Quelle heure ?

 

Soutiens

     

 

Le statut de directeur d'école dans les projets

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

6

 

Recommander

Le site des directeurs d'école

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

  Inscrivez-vous sans tarder à la "newsletter" des "directeurs en lutte"pour recevoir les dernières infos. 

Il suffit d'entrer votre adresse mail dans le cadre de gauche.

Dimanche 18 mars 2012 7 18 /03 /Mars /2012 17:10

 

En l’espace de quelques jours, le Café pédagogique et le SE-Unsa lancent des enquêtes dans le monde éducatif avec l’objectif louable de faire du lobbying auprès des candidats. Ces deux initiatives sont bonnes mais sont-elles nécessaires ? Et surtout, pour être force de propositions, sont-elles exemplaires et exemptes de reproches ?

Dans ces colonnes, nous avons souvent été très critiques à l’égard des enquêtes réalisées par le SNUipp pour ne pas faire preuve de la même exigence pour celles provenant d’horizons divers.


Sondage réalisé par le Café pédagogique

Pour de multiples raisons, l’honnêteté nous impose de refuser de cautionner une telle enquête même si elle nous livre certains résultats qui peuvent nous faire plaisir : ainsi, la confortable majorité favorable à la création d’un statut pour les directeurs d’école, le refus du maintien de l’aide personnalisée en l’état pour 89% des enseignants, la suppression des évaluations nationales pour74% ou encore lorsque 94% s'opposent aux suppressions des Rased...  


Le Café nous apprend que « l'objectif du sondage était de confronter les enseignants et les cadres du système éducatif aux multiples propositions des candidats à l'élection présidentielle. » Pour lancer ce sondage, le Café s’appuyait sur les propositions de candidats dont il présentait le programme en matière d’éducation : François Hollande, Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly. Or, aucun de ces candidats ne fait allusion à la création d’un statut de directeur d’école ! Pourtant, cette question se retrouve dans le questionnaire sans même que son résultat ne fasse l’objet du moindre commentaire dans l’analyse finale…

Mais c’est surtout sur la méthodologie employée que nous sommes le plus critiques, comme nous l’avons été autrefois pour le SNUipp. Une méthodologie inacceptable qui prive cette enquête de toute crédibilité.

 

Que nous dit le Café ?

«Quel échantillon ? Nous avions prévu d'arrêter le sondage au premier millier de réponses complètes et validées ce qui a été atteint en moins de 48 heures avec 1050 réponses. N'ont pu se prononcer sur Internet que des lecteurs authentifiés sur le site du Café pédagogique, chacun ne pouvant se prononcer qu'une seule fois. »

 

Imaginons un instant qu’un institut de sondage choisisse son panel de cette façon… Que dirait-on ? On sait bien que les « lecteurs authentifiés » sont parmi les plus militants et que ce sont les plus militants parmi les militants qui visitent les sites Internet les premiers.

Ce n’est en rien scientifique. D’ailleurs, le café pédagogique en est conscient puisqu’il se pose la question et ressent le besoin de se justifier.

« L'échantillon est-il représentatif ? Ces 1050 personnes comprennent 81% d'enseignants, 9% de personnels de direction et 10% de cadres, formateurs etc. 36% enseignent dans le primaire, 29% en collège, 19% en lycée, 6% en L.P. On retrouve dans les réponses un éventail politique assez ouvert et des choix pédagogiques variés (par exemple 15% pour la revalorisation Sarkozy et 23% pour l'orientation précoce, ce qui tend à valider la qualité de l'échantillon).»

Suffit-il de retrouver « un éventail politique assez ouvert et des choix pédagogiques variés » dans les réponses à un sondage pour considérer que le résultat « tend à valider la qualité de l'échantillon » ?

 

Et l’on pourrait s’interroger sur les curieuses annonces du Café qui écrit :

Le 13 mars  « En moins de 24 heures, vous êtes déjà 530 à avoir participé au sondage. Les réponses de cette première journée montrent des choix déterminés et nuancés. »,

Le 14 mars « En 24 heures, vous êtes déjà plus de 1100 à avoir participé au sondage » et incite les lecteurs à continuer de participer au vote : « Participez au sondage, il ne vous reste plus que quelques heures ! » et publie les résultats en indiquant :

« Nous avions prévu d'arrêter le sondage au premier millier de réponses complètes et validées ce qui a été atteint en moins de 48 heures avec 1050 réponses »… Comprenne qui pourra !

 

Les professionnels des sondages et les journalistes spécialisés ou habitués à décortiquer les enquêtes d’opinion doivent hurler de rire… ou s’arracher les cheveux. Un tel procédé ne peut que discréditer toutes les enquêtes et sondages réalisés sur le Net.

