Lundi 8 mars 2010
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Décidément, le SNUipp s’est réellement pris d’affection pour les
directeurs d’école… Après un tour de chauffe dévolu aux sections départementales
des Alpes-Maritimes et des Hautes-Pyrénées, voilà que la direction nationale lance une grande enquête destinée à donner la parole à l’ensemble des
directeurs et adjoints. Cette consultation au double titre prometteur « Direction d’école : en
quête d’évolutions » et « Fonctionnement d’école : quelle
direction ? » montre ainsi que le SNUipp maintient sa formule habituelle « direction et fonctionnement de l’école ».
Un constat
édifiant
En guise de préambule à cette enquête nationale, le SNUipp dresse un constat sur les difficultés rencontrées
par les directeurs d’école. Constat habituel décrit dans tous les rapports qui paraissent sur le sujet et que nul se songerait à contester.
Direction et fonctionnement
de l'école, rien ne va plus. L'avalanche des tâches liées à
la gestion de l'école et à la mise en place des réformes en cours est devenue insupportable. La charge de travail et les responsabilités juridiques,
pédagogiques, administratives liées à la fonction se sont complexifiées et amplifiées.
Résultat : malgré l'intérêt de la fonction, 3000 directions d'école restent aujourd'hui vacantes, les directeurs et directrices l'affirment haut et fort : « le
statut-quo n'est plus possible ». On notera, au passage, le lapsus (révélateur ?) entre « statut » et « statu quo »…
La seconde partie de son exposé est moins convaincante. Le SNUipp ne peut s’empêcher de céder à ses vieux
démons. Il évoque le spectre de la création d’EPEP qui « complique les relations professionnelles » sans apporter de « réponses sur la question de l'alourdissement des tâches et des responsabilités ». Tout bon discours du SNUipp sur la direction d’école ne serait pas
complet s’il ne comportait le fameux couplet du p’tit chef « relais des inspecteurs au sein de l'école sur les questions d'organisation et
d'administration ».
Le SNUipp livre ensuite ce que sera très probablement la conclusion de l’analyse qu’il fera de cette
enquête : « …nécessité de « plus de temps », d'une revalorisation financière, d'une aide à
la fonction, d'une clarification des missions... » pour « tracer ensemble les évolutions nécessaires pour une direction et un
fonctionnement de l'école adaptés aux nouvelles réalités et au service de tous les élèves ». Tout est dit.
Une enquête entachée d’une
grossière erreur méthodologique
Destinée à l’ensemble des directeurs et adjoints, cette enquête
nationale présente un inconvénient majeur qui la rend d’ores et déjà sujette à caution : elle ne présente aucune des garanties de fiabilité d’un
véritable sondage.
En effet, cette enquête ne se conforme pas au standard méthodologique des enquêtes d’opinion dans la mesure
où il est possible d’y répondre autant de fois que l’on veut depuis un même poste (aucun blocage des adresses IP). Rien à voir avec l’enquête commandée en 2006 par le GDID qui avait fait appel à
un institut de sondages réputé (IFOP) et qui présentait toutes les assurances méthodologiques nécessaires pour fournir des résultats fiables.
En ne se donnant pas les moyens d’une enquête incontestable, le
SNUipp ruine tous ses efforts de séduction déployés ces derniers temps pour afficher son intention
de faire évoluer la « fonction » de directeur car, quels qu’ils soient, les résultats seront
forcément affectés d’un doute. Doute d’autant plus fort que les deux précédentes enquêtes départementales (06 et 65) de ce syndicat étaient déjà entachées d’approximations, d’erreurs et
d’incohérences qui leur ôtaient toute crédibilité.
Des résultats
inexploitables
Sur le fond, enfin, que penser d’une enquête dont le commanditaire nous donne par avance les réponses
qu’il souhaite y trouver ? Comme indiqué plus haut, le SNUipp affirme clairement ses choix. Il refuse les EPEP, s’oppose à un statut pour les directeurs et indique les mesures qui
lui semblent suffisantes pour améliorer leur situation : « plus de temps, une revalorisation financière, une aide administrative et une clarification
des missions ». Pourquoi, dès lors, proposer de donner « la parole » par le biais d’une enquête qui semble inutile et
orientée ? Que fera le SNUipp de l’avis des collègues puisque le sien semble sans appel ?
En effet, que se passerait-il si, par le plus grand des hasards, les participants se montraient massivement
favorables à la création d’EPEP et à la mise en place d’un statut de directeur ? Désavoué dans ses prises de positions tranchées, la direction du SNUipp démissionnerait-elle,
reconnaîtrait-elle ses erreurs, reprendrait-elle à son compte les souhaits exprimés dans l’enquête, accepterait-elle de porter la lutte dans le sens demandé par les collègues ? Autant de
questions qui risquent de rester sans réponses.
L’enquête présente un autre inconvénient de taille : elle est anonyme, ce qui n’est pas une faute en
soi. Cependant, il deviendra impossible de différencier les réponses apportées par les directeurs et les adjoints puisque chacun aura le loisir de se faire passer pour qui bon lui semble et
autant de fois qu’il le souhaitera. Comment imaginer que les auteurs de cette enquête n’y aient pas pensé ?
Doit-on croire à une quelconque inconséquence des responsables nationaux du SNUipp ou plutôt penser
que ce syndicat recherche avant tout un plébiscite pour légitimer son dogmatisme sur l’évolution de la direction d’école ?
Force est constater que cette enquête ne peut se parer d’aucune valeur scientifique. Quels qu’en soient les
résultats, l’exploitation qui en sera faite ne pourra donner lieu à aucune analyse crédible et incontestée. Et hélas, il est à craindre que comme les précédentes, cette consultation ne contribue
un peu plus à semer le trouble sur les véritables intentions du SNUipp à l’égard des directeurs d’école.
Coup d’épée dans l’eau ou nouvelle manipulation ? Faudra-t-il attendre le mois de mai
(publication des résultats) pour en avoir le cœur net ?
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Si tu es directeur? Ce dont je doute. Si tu as un nom et un prénom? Il me semble que tu ne dois pas en être vraiment fier puisque tu te caches derrière un pseudo digne des pieds nikelés. Et si tu as cinq minutes, je te propose de te rendre ici:
http://www.dirlo.org/perso/consultation.html
Tu pourras toujours voir ce qu'est une consultation honnête et comparer.
Il y a à peu près dix ans s'est créée sous l'impulsion de certains directeurs du sud de notre beau pays le GDID, une association nationale de directeurs et directrices d'école qui se battent pour obtenir un statut juridique. Sans statut, pas de reconnaissance, pas de salaire digne... En 2006 cette association a commandé à l'IFOP un sondage afin de connaître l'opinion des directeurs français. Ce sondage avait recueilli 93 % de réponses positives à la demande d'un statut pour les directeurs d'école avec plus de 10 000 réponses de directeurs!
C'est pourquoi le GDID lance un nouveau sondage pour pour connaitre l'état actuel des problèmes des directeurs d'école. Ce sondage est réservé aux directeurs et directrices d'école. La consultation est nominative (donc n'est pas anonyme), les réponses sont envoyées avec le nom et celui de l'école de rattachement. Si vous êtes directeur ou directrice, et encore plus si vous êtes actuellement en poste, il est important que vous répondiez à ce sondage! Alors...
1) il est anonyme, et n'importe qui peut y répondre -directeurs certes, mais aussi adjoints, voire même un simple quidam. Comment diable peut-on proposer un questionnaire consacré aux difficultés des directeurs à des personnes qui ne le sont pas ou ne l'ont jamais été?
2) il est possible de renvoyer autant de questionnaires que l'on veut! J'y ai déjà pour ma part répondu plusieurs fois... Quelle fiabilité peut-on espérer d'un tel système?
Heureusement qu'aux siècles précédents tout le monde ne pensait pas comme toi... on en serait encore à l'âge de la pierre. ;-))
C'est quoi la définition de la profession?
Primo, les adjoints qui le veulent peuvent s'exprimer à travers l'enquêtouille du SNUipp (nous les encourageons à le faire d'ailleurs), ils ont pu le faire à travers celle du SE, ils ont participé en "masse" (selon le SNUipp) aux États Généraux de la direction et du fonctionnement de l'école... l'avis de la profession on l'a connaît!
N'empêche, quand la MGEN ou le CSS s'alarment, c'est à cause de la situation des dirlos... actuels. Pas de la direction Densi, des directrices et des directeurs d'écoles.
Alors, permets à l'assoc. que nous sommes de prendre la parole quand il s'agit des dirlo et faire en sorte qu'elle ne soit pas noyer dans la masse.
Secondo, au sujet d'un fonctionnement différent de l'école, la profession n'a pas plus, ni moins, à dire que le citoyen lambda. L'école n'est pas la propriété des enseignants. Nous y sommes salariés. Et ça fait une différence.
Le rôle, la place, les missions et le fonctionnement de l'école sont l'affaire de tous.
Les conditions de travail, ça c'est l'affaire des enseignants.
Que je sache, il n'y a pas de sondage de la profession pour revendiquer un statut des PSYSCOS, des CP, des bonus pour les enseignants en ZEP, pour le passage automatique à la HC des directeurs d'établissements spécialisés...
L'avis de la profession, oui, mais uniquement pour le devenir des dirlos?
Conclusion: Sur les revendications à porter pour la direction, nous sommes les premiers intéresses... et les seuls que l'on voudrait ne pas entendre en tant que tel!
Allons Densi...
Et pour compléter le commentaire de Pierrot, j'ajouterais que la profession aurait pu (du?) être consultée sur ce que devrait être le travail des RASED, celui des collègues nommés sur des postes TICE ou EMALA, j'en passe et des meilleurs.
Non, les seuls sur qui tout le monde doit donner son avis, c'est nous. Décidément, nous ne sommes vraiment pas des collègues komelézotres. Nous sommes à ce point inférieurs et subordonnés que tout le monde doit pouvoir définir ce que doit être notre travail !!! Une chose est certaine, c'est que cela va encore augmenter le nombre de nos tâches, car si on veut répondre aux désirs de tous...
Je demande donc officiellement au SNUipp d'ouvrir largement un débat afin de tracer ensemble les évolutions nécessaires pour des syndicats au service de tous les personnels, sans exclusif ni exclusion. Rien que ça ferait déjà avancer notre cause.