Quelle heure ?

 

Soutiens

     

 

Le statut de directeur d'école dans les projets

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

17

 

Recommander

Le site des directeurs

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

  Inscrivez-vous sans tarder à la "newsletter" des "directeurs en lutte"pour recevoir les dernières infos. 

Il suffit d'entrer votre adresse mail dans le cadre de gauche.

 

Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /Fév /2010 08:12

Inspecteur de l'Education nationale durant 30 ans dans le Nord, Pierre Frackowiak a exercé des responsabilités syndicales académiques et nationales. Aujourd’hui inspecteur honoraire, il dresse le portrait de la dégradation de l’image du corps d’inspection dans une tribune intitulée "Les inspecteurs de l’Education Nationale : Un grand corps malade".
Nous reproduisons de larges extraits des propos de Pierre Frackowiak. 

 

"La situation s’est gravement détériorée. L’image du corps, son impact, sa crédibilité sont devenus si faibles que bien des spécialistes s’interrogent sur son avenir et se demandent même si les mesures prises depuis quelques années, mettant les inspecteurs sciemment dans les pires difficultés de leur histoire, ne sont pas inscrites dans la perspective d’une mort annoncée, parfaitement cohérente avec le contexte de réduction de la dépense publique et de libéralisation du système. Ils sont malheureusement les seuls à ne pas s’en rendre compte et à « faire semblant » en avalant, parfois goulument, toutes les couleuvres. La suppression de leur formation initiale, les conditions de leur recrutement qui n’a aujourd’hui plus rien à voir avec toute idée de concours républicain, l’introduction du mérite dans leur rémunération, le mépris avec lequel ils sont considérés dans les séminaires inter académiques où ils sont ouvertement traités comme des valets ou des exécutants interdits de pensée, faux experts jamais consultés, producteurs de milliers de rapports ignorés de l’institution, rendent leur position infiniment moins confortable encore qu’en 2003.

Comme dans les couples en perdition, ils sont les derniers à savoir. Réfugiés dans leur territoire, ils ignorent totalement ce que pensent réellement les enseignants de leur action et de leur conception du métier. Une tradition infantilisante perdure malgré le temps, le changement des générations et l’élévation du niveau de recrutement des enseignants. On ne dit pas à un inspecteur que l’on n’est pas d’accord, qu’il a tort, qu’il dit n’importe quoi, que l’on s’ennuie dans ses conférences, qu’il affirme le contraire de ce qu’il disait quelques années auparavant, que ses attitudes relèvent de l’autoritarisme et du manque de respect… Cela ne se fait toujours pas. Même les syndicats d’enseignants, régulièrement interpellés par leur base sont très réservés et recherchent systématiquement des arrangements discrets en cas de conflit, considérant qu’il vaut mieux ce système hiérarchique qu’un transfert du pouvoir à des élus ou à aux parents."

 

Pierre Frackowiak ne ménage pas ses critiques à l’égard des conditions d’exercice du métier d’inspecteur :

 

     L’annonce de l’inspection.

"La loi impose que les enseignants soient prévenus, ce qui n’était pas le cas naguère. Or, la pratique la plus répandue, dont on me dit qu’elle était recommandée à l’ESEN (école supérieure de l’Education Nationale) est d’annoncer aux victimes qu’elles seront inspectées entre le 1er et le 8, voire entre le 1er et le 15. On justifierait ce détournement de la loi par la nécessité de surprendre pour observer les réalités. Or, outre le fait que tout enseignant peut toujours garder en réserve une belle séquence spécialement préparée pour l’inspection, la méthode est particulièrement scandaleuse. Elle assimile le métier d’inspecteur à un travail de policier contrôleur de flagrants délits". […]

 

     Le délai des renvois des rapports.

"Surprise et « épluchée » dans les moindres détails, effrayée de voir une petite bête dégagée d’un dossier, la victime attend parfois des semaines, voire des mois, son rapport d’inspection sans que personne n’ose protester. L’institution prouve ainsi, s’il en est besoin, que le rapport n’a aucune importance, hors la note. Ceci explique aussi que depuis toujours, les milliers de rapports et de notices d’inspection sont « archivés » sans être exploités pour des regards macroscopiques sur le fonctionnement du système". […]

 

     Les certitudes annoncées en entretien.