 

Sondage du SE-Unsa

La méthodologie, pour contestable qu’elle soit, pourrait être considérée avec beaucoup de bienveillance comme « acceptable » dans la mesure où la cible visée est clairement identifiée : les directeurs d’école. Mais, hélas, rien ne peut nous assurer que seuls les directeurs d’école seront en capacité de répondre aux questions posées. En ce sens, ce sondage n’offre pas plus de garanties que le dernier réalisé par le SNUipp. Mais là n’est pas le principal reproche que nous lui ferons.

 

D’abord, et c’est regrettable, aucune question ne concerne clairement la création d’un statut de directeur d’école quand on sait que 93% des directeurs s’y sont déclarés favorables en 2006, dans le seul sondage digne de ce nom, effectué par un institut professionnel, l’Ifop, pour le compte du GDID. Surprenant que le SE-Unsa n’interroge pas les collègues sur la première de leurs revendications.

 

Ensuite et surtout, ce sondage est parfaitement inutile. A-t-on besoin d’une énième enquête pour évaluer la charge des missions du directeur d’école ? Ne connaît-on pas les difficultés des directeurs pour mener de front l’ensemble des missions et la conduite de leur classe ?

Est-il nécessaire de demander encore et toujours aux directeurs s’ils sont d’accord pour une « revalorisation significative de leur fonction », pour « faire évoluer la structure administrative de l’école » afin de « clarifier les responsabilités et les prises de décisions », pour demander « une meilleure formation », pour réclamer « une amélioration de toutes les décharges » ?

 

Enfin, de qui se moque le SE-Unsa ? Les armoires du ministère débordent de rapports et enquêtes en tous genres qui décrivent les difficultés des directeurs d’école et fournissent des pistes pour y remédier. Tout a été dit, écrit et répété sur le sujet depuis des années. Tous les candidats à la présidentielle le savent. Et s’ils l’avaient oublié, l’administration centrale et les représentants des enseignants seraient là pour le leur rappeler.

Les syndicats d’enseignants sont naturellement dépositaires de tous ces rapports. Leurs représentants ne les auraient-ils pas lus ? N’auraient-ils jamais entendu les récriminations de la base ? Ignorent-ils à ce point le malaise de la direction d’école ? N’ont-ils jamais été interpellés par le GDID ?

Le SE-Unsa a-t-il réellement besoin de ce sondage pour alerter les candidats ou le futur président ? Si tel est le cas, les directeurs ont tout lieu d’être inquiets sur la capacité d’écoute de ce syndicat qui, depuis 2006, n’aurait rien vu, rien entendu… Nous ne saurions alors trop lui conseiller de s’activer pour faire pression sur les candidats s’il veut plaider la cause des directeurs d’école ; le premier tour de l’élection présidentielle approche à grands pas…

 

Son action risque d’autant plus de s’avérer difficile que l’école ne réussit toujours pas à s’imposer comme thème majeur de la campagne présidentielle…

Drôle de campagne présidentielle, d’ailleurs, dans laquelle aucun thème ne parvient à s’imposer. Chaque jour apporte son lot de mesures décousues qui se juxtaposent sans former un véritable projet.

Et nous ne pouvons être qu’en désaccord avec le Café pédagogique qui écrit : « C'est sans doute une caractéristique de cette campagne 2012. A quelques semaines du premier tour des présidentielles, l’éducation est bien au cœur du débat politique. »

Certes, chaque candidat a mis en avant ses propositions pour l’école comme il a parlé... du nucléaire, de l’Europe, de la dette, de la sécurité, de l’immigration, de la proportionnelle, des impôts, des riches, des classes moyennes, des artisans, des PME…etc. Tout cela est important mais où est la cohérence d’un grand dessein présidentiel ?

Ainsi, apprend-on que, lors de leur examen de passage devant la FCPE le 17 mars, Eva Joly se dit favorable à la création de « 20 000 recrutements dans l’éducation nationale », François Hollande annonce « plusieurs mesures pour l'éducation, comme une modification des rythmes et de la carte scolaires, un décret accordant des droits aux représentants des parents d'élèves et une loi d'orientation une journée scolaire plus courte" allant de pair avec un raccourcissement des temps de vacances, Jean-Luc Mélenchon fait un tabac même si « sur le fond, il n'a pourtant pas brillé par sa clarté », selon Libération…

 

Bref, tout cela ressemble davantage au catalogue de La Redoute qu’à un véritable projet de gouvernement…

Entre le sondage sans valeur du Café pédagogique, celui inutile du SE-Unsa et une campagne présidentielle qui ne manifeste pas un grand intérêt pour l’éducation, les enseignants et usagers de l’école ne peuvent qu’être frustrés…

Quant aux directeurs d’école, leur sort se situe à des années-lumière du centre des préoccupations électorales… Devront-ils attendre 2017 ?


Retour à la page d'accueil 


Ecrire un commentaire - Voir les 108 commentaires - Publié dans : Analyses
Retour à l'accueil

Calendrier

Septembre 2014
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30          
<< < > >>

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés