Quelle heure

 

Le statut du directeur

     

 

Le statut de directeur d'école dans les projets

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

 

13

 

Recommander

Le site des directeurs

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

  Inscrivez-vous sans tarder à la "newsletter" des "directeurs en lutte"pour recevoir les dernières infos. 

Il suffit d'entrer votre adresse mail dans le cadre de gauche.

 

Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 18:00

L’année 2011 se termine. Pour les directeurs d’école, elle restera une année comme les autres, sans aucune avancée concrète. Certes, des soutiens sont venus leur rappeler leur rôle irremplaçable à la tête des écoles, leur dire qu’ils méritaient une vraie reconnaissance et même un statut.

Paroles rassurantes, paroles encourageantes mais paroles… verbales. Paroles, paroles, paroles…

En cette fin d’année, les directeurs d’école sont plus que jamais découragés du manque de reconnaissance que leur manifestent les responsables politiques. Certains baissent les bras et rendent leur tablier. D’autres essaient de faire modestement leur travail. Mais la plupart ont cessé de croire aux promesses électoralistes des politiciens qui se succèdent au pouvoir depuis 30 ans…

A quelques jours de la nouvelle année, il nous a semblé important de pousser quelques coups de gueule face au déferlement de scandales et d’injustices qui touchent l’Education nationale au moment où l’on nous demande de toujours faire plus d’efforts sans contrepartie, où l’on réduit le pouvoir d’achat et que se dégradent encore et toujours les conditions de travail des directeurs d’école.

Le statut en or d’un directeur pas comme les autres… 

On connaissait les bonus des banquiers et des traders, les rémunérations exorbitantes, les stock-options et les parachutes dorés des dirigeants du CAC 40... Le site d'informations Mediapart nous révèle que les dirigeants de Sciences-Po Paris touchent aussi des super bonus.

On apprend ainsi que les primes des cadres dirigeants de la prestigieuse école de la rue Saint-Guillaume atteignent plusieurs centaines de milliers d’euros par an et qu’elles sont attribuées en toute opacité par le directeur de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris, Richard Descoings.

Richard Descoings toucherait un salaire d’environ 25.000 € par mois. Une rémunération inhabituelle dans l’enseignement supérieur puisqu’elle représente 5 fois celle d’un président d’université qui touche entre 4.500 et 6.000 euros par mois environ.

A ce salaire de chef d’entreprise, s’ajoute une prime de résultat qui peut aller jusqu’à 30% de la rémunération annuelle brute globale de chacun des directeurs. Or, il faut savoir que si cette école est de plus en plus financée par les droits d’inscription qui ne cessent d’augmenter depuis quinze ans (jusqu’à 9 300 € par an pour le collège universitaire, et 13 000 € pour le master, sur l’année 2011-2012) et le mécénat d’entreprises, la rue Saint-Guillaume reste majoritairement abondée par l’Etat. En 2010, 57% de son budget provenait de subventions publiques !

 

A-t-on entendu Luc Chatel dénoncer ces super bonus de celui qui fut, un temps, annoncé comme possible ministre de l’Education nationale ?

 

A-t-on vu Abel Mestre, du quotidien « Le Monde », s’étrangler devant ce fonctionnement ultra libéral de l’équipe de direction de cette école, lui qui pourfendait la proposition d’accorder un statut d’établissement à l’école primaire ? Rappelons ce que ce journaliste, peu au fait des questions d’éducation, se permettait d’écrire début octobre : « En ce qui concerne l'école primaire, un nouvel établissement public serait créé et doté de la personnalité juridique. Il aurait une "autonomie administrative et financière", avec à sa tête un directeur "manager" qui impulserait "le projet pédagogique" de l'école. Une mesure qui entre en contradiction avec la ligne "républicaine" et étatiste développée par ailleurs par Mme Le Pen, puisqu'untel statut reviendrait de fait à avoir des écoles plus riches que d'autres et entre dans une vision très libérale – au sens économique – de l'école. »

Les 20 milliards de l’UMP pour l’école… 


A l’approche de la présidentielle, tous les candidats jouent la carte de l’école. Après avoir taclé les 60 000 recrutements promis par François Hollande, Jean-François Copé annonce « 20 milliards de dépenses nouvelles dans l’Education au sens large » dans un projet pensé « pour protéger et préparer l'avenir des enfants de France ». Ces 20 milliards incluent ainsi « la revalorisation des salaires des enseignants du primaire et du secondaire » notamment « la revalorisation des salaires des enseignants s'impliquant davantage dans le suivi personnalisé des élèves », le « développement de l'apprentissage » ou encore « l'ouverture de nouvelles places en crèche et en jardin d'éveil ».

Alors que le gouvernement a décidé de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, que les salaires sont gelés, que des postes sont supprimés dans tous les domaines rendant les conditions de travail de plus en plus difficiles, voilà qu’on nous annonce que demain on rase gratis…

« Cela n'engage pas notre candidat, mais gageons qu'un certain nombre de nos propositions vont l'intéresser », admet Jean-François Copé. On ne pourra pas dire qu’on n’avait pas été prévenus…

Le ministère accélère l'annonce des suppressions de postes d'enseignants…

 


A quelques heures du début des vacances scolaires de Noël, vendredi 16 décembre, le ministère a présenté aux organisations syndicales la répartition par académie des suppressions de postes dans l'éducation nationale pour la rentrée 2012 alors que son budget n'a pas encore été définitivement adopté par le Parlement.

 

D'ordinaire, cette annonce intervient fin décembre, début janvier. Mais l'élection présidentielle approche. "Il faut dégager le terrain pour la campagne", soutient Christian Chevalier, secrétaire général du syndicat SE-UNSA. Un terrain miné par la suppression de 14 000 postes en 2012 (dont 5 700 dans le premier degré et 6 550 dans le secondaire), qui viennent s'ajouter aux 66 000 suppressions intervenues depuis 2007.

