Quel régal mais quel régal pour moi d'être quotidiennement conforté dans mes opinions quant aux andouilles qui continuent à vouloir penser à ma place! Merci Seigneur, tant de bonheur à mon âge, merci c'est trop, je n'en demandais pas tant!

Commentaire n°15 posté par Pascal Oudot le 06/05/2010 à 12h54

Le doigt montre la lune, Théo montre le doigt...

Ok c'est pas ma tasse de thé ce Bédéar and co mais une fois pour toute je discours sur les faits pas sur les intentions inavouées ou supposées.

Voilà un texte qui dit en gros la même chose que disent bien des directeurs.C'est devenu une usine à gaz dans le primaire. Recentré l'IEN sur sa mission première l'évaluation des enseignants et la formation, donner aux directeurs les moyens pour être un pilote de l'organisation administrative de l'école  et du suivi du projet pédagogique, dire que l'objectif c'est la progression  du "lire écrire compter" donc des résultats des élèves (qui rêvent du contraire ?), dire que la poltique réellement  appliquée des cycles éviterait les redoublements  : et  bien moi cela me va. N'en déplaise aux idéologues du doigt.

Pour le reste ; il sera toujours temps de lutter et de proposer pour éviter les écueils du libéralisme outrancier. C'est pas les tables de la Loi dont il s'agit mais de propositions et de réflexions.

Commentaire n°16 posté par Grégoire le 06/05/2010 à 13h01

J'ai l'habitude de fréquenter un tas de forums (pour les lire parce que je n'écris jamais) et partout on trouve des gens pour en insulter d'autres. C'est exaspérant. On se croirait dans un immense défouloir où quelques-uns règlent leurs comptes. On est en droit d'attendre autre chose sur un site de dirlos, non ?
Quand même Oudot, on est entre collègues. Pas du même avis, et c'est tant mieux. Mais est-ce une raison pour traiter de c... ceux qui ne sont pas d'accord avec tes idées ? Je ne partage pas du tout ce que peuvent nous balancer les gens du SNUIPP mais ils ont droit au respect comme toi et moi. A la limite, tu rends un mauvais service à la cause que tu défends et elle n'a pas besoin de ça.

Commentaire n°17 posté par Szychowski le 06/05/2010 à 14h18

Et l'idéologie répond à l'idéologie !

Impasse totale depuis des lustres sur le dossier de la direction d'école ou sur celui de l'évolution de l'école... La partie de tennis oppositionnelle perdure entre les tenants d'un discours de "droite" et ceux d'un discours de "gauche" (appréciez les guillemets !)

Aucune perspective d'amélioration tandis qu'au milieu, les enfants, les familles, les acteurs de terrain regardent ailleurs !

Commentaire n°18 posté par henri le 06/05/2010 à 14h38

Comme tu as raison Henri!

"petits-chefs, petits fachos, grossiers personnages, antsyndicaux, dangers pour la démocratie..."

Un article sort sur la compression des corps?

> OK pour le statut mais vous voyez un corps de dirlos c'est pas possible.

l'institut Montaigne le préconise, vite on revient aux fondamentaux, l'attaque à la personne...

Et t'as pas intérêt d'être grossier dans tes réponses, ça c'est insupportable pour le lecteur qui se décide à écrire... et ça verse de l'eau au moulin.

Mais quel moulin?

Fatiguant!

Théo, le diagnostic ne te plait pas parce qu'il est établit par un docteur de droite?

Menteur! tu n'as JAMAIS répondu aux questions que te pose sur ce diagnostic, le même mais posé par la MGE, le CSS ou encore la CAF ( http://www.caf.fr/we...25?opendocument  )

Théo,pourquoi un ministère poursuivrait-il des "basses-oeuvres"?

Dans notre République, les ministères ne sont pas là pour appliquer la politique du camp majoritaire à l'assemblée?

Alors parle-moi de contre-pouvoir, de force de proposition, de rapport de force, mais pas d'automatisme, ça c'est pour les cons.

Théo, sur l'école, une Institution de la République, il est interdit de se poser des questions à propos de la finalité de liberté pédagogique?

Si la question se pose, il faut y répondre. Mais ça tu ne sais pas faire.

Notre liberté pédagogique est indispensable parce que nous travaillons sur l'humain, et que c'est à nous d'adapter les choses à notre classe, nos élèves. Mais cette liberté, comme toutes les libertés d'ailleurs, s'exerce dans un cadre... Les programmes nationnaux. Cette liberté a un but, l'efficacité (et pas le nombrilisme), c'est à dire de construire chez nos élèves la culture commune indispensable au vivre ensemble.

À partir de là, au regard du constat et de notre histoire, la question du pilotage se pose naturellement.

 

Théo, pourquoi quand on parle du secondaire (que je ne veux pas copier pour des raisons que j'ai déjà donner plusieurs fois) tu répètes que ça ne va pas mieux dans les collèges.

OK, mais c'est à cause des structures?

Non! PERSONNE ne demande le retrait du statut d'établissement aux collèges et lycées.

PERSONNE ne revendique la suppression des principaux ni des proviseurs.

AUCUNE autre structure sociale (dans le monde) ne cherche à copier le fonctionnement de l'école primaire.

 

Et ton CMD, ce n'est pas une idée farfelue?

Et puis rigolo ta démarche de défenseur des libertés qui refuse l'autonomie...

Ouais... fatiguant.

Pascal est plus concis, et sans doute mieux compréhensible

Commentaire n°19 posté par Pierrot Lombard le 06/05/2010 à 16h44

Bonsoir tout le monde

Que d'énergie perdue à se chamailler ! Indigne de Directeurs que nous sommes .

Statut , point final! que de balivernes inutiles . Noé BABET

Commentaire n°20 posté par Noé BABET le 06/05/2010 à 16h49

Sage parole, Noé : "Que d'énergie perdue à se chamailler ! Indigne de Directeurs que nous sommes ."
Mais comment veux-tu que les esprits ne s'échauffent pas ? Comme le dit Henri on se trouve au beau milieu de deux idéologies qui s'affrontent verbalement sans que le ministère (c'est son rôle) ne se décide à agir. Pour conserver un semblant de paix sociale en n'attaquant pas les syndicats enseignants. Alors qu'ils sont si faibles (et le gouvernement le sait) que de toute façon, il ne se passerait rien. Mais voilà, ça arrange aussi le pouvoir de ne rien faire. Aucune dépense à engager et l'école tourne quand même.
Et nous, pauvres dirlos, nous sommes les dindons de la farce. D'un côté le SNUipp post-soixante-huitard, le SE qui se fourvoie dans des déclarations les plus floues, le SNUDI-FO pour le statu quo, le SGEN inexistant,  et de l'autre le le SNE et la CFTC qui font ce qu'ils peuvent pour nous défendre mais qui sont trop faibles pour se faire entendre efficacement.
En face, le gouvernement qui contribue à démolir l'école publique. Oui, Pierrot, "?Dans notre République, les ministères ne sont pas là pour appliquer la politique du camp majoritaire à l'assemblée" mais ce ne sont pas des propositions entendues dans le programme du candidat Sarkozy ni dans celui des candidats aux législatives. Comme le dit Anne-Marie, on a entendu d'autres promesses : pouvoir d'achat, reconnaissance des enseignants mais pas saccage de l'école. Or, c'est bien ce qui se produit avec les suppressions de postes en cascade (RASED, remplaçants...), la réforme de la formation, celle du samedi matin et de la suppression des 2 heures avec aide personnalisée inefficace (sans concertation, sans que ça réponde à une quelconque demande) et maintenant avec la discussion pour remettre une semaine de 5 jours...
Comment ne pas être révolté en lisant les propositions de l'Institut Montaigne même si certains éléments sont exacts (le constat des échecs, la non mise en place des cycles...). La concertation n'existe pas du tout dans ce pays. Le gouvernement annonce des réformes ficelées d'avance et les syndicats disent NON à tout ou presque et de façon quasi systématique.
Comment avancer dans ces conditions ? Pendant ce temps, c'est l'école de la République qui se délite. C'est peut-être le but recherché. Le jour où tout ira si mal, on imposera des réformes au forceps et on favorisera le privé. C'est en bonne voie.

Commentaire n°21 posté par PouK le 06/05/2010 à 17h13

J'ai 59 ans , je me suis battu pour que les directeurs aient un statut . Pourquoi cela dérange certains . J'ai plein de boulots comme les autres directeurs , avec 23 classes et 512 élèves , sans secrétaires , je fais tout moi-même , c'est épuisant  je viens de faire un conseil d'école et un conseil des maîtres parce ce que nous allons être évalués "nouveau type d'évaluation" = évaluation d'école" (vous allez tous y passer , chers collègues) ; fatigué mais je tiens le cap . Un statut me servirait utilement .

Cessez les baratins de gamins (à force de les cotoyer , certains le deviennent§§§) 

Commentaire n°22 posté par Noé BABET le 06/05/2010 à 17h24

A quoi servent les syndicats qui ne représentent  que 8% de cotisants ? 8% de syndiqués (qui paient leur cotisation) ne représentent  rien du tout  Un simple grain de sable et ça veut discuter pour les autres et prendre des décisions pour nous = grandes gueules inutiles (excuser du mot) ? foutaises

Je me suis défendu tj moi-même sans intermédiaire .

Commentaire n°23 posté par Noé BABET le 06/05/2010 à 17h44

Le jour où tout ira si mal, on imposera des réformes au forceps et on favorisera le privé. C'est en bonne voie.

Mais on y est Pouk!

Qu'à fait Darcos?

lis (et signe) l'appel pour l'école publique... (http://www.appelpourlecolepublique.fr/index.php ).

Commentaire n°24 posté par Pierrot Lombard le 06/05/2010 à 18h20

"Le doigt montre la lune, Théo montre le doigt... Ok c'est pas ma tasse de thé ce Bédéar and co mais une fois pour toute je discours sur les faits pas sur les intentions inavouées ou supposées. "

Là je suis pas d'accord, Grégoire.. pas question de "doigt qui montre la lune", mais de faits... comme par exemple
n°7 Instaurer des formations en alternance selon la formule de
l’apprentissage, pour accéder au métier d’enseignant

n°8 Améliorer la politique salariale pratiquée en début de carrière, afin
d’inciter les personnes les plus compétentes à devenir professeurs
des écoles.

N°2 Réduire drastiquement le nombre de redoublements.

n° 1 Clarifier l’organisation des cycles entre l’école maternelle et l’école élémentaire. (La GS passe en primaire..la mat garde PS et MS... en jardin d'éveil?)

A remarquer que ce tank semble a plus d'influence que nous sur notre ministre!


J'aime la proposition 3 "Prendre en charge réellement les élèves en difficulté." Une critique de l'Aide personnalisée???

Donc à venir si on suit le tank
n°9 Créer des dispositifs contraignants pour assurer l’obligation annuelle
de formation continue en enrichissant la carte des formations
comme en pénalisant ceux qui se soustraient à ce devoir.

Intéressant... Sur le temps scolaire? On va manquer de remplaçants.. Y'a pu de stagiaires IUFM.. Sur les 108 h ? C'est pas déjà obligatoire??  C'est donc pas çà... Réflechissons... Ah oui... Hors du temps scolaire... Ca c'est bien.. Le mercredi AM par exemple (d'ailleurs la circulaire récente sur les EMF précise qu'ils participent à la formation continue.). Non payée je suppose.. Normal.. C'est un devoir. et comme actuellement les PE ne font pas leurs devoirs on va les prendre en main.

Pour nous, plus directement..
n° 10 et n°13 Prendre le décret d’application pour la création d’établissements publics d’enseignement primaire1 (EPEP) expérimentaux tel que
prévu par la loi relative aux libertés et responsabilités locales du 13 août 2004

D’ici 2012, créer des EPEP qui permettent des expérimentations dans les écoles primaires.

n°12 Sélectionner et former des directeurs d’écoles de qualité exerçant un réel pilotage de leur établissement.

On sent un peu l'agacement du tank... Ils ont trainé ces Ministres.. On peut pas leur faire confiance à ces fonctionnaires

che

Commentaire n°25 posté par che le 06/05/2010 à 19h17

Ne pas désespérer , garder le cap. Il ne s'agit qu'une usine à neurones d'un club à visée libérale , il est vrai très influent à droite , mais qui peut contester le bilan actuel dressé fort justement par ce brainstorming ?

Tous ont une réponsabilité : les syndicats par leur morcellement et la surenchère qui en découle, la gauche qui par manque de courage n'a pas su aller jusqu'au bout de la réforme de 1989, les enseignants en se retranchant derrière l'intérêt des enfants pour mieux se garantir les zavantagesacquis et en se coupant du monde du travail, les dirlos en acceptant de multiplier les heures supp et en rasant les murs de peur de déplaire aux tenants des institcommeleszotres,  etc etc ...

La nature a horreur du vide ; le voilà comblé par la droite qui avance son projet déjà déclamé par son candidat à Maison Alfort et accepté majoritairement par le peuple . Le principe du chèque éducation ? une vieille lune des libéraux, certes abandonné mais il en reste des traces ici ou là.

Je suis satisfait de 2 choses :

Plus personne ne nie le problème de la direction d'école et partout à droite ou à gauche les esprits chauffent pour trouver la bonne martingale. Ca c'est du gain pour nous. Les tenants du statu quo ont perdu leur pari : tout faire pour ne rien faire.

La culture du compromis, de la synthèse n'est pas une spécialité française mais l'école mérite mieux que les anathèmes traditionnels stériles et qui n'apportent rien. Théo comme Pascal font partie du paysage professionnel, et leur parole est respectable à ce titre. ( même s'ils énervent et c'est bien là le but ) Ce qui est nouveau chez nous c'est l'émegeance d'un courant réformiste qui jusqu'alors ne trouvait pas sa chambre d'écho. Le SE tourne autour du pot mais en honteuse hésite tergiverse, doute, toujours hanté par le syndrome du congres de Tours qui vit les socialistes français s'étripper.

Je reste très optimiste car rien ne serait pire que l'immobilisme. Alors étripons nous gaiement pour la bonne cause car à bien y réfléchir nous servons tous ici la même messe en s'opposant sur la liturgie.

 

 

Commentaire n°26 posté par Grégoire le 06/05/2010 à 19h18

tu copies/colles che?

Commentaire n°27 posté par Pierrot Lombard le 06/05/2010 à 19h28

"...Les tenants du statu quo ont perdu leur pari : tout faire pour ne rien faire...."

 

Superbe phrase, Grégoire ! Je te la pique sans vergogne. Ca peut resservir...

 

Thierry fabre

Commentaire n°28 posté par thierry fabre le 06/05/2010 à 19h45

Pour te répondre Che

La métaphore chinoise, était une réaction à l'attitude qui consiste à systématiquement dénigrer la parole de l'interlocuteur sous prétexte de clivage idélogique qui a fait son temps pour moi. C'est aussi valable pour les propos sur le SNUIPP mais cela n'engage que ma petite personne.

Pour les propositions : mon satisfaisit ne vaut que pour le constat néanmoins :

pour la formation enalternance : j'ai été formé de cette manière comme éducateur spécialisé. J'ai apprécié. Tout dépend  qui s'occupe de la formation théorique et de la liaison terrain université. Un gars comme toi ferait bien l'affaire. Un gars comme moi aussi pour la partie terrain ( et on est nombreux ici pour ça )

la revalorisation : ok j'ai encore mal aux fesses. Mais qu'attendre de ce gvt de mieux. Ils gèrent les miettes et nous on est de mauvais merles.

Le redoublement , je suis d'accord pour dire que c'est une foutaise et que faire reoubler un élève n'est pas effoicace dans la plupart des cas ( pas tous ) si et seulement si  les cycles fonctionnent réellement et ils le demandent. Pour ça il faut un directeur qui ait les moyens de les faire exister dans l'école. Là aussi ils le demandent.

la formation continue : ne me dis pas que tu n'as pas croisé ces collègues qui refusent toute adaptation tout changement pour ronronner sereinement. Il le peuvent aujourd'hui et il me semble légitime que l'on y réfléchisse .Le problème existe , on est très loin de l'attitude réflexive chère à Perround majoritaire chez les instits ( tu veux des noms ? ). Comment faire ? la carotte ou le bâton ? Je ne sais pas mais c'est bien de poser le problème.

bref; encore une fois ces propositions ne valent que pour leurs auteurs. Elles s'ajoutent à celles du SNUIPP des directeurs d'éducation, du GDID, bientôt de REiSS et beaucoup d'autres.

