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Le statut de directeur d'école dans les projets

 

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Mercredi 6 février 2008 3 06 /02 /Fév /2008 10:50

L'affaire de la gifle du prof à son élève a provoqué une avalanche de réactions, de communiqués, de prises de positions tant des collègues, des parents, des élèves eux-mêmes que des politiques et syndicalistes. Toutes les autorités se sont exprimées. Nous publions, ci-dessous, l'extrait d'une chronique humoristique (Michèle Stouvenot dans le JDD), un article de Marcel Rufo, pédopsychiatre renommé ainsi que les réactions de Xavier Darcos et François Fillon.
 

Michèle STOUVENOT  JDD 03/02/2008 
 
"C'est vilain! La sanction a été immédiate. Qui a été puni Le prof ! Coupable d'avoir levé la main sur le petit morveux. Arrêté manu militari, mis en garde à vue, "le tortionnaire" a subi un interrogatoire serré. Cette main levée avait-elle tabassé sa victime ? Lui avait-elle flanqué une rouste ? Une torgnole ? Une branlée ? La pâtée ? "Une simple gifle !" a-t-il répondu. Simple, c'est vite dit. S'agissait-il d'une gifle qui claque "main ouverte sur la joue", selon la définition du Petit Larousse ? Ou d'une taloche, "coup donné sur le haut de la tête" ? La nuance est d'importance. C'est à la trajectoire, à la précision du geste et à la fermeté du poignet qu'on juge de la gravité de l'acte. La gifle du prof lui vaut un procès. La taloche de François Bayrou au môme qui, sur un marché, lui faisait les poches lui a rapporté trois points dans les sondages".
 

"Les enfants qu’on mérite"  par Marcel RUFO

Pédopsychiatre, le professeur Marcel Rufo est reconnu comme l’un des meilleurs spécialistes de l’enfance et de l’adolescence. Son dernier ouvrage : La vie en désordre (Anne Carrière Editions).
 
"Un professeur a giflé un élève qui l’a traité de « connard ». L’attitude la plus simple, mais la plus « faux derche », consiste à s’inspirer de Ponce Pilate : « Il ne faut pas qu’un professeur gifle un élève et il ne faut pas que celui-ci insulte son enseignant ». Mais le représentant de Rome en Palestine était un personnage public et il nous faut retourner vers l’hypocrisie et la médiocrité du quotidien : « Il aurait fallu s’arranger en interne, redire la loi à ce préadolescent et rappeler sa mission à l’éducateur ». Il y a donc quelque chose de pourri dans le royaume de Danemark.

Cette année, 1760 dossiers ont été instruits pour insultes, menaces et coups sur le personnel enseignant, c’est beaucoup par rapport aux 57 dossiers d’enseignants accusés d’avoir frappé leurs élèves. Je sens gronder dans vos têtes la pensée individualiste dominante : « Ne touchez pas à mon enfant ! ». Mais un enfant peut-il se construire sans l’école ? Doit-on tenir pour quantité négligeable le passeur de culture que représente l’instituteur ? On dirait que monsieur Germain est un mythe. Lisez en annexe du Premier homme d’Albert Camus la lettre de l’instit au petit Albert. Il vient d’avoir le prix Nobel de littérature ; il a, comme vous le savez, perdu son père très tôt et sa mère est illettrée. Camus dit à son vieil enseignant qu’il a pensé à lui le jour de la remise du prix. La réponse du vieil instit est sublime : il décrit la joie et le plaisir qu’il éprouvait tous les matins de retrouver son élève et de voir dans ses yeux le bonheur des découvertes que le pédagogue lui apportait. Ce n’est pas de l’utopie, c’est la vie de Camus.

L’incroyable chance d’avoir dans notre pays une éducation nationale ouvrant toutes les chances, qu’il ne faut pas confondre avec réussite sans effort, vaut bien tous les gisements pétroliers du monde. Vous avez compris, je suis du côté de l’école. En traitant son enseignant de « connard », ce jeune garçon détruit le trésor qui lui est proposé. Je pense que le métier des parents, une fois pour toutes, consiste à imposer le respect des profs à leurs enfants. Après « connard », le coup de boule à son père est en marche. L’insulte est un coup qui détruit l’image de soi.

La fierté des enfants issus d’un milieu modeste ou pas, et qui vont à l’école, c’est d’être le moyen de porter une espérance d’ascension et de changement social en hommage à leurs parents. L’école ne sert plus à rien si les consommateurs gâtés, gavés de présents, ne comprennent pas que c’est un moyen splendide d’évolution. Ton père est migrant, ta mère travaille, ton père est gendarme : ils veulent que tu réussisses mieux. La dignité, c’est le respect de l’autre, l’adaptation à l’autre. En dehors des performances scolaires si importantes, les parents doivent être fiers qu’on leur déclare la qualité de politesse, de courtoisie et d’adaptation de leurs enfants. Oui, il faut élever ses enfants !

