L’année 2011 se termine. Pour les directeurs
d’école, elle restera une année comme les autres, sans aucune avancée concrète. Certes, des soutiens sont venus leur rappeler leur rôle irremplaçable à la tête des écoles, leur dire qu’ils
méritaient une vraie reconnaissance et même un statut.
Paroles rassurantes, paroles encourageantes mais paroles… verbales. Paroles, paroles, paroles…
En cette fin d’année, les directeurs d’école sont plus que jamais découragés du manque de reconnaissance que
leur manifestent les responsables politiques. Certains baissent les bras et rendent leur tablier. D’autres essaient de faire modestement leur travail. Mais la plupart ont cessé de croire aux
promesses électoralistes des politiciens qui se succèdent au pouvoir depuis 30 ans…
A quelques jours de la nouvelle année, il nous a semblé important de pousser quelques coups de gueule face au
déferlement de scandales et d’injustices qui touchent l’Education nationale au moment où l’on nous demande de toujours faire plus d’efforts sans contrepartie, où l’on réduit le pouvoir d’achat et
que se dégradent encore et toujours les conditions de travail des directeurs d’école.
Le statut en or d’un directeur pas comme les autres…
On connaissait
les bonus des banquiers et des traders, les rémunérations exorbitantes, les stock-options et les parachutes dorés des dirigeants du CAC 40... Le site d'informations Mediapart nous révèle que les dirigeants de Sciences-Po Paris touchent aussi des super
bonus.
On apprend
ainsi que les primes des cadres dirigeants de la prestigieuse école de
la rue Saint-Guillaume atteignent plusieurs centaines de milliers d’euros par an et qu’elles sont
attribuées en toute opacité par le directeur de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris, Richard Descoings.
Richard Descoings toucherait
un salaire d’environ 25.000 € par mois. Une rémunération inhabituelle dans l’enseignement supérieur puisqu’elle représente 5 fois celle d’un président d’université qui touche entre 4.500 et 6.000
euros par mois environ.
A ce salaire de chef
d’entreprise, s’ajoute une prime de résultat qui peut aller jusqu’à 30% de la
rémunération annuelle brute globale de chacun des directeurs. Or, il faut savoir que si cette école est de plus en plus financée par les droits d’inscription qui ne cessent
d’augmenter depuis quinze ans (jusqu’à 9 300 € par an pour le collège universitaire, et 13 000 € pour le master, sur l’année 2011-2012) et le mécénat d’entreprises, la rue
Saint-Guillaume reste majoritairement abondée par l’Etat. En 2010, 57% de son budget provenait de subventions publiques !
A-t-on entendu Luc Chatel dénoncer ces super
bonus de celui qui fut, un temps, annoncé comme possible ministre de l’Education
nationale ?
A-t-on vu Abel Mestre, du quotidien « Le Monde », s’étrangler devant ce
fonctionnement ultra libéral de
l’équipe de direction de cette école, lui qui pourfendait la proposition d’accorder un statut d’établissement à l’école primaire ? Rappelons ce que ce journaliste, peu au fait des questions
d’éducation, se permettait d’écrire début octobre : « En ce qui concerne
l'école primaire, un nouvel établissement public serait créé et doté de la personnalité juridique. Il aurait une "autonomie administrative et financière", avec à sa tête un directeur "manager" qui impulserait "le projet pédagogique" de l'école. Une mesure qui entre en contradiction avec la ligne "républicaine" et étatiste développée par ailleurs par Mme Le Pen,
puisqu'untel statut reviendrait de fait à avoir des écoles plus riches que d'autres et entre dans une
vision très libérale – au sens économique – de l'école. »
Les 20 milliards de l’UMP pour l’école…
A l’approche de la présidentielle, tous les candidats jouent la carte de l’école.
Après avoir taclé les 60
000 recrutements promis par François Hollande, Jean-François Copé annonce « 20 milliards de dépenses
nouvelles dans l’Education au sens large » dans un projet pensé «
pour protéger et préparer l'avenir des enfants de France ». Ces 20 milliards incluent ainsi « la revalorisation des salaires des enseignants du primaire et du secondaire »
notamment « la revalorisation des salaires des
enseignants s'impliquant davantage dans le suivi personnalisé des élèves », le « développement de
l'apprentissage » ou encore « l'ouverture de nouvelles places en crèche et en jardin d'éveil ».