L'énoncé est accepté par tous. Les données utiles sont surlignées : à vos crayons !

Commentaire n°29 posté par Grégoire le 06/05/2010 à 20h11

Grégoire a écrit :

"faire redoubler un élève n'est pas efficace dans la plupart des cas ( pas tous ) si et seulement si  les cycles fonctionnent réellement et ils le demandent. Pour ça il faut un directeur qui ait les moyens de les faire exister dans l'école."

Constat que l'on retrouve à peu de choses près dans le Rapport Reiss :

"Selon l’un des interlocuteurs syndicaux du rapporteur, l’absence de statut consacrant l’autorité hiérarchique du directeur d’école est l’une des explications de l’échec de la mise en place des cycles d’apprentissage au niveau de l’enseignement primaire. Pourtant, l’organisation de l’école en cycles, théoriquement effective depuis la rentrée 1991, avait pour ambition de donner à chaque élève le temps de progresser à son rythme, les objectifs n’étant plus fixés par année, mais pour une période de trois ans . Dans cet esprit, qui d’autre que le directeur aurait dû assurer la déclinaison des temps d’apprentissage et du service d’enseignement en fonction des besoins des classes et de tel ou tel groupe d’élèves ?"

Allons bon ! voit-il pas que Grégoire rejoint les tenants du libéralisme le plus fort et le plus acharné !

Commentaire n°30 posté par henri le 06/05/2010 à 21h33

Commentaire 25, che écrit :

"J'aime la proposition 3 "Prendre en charge réellement les élèves en difficulté." Une critique de l'Aide personnalisée???"

Une critique ? Plus que ça, che : une démolition ! Lis plutôt ce qui en est dit dans le rapport :
 
"Un mille feuilles de dispositifs mal coordonnés ?
Ainsi, des dispositifs existent déjà. Paradoxalement, peut être même trop. La confusion règne quant aux finalités et aux modalités de l’aide personnalisée et des RASED. De même, la mise en place de l’aide personnalisée a « “brouillé le message” sur les PPRE dont la qualité était en progrès ».
Il n’y a pour l’instant pas de réelle cohérence pédagogique des différentes formes de lutte contre l’échec scolaire et ce, malgré l’explicitation qui en est faite sur le site internet Eduscol : « lorsque plusieurs aides sont nécessaires, notamment des aides spécialisées, un programme personnalisé de réussite éducative (PPRE) en garantit la cohérence ». Un enfant peut donc bénéficier simultanément d’aides spécialisées et de l’aide personnalisée. Mais d’autres éléments de confusion règnent à cet égard : les enseignants s’interrogent sur ce qui devrait distinguer les élèves relevant de l’aide personnalisée de ceux relevant de l’aide spécialisée ainsi que sur l’adaptation des aides spécialisées aux besoins des élèves en difficulté.

Un impact au mieux incertain, au pire négatif
Le tableau d’ensemble demeure très préoccupant. En effet, l’aide personnalisée ne permet pas « de compenser les difficultés lourdes, elle ne permet donc pas d’infléchir l’organisation du cursus scolaire des élèves ».
À cela s’ajoute le problème de l’horaire auquel elle a lieu. Ainsi, 61 % des écoles primaires dispensent l’aide aux enfants en difficulté après la fin des cours, soit après une journée de 6 heures. Les résultats de la recherche de Dévolvé et Davila (1996) citée précédemment confirment que l’organisation en 4 journées de 6 heures et demie est la plus perturbante pour les processus de mémorisation chez l’enfant. Paradoxalement, la charge horaire – déjà très lourde – est accentuée pour ceux qui sont en difficulté !
Autre constat : les dispositifs qui retirent les élèves de leur classe pour leur dispenser un « traitement » particulier ne portent pas leurs fruits. C’est en effet le cadre scolaire habituel qui semble être le plus approprié. L’aide dispensée par le maître que l’élève connaît est généralement la plus productive.
En 2001, puis en 2007, des études78 ont conclu à un impact limité, voire négatif, de certains dispositifs sur les performances des élèves :
• classiquement, certains élèves pris en charge ne sont pas spécialement ceux qui en ont le plus besoin et de fait il est plus facile de « faire progresser un élève faible qu’un élève moyen » ;
• s’agissant des élèves qui sont extraits de leur classe, le bénéfice d’un tel dispositif n’est « pas assez important pour compenser la « perte » d’acquisition due à l’absence de l’élève des activités de la classe » ;
• de tels dispositifs peuvent avoir un effet négatif sur des élèves qu’ils stigmatisent involontairement"
 
J'aimerais savoir ce qu'en pensent et Darcos et Chatel et bien sûr leur maître à penser, notre cher Président...

Commentaire n°31 posté par Delphine IA78 le 06/05/2010 à 21h50

L’Institut Montaigne favorable aux EPEP et à un vrai statut de directeur

Oui, et alors?

Vision catastrophique de notre système visant à masquer les vrais problèmes auxquels nous sommes confrontés. Je ne vois pas en quoi le statut de chef  du directeur améliorerait le système scolaire primaire...

L'Institut Montaigne est en partie constitué de chefs d'entreprise à la vision ultra libérale et à l'obsession du résultat. Il faut arrêter ce délire.

 

Jacques LAMAGNERE

Directeur
Ecole élémentaire A 41 rue de Tanger

Commentaire n°32 posté par Jacques LAMAGNERE le 06/05/2010 à 22h09

Hautement dangereux ce rapport de l'Institut Montaigne à mon avis! On risque de s'engager sur un terrain très glissant si l'on applique leurs "solutions"...

Un statut de Directeur oui, mais pas si on y perd notre âme! Il est vain de penser que ce genre de solutions pourrait vaincre l'échec scolaire. On risque simplement de déstabiliser encore un peu plus la seule institution encore un peu crédible dans notre société en manque de repères...
L.Hoefman, école Malraux,Croix

Commentaire n°33 posté par Ecole Malraux - Croix le 06/05/2010 à 22h18

Faut bien pierrot..Tout le monde ne vient pas débattre sur les forum GDID (dommage d'ailleurs)

J'ai lu dephine.. c'est ce qui m'a fait rire...  Nos Ministres avaient bien compris certaines pistes du tank, pas d'autres... d'où la petite litote.. Je suis d'un naturel mutin.

Grégoire.. Je ne disserte pas sur le bien ou mal fondé du redoublement. je remarque simplement que ce serait peut être bien que les chefs d'entreprise, les économistes et autres eminentes personnalités de cette aimable assemblée veuille bien laisser aux enseignants, aux parents, une petite part de réflexion sur ce sujet... Si ils veulent bien... A moins qu'ils veuillent m'envoyer demain par "HHHi pad" ou "Aïe phone", ce que je dois faire demain dans la classe.

Les propositions de Montaigne c'est comme le canada dry.. Ca à la couleur, l'odeur d'idées dans lesquelles on pourrait se reconnaitre, mais ça n'a que la couleur.. BBart est aussi membre de soutien à l'Institut Turgot, très libéral aussi. Une texte tiré de leur tank..sur l'école qui donne, pour moi un sens au propositions

"il s'agira de permettre aux familles et aux individus de choisir leur établissement via un chèque éducation/formation tiré du budget alloué à cet effet.

Les établissements auront le loisir de s'organiser comme bon leur semble, à partir du moment où ils remplissent les conditions d'un cahier des charges. La difficulté majeure concernerait les établissements délaissés qui verraient cependant nombre d'enseignants continuer à être payés sans rien faire. Ce problème peut être contrecarré par deux facteurs : il serait étonnant qu'un personnel aussi concerné par leur tâche que les enseignants puisse admettre longtemps que l'on peut être payé sans rien faire, c'est-à-dire sans se remettre en cause ; l'Etat peut alors accompagner leur rénovation par une expertise appropriée. Ce renforcement libérateur en matière d'enseignement/formation permettra sans aucun doute de vivifier en amont l'offre et la demande, évitant ainsi les dysfonctionnements, les gaspillages, les corruptions."

Ce qui me rassure, c'est que BBart et ses potes qui sont si forts vont avoir du pain sur la planche d'ici quelques semaines pour pondre 13 points pour remettre en ordre l'équipe de France de foot quand ils se seront fait étaler à la coupe du Monde, pour une "France qui gagne". L'école passera en archives sur leur site.

che

Commentaire n°34 posté par che le 06/05/2010 à 23h02

Bravo che. Excellente conclusion qui relativise la hauteur de vue de ces grands hommes...   

"Ce qui me rassure, c'est que BBart et ses potes qui sont si forts vont avoir du pain sur la planche d'ici quelques semaines pour pondre 13 points pour remettre en ordre l'équipe de France de foot quand ils se seront fait étaler à la coupe du Monde, pour une "France qui gagne". L'école passera en archives sur leur site. "

Commentaire n°35 posté par Laignel le 06/05/2010 à 23h27

D'abord, je partage tout ce qui est dit sur les"Montaigne"...

Mais, j'ai bien lu moi aussi Delphine. Outre le fait que nos dispositifs de remédiations (j'adore ce mot  ) manque effectivement de cohérence, son commentaire montre quand même que ces messieurs ne sont pas vraiment à la botte de Sarko (parce qu'il y tient à son AP le bougre!). Il n'y a donc pas qu'un sac pour y jeter tout ce beau monde... Il faut faire du tri sélectif.

Par ailleurs, et je rejoins tout à fait Grégoire,

1- cet Institut a bien le droit de pondre une enquête sur notre système scolaire qui n'appartient pas qu'aux enseignants et aux parents d'élèves, mais à la République entière.

2- Il n'y a pas à donner à ce rapport plus d'importance qu'il n'en a. Juste à constater un constat maintenant assez partagé, une batterie de pistes reprises par beaucoup d'organismes (temps scolaire,  alléger les programmes, supprimer les redoublements (1989!), mettre en oeuvre une réelle politique des cycles (1989!!), formation des maîtres, Autonomie des écoles et pilotage de terrain).

Jusque là, pour ma part, rien à rejeter.

Maintenant, sur les moyens de mettre en oeuvre ses pistes (désectorisation, gs en élémentaire, recrutement des enseignants par l'établissement ...) J'ai beaucoup plus que des réserves... C'est une opposition totale.

La même que celle qui m'anime contre le CMD...

 

La vérité est ailleurs.