Sinon, que restera-t-il ? Le talion, les menaces ? Ce fait divers est passionnant car il nous montre notre confusion sociétale : un élève insulte, un prof gifle et le père gendarme porte plainte. Je suis du côté de l’enseignant, car à notre époque et bien loin des hussards de la IIIème République, il est fragile. Je suis pour la défense absolue des passeurs de culture, contre la barbarie, je suis pour les enseignants de maternelle, du primaire, du collège, du lycée et des facultés. Les parents ont les enfants qu’ils méritent. Vous ne pouvez admettre que votre fils insulte un enseignant, vous penseriez alors que vous avez échoué dans votre mission éducative, voire affective. Bien élever son fils, sa fille, n’est pas une attitude de classe sociale, d’origine, c’est simplement la preuve qu’on les aime".

 

 

XAVIER DARCOS, comment analysez-vous cette affaire de la gifle ? (Interview dans Le Parisien)

 

Xavier Darcos. C'est un fait divers, dans lequel une insulte inacceptable conduit à un geste tout aussi déplacé. Mais se contenter de condamner un peu rapidement cet enseignant serait méconnaître la réalité de la vie de beaucoup de professeurs, notamment dans les collèges où ils sont confrontés à une population d'élèves difficiles, qui connaissent peu ou mal les règles de la vie sociale, du respect dû aux adultes, aux enseignants.

Cette affaire révèle des dérèglements, dont les premières victimes sont les enseignants : dans 99 cas sur 100, ce sont les professeurs qui sont touchés par des agressions de tous ordres, pas l'inverse.

Comment aider les enseignants à se faire respecter ?

Il faut restaurer leur autorité, je ne cesse de le dire. Les collégiens ne font plus la différence entre les rapports sociaux du monde des copains et de la rue, où on se « traite » à tout bout de champ, et le rapport d'autorité qu'il doit y avoir, selon un code de politesse, entre enfant et adulte à l'école. Lorsque l'on discute aujourd'hui avec un élève en faute, il est frappant de voir à quel point il ne comprend pas ce qu'il a fait de mal. A 11 ans, pourtant, on ne doit pas traiter un adulte de « connard ». Cette affaire ne fait en tout cas que me conforter dans l'idée, initiée il y a quelques semaines, de faire rédiger pour la rentrée prochaine un code de la paix scolaire.

C'est-à-dire ?

Il servira de base pour tous les règlements intérieurs des établissements. Il rappellera les règles de conduite, les transgressions que l'on ne peut pas se permettre et fixera un régime de sanctions. J'ai donné mes directives : plutôt que la simple exclusion, où l'élève se retrouve chez lui, je crois beaucoup plus à l'instauration de travaux d'utilité collective, qu'il effectuerait au collège, voire avec l'enseignant insulté.
 

 

François Fillon "soutient" l'enseignant qui avait giflé un élève

Le Premier ministre François Fillon a manifesté mercredi sur RMC et BFM-TV son "soutien" à l'enseignant qui avait giflé un élève irrespectueux, se disant "choqué" que le professeur ait été gardé à vue.

"Il n'est pas acceptable qu'un élève traite un enseignant de connard, c'est une faute qui mériterait, semble-t-il, une sanction plus sérieuse que celle qui a été prise (3 jours de suspension, ndlr), et donc oui, je soutiens cet enseignant", a-t-il dit.

Interrogé sur les 48 heures de garde à vue infligées à l'enseignant, le chef du gouvernement a déclaré ne pas avoir "de jugement à porter sur la justice", ajoutant aussitôt: "Mais franchement, en tant que citoyen et en tant que parent d'élève, oui ça me choque".

 
Et une actualité "brûlante"... donnée sur RTL par
Jacques Hardouin et relayée par l'Agence de Presse AP. (06/02/2008)

 

EVREUX - Un délégué de parents d'élèves qui, lundi matin, a été giflé par l'inspecteur d'académie de l'Eure a porté plainte contre ce dernier au commissariat de police d'Evreux, a-t-on appris mercredi auprès des parents d'élèves.

Accompagné d'un autre délégué, cet homme d'une quarantaine d'années qui préfère garder l'anonymat, était venu demander des explications à Erik Louis, inspecteur d'académie de l'Eure, sur le projet de regroupement des écoles du quartier Saint-Michel d'Evreux.

Le ton de la discussion serait monté et l'inspecteur d'académie aurait giflé l'un des deux délégués avant de présenter ses excuses à ce dernier.

 

Le rectorat de Rouen (Seine-maritime) dont dépend l'inspection académique de l'Eure a confirmé mercredi "qu'un incident avait eu lieu dans les locaux de l'inspection lundi matin". AP

 

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