Jeudi 6 décembre 2007
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Comme nous l'avions annoncé dès le 30 novembre, les résultats de ces enquêtes sont décevants (cf notre article). Et l’on n’a certainement pas fini de parler de PIRLS et Pisa et de chercher les facteurs qui expliquent les mauvais résultats français à ces enquêtes internationales. Gageons que dans un premier temps elles vont faire couler beaucoup d’encre avant de tomber dans l’oubli au fond d’un tiroir poussiéreux où elles rejoindront les nombreux rapports sur la situation des directeurs d’école… Pour le moment, elles font l’objet d’interprétations multiples qui vont de l’envie de briser le thermomètre à celle de crier à la catastrophe.
Dans « Le Monde », le physicien Edouard Brézin déplore "l'abus de l'usage des ordinateurs" accusé de développer la paresse chez les élèves. Or quand on étudie les résultats en lecture publiés dans PIRLS, on voit que les enseignants français sont caractérisés par une faible pratique des outils multimédias par rapport à leurs collègues d'autres pays. Les chercheurs, comme Jean-Emile Gombert, insistent sur la difficulté particulière (par rapport à d'autres langues) de l'apprentissage de la langue française et de la lecture. Au niveau des pays francophones, seul le Québec précède de peu la France.
Ce que permettent les statistiques publiées c'est d'apprécier le poids des facteurs sociaux dans ce recul français. Sur ce terrain, les chiffres sont parlants : l'école française crée des écarts de niveaux énormes selon l'origine sociale et ethnique. Ainsi les scores en sciences, maths et lecture sont très différents selon que les enfants sont issus de parents ouvriers et cadres parents. Les résultats en sciences varient de 505 pour les français "de souche" à 456 pour les enfants de la seconde génération et 438 pour la première génération. Comme la baisse des résultats s'est produite principalement chez les plus faibles des élèves, on peut probablement affirmer que les inégalités sociales expliquent pour une bonne part ces résultats.
Faut-il alors totalement écarter les facteurs pédagogiques ? Gilles Moindrot relève plusieurs indices tirés de Pirls.
Sur un certain nombre de points, la situation française est plutôt favorisée.
- l'accès aux BCD et bibliothèques
- la place de la lecture dans la famille
- l'équipement informatique et l'accès des écoles à Internet
- le nombre d'élèves parlant à la maison la langue d'enseignement.
- […]
A l'opposé un certain nombre de données montrent des différences significatives et placent la France en (très) mauvaise position.
- place de la pédagogie de la lecture dans leur formation
- formation initiale et continue insuffisante
- évaluations moins suivies qu'ailleurs de « groupes de niveau »
- chute de la perception du climat des écoles par les enseignants français depuis 2001, très en dessous de la moyenne internationale, de même que leur regard sur la carrière et le métier (39ème sur 45).
- plus qu'ailleurs, l'enseignement se pratique en classe entière.
- […]
- En France, le directeur d'école enseigne le plus souvent... contrairement aux pays où il a en charge l'animation pédagogique de l'équipe.
- […]
Les points ci-dessus, qui montrent des écarts très importants avec les autres pays, posent des questions qu'il faut, selon le SNUipp, traiter sérieusement :
- Comment rendre confiance en eux aux élèves français ?
- Comment améliorer le climat des écoles et l'indice de satisfaction des enseignants ?
- Comment travailler autrement qu'en classe entière et proposer des remédiations aux élèves dès l'apparition de leurs difficultés ?
Sur ces questions le SNUipp demande au ministère d'engager de réelles discussions et formulera des propositions en matière de formation des enseignants, d'allègement des effectifs, de travail en équipe, en petits groupes, pour transformer l'école française afin d'assurer la réussite de tous les élèves.
Il nous semble, cependant, que Gilles Moindrot oublie une question essentielle :
- Comment rendre confiance aux enseignants, en général, et aux directeurs d’école en particulier ?
Question primordiale puisque le SNUipp considère le rôle joué par les directeurs français comme un point négatif. Il laisse, en effet, supposer que c’est un atout mal utilisé… Rappelons l’observation de Gilles Moindrot :
- En France, le directeur d'école enseigne le plus souvent... contrairement aux pays où il a en charge l'animation pédagogique de l'équipe.
