Mardi 28 septembre 2010
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A la veille de la remise du rapport de mission du Député F. Reiss sur le statut des directeurs d'école et le
statut des écoles publiques, il nous a semblé intéressant de publier dans son intégralité le point de vue du Syndicat National des Personnels d’Inspection affilié à la FSU (SNPI-FSU).
Depuis 2002, les gouvernements envisagent de changer les statuts des directeurs d'école et
des écoles publiques.
Missionné par le Premier Ministre François Fillon en mars 2010, le député UMP F. Reiss a
invité le SNPI-FSU à lui présenter son point de vue sur les deux sujets qu'il instruit : le statut des directeurs d'école et le statut des écoles publiques.
Quelle est l'analyse du SNPI-FSU ?
Si l'organisation de notre système scolaire public du premier degré a toujours prévu qu'un
directeur veille à la bonne marche des écoles, le statut juridique de ces établissements ainsi que le statut professionnel des directeurs n'ont guère évolué depuis un siècle et demi.
L'école primaire publique est une entité fonctionnelle sans véritable personnalité juridique. Cette entité fonctionnelle relève de la
responsabilité partagée entre deux partenaires politiques publics : d'une part la commune, propriétaire des locaux et chargée du financement et de l'organisation du fonctionnement matériel, et
d'autre part l'État, responsable des contenus d'enseignement et des enseignants appartenant à la fonction publique de l'État. La seule existence juridique actuelle de l'école s'incarne dans son
Conseil d'école tel qu'en dispose le Code de l'Éducation. Cet organe juridique est composé de manière inégale de deux catégories de membres. Les membres de droit : tous les enseignants de
l'école, deux représentants de la commune et un DDEN. Puis les membres élus qui constituent le comité des parents de l'école. La réglementation dispose que l'autorité hiérarchique directe en la
personne de l'inspecteur chargé de la circonscription assiste de droit aux séances du conseil, mais il n'est pas inclus dans la liste de ses membres. Les compétences de ce conseil demeurent
modestes : il s'agit essentiellement de donner des avis, de faire des propositions, d'adopter le règlement intérieur et le projet d'école, ces deux deniers étant étroitement encadrés par les
normes nationales en la matière et soumis à la validation par le seul chef de service direct de l'école primaire : l'inspecteur d'académie, directeur des services départementaux de
l'Éducation nationale.
Le directeur d'école est actuellement encadré pour son statut fonctionnel et ses compétences par un décret de février1989 qui n'a guère
évolué. Sur le plan du statut professionnel, c'est d'abord et essentiellement un enseignant du premier degré, instituteur ou professeur des écoles. Les fonctions de direction qui lui
sont attribuées par le décret de 1989, mais aussi par quelques textes épars, relèvent des domaines suivants : organisation de l'école, suivi des élèves, veille de la sécurité, communication
et représentation avec les acteurs et partenaires de l'école, formation des directeurs, contribution à l'embauche de certaines catégories de personnels. D'un point de vue strictement juridique*, le directeur d'école peut pourtant être considéré comme le supérieur hiérarchique
direct des enseignants de son école puisque ses fonctions lui donnent compétence pour organiser les services et délivrer des instructions. Mais il ne dispose d'aucune autorité
disciplinaire ni d'aucune compétence de nomination ou d'évaluation, même de manière indirecte. Il est donc d'usage dans la communauté scolaire d'affirmer que le directeur d'école n'est pas un
supérieur hiérarchique, car il n’a aucun pouvoir de coercition.
* Décision du Conseil d'État du 15 mai
2006 - n° 278544
Quels sont les problèmes liés à cette situation ?
Dans l'ensemble, on peut se réjouir de constater chaque année que les écoles primaires fonctionnent de manière encore très correcte malgré les bouleversements politiques et les évolutions sociologiques et culturelles qui
jalonnent la vie de la société française. On doit néanmoins reconnaître certains problèmes récurrents depuis quelques décennies.
Cela s’est notamment manifesté par une longue grève administrative dont les séquelles ne sont pas estompées. L'expression majeure de l'un de
ces problèmes a été la désaffection des enseignants expérimentés pour la fonction de direction d'école. Depuis plusieurs années, une proportion
non négligeable de directions sans titulaires on été attribuées à de très jeunes enseignants plus ou moins volontaires.
Sans conteste, l'origine de ce symptôme tient en deux traits. D'une part, l'État n'a cessé depuis deux décennies d'accumuler les tâches
d'administration et les responsabilités fonctionnelles sur les directeurs d'école. D'autre part, l'octroi de moyens matériels et moraux pour leur permettre de faire face à cet afflux n'a cessé
d'être battu en brèche par les contingences budgétaires et sociologiques. On a fait des directeurs d'école des factotums sans reconnaissance morale, des responsables sans pouvoir, des courroies
de transmission sans moyens.
L'autre problème fonctionnel de l'école primaire tient à l'accroissement de l'inégalité des moyens dont elle dispose sur le territoire selon la richesse et la volonté politique des communes de
tutelle, selon l'isolement géographique et les dynamiques démographiques locales. L'invention des RPI a en partie essayé de répondre à cette problématique matérielle et pédagogique. Mais cette
réponse ne repose pas sur un cadre juridique clair et réfléchi pour faire face à tous les éléments de la problématique.
Enfin, le problème essentiel qui mine actuellement nos écoles est la perte de confiance envers le système. Depuis trop longtemps, la communication politique s'est appuyée sur une remise en cause
de la qualité de cette école. Ce travail de sape a accompagné depuis 2007 des réformes traumatisantes pour les enseignants. Il y a là un fait que tout inspecteur lucide et honnête ne peut que
constater sur le terrain. La sérénité et la confiance font cruellement défaut.
Ce
que souhaite le SNPI-FSU
Répondre aux besoins et se garder des chimères idéologiques en vogue
Le SNPI-FSU souhaite que les
directeurs d'école soient clairement reconnus pour la valeur de leurs missions fonctionnelles. Si le décret de 1989 doit être actualisé pour que les missions et compétences des directeurs soient clarifiées,
il n'est pas besoin de créer un corps de directeurs des écoles ni de donner aux directeurs d'école un pouvoir disciplinaire ou d'évaluation sur les
enseignants de leur école. En revanche, deux dispositions doivent être développées prioritairement. D'une part, augmenter le temps de
décharge et doter chaque directeur d'école d'un assistant administratif à temps partiel ou complet pour le seconder. D'autre part, respecter le temps nécessaire à une vraie formation
initiale et instaurer une formation continue permanente pour la direction d'école.
La création d'EPEP — dans le contexte actuel et compte tenu des tendances idéologiques qui ont prévalu jusque-là dans ce domaine —
ne fera qu'ébranler de manière très dangereuse notre école primaire actuellement en état de sidération à la suite de la révolution scolaire
qui lui est imposée depuis 2008. De même, l'attribution d'écoles primaires à des collèges déresponsabiliserait les enseignants très investis de nos écoles. En revanche, l'État devrait dans
l'immédiat clarifier deux champs qui entrent partiellement en résonance : les dépenses obligatoires des communes pour le fonctionnement des écoles publiques, et le cadre juridique des RPI et
réseaux ruraux.
Les directeurs doivent être confortés dans leur positionnement de partenaire principal de l'inspecteur chargé de circonscription. La valeur
de ce partenariat a fait ses preuves depuis des lustres. Il serait préjudiciable à l'école de transformer les IEN CCPD en super-chefs d'établissements multi-sites. De même il serait risqué de faire des directeurs d'école des chefs d'établissement d'abord politiques et gestionnaires sur le mode de l'entreprise de production de biens
ou de services. L'école est une institution de la république qui porte en elle son histoire et ses vertus propres. On ne peut l'ébranler sans faire courir un risque majeur à son
efficacité sociale et culturelle qui tient en grande partie sur un équilibre fragile né de plus d’un siècle de pratique républicaine.
Syndicat National des Personnels d'Inspection membre de la
FSU
Juillet 2010 — SNPI-FSU
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Ce sont des commentaires sans queue , ni tête .
Nous avons besoin d'un vrai statut pour un meilleur fonctionnement du Primaire .
Cessons de nous voiler la face : le 1er degré est en panne (= les fondations ne sont pas solides)
Les enfants de la République ont besoin des directeurs compétents et bien reconnus comme tels .
La chorale chante toujours la même chanson... Fatiguant à la fin...
Chiasse bêche et trahison !