"Peu de dialogue vrai. Peu de pensée divergente. L’inspecteur sait tout par cœur". […]

 

     L’incapacité de prouver son expertise.

"Dominique Senore dans son excellent livre « Pour une éthique de l’inspection » indiquait comme règle fondamentale : « Ne demande pas à l’enseignant de faire ce que tu ne saurais pas faire toi-même » et Philippe Meirieu rappelle souvent que la meilleure manière de prouver son expertise est de prendre la classe. Mais vous n’y pensez pas, ma chère… Alors, quand les publics concernés savent que l’inspecteur était réputé pour son incapacité à faire l’école, on peut imaginer le crédit réel de l’intéressé condamné à faire de l’autoritarisme pour asseoir un pouvoir factice. Cause toujours !"

 

Des dérives mortifères

"Le pilotage par les résultats sans moyens de régulation, sans formation, sans réflexion fondamentale sur la transposition de modèles économiques au monde de l’éducation, sans culture, conduit le système à la catastrophe. Mais le snobisme fait rage. Statistiques, courbes, camemberts, feuilles de route, évaluationnite aigue et développement effarant du « teaching for testing », cycle infernal évaluation pointilliste/remédiation illusoire, culpabilisation des enseignants et des élèves, absence de prise en compte sérieuse de la dimension sociale des problèmes. Les yeux rivés sur l’ordinateur, on traque désormais les marges possibles de progrès à moyens réduits. Le règne de la paperasse, de l’administratisation, de la pensée unique, de la répression contre les désobéisseurs et contre l’intelligence collective, est arrivé […] Les enseignants contestent-ils l’aide personnalisée, détournent-ils le dispositif ? Ils font de l’idéologie. Beurk. Le pouvoir lui n’en fait évidemment pas. Le malaise grandit dans les écoles, les enseignants perdent tout enthousiasme et se découragent et souffrent ? Basta. Qu’ils obéissent et fassent comme on leur dit de faire ! Et dans mon territoire, tout va bien. L’académie de médecine condamne sévèrement la semaine de 4 jours et la lourdeur accrue de la journée scolaire, Elle fait de la politique ! Ah, pourtant, généralement, l’académie de médecine ne se distingue pas particulièrement par ses aspirations révolutionnaires. Bon, alors, n’en parlons pas, enterrons le rapport. Les tonnes de paperasse rendues, les heures de réunions inutiles sont critiquées ? Peu importe. Les tableaux sont faits et renvoyés à l’échelon supérieur. Les statistiques sont faites…Les apparences sont sauves…"

 

La réorganisation des écoles avec des directeurs responsables…


"Le corps, décrédibilisé, semble condamné par de nombreux observateurs et experts. La survie peut encore durer quelques années selon les circonstances, avec la poursuite de la baisse du niveau et de la diversité du recrutement pour en justifier la fin, avec une pseudo formation/formatage …

Un évènement attendu risque pourtant de bousculer les conforts illusoires. La réorganisation des écoles, avec des directeurs responsables, bousculera inévitablement les fonctionnements. Certes, c’est une vieille affaire. Des projets antérieurs avaient été abandonnés, projet de droite, les maîtres directeurs de M. Monory, projet de gauche, le rapport du recteur Claude Pair. On sait par ailleurs que l’une des difficultés majeures de la mise en œuvre de la grande loi d’orientation de 1989 a été que le rôle du directeur d’école, depuis lors chargé de l’animation des concertations, du projet d’établissement, de l’organisation des cycles, etc. n’avait pas fait l’objet des mesures qui auraient été nécessaires. On sait que les idées d’établissement public du premier degré sont toujours actives et qu’à droite comme à gauche, on considère généralement que cette question est incontournable et peut-être vitale. Il est évident que si un tel projet se met en place, les missions des inspecteurs seront mécaniquement remises en cause. Bizarrement cela pourrait être salutaire. Car cela imposerait une véritable réflexion sur l’évolution des missions de ce corps. Le directeur prendrait naturellement en charge des tâches administratives, d’animation, de gestion, de relation avec les collectivités qui incombaient aux IEN. Même le pouvoir terrible d’accorder des autorisations d’absence d’une demi-heure ou de quelques jours serait enlevé aux IEN.