Tiens, tiens… La place du directeur au sein de l’équipe éducative aurait-elle une incidence sur la qualité de l’enseignement, le regard des parents et l’indice de réussite de l’école ? Nous en sommes, quant à nous, naturellement persuadés et ne cessons de le dire et le clamer : le directeur est un personnage clé dans l’école. Il doit être reconnu par un véritable statut professionnel qui lui donne les moyens de « piloter » son établissement, de « manager » son équipe, de consacrer du temps à l’organisation pédagogique, au suivi des élèves en difficultés… Sa « forte et réelle implication » parmi ses adjoints ne peut qu’améliorer le « climat des écoles ». Sa disponibilité ne peut que sécuriser les familles légitimement inquiètes des résultats parfois insuffisants de leurs enfants.
Entre autres mérites, l’enquête PIRLS aura eu celui d’attirer l’attention du SNUipp sur la situation des directeurs en France et de la comparer à celle de leurs homologues étrangers. Il lui reste maintenant à en tirer les conséquences et à en tenir compte dans ses propositions et les discussions qu’il aura avec le ministère.
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Publié dans : Analyses
Je ne sais pas ce qui vous pousse à dire que "Le Snuipp de Moindrot n'a pas changé: le dirlo reste l'homme à abattre."
C'est un propos qui ne s'appuie sur aucun fait tangible, qui n'est étayé par aucun argument. C'est purement gratuit et c'est désolant.
"il [Le SNUipp-FSU] dénonce depuis longtemps les incohérences des diverses réformes pédagogiques, qu'il réclame du temps et des moyens pour les directeurs, un maître supplémentaire dans les écoles."
Désolé ! ces vieilles lunes raccornies ne trompent plus personne hormis vous peut-être et certains autres de vos ami(e)s....
Je ne suis peut-être pas encore très "aimable" à vos yeux (et ne souhaite guère l'être à vrai dire s'agissant d'organisations qui me tiennent comme tant d'autres collègues dans un parfait état d'ignorance voire de mépris) mais votre commentaire est d'une telle "facilité" qu'il confirme amplement le mien !
Désolé à nouveau et bon courage à vous et à vos ouailles !
"Il lui reste maintenant à en tirer les conséquences et à en tenir compte dans ses propositions et les discussions qu’il aura avec le ministère."
Croiriez-vous au Père Noël ?
Pas la peine de mettre ton soulier dans la cheminée, Henri : le père-Noël est fauché ! C'est son alter ego, Nicolas, qui l'a dit l'autre soir, à la télé en réponse à PPDA et Arlette Chabot. "La France n'est pas en faillite mais elle n'a plus d'argent", a-t-il dit.
Alors, cette année, le père Noël n'aura rien dans sa hotte pour les petits directeurs.
Vous croyez que le SNUipp-FSU a attendu ces enquêtes internationales pour s'apercevoir que l'école française ne va pas si bien que ça ?
Vous croyez qu'il avait besoin de ces résultats pour faire une analyse du problème de la direction d'école ? Relisez ses déclarations (on les trouve dans toutes ses publications) et vous verrez qu'il dénonce depuis longtemps les incohérences des diverses réformes pédagogiques, qu'il réclame du temps et des moyens pour les directeurs, un maître supplémentaire dans les écoles... Relisez ses propositions. Ne tombez pas dans la facilité en dressant un procès injuste.
C'est très simple Véronique : un simple processus intellectuel qui s'appelle : "la lucidité" mais que l'on n'est pas obligé d'adopter !
Une bonne paire d'oeillères bien grosses, une bonne ligne de conduite toute tracée, des discours formatés, intangibles et inamovibles, des croyances bien calibrées, et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles !
Autrement dit Henri, si on est syndiqué à la fsu on est forcément quelqu'un d'irréfléchi, borné, incapable de discernement, avec des oeillères, sourd aux revendications des collègues et que sais-je encore...
Merci Henri pour ces propos aimables !
Le directeur d'école doit devenir un vrai métier avec une vraie formation un vrai statut. Je vois pourquoi les collègues devraient craindre de travailler avec un vrai chef d'établissement.
Il vaut mieux être partie prenante et accompagner une réforme que de tout refuser et de se retrouver un jour avec des EPEP qui nous aurons été imposés et ne seront pas du tout adaptés à nos intérêt communs.
enfin ce n'est que mon point de vue
Merci Eric. Je me sens moins seul. On est au moins deux.
C'est vrai qu'il n'y a aucune raison que nos adjoints aient peur d'avoir un chef d'établissement. D'ailleurs, la question se pose-t-elle ? En connaissons-nous qui se battent pour nous empêcher d'avoir un statut même hiérarchique ? A part les dirigeants des syndicats, personne ne nous manifeste un quelconque reproche à ce sujet. Pour la simple raison que tout le monde s'en fiche. Et s'ils s'en fichent, nos collègues, c'est qu'ils savent bien qu'ils n'ont rien à craindre.
