L'Association Française des Administrateurs de l'Education (AFAE) organise son
colloque annuel les 26, 27 et 28 mars 2010 à Bordeaux.
Fondée en 1978, l’AFAE se définit comme un espace
d’échanges, de libre expression et de proposition et rassemble, en dehors de tout dogmatisme et de toute préoccupation politique ou syndicale, des personnels qui exercent des fonctions de
responsabilité à tous les échelons du système éducatif, tous ceux qui, par leur action, leur engagement ou leurs recherches, veulent concourir à la qualité, à l’efficacité et au renouveau du
service public d’éducation.
Ses objectifs :
- confronter les expériences entre administrateurs,
- établir un dialogue constructif entre praticiens, chercheurs et décideurs,
- apporter, par une réflexion originale, un éclairage neuf sur les pratiques éducatives et administratives et d’anticiper les évolutions en
cours,
- identifier les besoins du système éducatif en matière d’administration, de gestion et d’animation, et de proposer des réponses concrètes
d’application.
- développer des échanges fructueux avec ses homologues étrangers.
Le thème de ce XXXIIème colloque sera « Relation entre
équipe de direction et équipe enseignante »
Ce colloque recouvre l’ensemble du
système scolaire et examine plutôt la situation du second degré, il est vrai. Néanmoins, nous avons décidé de nous pencher sur ses travaux qui concernent également le premier degré puisqu’une
réflexion concerne directement la transformation des écoles en « établissements publics ».
En préambule, l’AFAE pose la question
de la réussite des élèves et de l’efficacité du système éducatif.
« Equipe de direction, équipe enseignante : à partir de la question des représentations et des attentes que les différents acteurs ont les uns des autres et
au-delà des tensions entre les sphères pédagogiques et administratives, la réflexion se dirigera vers la recherche des conditions d’une action commune des équipes pour une meilleure efficacité du
système éducatif et pour le développement de relations humaines de qualité. Car si l’objectif affirmé de part et d’autre est de permettre la réussite de tous les élèves, il reste à s’interroger
sur les moyens d’y parvenir ensemble.
Traiter de la relation entre personnels de direction et corps
enseignant revient à se placer au carrefour de deux malaises profonds de personnes censées coopérer pour relever un défi de tous les contraires. Représentant de l’État, le chef d’établissement a pour mission de susciter et de gérer une démocratie locale. Chef hiérarchique d’un fonctionnaire lié par un
contrat de droit public, il n’en maîtrise ni le recrutement ni le statut. Ancien enseignant (ou recruté dans le système éducatif), il lui est demandé de se structurer à partir de son
expérience mais tout autant de s’en débarrasser ».
Pour Boumédiene SID-LAKHDAR, enseignant au lycée d’Alembert à Paris, « le chef d’établissement doit être garant d’une distance hiérarchique compatible avec son rôle de direction et d’impartialité. L’affectif introduit fatalement la suspicion du contraire, c’est inévitable.
La situation est d’autant plus compliquée qu’elle met en jeu des
facteurs perturbants car :
Les enseignants sont, ne le cachons pas, historiquement et
massivement rattachés à une “communauté” idéologiquement marquée. Cette dernière, surtout après la fin des années soixante, s’est toujours mal accordée avec les notions de commandement, de
direction, d’autorité. Et c’est parmi ”les leurs” que sont désignés les personnels de direction à qui l’on attribue de plus en plus de pouvoirs. »
Il reste naturellement à définir ce qu’on entend par « équipe »
« Justement : de quelles équipes parle-t-on ? Si le principe du singulier (de l’unité ?) d’une équipe de direction semble acquis a priori, encore
faudra-t-il s’appliquer à en décrire les facteurs de cohésion et à en délimiter les contours : dans le premier degré, qui assume réellement la direction en dehors de
l’IEN ? »
Sur ce sujet, nous retiendrons la
réflexion de Ghislaine MATRINGE IGEN
« L’anglicisme "leadership" permet-il d’éclairer
le rapport de l’équipe de direction avec les équipes pédagogiques ?
La question des rapports entre la direction et les équipes
pédagogiques des établissements scolaires fait depuis longtemps l’objet de débats en France. Les relations entre les dirigeants des établissements et les enseignants ont sensiblement évolué
depuis une vingtaine d’années. L’anglicisme "leadership" permet-il d’éclairer les nouveaux rapports de l’équipe de direction avec les équipes pédagogiques ? Pour bien cadrer le débat, il est
nécessaire de distinguer l’école dans le premier et le second degré.
