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Vendredi 11 janvier 2008 5 11 /01 /Jan /2008 10:05

RTL - 11 janvier 2008 – Journal de 7 heures présenté par Christophe Hondelatte et Sophie Orange.

 

Ch Hondelatte – « C’est Noël après Noël pour les 14 000 chefs d’établissement, proviseurs et principaux de collèges et leurs adjoints.

- Sophie Orange : Ils viennent de recevoir une prime de 750 €, 375 € pour leurs adjoints. Bonjour Armelle Lévy. C’est vous qui nous révélez cette information ce matin sur RTL. Pourquoi ce cadeau du Ministère de l’Education nationale ?

- Armelle Lévy : Oui, cette décision, elle a été prise directement à Matignon, juste avant les vacances de Noël et elle vise à récompenser leur présence et leur efficacité. Les chefs d’établissements et leurs adjoints ont fait face aux divers mouvements lycéens. Ils luttent contre la violence scolaire. C’est donc vécu comme une récompense du travail fourni.
Cette prime ne concerne pas les directeurs d’école qui n’ont pas du tout le même statut. D’ailleurs, ils ne sont pas au-dessus de leurs collègues, alors que pour être principal de collège ou proviseur de lycée, il faut passer un concours particulier.

- Sophie Orange : Et que pensent les profs de cette prime ?

- Armelle Lévy : Cette prime suscite des réactions très vives dans les salles de profs.

- Christophe Hondelatte : En salle des profs, ça jase… Hein, Armelle Lévy ?

- Armelle Lévy : Oui, au moment où les augmentations sur les salaires piétinent dans la fonction publique, cette récompense ne plait pas à tout le monde. Les enseignants sont, à vrai dire, plutôt vexés, à l’image de Daniel Robin co-secrétaire national du SNES.

- Daniel Robin : Si on résume les primes de Noël vues par le ministère de l’Education nationale, les chefs d’établissements 750 €, les adjoints 375 € et les autres personnels zéro… Et où le message commence à être, en particulier, inacceptable, c’est que cette prime est motivée par leur présence et leur efficacité. Sous-entendu, si nous, on a zéro, c’est parce qu’on n’est pas présent et pas efficace. Et ça, c’est un message que nous avons bien entendu et qui provoque des réactions fortes, en particulier des personnels enseignants. Il y a un sentiment d’une totale injustice. Nous, on ne serait pas contre que tous les enseignants, sans exception, touchent 750 € le mois prochain.

- Armelle Lévy : Et Daniel Robin jette de l’huile sur le feu. Il s’étonne que les chefs d’établissements touchent 750 €  de prime et leurs adjoints deux fois moins.

- Daniel Robin (SNES) : Moi, je trouve ça extraordinaire. C’est sans doute que les adjoints travaillent 2 fois moins que les chefs. Ben, écoutez, moi, je sais pas… ou qu’ils ont fait 2 fois moins d’efforts et qu’ils ont été 2 fois moins présents…

- Armelle Lévy : En tout cas, si le gouvernement espérait, avec cette prime, diviser pour mieux régner, c’est gagné. Philippe Guittet le responsable du SNPDEN qui représente les chefs d’établissements apprécie la récompense et met les points sur les « i ».

- Philippe Guittet (SNPDEN): Ça fait toujours plaisir. On était quand même dans une période difficile avec les mouvements lycéens, les problèmes de violence… Donc, il y a une demande qui est très forte sur les chefs d’établissements. Nous n’avons pas l’impression d’être achetés si c’est cela que veulent dire certains…

- Armelle Lévy : Cette prime du gouvernement divise donc les personnels de l’Education et le 24 janvier vous ne verrez pas manifester les chefs d’établissements aux côtés des enseignants dans les rues pour défendre les salaires dans la fonction publique, leur statut les oblige à ouvrir leurs collèges et leurs lycées les jours de grève et d’assurer la sécurité des élèves.

 

Confirmation du ministère qui a fourni les explications suivantes :

"Ils ont eu à gérer le mouvement lycéen et doivent mettre en place les heures de travail après l'école décidées par le gouvernement", a-t-on commenté dans l'entourage de Xavier Darcos.

On a fait valoir en outre qu'étant cadres, les proviseurs et leurs adjoints ne bénéficient pas des heures supplémentaires.
A titre d'exemple, on a cité le cas d'un professeur certifié faisant deux heures supplémentaires chaque semaine durant l'année, qui gagne 2.300 euros nets contre 2.000 euros nets avant l'exonération de charges votée cet été. A cela s'ajoute 300 euros d'impôts en moins, les heures supplémentaires étant exonérées d'impôts.

 
Dans les écoles maternelles et élémentaires, aucun risque de division puisque gouvernement et syndicats sont d’accord pour mettre tous les personnels dans le même sac… N’oublions pas que pour les principaux syndicats du primaire, les directeurs d’école sont des enseignants-comme-les-autres… Donc pas de prime de Noël qui viendrait récompenser leur présence et leur efficacité…

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