Sur le point concernant les EPEP, évidemment qu'il faut négocier pendant qu'il en est encore temps. Tu as raison de dire qu'il est préférable d'accompagner une réforme que de la subir.
@ Eric (commentaire n° 10)
"Ce n'est plus seulement du temps et des moyens qu'il faut"
Bien sûr que la reconnaissance est importante. Elle est d'ailleurs indispensable à l'être humain pour mener à bien sa vie professionnelle. Et ce n'est, pour ce qui nous concerne, qu'un juste retour des choses.
Néanmoins, je reste persuadé, je l'ai déjà écrit ici, que les directeurs réclament avant tout TEMPS et ARGENT. Le temps, nous courons tous après. Nous faisons 36 choses en même temps et forcément, tout est bâclé. L'argent, c'est une forme de reconnaissance qui n'est pas négligeable. Entre reconnaissance institutionnelle et reconnaissance financière, que crois-tu que les collègues choisiraient ?
Je l'ai déjà cité : le cas des directeurs parisiens est typique. Ils ont des décharges donc du TEMPS. Et ils ont des "à côté" donc de l'ARGENT. Conséquence : pas un seul poste vacant. Mieux même, on ne les entend pas beaucoup nos collègues parisiens et ils sont enviés du reste des directeurs.
@ Merlin (commentaire n° 5)
Tu parles de la "carence actuelle". Incontestable mais il faut moduler. Elle n'est pas le fair de directeurs qui abandonnent leur fonction. J'ai relu le rapport Obin (2ème partie sur ce site). Voilà ce que j'y lis :
Les évolutions professionnelles. La fonction de directeur d’école comme le corps de personnel de direction représentent l’un et l’autre des positions de promotion pour les enseignants du premier et du second degrés. L’immense majorité de ceux qui accèdent à ces responsabilités y terminent leur carrière. Il existe donc une très grande stabilité dans les fonctions, qui permet peut-être de modérer l’ampleur du «malaise» des professions de direction dénoncé régulièrement par les organisations syndicales.
Est-ce à dire que les directeurs sont satisfaits de leur sort ? NON !! Tous les rapports le montrent. Si on veut obtenir un petit quelque chose en ces temps de bugets de misère, nous devons être réalistes et demander ce qui est raisonnable. Faut-il se lancer dans de grandes batailles institutionnelles qui ne peuvent déboucher tant que nos syndicats seront opposés à un statut. En revanche, je pense qu'on peut facilement avoir leur soutien, et il est indispensable, pour obtenir des améliorations dans le domaine de la revalorisation financière et celui de moyens en décharge.
Quelques remarques: les directeurs parisens mieux lotis que ceux de la campagne ? vrai. Propose-leur un statut et compte combien vont refuser d'un air dégoûté.
Les dirlos sont heureux, ils font de longues carrières ? faux, certes certains font preuve d'une grande stabilité. Ce n'est pas forcément signe d'un grand bien être et souvent lorsque l'équipe change ou à l'occasion d'attaques de parents , nombreux sont les collègues anciens dans la fonction qui abandonnent: plutôt rares dans d'autres professions pour des postes à responsabilités. Tu en connais beaucoup de chefs de service qui demandent à redevenir agents de base ? ( cela n'a rien d'insultant envers les collègues adjoints qui font le même métier que moi, ce n'est qu'une comparaison).
Nous devons demander ce à quoi nous avons droit: un statut qui corresponde à notre travail, nos missions et nos responsabilités. Nous sommes aujourd'hui sous-payés, mal considérés et en situation de grande précarité au moindre problème juridique.
Savoir combien cela coûtera ne doit en rien être un préalable à nos demandes.
"Quelques remarques: les directeurs parisens mieux lotis que ceux de la campagne ? vrai. Propose-leur un statut et compte combien vont refuser d'un air dégoûté".
Evidemment. Quand on te propose "mieux que bien", tu ne le refuses pas...
"nombreux sont les collègues anciens dans la fonction qui abandonnent"
Ce n'est pas ce qui le rapport Obin. Je pense que les rapporteurs ont des chiffres globaux sur toute la France.
"Nous sommes aujourd'hui sous-payés, mal considérés et en situation de grande précarité au moindre problème juridique".
J'abonde entièrement dans ton sens. C'est la raison de mon engagement.