Les écoles primaires sont dirigées par des directeurs d’école qui ont gardé leur statut d’enseignant. Selon la taille de l’école et le nombre de classes, ils peuvent continuer à enseigner ou être
déchargés, en partie ou en totalité, de leur enseignement devant les élèves. Il résulte de ce positionnement qu’ils ont gardé, avec leur statut de professeur, une forme de légitimité pédagogique
"naturelle" sur leurs collègues. Seul un enseignant peut en effet être directeur. Leur rôle pédagogique est évident et prioritaire, même si les tâches d’administration et de gestion les occupent
de plus en plus, mais leur autorité est toute relative sur leurs pairs.
La situation est autre dans
le second degré. Jusqu’en 1988, les chefs
d’établissement en France étaient des enseignants qu’on détachait dans ces fonctions après une sélection qui reposait sur un dossier de candidature et une série d’entretiens avec la hiérarchie. A
partir de 1988, leur mode de recrutement change en même temps qu’on crée un nouveau statut spécifique, celui des personnels de direction.
La création d’un statut particulier a présenté de nombreux
avantages, notamment en termes de carrière et de reconnaissance sociale et institutionnelle, mais, en même temps, les personnels de direction se sont éloignés de leur corps d’origine et cette
rupture est vécue encore souvent par les enseignants comme une forme de trahison. Il faut donc que les chefs d’établissement reconquièrent littéralement leur légitimité pédagogique sur le
terrain. »
Catherine
MOISAN, IGEN, Directrice des
affaires scolaires de la Ville de Paris de 2001 à 2009, s’intéresse particulièrement à la situation statutaire des écoles primaires et pose la problématique suivante :
« La transformation du mode de gestion du premier degré impose-t-elle la création d’établissements
publics ?
1 – La France,
l’Irlande et Chypre sont aujourd’hui les seuls pays européens où les écoles n’ont aucune autonomie et où aucune expérimentation n’est lancée dans ce domaine.
Alors que les EPLE existent depuis maintenant 25
ans dans le second degré, quelles sont les raisons qui font obstacle à toute avancée dans l’autonomie des écoles ?
En premier lieu la tradition de l’école
communale correspondait à une école rurale, gérée par une petite commune, tradition qui perdure alors que plus de 80% de la population française vit en milieu urbain.
En second lieu, la taille des
écoles représente un obstacle réel à une reproduction à l’identique de structures telles que les EPLE (66% des écoles publiques n’ont pas plus de 5 classes et 7% seulement en ont plus de
10).
En troisième lieu, un obstacle majeur provient des
refus successifs de la part des organisations syndicales de toute évolution de la hiérarchie des enseignants du premier degré (échec célèbre du statut de maître
directeur).
Enfin, le système français persiste dans
son mode de gouvernance "top down", ce qui nuit gravement à toute adaptation à des situations locales diversifiées et à toute expérimentation.
2 – Quelles
sont les conséquences de cette absence d’autonomie ?
Du point de vue d’une grande ville comme Paris, la
déperdition d’énergie est considérable. L’achat par la Ville des fournitures scolaires sans interlocuteurs statutairement responsables financièrement conduit à une inadéquation de moyens et à un
gâchis fréquent (caves d’écoles encombrées de fournitures inutilisées et listes d’achats à payer par les familles).
A chaque fois que la nécessité d’un financement de
proximité se pose dans les écoles (emplois jeunes, RAR, programmes européens), nous inventons des "usines à gaz" qui passent souvent par un EPLE
support, ou bien, nous assistons à des modes de financement dont la régularité pose problème (coopératives scolaires, associations diverses).
Les directeurs d’école, ne pouvant exercer aucune
responsabilité officielle, sont infantilisés. Tout repose sur leur charisme personnel en matière d’animation de leurs équipes. Ils sont souvent débordés par les tâches administratives, pour
lesquelles ils sont peu formés.
Le responsable pédagogique, l’inspecteur, est
souvent lointain avec un nombre important d’enseignants dans sa circonscription alors que les compétences pédagogiques en matière d’accompagnement et d’évaluation du directeur d’école ne sont pas
utilisées. Et pourtant, l’obstacle de la "non légitimité" dans la discipline enseignée n’existe pas, contrairement au cas des chefs d’établissement du second degré.
3 – Oui, il
faut une autonomie avec un chef d’établissement dans le premier degré. Mais gardons nous bien de ne pas reproduire sur toutes les écoles de France le même schéma.
Plusieurs scénarii ont été envisagés au cours du temps pour la structure de cette autonomie : l’école (avec le problème des petites structures), la
circonscription (souvent trop grande), le collège (mais le secteur correspond souvent à plusieurs écoles). Les dernières tentatives (projet de loi sur les
EPEP) tentaient, sans pour autant aboutir, de résoudre le problème des réseaux d’écoles rurales et ne présentait pas de solution opérationnelle pour les véritables sujets d’autonomie et de
responsabilité (financière et pédagogique). De plus, le décret d’application n’a jamais été publié.
Alors pourquoi ne pas expérimenter plusieurs types
de solutions ?
A titre d’exemple, dans une grande ville comme
Paris, il est tout à fait possible d’envisager la création d’établissements publics regroupant plusieurs écoles dans le même bâtiment ou dans des locaux proches (les "groupes scolaires"). Ceux ci
représentent facilement 35 classes, soit plus de 700 élèves et une cinquantaine d’adultes tout compris. Il est clair que cette solution n’est pas adaptée aux réseaux ruraux pour lesquels il
faudra faire preuve d’imagination.
La méthode
expérimentale permettrait également d’examiner et de répondre à deux questions sensibles :
- Les compétences (autres que financières) du chef de ce nouvel établissement : ses responsabilités
pédagogiques, son rôle d’encadrement et les conséquences sur les missions des inspecteurs.
- Les coûts induits de ces créations, et les équilibres de
financement entre l’État et les communes notamment pour des emplois de personnels administratifs nécessaires au fonctionnement.
En conclusion, plutôt que d’essayer de résoudre le
problème des structures des écoles rurales par la création d’établissements publics, inversons la problématique : nous avons besoin d’autonomie et de
responsabilité dans le premier degré, inventons et expérimentons des solutions diverses et ÉVALUONS les résultats ! »
Comme nous le voyons, les questions
sont multiples et les réponses souvent complexes. L’AFAE semble disposée à mener une réflexion ouverte et complète sur le sujet. C’est donc avec intérêt que nous en suivrons les travaux.
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On a l'impression que le maître mot, c'est l'autonomie. L'autonomie pour une meilleure efficacité du système éducatif, dit cette association (ou certains de ses membres).
Oui, de l'autonomie, il en faut. C'est toujours un signe de liberté ou de choix. Et dans le domaine pédagogique, c'est important. Mais attention de savoir où l'on met les pieds.
L'Angleterre, par exemple, est le pays où les établissements scolaires seraient les plus autonomes du monde, dit-on. Le chef d'établissement anglais n'est pas fonctionnaire. Il n'est pas représentant de l'Etat. Il n'est pas président du CA de son bahut. Mais il doit rendre des comptes à son CA qui le jugera sur la bonne exécution de sa mission.
L'autonomie y est complète mais les responsabilités deviennent tellement lourdes qu'on a du mal à recruter des chefs d'établissement pourtant grassement rémunérés et entourés d'une équipe administrative bien fournie. Le rêve, penseraient certains. Eh bien non ! on manque à ce point de chefs d'établissement que certains dirigent deux ou plusieurs établissements... Alors prenons garde de ne pas voir un modèle dans l'acquisition de trop d'autonomie.
A signaler la parution récente du numéro de février de l'AFAE. Il est consacré au premier degré: Piloter le premier degré. Des articles sont entre autres consacrés aux évaluations en CE1 et CM2, à l'école primaire comme service public de proximité, à l'école maternelle, à la direction d'école (témoignage d'une directrice d'école de Lyon), aux EPEP (de la communale à l'EPEP), ...
C'est d'abord aux salariés de donner leur avis. On est des professionnels, oui ou non ?
Si chacun se met à blablater sur des métiers qu'il ne connait pas...
Depuis toujours, mon pauvre Gégé…
Songerais-tu interdire à certaines associations d’exister, de réfléchir et de proposer ?
- Interdire à l’association OCCE de parler du financement coopératif des écoles ?
- Interdire à l’association AGEEM de parler de la maternelle ?
