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Le statut de directeur d'école dans les projets

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

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Le site des directeurs

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Samedi 2 février 2008 6 02 /02 /Fév /2008 09:10

François Fillon, Xavier Darcos et les membres de la Commission présidée par Marcel Pochard (à droite)
 

Le rapport de « la commission pour l’évolution du métier d’enseignant », dit rapport Pochard (nom du conseiller d’Etat qui a présidé la commission), est paru. Il sera remis officiellement lundi 4 février. Ce rapport propose plusieurs changements qui concernent essentiellement le secondaire : davantage d’autonomie pour les établissements, un rôle accru des proviseurs ou encore l’instauration de primes. Il servira de base au ministre qui devrait, au printemps, annoncer ses propositions de réformes.

La première partie de ce rapport de 208 pages dresse un constat de notre système éducatif. Nous ne reprendrons, ci-après, que ce qui touche au premier degré (écoles maternelles et élémentaires).

La féminisation progressive du corps enseignant

La féminisation s’est accrue dans des proportions impressionnantes, en particulier dans le premier degré : 64,5% en 1955, 74% en 1975, 78% en 1994 pour atteindre 82% en 2007. Ce phénomène touche également mais dans des proportions moindres le second degré : 49,6% en 1955, 54% en 1985, 57% en 2007.

Dans le premier degré, le taux de féminisation est d’ailleurs inverse de l’âge des enfants auxquels on enseigne : en grande section de maternelle, on ne trouve quasiment que des institutrices tandis qu’en CM2 il y a autant d’hommes que de femmes. Mais surtout, le taux de féminisation ne cesse d’augmenter puisque 84,4% des admis au concours externe de professeur des écoles étaient des femmes en 2006. Dans les fonctions de directeur d’école, les femmes sont également plus nombreuses (72%). La présence masculine tend donc à devenir quasiment une exception dans le premier degré.

Les compléments de salaires liés à certaines fonctions.

« Des indemnités diverses de moindre impact financier mais qui peuvent être significatives pour les bénéficiaires, telle que l’indemnité de directeur d’école ».  

Le malaise des enseignants

Le sentiment de malaise serait alimenté par la perception qu’ont les enseignants du positionnement de leur métier dans la hiérarchie globale des professions. Il se serait dégradé depuis 1972 aux yeux des enseignants, des chefs d’établissement, des directeurs d’école. Et cette dégradation est ressentie de manière quasi unanime : 92% des chefs d’établissement, 95% des directeurs d’école et  respectivement 94% et 95% des enseignants du premier et du second degré estiment en 2007 que les professeurs ont moins de prestige qu’avant aux yeux de l’opinion publique contre 89% des enseignants du second degré en 1972. Mais surtout, en 1972, 67% attribuaient encore eux-mêmes du prestige à leur métier ; ils ne sont plus que 39% dans le premier degré et 38% dans le second degré à le faire encore. 

Ils n’envient pas pour autant la situation des cadres du privé. Ils sont certes 90% à considérer que leur niveau de rémunération est moins bon que celui des cadres du privé (ils sont rejoints dans cette opinion par les chefs d’établissement (87%) et les directeurs d’école (91%). Ils estiment également que leur système de rémunération est moins bon que celui des cadres (pour 77% d’entre eux). Enseignants, chefs d’établissements et directeurs d’école partagent enfin l’idée qu’ils ont moins d’avantages sociaux (54% dans le premier degré, 46% dans le secondaire).

L’effet chef d’établissement

Certains établissements ne s’en sont pas moins montrés capables d’utiliser les marges de liberté qui leur étaient laissées, ou même de s’en donner en jouant avec les normes nationales, et ils ont été soutenus par les services académiques quand un projet crédible le justifiait. Il existe ainsi une « zone grise » où prospèrent des initiatives souvent heureuses d’organisation pédagogique, grâce aux initiatives d’équipes enseignantes ou, le plus souvent, de chefs d’établissement et de directeurs d’école. Études et rapports confirment qu’à population scolaire comparable, les performances collectives peuvent être très différentes selon les établissements. Cet « effet établissement », souvent traduit par « effet chef d’établissement » est parfaitement connu de l’institution.

La direction d’école à l’étranger

Au Canada (Québec) le directeur d’école dispose d’un réel pouvoir. Le directeur d’école planifie, organise, dirige, contrôle et évalue les activités des enseignants. En l’absence de tout corps d’inspection les enseignants désignent sans ambiguïté le directeur d’école comme leur chef, qui est de fait leur seul évaluateur.

Quelques rares propositions concernant l’école...

 

Une certaine forme d’autonomie pédagogique

De façon plus générale, on pourrait souhaiter que dans le premier degré les conditions d’exercice du métier soient définies nationalement au niveau des cycles et que la responsabilité de l’école soit d’en assurer la déclinaison au niveau des classes et du projet contractualisé de l’école. Ainsi la part du temps consacré à l’accompagnement des apprentissages pourrait-elle varier selon les classes, comme le temps consacré à la maîtrise des connaissances et compétences indispensables varierait lui aussi selon les besoins. Ce ne serait donc que dans l’école et sous l’autorité du directeur que ce service pourrait être défini dans le détail.

