Samedi 24 septembre 2011
6
24
/09
/Sep
/2011
15:22
A l’approche des élections professionnelles, les directrices et les directeurs d’école découvrent
combien l’organisation du scrutin représente une lourde charge supplémentaire pour chacun d’eux.
Loin d’alléger la tâche des directeurs, la procédure de vote électronique ne fait que l’amplifier. Chaque
jour, de nouvelles consignes envahissent la messagerie des écoles. Des consignes provenant du ministère, de l’Inspection académique, souvent redistribuées sous forme de doublons par les IEN pour
le cas où elles n’auraient pas été bien comprises… Des consignes, parfois contredites par un autre message, et qui doivent s’appliquer, comme trop souvent, le lendemain quand ce n’est la
veille…
L’Administration a même le toupet, parfois, de demander aux directeurs de se déplacer dans les inspections
pour récupérer certains documents ! Et comble de l’ironie, c’est au moment où l’aide administrative est supprimée que le travail des directeurs se trouve alourdi par de nouvelles
tâches liées au mode de scrutin inauguré cette année…
Les syndicats se montrent peu diserts sur le sujet. Certes, le SNUipp dénonce
« la complexité du scrutin ». Il y voit une « volonté délibérée du gouvernement ».
Selon lui, « tout est fait pour organiser une baisse de la participation et donc amoindrir la capacité de mobilisation et d’expression de toute la
profession ». Et d’ajouter que « l’édition et la transmission des listes sont de la responsabilité des inspections »… Quant aux
autres syndicats... ils sont trop occupés par leur propre campagne électorale.
Malgré son intervention auprès du Ministère où il pensait avoir été entendu, le SNUipp constate que, dans de
nombreux départements, les IA n’ont tenu aucun compte des recommandations ministérielles. Le syndicat demande alors aux directeurs d’école « d’aller
au plus simple pour l’organisation de ce scrutin ». En l’occurrence, le plus simple, c’est l’organisation complète du scrutin… Autant dire que cette intervention syndicale n’a en rien
réglé le problème de la surcharge de travail des directeurs.
Parmi les nombreuses obligations exigées du directeur, l’impression des professions de foi des différentes organisations syndicales pose le problème de son coût, outre celui du temps à y consacrer. Toutes les écoles, loin de là, ne sont pas dotées
d’imprimante laser à impression rapide… Personne ne semble y avoir pensé. Et à vrai dire, tout le monde s’en fiche.
Concernant le coût, ni le Ministère, ni les IA ne se préoccupent de savoir avec quel financement les
directeurs imprimeront le matériel électoral (imprimante, papier, encre) alors même que l’école ne dispose d’aucun budget spécifique de fonctionnement. Certaines écoles seront
contraintes d’utiliser le crédit municipal, souvent limité, alloué aux copies réservé à leurs élèves. Si l’Administration n’en a cure, que penser du silence assourdissant des
syndicats ?
Dans de nombreux départements, la grogne monte et commence à envahir les messageries
électroniques. De plus en plus nombreux sont les directeurs d’école décidés à boycotter le travail qui leur est imposé par cette campagne électorale.
Les syndicats ont tort de feindre de l’ignorer. Ils risquent de ne pas mobiliser les enseignants et
d’affaiblir leur représentativité. C’est peut-être ce que recherche le gouvernement, comme le dit le SNUipp…
Retour à la page d’accueil