Commentaire n°36 posté par Pierrot Lombard le 07/05/2010 à 07h37

Oui, Grégoire, je te reconnais le sens de la formule. Mais ça me fait penser à ces politiciens qui lancent des prtites phrases incisives pour les médias. C'est incisif, accrocheur mais forcément réducteur.

Dans notre cas, s'il fallait te paraphraser, on dirait que le SNUipp a réussi à tout faire pour que les propositions de Bébéar restent des phrases verbales. Ne t'y trompe pas, Grégoire, sans la résistance active et forte de certains syndicats, ce n'est pas un article de Bébéar qu'on lirait mais on commenterait la mise en application des mesures qu'il préconise. On aurait les EPEP comme il les voit (je crois comprendre que ça n'est pas vraiment ce que tu veux). On aurait un dirlo aux pouvoirs très étendus pour servir de relais sur le terrain. Tu imagines la galère au quotidien avec les collègues... Bref, on aurait la pagaille dans les écoles. Et le résultat des élèves s'en trouverait-il amélioré ?

Commentaire n°37 posté par Gégé le 07/05/2010 à 08h30

Tu baisses pavillon Gégé.

Grâce à certains syndicats c'est moins pire?

Alors qu'il n'y a pas longtemps tu disais que grâce à certains syndicats tout était remisé au fond d'un placard dans les profonds couloirs du ministère...

Les EPEP beurk... Mais le CMD miam, miam?

(pardon mais je n'ai pas la plume de Gégoire  )

Commentaire n°38 posté par Pierrot Lombard le 07/05/2010 à 09h16

"sans la résistance active et forte de certains syndicats (...) on aurait la pagaille dans les écoles."

Celle-là, il faut vraiment que je la stocke : comme le dit Thierry Fabre plus haut, elle pourra toujours resservir !

Où en a été la réflexion des (pardon !) de "certains" syndicats sur la situation des directeurs d'école ? Je ne parle pas de la direction d'école ? Hormis le refus de toute avancée d'ordre statutaire (bon, c'est vrai que l'on verrait les caporaux et les capitaines -- d'Industrie ? -- pointer le bout de leur nez ! Au secours, fuyons!), l'appel stérile à des moyens supplémentaires et à du temps, pas  grand-chose, si ce n'est de plus la déploration sur la situation effroyable des adjoints au cas où...et l'appel au CMD dont personne ne nous a encore expliqué comment il fonctionnerait...mais la réflexion doit être en cours !

Allez ! on s'oppose et on continue...

Commentaire n°39 posté par henri le 07/05/2010 à 09h16

Monsieur GEGE , je ne veux que la reconnaissance de ma fonction , pas de gâlons supplémentaires . La reconnaissance par un statut me suffit .

Mon charisme me suffit . Vous ne pensez pas qu'il faut un vrai pilote dans le 1er degré ? et que le 1er degré doit devenir un EPEP comme dans les collèges et les lycées ? Ne soyez pas aveugle ,M. Gégé . Un échelon supplémentaire est utile , Bien sûr , il ne faudra pas nommer n'importe qui ; j'en ai vu des mangeurs de m.... comme "directeurs" . Mais il faut les remettre à leur place , c'est tout!!!

Commentaire n°40 posté par BABET Noé le 07/05/2010 à 09h18

Je viens de me rafraîchir la mémoire en relisant Sartre notamment son analyse sur la dialectique sociale ( praxis et processus ) car il me semble bien que c'est le sujet de ce débat.
Effectivement la dialectique est la résultante de forces qui s'opposent se diluent se confrontent et ce qui est intéressant c'est ce qu'il en sort. Le SNUIPP est un élément comme Montaigne et d'autres. On s'affole mais relisez les propos d'un autre lobby très actif qui nous vaut les nouveaux vieux programmes, l'activisme  continuel contre  les pédagogos sans nuance aucune à savoir SOS Education. Ils me semblent bien plus dangereux que ce cercle Montaigne car le ver est dans le fruit Education Nationale.

Mais pour être efficace il faut autre chose que des postures, du nonisme systématique. Le coup du plan B ne prendra pas 2 fois ( enfin je l'espère ). . Sur ce terrain il est vrai que le SNUIPP a joué à fond cette carte ( sur certains points je l'en remercie ) mais quelles propositions concrètes hormi cette imposture de CMD qui fait bondir les directeurs au charbon.

Penser l'avenir pour ne pas le subir même si l'on sait que l'état des forces en présence ne nous est pas favorable du fait d'une certaine élection présidentielle.

La méthode est la bonne : accepter de partager le constat  ( un très grand pas de franchi ! )mais débattre sur les propositions et les conclusions qui en découlent. Vous n'espériez tout de même pas que l'expression de la droite libérale recoupe complétement nos souhaits ou propositions.

Commentaire n°41 posté par Grégoire le 07/05/2010 à 09h43

"Vous n'espériez tout de même pas que l'expression de la droite libérale recoupe complétement nos souhaits ou propositions"

Certes, Grégoire ! mais pour un bon stalinien, objectivement, tu n'es qu'un allié de la droite libérale quand bien même t'en défendrais-tu puisque tu trouves "un peu" de positif (les "constats") dans le rapport Montaigne.

Tu devras trouver mieux, mais ce sera dur !

Commentaire n°42 posté par henri le 07/05/2010 à 09h50

@ Pierrot
Tu évoques le rapport de l'Institut Montaigne et tu dis :
"ces messieurs ne sont pas vraiment à la botte de Sarko (parce qu'il y tient à son AP le bougre!)".