Un statut d’emploi pour les directeurs d’école

Faut-il imaginer la possibilité d’un statut d’emploi pour certaines fonctions Un certain nombre de fonctions pérennes, assurées de longue date, gagneraient à se voir reconnaître un statut d’emploi.

Les fonctions de chef de travaux, de directeur d’école ou d’EPEP auraient vocation à devenir des fonctions plus institutionnellement reconnues qu’elles ne le sont aujourd’hui. Il pourrait être envisagé également d’ouvrir cette possibilité pour un certain nombre d’activités particulières, liées par exemple à la coordination des disciplines ou de niveaux. Ce serait l’occasion de mettre en place des fonctions d’encadrement intermédiaires dans les établissements, forcement d’une certaine taille, ou dans des réseaux d’établissements qui se révèlent de plus en plus utiles (Cf. les chefs de département dans les établissements anglais). 

 Faire carrière comme enseignant

Deux solutions peuvent être avancées : conforter un accès à la hors classe avant le dernier échelon de la classe normale ou prévoir deux rendez vous de carrières pour redonner de la profondeur aux carrières enseignantes.

1. Conforter un accès à la hors classe avant le dernier échelon de la classe normale consisterait à imposer un nombre significatif de promus qui n’ait pas encore atteint le dernier échelon de la classe normale. Pour éviter que cet effort ne soit vécu comme une réduction des possibilités offertes aux candidats ayant atteint le dernier échelon, il faudrait augmenter sensiblement les possibilités de promotion ; l’augmentation du taux de promotion serait conditionnée à l’effectivité de la nouvelle politique ;

2. Prévoir deux rendez vous de carrières pour redonner de la profondeur aux carrières enseignantes. Les rendez-vous de carrière sont l’occasion de reconnaître l’investissement et la valeur professionnelle et de la rémunérer en conséquence par une promotion. Un rendez-vous de carrière est donc nécessairement sélectif, sur des bases d’évaluation partagée entre l’intéressé et l’institution ; dans cette évaluation, les chefs d’établissement et les directeurs d’écoles doivent jouer un rôle déterminant.

Développer la pratique de regards croisés des inspecteurs et des chefs d’établissement dans le processus d’évaluation Dans le premier degré, la pratique consistant à faire noter les professeurs des écoles par le directeur de l’école, qui d'ailleurs n'excluait pas l'inspecteur, a existé dans l'enseignement primaire au XIXème siècle et a été abandonnée.  

 

  
Les syndicats du primaire portent un premier regard critique et regrettent la portion congrue de ce rapport concernant l’enseignement du premier degré.

Pouvait-on s’attendre à une meilleure couverture de l’évolution du métier dans les écoles quand on se rappelle la façon dont les dirigeants syndicaux ont raté leur « grand oral » lors de leur audition par la commission.

Nos lecteurs ont encore en mémoire la mise en cause de la direction du SNUipp par un courant interne minoritaire « Ensemble » qui publiait un communiqué sous le titre suivant : « La direction du SNUipp étale sa nullité revendicative… devant la commission sur l’évolution du métier d’enseignant ».

 

 
Extraits de ce texte (écrit par le courant minoritaire du SNUipp) que vous pouvez retrouver dans son intégralité en cliquant sur le titre de l’article.

Moyens : La délégation du SNUipp n’aborde pas la question des moyens nécessaires à la réalisation de ses revendications en matière de transformation de l’école. Pendant que la direction du SNUipp rêve de temps pour la concertation et de plus de maîtres que de classes, le gouvernement supprime les postes par dizaine de milliers : c’est ça la réalité des écoles.

Evaluations : G. Moindrot intervient très longuement et à plusieurs reprises sur la question des évaluations de CE1 et CM2. Ce n’est pas inintéressant, mais est-ce vraiment le sujet ? N’y a-t-il pas d’autres revendications à défendre devant une commission chargée de l’évolution du métier d’enseignant ?

Salaires : Pour G. Moindrot la revalorisation du métier passe “un petit peu” par la question de la rémunération. En fait, vraiment très peu : il annonce timidement qu’on a perdu 20% de pouvoir d’achat depuis le début des années 80, mais revendique seulement une amélioration en début de carrière au moyen d’une prime d’installation, et un passage plus facile à la hors classe en fin de carrière. G. Moindrot ne réclame pas de rattrapage général du pouvoir d’achat par une augmentation des salaires, et il se contente de proposer une prime pour l’achat d’un ordinateur portable tous les 4 ou 5 ans… soit environ 10 euros par mois !

Direction d’école : G. Moindrot constate que la profession est “hermétique” à une évolution vers un fonctionnement hiérarchique dans l’école. Il ne dit rien sur des questions de responsabilité, de charge de travail, rien sur les sanctions, ni sur les décharges, ni sur la rémunération des directeurs : il se contente d’exprimer un besoin de formation, de visites plus fréquentes de l’inspecteur ou du conseiller pédagogique, d’un bureau pour les moins bien lotis…

 
Comment s’étonner, ensuite, que le rapport de la commission sur l'évolution du métier d'enseignant ne se préoccupe que si peu du premier degré et de ses personnels...?

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