- Interdire à l’association CNAL de parler de laïcité ?
- Interdire à l’association Ligue de l’Enseignement de parler de l’école ?
- Interdire à l’association FNER de parler de l’école rurale ?
- Interdire à l’association FNAREN de parler des Rased ?
- Interdire aux associations ICEM, GFEN de parler pédagogie ?
- Voire, à l’extrême limite, interdire au GDID de parler des dirlos ?
Tu as du boulot, mon pauvre Gégé, à tenter d’empêcher ainsi toute parole qui te dérange…
Il n’est pourtant pas difficile de comprendre que c’est bien parce que nous sommes des professionnels, intéressés par nos métiers qu’il est normal que se créent, ici et là, de nombreuses associations professionnelles…
Thierry Fabre
Et pourquoi l'autonomie pédagogique aurait-elle des vertus que l'autonomie administrative n'aurait pas?
Il est évident que le pilotage de l'école doit se faire le plus près possible de son public.
Comme il est évident que les programmes, le recrutement, les concours, les diplômes, la formation... doivent rester nationale. Mais le reste?
Au lieu de commencer par sortir le chiffon rouge, il serait préférable de se questionner aussi et proposer des alternatives.
Je ne connaissais pas l'AFAE, mais cet article vient confirmer que nous sommes en retard de plusieurs trains quant à la réflexion sur l'évolution de l'école, et, juste pour me faire plaisir, que les principaux des collèges sont bien sur les rangs.
Le commentaire de Gégé montre bien l'origine de notre faiblesse et le coma dans lequel certains essaient de la maintenir. AFFLIGEANT!
Toujours l'effet Maginot : mêmes causes mêmes effets .
D'ailleurs savez pourquoi le coq est notre emblème national ?
Parce que c'est le seul animal qui, les pieds dans le fumier, continue à chanter...
...la tradition de l’école communale.
...la taille des écoles.
...refus successifs de la part des organisations syndicales de toute évolution de la hiérarchie des enseignants du premier degré.
...son mode de gouvernance."
On oublie peut-être la raison principale : l'absence de volonté des gouvernements successifs à réformer l'école dans ce sens.
Je m'interroge sur les raisons qui font que cette association ne le mentionne pas. Car le ministère passe en force quand il le veut même s'il faut bousculer les traditions et les haussements de sourcils des syndicats...
Trop facile d'exonérer nos hommes politiques et de rejeter la faute sur la tradition et les syndicats.
Maintenant il ne faut pas faire comme si l'AFAE détenait LA vérité et prendre tout comme argent comptant. C'est un élément du débat. Débat qui existe curieusement hors de l'école et qui est méprisé à l'intérieur.
Les politiques ont leur part de responsabilité... Les syndicats aussi. Sauf à tordre l'histoire, la tradition n'est pas un frein à l'évolution de l'école. Son conservatisme date des années 90.
"Débat qui existe curieusement hors de l'école et qui est méprisé à l'intérieur"
Pourquoi toujours se flageller et penser qu'à l'extérieur c'est mieux ? Comment peux-tu dire qu'il n'y a de réflexion que hors l'école ? Comment peux-tu dire que le débat est méprisé à l'intérieur de l'école ? C'est faux Pierrot.
Le débat existe. C'est faire injure à l'ensemble des syndicats que de dire ça. Tu n'as jamais lu les revues syndicales ? Et j'englobe TOUS les syndicats pour ne pas que tu m'accuses d'en soutenir un plutôt qu'un autre. Tu n'as jamais reçu de revues syndicales faisant état de débats sur les sujets les plus variés avec des intervenants ou des experts reconnus ? Crois-tu qu'il faille attendre les assos pour nous faire la leçon ?
Ce que je veux dire, c'est qu'il ne suffit pas de blablater pour avoir raison. J'en reste à ce que j'ai dit : la parole aux professionnels que nous sommes. Imagine que ces assos soient favorables aux EPEP (c'est le cas si je comprends bien) et que pour cette raison, on nous les impose alors que la profession y est opposée. Qui aurait raison ? Ceux qui soi-disant débattent à l'extérieur ? Trop facile ! Non, Pierrot, pas d'accord avec ta vision du débat.
Pas moi. Et je fais partie de la profession. Cela fait vingt fois que je le dis, arrêtez de penser pour moi, je sais très bien le faire tout seul. Et arrêtez de répandre des propos ineptes en vous abritant derrière "la profession", dont je préfère m'abstenir de vous dire ce qu'elle vous répond. Marre à la fin!
Le problème est que malheureusement depuis quelques temps la parole à l'intérieur de l'école est brouillée , parasitée par la division et il faut le dire un conservatisme qui s'appuie bien souvent sur l'intérêt supposé de l'enfant pour mieux masquer la défense d'intérêts purement catégoriels.
Le débat sur la désobéissance en est un exemple : quel message subliminal avons nous fait passer à la nation ? Que nous étions en quelque sorte propriétaire de l'école et de son avenir. Et je ne parle pas des conséquences sur le contrat social qui lie le contribuable au corps des fonctionnaires.
Du coup, la tentation est grande à l'extérieur de l'école pour contourner l'obstacle. Quant au courage des politiques, il faut reconnaître au gvt actuel le sien. Il déroule son programme qui n'a jamais été caché.
Dommage que l'autre camp n'ait pas eu la même détermination en son temps.
"La profession est contre" : tu rigoles camarade. Comme Pascal je te dénie le droit de parler en mon nom. Je suis moi aussi de la profession depuis pas mal de temps et mes idées ne sont pas les tiennes. Alors emploie le "je" au lieu d'anticiper sur les opinions des autres. Dans l'école où je bosse, personne n'est contre : ce ne sont pas des professionnels selon toi ?
"La parole aux professionnels". Oui d'accord avec toi mais tu es un poil trop restrictif. Il serait utile à mon humble avis d'écouter autre chose que la bonne parole des représentants personnels. Selon toi, les assocs qui gravitent autour de l'école n'auraient pas le droit à la parole? Mais où et quand vis-tu? Tu sais que le mur est tombé...? Et même au-delà des assocs, de quel droit confisquerions-nous la parole à tous les autres acteurs de l'école : les collectivités , les usagers. Tu me sembles avoir de la démocratie une conception très parcellaire.
Pour ceux qui ne la connaissent pas, cette "association" a pour fonction de soutenir les politiques ministérielles (elle est composée essentiellement des fonctionnaires dont c'est la mission), et de fournir à ses membres les arguments et les moyens pour la mettre en oeuvre...
Cela ne la discrédite pas en soi (quoique sa présentation, reprise ici en début d'article, puisse paraître "limite"), il faut juste savoir où on met les pieds...
@RAMEY
"la création d'un établissement public dans le 1er degré est-elle envisageable ? la réponse est claire, OUI à 70,59 %. Ok, ce n'est pas 100%, mais c'est une majorité confortable."
Vu comme ça, évidemment ça semble confortable... Mais je te rappelle que le questionnaire du SE s'adressait aux 330 000 enseignants du premier degré. Le nombre de réponses à l'enquête (1078 c'est le nombre que j'ai lu sur ce site) ne représente qu'environ 0,3 % des instits et dirlos. Et ta réponse "confortable" (70,59 % favorables à la création d'un EPEP) ne représente que 0,2 % des enseignants... Faut donc relativiser. C'est d'ailleurs ce que fait le SE puisqu'il a eu du mal à communiquer ses résultats et que, depuis, il a rangéé son enquête au fond d'un placard.
@Oudot
"la profession y est opposée
Pas moi. Et je fais partie de la profession. Cela fait vingt fois que je le dis, arrêtez de penser pour moi"
On est en démocratie représentative. REPRESENTATIVE. Sarko a mis en place le bouclier fiscal. Il l'avait annoncé, d'accord. Il n'a pas été élu par 100 % des Français, que je sache. N'empêche qu'il est le Président de TOUS les Français et qu'il parle aunom de TOUS les Français. Qu'on soit d'accord ou pas.
Pareil dans toutes les instances représentatives (partis politiques, associations, syndicats). Est-ce que 100 % des adhérents de ton association se retrouvent d'accord sur chacun des points discutés ? Probablement pas, je suppose. Et c'est normal sinon on ne serait plus en démocratie.
Alors, accepte que l'on parle de "LA" profession puisqu'elle est représentée par des collègues élus démocratiquement lors d'élections professionnelles.
je n'ai jamias entendu un président, l'actuel ou un autre dire : la France a décidé ...
Ils assument en disant j'ai décidé ou le gouvernement a décidé ...
Alors arrête de nous bassiner avec ta Profession.
Par ailleurs, ce n'est pas parce que ton syndicat se dit majoritaire qu'il peut décider à lui seul ce qui est bon pour nous, tu fais un amalgame un peut facile entre une élection présidentielle et une élection de représentants du personnel !! La tête qui enfle peut-être ?
Pour ce qui est de la valeur de l'enquête du SE, pourquoi ton syndicat n'interroge-t-il pas LA Profession ? Peur du résultat ?
Tu me gonfles. Puisqu'on est en démocratie représentative, j'aurais pu écrire : Gégé, tu nous gonfles. Mais j'écris bel et bien "Gégé, tu me gonfles" car moi, je ne dénie pas aux autres le droit de penser. Je n'ai pas besoin d'un quelconque sondage pour cela, ni d'être représentatif de quoique ce soit. C'est un avis, une opinion, tout ce qu'il y a de plus personnel et je ne cherche pas à faire croire que tous ceux qui écrivent ici partagent mon opinion.
Alors que toi, avec tes "la profession veut ceci, la profession refuse cela, la profession a dit que", tu généralises à outrance. Et sur la base de quel sondage, de quelle enquête ? Rien, aucun élément, aucun chiffre si ce n'est pour se moquer du syndicat d'en face. Alors pour la énième fois : donne nous des chiffres officielles résultant d'une enquête sérieuse et scientifique et portant sur un panel assez large pour être crédible. Sinon, basta, arrête également de parler en mon nom, et continue à te prendre pour le Sarkosy du Snuipp : du vent, du vent et encore du vent...
Que l'on ne soit pas d'accord, rien d'extraordinaire. Il est normal, sain et rassurant que des idées différentes puissent se confronter. C'est le débat.
Mais, toi, Gégé, tu ne rentres jamais dans le débat, tu le contournes sans cesse.
C'est faire injure à l'ensemble des syndicat que de dire que le débat interne sur l'évolution de l'école n'existe pas?
> peux-tu me retrouver la déclaration liminaire du SNUipp que ses délégués ont lu lors des assemblées décentralisées de la commission Thélot?
> peux-tu me dire les propositions du SNUipp issues des États Généraux du fonctionnement de l'école et de la direction?
> peux-tu me dire comment fonctionnerait une école avec un CMD?
ça c'est pour le SNUipp.
• FO:
à part la défense du statu quo, et on voit combien il est protecteur, quelles sont leurs propositions pour une école du XXIe siècle?
• le SGEN a bougé en proposant une ossature possible au débat.
• le SE prépare son congré afin de disposer de "mandats" pour son positionnement et ses actions... futures.
Et, c'est justement la presse syndicale qui rend compte de cet état des choses.
Et les experts reconnus qui y signent des articles ne sont pas tous des enseignants, Gégé. Lis bien FsC, et tu y retrouveras les avis de sociologues, de psy, d'associations de parents d'élèves, de fonctionnaires territoriaux en charge de l'éducation de leur commune...
Mais point de propositions syndicales pour faire évoluer l'école.
Ce que je veux dire, c'est qu'il ne suffit pas de blablater pour avoir raison.
J'en reste à ce que j'ai dit : la parole aux professionnels que nous sommes.
Imagine que ces assos soient favorables aux EPEP (c'est le cas si je comprends bien) et que pour cette raison, on nous les impose alors que la profession y est opposée. Qui aurait raison ?
La raison sera plurielle. Nul de détient la vérité seul surtout dans les domaines sociétaux. En ce qui concerne l'école, Gégé, tu confisques encore le débats.
L'école est une Institution de la République, les enseignants, qui y sont salariés, sont des agents de l'État.
République, État... l'école n'appartient ni aux enseignants, ni aux "spécialistes", elle est la propriété de TOUS.
C'est aux citoyens de dire ce qu'ils veulent de leur école, de déterminer son rôle, ses missions, la place des enseignants dans la société.
Pour cela, il y a les instances dites démocratiques, qui organisent le débat et dégagent des majorités pour mettre en oeuvre les choix issue des urnes.
Les fonctionnaires que nous sommes sont au service de ses choix.
C'est à ce niveau qu'intervient le syndicalisme: défendre nos intérêts de salariés dans le cadre des missions qui nous sont confiées.
Si la nation décide de "changer" le cadre, les enseignants que nous sommes ne représentent qu'un élément du débat.
Prétendre que les syndicats EN, à travers leur représentativité, ont, seuls, la légitimité de parler au nom de l'école et conduire son évolution est de l'ordre de la perversion du système.
Enfin sur la représentativité syndicale il y aurait aussi beaucoup à dire. Est-il logique qu'elle s'appuie seulement sur des élections et pas sur le nombre d'adhérents? Est-il crédible, pour leur indépendance, indispensable, que la plupart de leurs moyens leur soient alloués par l'État patron?
Je vous dénie, quel que soit le syndicat, tout droit de parler en mon nom. Vous dévoyez complètement le noble principe syndical au bénéfice d'idéologies qui ne sont pas les miennes. Comme te le disent mes collègues ici présents, il existe en français le pronom "je" qu'il serait séant que tu utilises parfois. Vous, syndicalistes ou sympathisants, refusez d'admettre que vous ne représentez que vous-mêmes, voire -et c'est un comble de la part de soi-disant représentants!- que vous êtes opposés à la volonté de la très grande majorité de ceux que vous prétendez défendre. Vous chevauchez des destriers symboliques aux noms ronflants ("défense de la laïcité", "défense du service public", etc) dont vous ne connaissez pas même la couleur de la robe, au détriment des changements évidemment nécessaires à l'efficacité du système, et ne savez concrètement faire que trois choses: réclamer de l'argent, encore de l'argent, toujours plus d'argent, sans être capables d'en démontrer la pertinence; faire grève, ce qui détériore un peu plus à chaque l'image de l'école; vous promener dans la rue en hurlant des slogans vieux d'un siècle qui vous ridiculisent chaque fois un peu plus. Vous êtes de faux démocrates, bercés de confortables illusions malsaines, foncièrement malhonnêtes dans vos fonctionnements comme dans vos prétendues pensées.
Je préfère m'arrêter là, j'en ai des nausées.
Et tout à fait juste puisque j'ai l'impression d'être aussi mal représenté par l'un que par les autres..
AFAE,Note de synthèse n°3, rapport de l'institut Montaigne ( en fait un copier-coller de la précédente ), nous sommes vraiment dans le mode ''pensée unique ''. Quand on pense que c'est un think tank piloté par des chefs d'entreprise qui se permet de proposer des solutions pour l'école, j'avoue que ça me fait un peu peur ; franchement, je n'ai pas envie de travailler dans l'entreprise ED.NAT.,le suicide n'entrant pas vraiment dans mon plan de carrière.
Les futurs petits chefs doivent commencer à rêver avec le projet de grille pour la titularisation de nos jeunes collègue ; la partie sur l'obéissance , qui pourra renseigner l'inspecteur ? Devinez ?
Rêvons un peu plus, certains proviseurs vont pouvoir choisir leurs collaborateurs ; pourquoi pas dans les EPEP ( oh bien sûr d'abord dans les quartiers sensibles ).
Bientôt, les commissions paritaires, le barème, les notions même d'équipe et d'appartenance à un corps dans le sens noble du terme auront disparus, remplacés par la méritocratie, la compétition, le léchage de cul.
Si jamais les EPEP se mettent en place, n'ayons aucunes illusions, ce ne sera que pour satisfaire aux critères de la réduction des dépenses publiques et absolument pas pour améliorer l'école laïque.
Laurent, premier parmi ses pairs
Donc Laurent, si on suit ton raisonnement, un établissement public est dirigé par un petit chef, délateur à l'occasion auprès de l'inspecteur, peuplé de lèche-culs en compétition permanente, sans barème ni équipe et où fleurissent les suicides... T'es déjà allé dans un collège, qui est à ma connaissance un étblissement public? J'essaie de m'expliquer ta vision des choses :
- Tu viens de relire l'apocalypse?
- Tu as été marqué tout petit par des épisodes de Dallas ?
- Tu as fumé un truc pas clair et tu nous fais un bad trip ?
C'est somptueux, dès qu'on ose émettre une opinion différente, la réponse vire tout de suite à l'attaque personnelle, Certains conseils d'administration futurs vont être des modèles de courtoisie.
Laurent
PS : J'étais plus '' Le prisonnier '' , quant à l'apocalypse, j'attends 2012 avec impatience dans l'espoir de l'éviter, mais là on est plus dans le calendrier électoral que maya.