Alors que le
gouvernement a décidé de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, que les salaires sont gelés, que des postes sont supprimés dans tous les domaines rendant les conditions
de travail de plus en plus difficiles, voilà qu’on nous annonce que demain on rase gratis…
« Cela n'engage pas notre candidat, mais gageons
qu'un certain nombre de nos propositions vont l'intéresser », admet Jean-François Copé. On ne pourra pas dire qu’on n’avait pas été prévenus…
Le ministère accélère l'annonce des suppressions de postes d'enseignants…
A quelques heures du
début des vacances scolaires de Noël, vendredi 16 décembre, le ministère a présenté aux organisations syndicales la répartition par académie des suppressions de postes dans l'éducation nationale
pour la rentrée 2012 alors que son budget n'a pas encore été définitivement adopté par le Parlement.
D'ordinaire, cette annonce intervient fin décembre, début janvier. Mais l'élection présidentielle approche.
"Il faut dégager le terrain pour la campagne", soutient Christian Chevalier, secrétaire
général du syndicat SE-UNSA. Un terrain miné par la suppression de 14 000 postes en 2012 (dont 5 700 dans le premier degré et 6 550 dans le secondaire), qui viennent s'ajouter aux 66 000
suppressions intervenues depuis 2007.
En janvier 2011, l'annonce de la répartition des emplois supprimés sur le territoire avait déclenché, tout au
long du premier semestre, une vague de protestations de la part des élus locaux, des parents d'élèves, des enseignants. La communauté éducative disait alors que le « mammouth » était « à l'os », qu'il ne pourrait pas supporter une nouvelle « cure d'amaigrissement ».
Luc Chatel soutient le contraire. « On peut continuer à ne pas
remplacer une partie des départs en retraite », a-t-il déclaré fin novembre, lors d'un séminaire consacré à la RGPP, la révision générale des politiques publiques.
Le ministère ne précise pas que ses prévisions d'effectifs montrent une hausse significative du nombre d'élèves à la rentrée 2012, effet du "boom" démographique du début
des années 2000 : 6 000 élèves de plus sont attendus dans les écoles primaires à la prochaine rentrée, 21 200 dans les collèges, 6 600 dans les lycées généraux et technologiques, selon les
documents budgétaires débattus par les parlementaires.
Rappelons que le président de la République avait promis, en juin, de « sanctuariser » l’école primaire. Les recteurs devront donc encore réduire la scolarisation
de moins de 3 ans (passée de 34,5 % en 2000 à 13 % en 2011). Il leur faudra aussi toucher aux « postes invisibles » : les intervenants
en langues (ce qu’il en reste), les RASED, les conseillers pédagogiques…
Heureusement,
demain on rase gratis…
Statistiques
ou communication ?
« Depuis une dizaine
d’années, le pourcentage d’élèves en difficulté face à l’écrit a augmenté de manière significative et près d’un élève sur cinq est aujourd’hui concerné en début de 6ème.
Si le niveau
de compréhension de l’écrit des élèves moyens n’a pas évolué, la plupart des évaluations témoignent d’une aggravation des difficultés parmi les élèves les plus faibles.
Alors que la
maîtrise des mécanismes de base de la lecture reste stable, les compétences langagières (orthographe, vocabulaire, syntaxe) sont en baisse, ce qui explique l’aggravation du déficit de
compréhension des textes écrits, parmi les élèves les plus faibles. »
C’est l’Insee qui, le 16 novembre dernier, dans son
« Portrait social » divulgue les résultats de deux enquêtes retenues par le ministre
Luc Chatel.
En novembre, un collectif “Interstat” composé de
syndicalistes de l’INSEE et des autres services ministériels dénonçait déjà dans un manifeste paru dans Médiapart,le manque d’indépendance des statistiques officielles et la volonté du ministère de “retenir” certaines études défavorables à la propagande ministérielle.
« Interstat, collectif de syndicats de l'Insee et des Services statistiques ministériels (SSM), doit s'insurger une
nouvelle fois contre les pratiques de nos dirigeants politiques. L'indépendance de la statistique publique, inscrite dans la loi depuis la Loi de modernisation de l'économie d'août 2008, est une
réalité que les agissements des gouvernements et de leurs entourages tentent de remettre en cause.
Comme en 2008, il nous faut rappeler au ministre de l'Éducation
nationale, que la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) n'est pas un service statistique dont il serait le seul utilisateur, mais qu'elle fait partie du service
statistique public.
Des publications validées et prêtes à être diffusées sont retenues
en attendant une éventuelle communication du ministre sur le sujet, ou un moment plus propice pour qu'elle ne génère pas de polémique dans le débat social.
La rétention
d'information est une atteinte à la démocratie
Cette rétention d'information a pour
objectif de faciliter la communication du ministre. Ainsi, ce dernier a pu s'enorgueillir, lors de sa conférence de presse de rentrée (1er septembre 2011) d'améliorer les compétences des élèves
malgré la hausse du nombre d'élèves et la baisse du nombre d'enseignants. Ces résultats sont pourtant sujets à caution : alors que jusqu'au milieu des années 2000, les enquêtes dont sont tirés
ces résultats étaient conçues et réalisées conjointement par des statisticiens et des enseignants. Elles sont à présent menées par la Direction pédagogique du ministère (DGESCO). Or la DGESCO
n'est pas un service statistique, et ne bénéficie donc pas de l'indépendance vis-à-vis du ministère dont jouissent légalement les services statistiques ministériels. »
Ainsi peut-on lire sous la plume de Maryline Baumard
dans Le Monde du 12 décembre que « Le jour de la parution de l'ouvrage, les statisticiens de la
direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) ont été priés de ne pas commenter ces résultats qui ne suivaient pas la "bonne" courbe.
Dix jours plus tard, le cabinet de Luc Chatel publie l'une des enquêtes. La seconde
qui compare le niveau des élèves entre 1997 et 2007 est toujours au fond d'un tiroir: "Ce qui s'est passé là est assez
symptomatique. Nos enquêtes sont bienvenues lorsqu'elles accompagnent la communication du ministre. Sinon, elles attendent, rappelle un chercheur, sous couvert d'anonymat. Et plus encore si elles
montrent une baisse de niveau." »
"Il est regrettable que le ministère préfère mettre en avant les résultats contestables des évaluations
CE1 et CM2, mises en place depuis quatre ans par la DGESCO, évaluations qui ont surtout pour objectif de nourrir la communication ministérielle au détriment d'une information étayée sur une
méthodologie rigoureuse", estime Jean-Claude Emin, ancien sous-directeur de la
DEPP.
Bonne Année quand même… En 2012, on rase
gratis.
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les DON QUICHOTTE ne sont plus de saison. Les résultats des élections professionnelles sont là.
Même les DIRLO ne savent pas ce qu'ils veulent.
Bien à vous
Tant que nous serons en période électorale -et avec les présidentielles tous les cinq ans nous resterons en permanence en période électorale-, nous entendrons tout et n'importe quoi, et personne ne fera rien rien rien. Quant au ministre... disons-le clairement, il garde sous le coude ce qui fâche le popu, braille à tue-tête ce qui flatte le popu, n'est plus à une approximation près en bon politicard qu'il est. N'évoquons pas, par pudeur, les centrales syndicales, qui préfère à juste titre se la boucler après le fiasco annoncé de deux grèves superfétatoires ridicules et comme toujours inutiles. Bref, joyeux Noël, chers collègues, surtout reposez-vous bien pendant ces vacances parce que le petit Jésus ne vous fera aucun cadeau dans les mois qui viennent.
Il y a une contradiction dans ce que tu écris Pascal. Il y a quelques mois, certains (dont toi) disaient qu'il fallait profiter de l'élection pour peser sur les candidats et leur programme. J'étais d'accord avec vous. Mais voilà que tu dis qu'il n'y a rien à espérer car nous sommes en perpétuelle campagne électorale avec le quinquennat. Et dans le même temps, tu reproches aux syndicats de se faire entendre. Alors, question simple : tu proposes quoi pour nous faire entendre compte tenu qu'on est en campagne permanente et qu'il ne faut s'attendre à rien durant ce temps ?
Bonjour à toutes et tous.
Une IDEE pour la prochaine GREVE : Marre de laisser 1 trentième de salaire ? Solidaire du mouvement ? Voici peut-être une solution qui toucherait davantage nos dirigeants : On vient bosser (avec un brassard de soutien) --> on est donc payé car on bosse ! On envoie à une association caritative un chèque de 1 soixantième de salaire : on perd moins qu'une journée de grève... et de plus, l'état devra nous rembourser (via les impôts) les 2 tiers de ce versement soit 1 quarantième de notre salaire.
Bilan, si TOUT LE MONDE fait de même : la grève pèsera lourd économiquement et nous n'y "laisserons" que peu ; de plus, les associations se réjouiront de cette mane dont elles ont tant besoin...
Il faut bien entendu LE FAIRE SAVOIR par voix de presse et médiatiquement !
Une idée à cogiter durant ces congés de fin d'année.
Bon courage à tous et toutes.
Meilleurs voeux pour 2012 (c'est pas dur d'en espérer de meilleurs !).
@VAN BOXSOM
"Une IDEE pour la prochaine GREVE : Marre de laisser 1 trentième de salaire ? Solidaire du mouvement ? Voici peut-être une solution qui toucherait davantage nos dirigeants : On vient bosser (avec un brassard de soutien) --> on est donc payé car on bosse ! On envoie à une association caritative un chèque"
Je suppose que t'es nouveau sur ce site. Les collègues dirlos du GIDD l'ont essayé il y a 2 ou 3 ans. Ils voulaient contrer les "grèves inutiles" des syndicats... Ils pensaient aussi mettre en difficulté le gouvernement obligé de mettre la main à la poche. Tu parles... une goutte d'eau ! Ils ont fait une pub pas possible, ici et sur leur site, pour ce qu'ils appelaient la J.A.S. Tout le monde a oublié ce que ça voulait dire...
Exactement ce que tu proposes. Ils ont médiatisé leur truc. Je crois même me souvenir que leur chef de l'époque était monté à Paris pour rencontrer les médias et remettre les chèques à une asso caritative.
Bon, ça partait d'un bon sentiment mais ca a été un FLOP. On ne résiste pas au rouleau compresseur du pouvoir avec de bons sentiments ! Ben oui, ça ne suffit pas.
Un tel FLOP qu'ils l'ont vite abandonnée, cette idée.
Belle idée belle idée vanBosxom. On peux facilement imaginer ce qu'a fait économiser au Gvt la dernière grèvette. "Un tour de chauffe" nous a-t-on dit pour préparer les mobilisations futures.
la dernière fois c'était pour contrer le budget de l'EN. Voté!
Avant c'était contre la réforme de la retraite,. Passée et aggravée!
là c'était pour faire le nombre avec les profs du secondaire au sujet de leur évaluation. (pour nous cela reste par l'IEN et tous les 3 ans... Et le SGEN avait obtenu l'ouverture des discutions, ce qui aurait permis de retarder au moins la date de la grève!). Rien, comme avant la grève.
Et à la rentrée ce sera contre la suppression des postes... On verra, mais je peux ouvrir les paris
C'est certain que si on trouvait une action qui coûte au Gvt et qui en même temps sensibiliserait les parents (qui s'en vont en masse dans le privé).
Le coup du brassard les pompiers le font et ça marche. Dans nos écoles où nus voyons beaucoup de parents on pourrait faire une semaine de mobilisation, les sensibiliser directement à nos problèmes, organiser des collectes et verser à une oeuvre laïque...
Mais faut pas déranger un syndcat qui ronronne, avec 30% de votants et une comptabilité opaque, ils vivent tranquilou.
Sur le coup de gueule de DeL... Je partage assez. J'ai une sale impression... Les choses semblent se passer en coulisse avec les candidats à la présidentielles. Mais ce n'est qu'une impression. On verra.
C'est vrai que question efficacité la dernière grève et celle d'avant, ça a fait fort. Tu as raison Gege, continue d'appuyer sur le bouton "grève" sans jamais regarder l'effet produit, ça ne marche pas mais tu continues.
Une question: aveugle et sourd ou seulement C..?
pouic
A propos du SMA:
Les mairies organisant un tel service sont defrayées par l'État qui leur verse une indemnité financée par les retenues sur salaire du personnel en grève.
Selon les syndicats et les partis de gauche, le but du service minimum d'accueil est de « briser les grèves » dans l'éducation nationale.
Bien vue les syndicats mais alors, faut trouver autre chose... Pas celui de l'abruti de service?
Quel silence étourdissant depuis décembre !!!
'soir !
On se remet des agapes de fin d'année ! Et puis, pas vraiment la forme, j'ai appris que l'on serait sous le cou d'une mesure de carte scoalire ..... Réponse jeudi 02/02 mais vu qu'il y a grève, cela sera certainement plus tard.
Trol pour G : je ne te souhaite pas une bonne année !
Pour que nos élèves progressent avec tranquillité...
Pour que nos collègues travaillent avec sérénité...
Pour que l'école française reprenne la place qu'on lui refuse...
Un statut pour les directeurs d'école: VITE, C'EST URGENT !