 

En janvier 2011, l'annonce de la répartition des emplois supprimés sur le territoire avait déclenché, tout au long du premier semestre, une vague de protestations de la part des élus locaux, des parents d'élèves, des enseignants. La communauté éducative disait alors que le « mammouth » était « à l'os », qu'il ne pourrait pas supporter une nouvelle « cure d'amaigrissement ».

 

Luc Chatel soutient le contraire. « On peut continuer à ne pas remplacer une partie des départs en retraite », a-t-il déclaré fin novembre, lors d'un séminaire consacré à la RGPP, la révision générale des politiques publiques.
Le ministère ne précise pas que ses prévisions d'effectifs montrent une hausse significative du nombre d'élèves à la rentrée 2012, effet du "boom" démographique du début des années 2000 : 6 000 élèves de plus sont attendus dans les écoles primaires à la prochaine rentrée, 21 200 dans les collèges, 6 600 dans les lycées généraux et technologiques, selon les documents budgétaires débattus par les parlementaires.

 

Rappelons que le président de la République avait promis, en juin, de « sanctuariser » l’école primaire. Les recteurs devront donc encore réduire la scolarisation de moins de 3 ans (passée de 34,5 % en 2000 à 13 % en 2011). Il leur faudra aussi toucher aux « postes invisibles » : les intervenants en langues (ce qu’il en reste), les RASED, les conseillers pédagogiques…

Heureusement, demain on rase gratis…

Statistiques ou communication ?

 

« Depuis une dizaine d’années, le pourcentage d’élèves en difficulté face à l’écrit a augmenté de manière significative et près d’un élève sur cinq est aujourd’hui concerné en début de 6ème.

Si le niveau de compréhension de l’écrit des élèves moyens n’a pas évolué, la plupart des évaluations témoignent d’une aggravation des difficultés parmi les élèves les plus faibles.

Alors que la maîtrise des mécanismes de base de la lecture reste stable, les compétences langagières (orthographe, vocabulaire, syntaxe) sont en baisse, ce qui explique l’aggravation du déficit de compréhension des textes écrits, parmi les élèves les plus faibles. »

 

C’est l’Insee qui, le 16 novembre dernier, dans son « Portrait social » divulgue les résultats de deux enquêtes retenues par le ministre Luc Chatel.

 

En novembre, un collectif “Interstat” composé de syndicalistes de l’INSEE et des autres services ministériels dénonçait déjà dans un manifeste paru dans Médiapart,le manque d’indépendance des statistiques officielles et la volonté du ministère de “retenir” certaines études défavorables à la propagande ministérielle.

 

« Interstat, collectif de syndicats de l'Insee et des Services statistiques ministériels (SSM), doit s'insurger une nouvelle fois contre les pratiques de nos dirigeants politiques. L'indépendance de la statistique publique, inscrite dans la loi depuis la Loi de modernisation de l'économie d'août 2008, est une réalité que les agissements des gouvernements et de leurs entourages tentent de remettre en cause.

 

Comme en 2008, il nous faut rappeler au ministre de l'Éducation nationale, que la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) n'est pas un service statistique dont il serait le seul utilisateur, mais qu'elle fait partie du service statistique public.

 

Des publications validées et prêtes à être diffusées sont retenues en attendant une éventuelle communication du ministre sur le sujet, ou un moment plus propice pour qu'elle ne génère pas de polémique dans le débat social.

 

La rétention d'information est une atteinte à la démocratie

 

Cette rétention d'information a pour objectif de faciliter la communication du ministre. Ainsi, ce dernier a pu s'enorgueillir, lors de sa conférence de presse de rentrée (1er septembre 2011) d'améliorer les compétences des élèves malgré la hausse du nombre d'élèves et la baisse du nombre d'enseignants. Ces résultats sont pourtant sujets à caution : alors que jusqu'au milieu des années 2000, les enquêtes dont sont tirés ces résultats étaient conçues et réalisées conjointement par des statisticiens et des enseignants. Elles sont à présent menées par la Direction pédagogique du ministère (DGESCO). Or la DGESCO n'est pas un service statistique, et ne bénéficie donc pas de l'indépendance vis-à-vis du ministère dont jouissent légalement les services statistiques ministériels. »

 

Ainsi peut-on lire sous la plume de Maryline Baumard dans  Le Monde du 12 décembre que « Le jour de la parution de l'ouvrage, les statisticiens de la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) ont été priés de ne pas commenter ces résultats qui ne suivaient pas la "bonne" courbe.

 

Dix jours plus tard, le cabinet de Luc Chatel publie l'une des enquêtes. La seconde qui compare le niveau des élèves entre 1997 et 2007 est toujours au fond d'un tiroir: "Ce qui s'est passé là est assez symptomatique. Nos enquêtes sont bienvenues lorsqu'elles accompagnent la communication du ministre. Sinon, elles attendent, rappelle un chercheur, sous couvert d'anonymat. Et plus encore si elles montrent une baisse de niveau." »

 

"Il est regrettable que le ministère préfère mettre en avant les résultats contestables des évaluations CE1 et CM2, mises en place depuis quatre ans par la DGESCO, évaluations qui ont surtout pour objectif de nourrir la communication ministérielle au détriment d'une information étayée sur une méthodologie rigoureuse", estime Jean-Claude Emin, ancien sous-directeur de la DEPP.  

 

Bonne Année quand même… En 2012, on rase gratis.  

 

Retour à la page d’accueil


Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires - Publié dans : Analyses
Retour à l'accueil

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés