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Le statut de directeur d'école dans les projets

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

17

 

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Le site des directeurs

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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Samedi 25 juin 2011 6 25 /06 /Juin /2011 09:49

 

A tout seigneur, tout honneur, l’élection présidentielle de 2012 est lancée. Pas une semaine sans qu’un nouveau thème soit abordé par le Président candidat.

Mardi 21 juin, c’était au tour de l’Education nationale d’être sur le devant de la scène électorale. Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il n’y aurait aucune fermeture de classe dans les écoles primaires à la rentrée 2012, hors critères démographiques. Il faut dire que les élus UMP "s'inquiètent de plus en plus ouvertement des effets des suppressions de postes et de fermetures d'écoles sur leur réélection".

« Nous avons un problème majeur d'école primaire…. A la rentrée 2012, nous ne procéderons hors démographie à aucune fermeture de classe de l'école primaire », a déclaré le chef de l'Etat. Et d’ajouter : « Le un sur deux continuera, mais nous sanctuariserons l'école primaire pour qu'à la rentrée 2012, le nombre de fermetures de classes n'excède pas le nombre d'ouvertures ».

Propos qui n’ont pas manqué d’inquiéter syndicats et fédérations de parents d’élèves. Comme le nombre de départs en retraite devrait être moins important en 2012, il y aura environ 14.000 suppressions de postes dans l'Education. Pour y parvenir sans fermeture de classes primaires à la rentrée 2012, plusieurs solutions sont envisagées : suppressions de postes administratifs, de Rased, formations le mercredi et non plus sur le temps scolaire. La réforme du lycée professionnel (réduction de la durée d'étude d'un an) devrait permettre d’économiser plusieurs milliers de postes... Probablement faut-il s’attendre à voir diminuer encore et toujours le nombre de postes de remplaçants.

Pour justifier l’inflexibilité du gouvernement sur les suppressions de postes, le Président a précisé : « Je n'ai pas été élu pour que la France soit dans la situation de la Grèce, de l'Irlande, du Portugal. » Et d’ajouter : « Sur les vingt dernières années, avec le un sur deux, il y a 540 000 élèves de moins et 34000 enseignants de plus… C'est financé avec vos impôts… ». Argument constamment repris par Luc Chatel et dont nous avons déjà eu l’occasion de dire combien il est fallacieux (cf notre article intitulé « école : l’heure du bilan »).

Les réactions ont été vives à cette annonce et marquées surtout par le scepticisme des syndicats, politiques et parents d’élèves. En réalité,  Cette promesse (...) d'un moratoire (...) est un énorme aveu d'échec et une opération électorale dont personne n'est dupe ” déclare Bruno Julliard, secrétaire national à l'Education. Et il ajoute “Cette promesse présidentielle est donc une opération électorale qui aura la même postérité que toutes les belles promesses annoncées avant les élections: elle est faite pour rassurer avant, mais pas pour être tenue après!

 

Autre scrutin : les élections professionnelles. Comme nous l’écrivions le 25 mars dernier, les élections professionnelles d’octobre 2011 seront l’occasion de profonds changements dans la suite des accords de Bercy sur le dialogue social.  

La loi du 20 août 2008 a transposé dans le code du travail les règles sur la représentativité et la négociation collective issues de la « Position commune » adoptée par les partenaires sociaux le 9 avril 2008. Il s’agit d’une réforme en profondeur, reposant notamment sur la fin de la présomption irréfragable de représentativité :

Instauration d’un critère d’audience aux élections professionnelles, ce critère fondant la légitimité auprès des salariés

• Le niveau d’audience doit être d’au moins 10% des suffrages au 1er tour de l’élection professionnelle

 

C’est ainsi que s’opèrent des regroupements parfois surprenants (relire notre article sur les "syndicats enseignants contraints à des coalitions").

C’est le cas, notamment, de trois syndicats très minoritaires (SNE-CSEN, SCENRAC-CFTC et SNEP-FAEN). Si les deux premiers affichent clairement leur volonté de doter les directeurs d’école d’un statut, la position du troisième est quelque peu différente.

Comme nous l’indiquions dans l’article cité en référence, « Le SNEP-FAEN souhaite une valorisation de la fonction de directeur.

Ceci implique que tous les directeurs soient déchargés à plein temps sur toutes les écoles ou perçoivent une indemnité conséquente en fonction de ses missions et de la taille de l’école.

Cela lui permettrait de pouvoir assurer ses charges administratives mais aussi d’avoir le temps d’accueillir les parents à rencontrer…

De plus, étant enseignant et par conséquent devant des heures d’enseignement, il interviendrait dans les classes pour un dédoublement 2H par jour pour la lecture et l’écriture.

Conscient du coût de cette proposition, le SNEP propose que le directeur de l’école remplace les collègues de l’école sur les remplacements courts (une demi-journée maximum). Ainsi, l’administration utiliserait mieux les postes de ZIL (et le remplaçant connaîtrait parfaitement le fonctionnement de l’école et des enfants).

Enfin, de par son expérience de la profession, le directeur pourrait avoir un rôle de conseiller pédagogique, notamment pour épauler les jeunes collègues.

Le directeur serait donc le maître supplémentaire et « ressource » de l’école mais aussi le responsable administratif et pédagogique. Mais en aucun cas il ne doit évaluer ses collègues, que ce soit pédagogiquement ou administrativement, et endosser un rôle d’inspecteur ; et ce, parce qu’il est partie prenante de l’équipe pédagogique.

Bien sûr, le SNEP demande que cet élargissement des missions du directeur soit accompagné d’une reconnaissance financière conséquente. »

 

Premières conséquences, cette « Union pour l’Ecole Républicaine » a dû trouver un compromis pour satisfaire les trois organisations syndicales qui la composent. Une sorte de « minimum syndical » qui gomme le mot « statut », notamment pour les directeurs au profit de « reconnaissance du métier… ».

Ainsi, peut-on lire dans « La Voix de l’école », organe du SNE :

« Ces organisations se sont regroupées autour de valeurs communes et ont défini des objectifs et des revendications communs, dont :

-       La défense de notre statut de fonctionnaire d’Etat

-       La défense de notre pouvoir d’achat…

-       La lutte contre les fermetures de postes…

-       La reconnaissance des métiers spécifiques : directeurs d’école, maîtres spécialisés, conseillers pédagogiques

-      

Le communiqué fait la différence entre « statut de fonctionnaire »  et « reconnaissance des métiers ». Les mots ont, naturellement, été choisis et ne sont pas le fruit du hasard. Il s’agit, à n’en pas douter, d’un compromis tel que cité plus avant.

 

A l’approche des élections, les syndicats ont bien pris conscience de l’importance du directeur comme relais de l’information dans les écoles et n’ignorent pas le rôle qu’il peut jouer auprès de ses adjoints pour les motiver ou non à participer au vote électronique. Craignant même son influence, ils le flattent sans vergogne. Ainsi, le SNUipp et le SE rivalisent-ils pour « exiger » du ministre la création d’emplois statutaires et pérennes pour doter les directeurs d’une « aide administrative » (SNUipp) ou d’un « secrétariat administratif » (SE).

Ne faudrait-il pas commencer par reconnaître statutairement le directeur d’école, lui donner la possibilité d’effectuer ses missions et ses tâches avant de créer ces emplois ? Les directeurs ne risquent-ils pas de voir leur situation actuelle perdurer sous prétexte qu’ils ont les « moyens » de faire fonctionner leur école ? N’est-ce pas, après tout, ce qui arrangerait les grandes centrales syndicales de voir disparaître le « risque » d’avoir un directeur d’école vraiment reconnu par un statut ?

Pourquoi toutes ces organisations syndicales (SNUipp, SE, SGEN…) ne mettent-elles pas le même empressement et la même vigueur à réclamer un statut pour les directeurs qu’elles ne le font pour les « aides administratives » ? Mystère…

 

L’approche des élections suscite également un renouvellement des idées pour se démarquer des adversaires potentiels. Surprenante, la proposition de la CFTC-éducation « Pilotage des écoles : pourquoi ne pas partir du particularisme parisien ? » Mais que, diable, n’y avait-on pas pensé plus tôt… serait-on tenté de dire.

« La première chose urgente à faire est de nous interroger sur ce que la France souhaite vraiment mettre en place pour piloter les écoles du 1er degré. Cette question est essentielle. Il est temps d'y répondre. Il est évident qu'une école ne peut se dispenser d'un pilote.

Ensuite la deuxième question : quel type de personnel est-il opportun de placer à la tête de cette école ?

Enfin dernière question : pour répondre aux missions qui seront confiées aux directeurs d'école, quelle formation initiale doit leur être apportée ?

Bien sûr tout cela a un coût. Mais ce coût doit-il être supporté uniquement par l'Education Nationale alors qu'aujourd'hui les missions du directeur dépassent largement ce cadre et que celles-ci sont de plus en plus nécessaires au bon fonctionnement de l'école ?

Pourquoi ne pas envisager un financement externe à l'Education Nationale comme c'est le cas par exemple pour la Ville de Paris. Celle-ci en effet, en prenant à son compte le complément de charge (financement des postes), permet à tous les directeurs de la capitale d'avoir une décharge complète. Les directeurs peuvent ainsi rendre un service complet de direction pour leur école, pour la population.


Cette expérience intéressante pourrait être étendue en la modulant selon la taille des communes. Elle prouve en tous les cas que le pilotage d'une école par une seule entité permet de régler nombre de situations qui ne sont souvent conflictuelles que par le partage plus ou moins flou des responsabilités.


Un enfant qui arrive à l'école en garderie le matin dépend tout d'abord d'une structure qui est sous la responsabilité de la mairie ou d'une association. Durant la matinée son temps devient un temps scolaire. Il passe entre midi et deux sur un temps municipal, redevient élève durant l'après midi et termine sa journée sous la responsabilité d'une nouvelle structure qui peut-être, comme le matin, soit municipale soit associative.


Ce qui signifie dans la journée entre la garderie du matin et l'étude du soir il y a au moins 2 ou 3 formes juridiques qui ont géré l'enfant. Avec des entités juridiques différentes, il est évident que la cohérence éducative a du mal à être respectée s'il n'y a pas une volonté forte de chaque intervenant.


L'école ne doit avoir qu'un seul pilote et ce pilote doit être le directeur.


Comme cela a déjà évoqué plus haut, le financement de ces postes pourrait être assumé en partie par les collectivités territoriales qui au final se retrouveraient gagnantes à avoir un personnel interlocuteur réel qui prendrait en charge tous ces temps de vie l'enfant.

Cela permettrait de bâtir de vrais programmes et de vrais projets éducatifs locaux qui tiendraient compte de la réalité du terrain, des capacités dont disposent à la fois l'école, le centre de loisir et le centre d'accueil pour les moments périphériques. Et aussi bien sûr les programmes scolaires et la volonté politique de la mairie de faire aboutir tel ou tel projet. »

 

Sauf que Paris n’est pas la France. Paris est une ville riche. L’immense majorité des communes n’ont pas les capacités financières de la capitale. Lors des premières discussions sur les rythmes scolaires, l’Association des Maires de France a tiré la sonnette d’alarme sur l’impossibilité pour les communes de prendre en charge les animations hors temps scolaire libéré. Idem pour les jardins d’éveil qui pourraient prendre la relève des classes de 2 à 3 ans dans le but de supprimer des milliers de postes d’enseignants. Et que de discussions à n’en plus finir entre communes accueillant les élèves suite à un regroupement pédagogique ! Et, in fine, cette proposition ne contribuerait-elle pas à repousser aux calendes grecques l’obtention d’un statut tel que le réclament les directeurs d’école ?

 

Bref, chacun peut le constater, à l’approche des élections professionnelles, les directeurs semblent attirer beaucoup de gestes d’attention autour de leur situation qui se dégrade de jour en jour. Mais si les propositions gravitent autour d’eux, elles ne sont pas réellement destinées à trouver une véritable solution à leurs problèmes.

 

« Les promesses n'engagent que ceux qui y croient », avait coutume de dire Jacques Chirac…

 

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