Le métier pourrait alors évoluer vers des missions d’accompagnement pédagogique … mais dans un contexte de déni de la pédagogie, cela n’aurait guère de sens.

Il est plus probable qu’une partie des IEN  serait reversée vers les nouveaux postes de direction, certains en sont d’ailleurs assez proches dans leur conception du métier, et qu’une autre partie serait affectée à des missions d’évaluation du système en liaison avec les autres catégories d’inspecteurs, avec un complément de formation aux statistiques. L’inspection individuelle classique donnant de plus en plus des signes d’obsolescence, faute de réflexion collective du corps, serait probablement abandonnée.

Dans les deux cas, l’avenir n’est guère enthousiasmant, seuls les conseillers pédagogiques pourraient, comme c’est déjà massivement le cas depuis plusieurs années, être attirés par un petit galon supplémentaire" […].

  

---------------------------------------------------------------

Les IEN en viendront-ils un jour à prendre la direction des EPEP ? Sauf à y être contraints, on voit mal des cadres ayant détenu une parcelle d’autorité hiérarchique par « délégation » rentrer dans le rang et demander la direction d’un établissement scolaire sur lequel ils n’auraient que peu de prise. Psychologiquement, on imagine également la difficulté de passer de la domination d’une circonscription au travail de terrain sans le moindre « pouvoir » auprès d’une équipe restreinte.

 

Retour à la page d’accueil 


Ecrire un commentaire - Voir les 57 commentaires - Publié dans : Analyses
Retour à l'accueil

Commentaires

Théo et Densi, mea culpa... Sincère.
Il est stupide de prétendre que TOUS les syndicalistes sont comme ci ou comme ça, et des cons il y en a de partout. 
Et non seulement j'ai vieilli, mais je continue...  

En plus dans mon dernier commentaire, je n'essayais pas de stigmatiser, mais de dire que d'un point de vue stratégique le poste de directeur d'EPEP deviendrait intéressant, comme peut l'être un poste qui laisse du temps pour bien faire celui de délégué du personnel, qui est une charge lourde.

Ce qui me gêne avec ta proposition Densi, c'est que l'on dirait que l'on est prêt à tout accepter, pouvu que les directeurs actuels ne deviennent pas des directeurs.

De plus, satelliser les écoles autour d'un collège, ne réglera ni le problème des dirlos (il faudra bien un responsable sur site), ni celui de l'autonomie (globaliser les moyens avec le collège, bonjour!).

Je crois vraiment que le Primaire, de par son public, sa proximité, son fonctionnement, à tout intérêt à rester indépendant du secondaire.

Mais, on verra, les Principaux ont un projet tout ficelé (ils craignent aussi pour leur petite structure). 
 
Commentaire n°51 posté par Pierrot le 20/02/2010 à 19h39
"les Principaux ont un projet tout ficelé "

Je vois pas ce que tu veux dire Pierrot. Encore une fois, ce sont des bruits colportés inutilement. D'ailleurs, je me demande bien dans quel but puisque personne n'y croit.
Pourquoi les principaux de collège iraient-il se coltiner une école avec un fonctionnement si différent de celui des collèges.
Sois rassuré Pierrot, personne ne veut piquer notre place.
Commentaire n°52 posté par Gégé le 21/02/2010 à 12h22

Commence par balayer devant ta porte Gégé, après on verra.
Je faisais partie de la délégation GDiD qui a rencontré le SNPDEN-unsa, et oui, depuis l'annonce de la création d'EPEP, le SNDPEN s'est positionné pour une solution alternative en s'appuyant:
1- sur la cohérence de la scolarité obligatoire: 6 / 16 ans.
2- sur une structure juridique existante, le collège, (avec les RAR comme exemple de fonctionnement, ou encore la mise à disposition des AVS...)
3- sur l'absence de propositions et de réactions des syndicats du Primaires (c'était en Fin 2008)
 Et, enfin cela leur permettrait de "sauver" leurs petites structures, notamment en milieux rural.

Je veux bien croire qu'il existe des syndicalistes investis de leurs missions, et je comprends que certains de mes commentaires puissent blesser ceux-là.
Mais toi, Gégé, tu ne leur fais pas honneur.
Non seulement tu n'apportes rien en terme d'arguments au débats, mais tu désinformes en permanence, et en plus tu ramènes toujours le débats au niveau 0.
Je n'ai pas peur que l'on me pique ma place, c'est complètement stupide et révélateur de prendre le sujet sous cet angle, même s'il existe un bon nombre de "faisant fonction" qui, eux, peuvent craindre pour leur place (et dans leur cas, c'est un vrai problème)
Le problème est de savoir ce qui serait bon pour l'école, ce sur quoi tu évites obstinément de te positionner.

même si j'ai été mal interprété, je prétends que les postes de directeurs d'EPEP, comme ils sont définis actuellement, représentent des enjeux stratégiques et/ou carriéristes qui n'ont rien à voir avec une volonté de donner les moyens à l'école de mieux fonctionner.

*Si j'avais peur pour moi, j'aurais choisi les couloirs des courtisans...

Commentaire n°53 posté par Pierrot le 21/02/2010 à 13h13

Ton analyse me semble très pertinente, Pierrot.

Très récemment, dans une réunion, notre IA a "informé" d'une expérimentation sur deux "collège" isolé. Il constitue un "truc" qui ne porte pas de nom mais qui fédère autour de lui les quelques écoles existantes. Pour lui, ce système va lui permettre de défendre les petits collèges ruraux...
Comme personne ne le savait, ( et moi, syndiqué, je le précise, n'ai strictement rien lu sur ce sujet, mais me demande-t-on mon avis ?) et bah... on attendra les conclusions qu'il en tirera... lui et le MEN qui lui a donné son accord pour expérimenter...
Alors oui, je pense qu'il y a effectivement trois "entrées" possibles :
- autour des Collèges avec un sous directeur en charge du 1er degré comme les écoles et lycées internationaux
- autour des IEN qui auraient un adjoint en charge de l'administration du 1er degré
- les EPEP quand la structure est importante

Si je suis ce forum, c'est que je pense :
- qu'il faut laisser aux écoles les moyens d'exister au plus près du local, en prenant en compte les autres partenaires locaux qui existent désormais : accueil péri post scolaire, aides aux devoirs... bref, un statut et des fonctions...
- qu'il faut que les dirlos, ceux qui souhaitent effectivement être dirlo, soient promus vers ce nouveau corps qui se dessinent en toute clarté. Ces postes à profil qui existent déjà ça et là me choquent. Assiste-t-on à une nouvelle façon de gérer les départements ?
- qu'il faut que ces futurs dirlos soient des enseignants du 1er degré qui aient exercé, pour comprendre les difficultés. J'irai même plus loin : comme les CP, (et les Représentants syndicaux s'ils sont déchargés à temps plein depuis si longtemps... ) il devrait avoir l'obligation de reprendre une classe cycliquement "pendant un temps donné" pour se rendre compte que l'école, les élèves, les parents, les demandes en veux-tu en voilà  évoluent d'années en années.

Kermg

Commentaire n°54 posté par gaudel le 21/02/2010 à 14h25
'Ce qui me gêne avec ta proposition Densi, c'est que l'on dirait que l'on est prêt à tout accepter, pouvu que les directeurs actuels ne deviennent pas des directeurs'
Du tout mais c'est la solution intermédiaire qui me paraît la plus réaliste (encadrement comptable et juridique), la plus cohérente dans la proximité et le suivi péda des élèves, le tout  en renforçant le pouvoir des dirlos en place (en gros comme les directeurs de SEGPA, adjoints aux principaux et décisionnaire  dans le projet de l'établissement), le tout en gardant le personnel en place (à la diff. des epep qui pourraient être gérés par des cadres ext à l'EN) car franchement si le projet EPE du GDID est intéressant, qui peut croire qu'il puisse passer tel que. Donc, comme çà ne peut continuer ainsi pour toutes les raisons que l'on connaît, entre l'epep et cette solution, il n'y a pas photo. Et même sans choix par défaut ce système me paraît avoir réellement un intérêt car je ne crois pas à l'autonomie totale de l'établissement école.
Commentaire n°55 posté par Densi le 21/02/2010 à 14h56
car franchement si le projet EPE du GDID est intéressant, qui peut croire qu'il puisse passer tel que.