Sur le coup, je suis en total désaccord avec ton commentaire. En fait, l'aide personnalisée est la résultante de 2 mesures.
1- une mesure démagogique et irréfléchie : supprimer la classe le samedi pour faire plaisir aux bobos parisiens qui veulent profiter de leur week-end.
2- une mesure financière : transformer les 2 heures supprimées en aide personnalisée afin de pouvoir supprimer les postes RASED. Ce qu'avait commencé à faire Darcos. Cette mesure a été largement dénoncée par pas mal d'observateurs dont Luc Ferry à droite.

Et, compte tenu de tout cela, on peut être assuré que Sarkozy se fout de l'AP comme de sa première chemise. Et si demain, il faut modifier le système, il le fera sans se poser la question de l'efficacité. Je pense que cette opinion est largement partagée.

Commentaire n°43 posté par Froment le 07/05/2010 à 10h19

Que tu sois en désaccord, même total, peut se concevoir sans problème. (il m'arrive souvent d'adopter les idées d'autres)

Par contre ne déforme pas mes propos:

Je n'ai jamais dit que l'AP a été mise en place dans un souci d'efficacité. Je dis que Sarko, qui est dans la com. et l'image, ne reviendra sur une mesure que si ça lui rapporte électoralement.

Or, le "recul" ne fait pas parie de sa panoplie. Voir le bouclier fiscal, mais, en plus petit, sur l'AP l'insistance des IA et équipes IEN pour péréniser le système (dans le 06, 4 concerts sur la "mise en cohérence" des actions de soutien avec moult tableaux Excel).

En ce sens, l'Institut Montaigne joue contre Sarko (et "il" n'est pas seul à droite...) car il met en cause des mesures installées par son GVT et en propose qui sont écartées: le corps des dirlos.

Pour dire que, dans notre situation, il faut savoir trier.

Je ne vois pas l'intérêt de croire qu'il ne puisse y avoir que 2 solutions:

> le collectivisme ou l'ultra-libéralisme (le CMD ou l'école-entreprise). Surtout que ces 2 systèmes ont largement montré leurs limites.

Le constat est indéniable, reste les solutions. En la matière je ne crois pas au miracle ni au seul contre tous. C'est ensemble qu'il faut penser l'avenir, c'est à plusieurs que l'on aura raison.

Encore faut-il penser...

Commentaire n°44 posté par Pierrot Lombard le 07/05/2010 à 11h06

Szychowski: Quand même Oudot, on est entre collègues.

 

Qui me le prouve? Moi je signe de mon nom, tout mon pedigree est véifiable, je ne suis pas anonyme et je hais l'anonymat. De plus, j'assume chaque mot. Alors, oui, les planqués et les trouillards sont des cons.

 

Szychowski: Je ne partage pas du tout ce que peuvent nous balancer les gens du SNUIPP mais ils ont droit au respect comme toi et moi.

 

Plus maintenant, Cela fait trente ans que je me les coltine, ces gugusses qui bouffent à tous les rateliers et servent les plats aux voisins. Non, aucun respect.

 

Szychowski: A la limite, tu rends un mauvais service à la cause que tu défends et elle n'a pas besoin de ça.

 

Non, c'est fermer sa gueule qui dessert la vérité.

 

Ras-le-bol des discours attendus, de la rhétorique gaucho-trotskyste tout le monde est beau et gentil sauf les affreux de droite qui nous est servie depuis des lustres. Ras-le-bol des consensus moux tous les instits sont d'une compétence rare (et mon cul?) ou tous les directeurs sont des administrateurs nés ou tous les syndicalistes sont de braves gens qui s'investissent pour aider leurs collègues ou tous les gens de gauche sont bien braves au fond ou tous les gens de droite sont suspects, forcément suspects.

 

J'emmerde profondément toute cette bien-pensance ambiante qui va refuser un constat parce qu'il n'a pas été fait par des instits (pourtant le SNUipp a été auditionné par Montaigne) et pire parce qu'on soupçonne l'organisme en question de ne pas être de gauche. Et en plus avec les mêmes arguments pourris ressassés depuis des décennies.

Commentaire n°45 posté par Pascal Oudot le 07/05/2010 à 12h57

Merci de présenter l'institut Montaigne ? quel type de réflexion apporte-t-il à la société ? Quelle est son inspiration politique ?

Commentaire n°46 posté par 78E E.E.PU VICTOR DURUY - BEYNES le 07/05/2010 à 16h03

"l'Institut Montaigne joue contre Sarko (et "il" n'est pas seul à droite...) car il met en cause des mesures installées par son GVT et en propose qui sont écartées: le corps des dirlos."

Eh ben, Pierrot, si tu crois que ça va l’empêcher de dormir… Tu crois que le soir, au Fouquet’s, les problèmes de l’école, des dirlos ou de l’AP… ça fait partie de leurs préoccupations à ces beaux discoureurs de l’éducation ?

Et sur des problèmes tels que ceux-là, mineurs à ses yeux, Sarko est capable de changer d’avis du jour au lendemain vu qu’il n’a aucune conviction. D’ailleurs, même quand il dit en avoir, ça ne l’empêche pas de se contredire, du moment que ça lui rapporte des voix (du moins le croit-il). Tu te souviens de la taxe carbone ? "la taxe carbone est une réforme aussi importante que l'abolition de la peine de mort" avant de dire aux agriculteurs que l’environnement, "ça commence à bien faire"...

Ah, si, quand même, je te le concède, il reste inflexible quand il s’agit protéger le pouvoir d’achat des très riches (maintien du bouclier fiscal…).  Pour le reste, les revirements sont légion, Pierrot.
Commentaire n°47 posté par Théo62 le 07/05/2010 à 16h22

Mais de quoi tu parles Théo??????

Qu'est-ce que tu veux que ça me foute que Sarko dorme bien ou pas?

Et je ferai ce qui est en dans mes possibilités pour qu'il dorme mieux à partir de 2012...

Je te dis que la droite n'est pas uniforme, la gauche non plus, et qu'il est stupide, idiot, imbécile...  de croire que la solution est à chercher dans les extrêmes. 

J'ai bien vu que Moindrot va les voir ces "beaux messieurs" (merci Pascal)...

Le SNUipp seul syndicat auditionné par l'Institut Montaigne! Et aussi seul syndicat qui refuse de rencontrer les prolos-dirlos.  .

l'un explique l'autre...

Commentaire n°48 posté par Pierrot Lombard le 07/05/2010 à 17h21

Je complète ma précédente réponse, et ce qui concerne le SNU, parce que bien que l'ayant déjà écrit je n'ai manifestement pas été lu par certains... Je respecte profondément les individus, et j'admets pleinement qu'on puisse avoir quelque opinion que ce soit. Je respecte profondément la défense individuelle des personnels, en Commission ou non, qui est effectuée par les représentants syndicaux. Mais je n'ai aucune raison de respecter une machinerie et un système doctrinaires qui dépassent le rôle syndical pour empiéter de façon outrancière sur le domaine politique avec des fonctionnements qui nient la réalité et l'équité au profit d'intérêts individuels et d'idéologies dépassées.

 

Ah, et puis, pour ceux qui débutent sur ce forum, je précise que pour me culpabiliser il faudra vous lever tôt: je me fiche royalement de l'opinion qu'ont de moi ceux qui m'indiffèrent. Allez, bisous.

Commentaire n°49 posté par Pascal Oudot le 07/05/2010 à 20h28

 

 

Notre école cultive une forme inavouée de déterminisme social : . « le niveau à l’entrée au CP influe fortement sur la carrière des élèves, notamment pour ceux qui ont les acquis initiaux les plus faibles qui voient leurs chances de réussir un parcours sans redoublement réduites .

 

Ce déterminisme est renforcé par d’autres facteurs (sociaux, culturels, économiques) qui accentuent des inégalités entre élèves, cumulatives au cours des années d’école primaire La panne de l’ascenseur social via l’école n’est pas une caractéristique spécifiquement française. Comme le souligne l’OCDE en 2009,« dans la quasi-totalité des pays dont les données sont comparables,les élèves les plus performants vivent dans un milieu familial relativement aisé»

Donc.. Si j'ai bien compris les  grands penseurs des canapés en cuir des salons des Champs ou de la Muette

Plus les gamins tout petits sont issus de familles socialement en difficulté et plus ils arrivent avec "un retard" d'acquisitions à l'école. L' école maternelle n'arrive pas à "rattraper ce retard" qui se cumule et en CP, le déficit est déjà si important que les années de primaire continuent à cumuler les déficit d'acquisition. Cette "ascenseur social" ne fonctionne donc pas comme dans presque tous les pays de l'OCDE.

Si j'ai donc bien compris (mais je suis un peu limité.. J'suis que fonctionnaire) Ce phénomène est général quelque soit les systèmes éducatifs en vigueur... Non! Ce ne serait donc pas inhérent à notre système éducatif tellement pourri.

Les grands pontes ont trouvé tous seuls qu'un gamin venant d'une famille unie, qui ne fréquente pas l'aide alimentaire, qui a sa chambre au lieu de vivre à 6 ou 7 dans 40 m2 et dont papa et maman ont le temps de sortir les gamins le dimanche au lieu de faire les 3 8 sur la semaine s'en sort mieux ... Purée... Je savais bien qu'ils étaient forts ces mecs du CAC 40!!! Ils méritent bien leurs salaires.

Donc, si j'ai bien compris, c'est pour combler ce déficit que l'on souhaite se débarrasser de l'école maternelle en les transformant en jardins d'éveil... que la scolarisation des 2 ans est en chute libre etc..

L'ascenseur social ne fonctionne pas??? C'est pas lui qui fonctionne pas.. C'est qu'il n'y a plus d'étages à monter. Il y a le sous sol pour les plus en difficultés et le rez de chaussée pour les autres et entre ces deux étages, pas besoin d'ascenseur.. un peu de chance ou un coup de malchance te fait monter ou descendre les quelques marches.

Pour accéder aux étages du haut (ceux de nos merveilleux penseurs), y'a plus qu'une cordelette huilée.

Alors ne mettez pas messieurs sur le dos del'école, même si il y a des choses à y améliorer, le système que vous avez conçu pour faire assurer votre succession à votre progéniture. (cela s'appelle une autocratie de mémoire.)

Non finalement Grégoire, en relisant ce merveilleux pensum, je ne suis pas d'accord avec le constat un peu "facile" et même pas cohérent. J'ai pas vu de point "renforcer l'école maternelle pour combler le déficit des enfants issus des milieux en difficulté pour les amener au CP dans de bonne condition" (puisque eux mêmes disent qu'à partir de là, l'apport d'enseignement accumule pour eux, les déficits.)

che

Commentaire n°50 posté par che le 07/05/2010 à 23h33

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