C'est curieux. Au fur et à mesure de ma lecture je me disais; quelle clarté dans l'exposé des motifs quelle lucidité dans l'analyse des causes puis vient la sentence et patatras, le doux fumet idéologique revint chatouiller mes narines .
Dommage : du temps et une secrétaire pour lever l'ambiguïté de sa non existence et pour associer responsabilités et autorité pour les exercer : la montagne accouche d'une souris.
C'est ballot.
organisation de l'école, suivi des élèves, veille de la sécurité, communication et représentation avec les acteurs et partenaires de l'école, formation des directeurs, contribution à l'embauche de certaines catégories de personnels. Z'ont bu ou quoi? Ni je forme des directeurs (!), ni j'embauche(!) et quid de l'animation pédagogique?
Invitons le SNPI FSU à nos rencontres au lieu du SNUIPP et nous augmenterons la représentativité de ceux qui demandent la reconnaissance du métier de directeur d'école.
Michel Trudel
Président de la CFTC Education Nationale
Pb de lecture sur la décision du C. d'Etat... C'est finalement le Ministre qui est condamné à donner à l'enseignant un compte-rendu des conseils des maîtres; Analyse trop rapide de la petite phrase du milieu de la décision!"Supérieur hiérarchique" n'est pas attribué au dirlo!!
http://www.easydroit.fr/jurisprudence/Conseil-d-Etat-10eme-et-9eme-sous-sections-reunies-du-15-mai-2006-278544-inedit-au-recueil-Lebo/J208493/
On est mal....Sont ignards à la FSU ou quoi???
On est d'accord ou pas avec la position des personnels d'inspection mais faut reconnaître qu'elle est équilibrée. Ils font un constat que personne ne songerait à contester. Ils demandent une meilleure reconnaissance des dirlos dans leurs missions en dépoussiérant le décret de 89 qui n'est plus très adapté à 2010. Ils réclament des moyens supplémentaires pour mener à bien les missions. Moyens en décharge et en personnel d'aide administrative. On voit qu'ils connaissent bien le terrain car c'est ce que veulent les collègues. Dans le même temps, ils insistent bien sur le refus des EPEP et attirent l'attention sur le danger de tout casser en créant des chefs d'établissement qui deviendraient rapidement des supérieurs hiérarchiques. C'est une belle réflexion qui peut contribuer à apporter des réponses équilibrées au problème de la direction. Grégoire a tort de prendre ça à la légère. Françou aussi. Je préfère nettement la réaction apaisée de la CFTC qui en a fait une bonne lecture, sans parti pris. C'est rassurant.
Mais toi tu es quoi Gégé ? : rien. Où tu es lâche, ou tu as peur de tes opinions. Je ne vois pas d'autres motifs à ton anonymat arrogant. Tu ne parles que le dos tourné comme les coupables. Es-tu coupable de quelque chose matricule GéGé-0072375490 ?
Les Diecteurs sont aussi responsables des élèves et ds biens que les Principaux et les Proviseurs .
Je ne comprends pas les raisons qui poussent certains pseudo-grands penseurs sur ce site à hurler leurs douleurs lorsqu'on propose un véritable statut aux Directeurs .
Ils ont sûrement beaucoup à cacher de peur que nous contrôlions leurs semblant de travail en face des élèves qui leur sont confiés lorsqu'ils ne sont pas inspectables !!!!!
Ils réclament des moyens supplémentaires pour mener à bien les missions. Moyens en décharge et en personnel d'aide administrative. On voit qu'ils connaissent bien le terrain car c'est ce que veulent les collègues.
Tu es vraiment toujours un sale con, lâche en plus. Je ne vois pas, moi, ce que l'opinion de ces affidés de la FSU apporte à mon moulin de directeur d'école.
Dans l'ensemble, on peut se réjouir de constater chaque année que les écoles primaires fonctionnent de manière encore très correcte
Bravo ! la question qui n'est pas posée par ses "pontes" c'est bien pourquoi les écoles fonctionnent ainsi ! Peut-être (en toute modestie évidemment) peut-on dire que si certains galériens n'étaient pas à la tâche au quotidien, il en irait autrement...Allez ! un peu de temps, des clopinettes, et il n'y paraîtra plus ! Circulez ! il n'y a rien à voir !