 Je ne retiendrais de cette phrase que la première partie .
Moi, je pense qu'il peut passer tel quel parce qu'il est équilibré, mais je ne suis pas gêner par l'idée qu'il puisse être amendé par d'autres. L'école étant un bien public, il est normal que les autres partenaires apportent leurs contributions. L'essentiel étant l'accord le plus large possible sur les principes. Dans ce domaine, on n'aura pas raison tout seul.

La satellisation des écoles autour du collège, avec comme exemple les SEGPA (quand tu me parles de faisabilité, raisonnablement je ne crois pas que l'on accordera les mêmes moyens à tous les dirlos... mais , à ce niveau, ça peut se discuter) à un défaut majeur à mes yeux: la notion de proximité. L'école doit rester communale, de quartier, en prise directe avec son bassin d'inscription et ses missions vont au delà de la "transmission" des savoirs. La polyvalence de ses maîtres est, pour moi, essentielle car adéquate à l'âge de nos élèves. 
En prenant le collège comme unité on change d'échelle (Le public des SEGPA, n'est pas un public "local", d'où une différence des missions). Le glissement vers la "collégialisation" du Primaire deviendrait une dérive possible et, en s'appuyant sur l'âge de l'enseignement obligatoire, on isole la maternelle... 

Précision, je suis absolument opposé à une Autonomie totale des écoles. Les programmes, les diplômes, le niveau de recrutement des maîtres, leur formation... Tout cela doit rester national. Quand je parle d'Autonomie, c'est au niveau de la réactivité, du pilotage, du financement, de la régulation des projets.
Quand je parle d'Autonomie de l'école, c'est en voulant qu'elle s'émancipe des IEN, et qu'elle existe face aux élus.
Prendre du pouvoir (et pas LE pouvoir) en haut pour le redistribuer en bas.

 
Commentaire n°56 posté par Pierrot le 22/02/2010 à 08h19
A Densi

Il est un domaine où cet encadrement des écoles par les collèges existe déjà, celui de l’éducation prioritaire.
Travaillant depuis mes débuts comme dirlo dans des écoles en DSU, puis ZEP, puis REP, j’ai pu en constater les évolutions.
On est passé, en 15 ans, d’un partenariat à un assujetissement pur et simple.

Là où, aux débuts, écoles et collèges travaillaient ensemble sur des objectifs communs, dégageaient des priorités pédagogiques et finançaient les divers projets à parts égales, les comités de pilotage actuels sont totalement fictifs et ne servent plus qu’aux financements annexes du secondaire.
Le tout, bien entendu, au nom des logiques comptables et juridiques. Un domaine de plus où l’inexistence administrative et juridique des écoles nous porte tort permanent.
Années 90, les écoles ne pouvant, légalement, recevoir de subventions, nous étions tenus à de savants montages et des recherches de « maîtres d’œuvre », le plus souvent des centres sociaux ou des assos.
Aujourd’hui, régulation comptable oblige, l’ensemble des maigres picaillons est dans la caisse du collège et n’en sort que très difficilement.
L’an dernier, par exemple, 90 % des financements REP sont allés aux collèges de mon REP, et le peu de reste a été partagé entre les 10 écoles du réseau. L’encadrement comptable est réel, mais pas à notre avantage …

Quant au pédagogique, ce n’est plus qu’une notion de papier. Ainsi, depuis la rentrée, le comité de pilotage de mon REP ne s’est pas encore réuni une seule fois. Autant dire que le pilotage pédagogique n’est guère le souci des responsables de ce réseau…


Je pense donc que l’on a bien plus à perdre qu’à gagner à confier la gestion des écoles primaires à des chefs d’établissements du secondaire.

Thierry fabre

PS Une semaine de vacances m’ont fait louper les succulentes interventions de Mâme Loiseau (commentaire n° 24) et Msieu Pasbobo (commentaire n° 28)
Je renvoie l’une au commentaire n° 19, qui lui sied bien, et l’autre à …rien, puisqu’il n’est rien…
Merci au passage pour ceux qui leur ont répondu en mon absence. Sympa de votre part, même si d’aucun vous a trouvé trop « zélés »
A tout prendre, il vaut mieux être des zélés que des zélotes, voire des ilotes…
Commentaire n°57 posté par thierry fabre le 23/02/2010 à 11h12

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés