Vendredi 16 novembre 2007
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Deux députés interrogent le ministre de l'Education nationale. Le premier sur la situation des directeurs, le second sur les EPEP.
Question de M. Le Fur Marc (Union pour un Mouvement Populaire - Côtes-d'Armor)
"M. Marc Le Fur attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la situation des directeurs d'écoles maternelles et primaires notamment en milieu rural. Il constate notamment que les directeurs de ces écoles sont souvent les plus jeunes et les derniers arrivés parmi les enseignants faute de volontariat des autres. Il souhaite savoir ce qu'il va mettre en oeuvre pour valoriser la fonction de directeur en école primaire et maternelle afin que les enseignants les plus anciens soient plus motivés par ces fonctions".
Question de M. Folliot Philippe (Nouveau Centre - Tarn)
"M. Philippe Folliot attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la question des décrets d'application de l'article 86 de la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales, qui permet la création à titre expérimental d'un établissement public pour l'enseignement primaire (EPEP). En effet, la communauté de commune des monts d'Alban en est un parfait exemple : un réseau d'écoles rurales et un centre de ressources scientifiques répondent déjà parfaitement aux attentes, mais, de manière à consolider ces actions collectives, cette collectivité souhaite la mise en place à titre exceptionnel d'un EPEP. Cette démarche leur permettrait de pallier les lourds handicaps que connaît une zone de montagne rurale, qui accorde une grande importance à l'éducation des jeunes. C'est pourquoi il lui demande quels vont être les délais de publication de ces décrets d'application".
Nous sommes en mesure de répondre que les décrets d'application des EPEP seront publiés au printemps 2008. En effet, Un doute subsiste sur le fait de savoir qui présidera ces EPEP...
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Publié dans : Position des élus
Jean-Jacques: temps et argent, certes. Reconnaissance et couverture aussi. Les dirlos parisiens? oui il n'y a pas de directions vacantes parceque un petit peu est mieux que rien du tout, cela ne veut pas dire que ces dirlos sont contre un statut qui les protègerait en cas de problème ( tous les ans des dirlos sont " licenciés" par le fait du prince en toute légalité puisque... c'est légal! )
D'où l'utilité d'un statut même si celui-ci n'est pas souhaité par certains syndicats qui pourtant le réclament pour d'autres catégories de personnels...
Froment: nous avons déjà débattu de la " grande misère de la France endettée" , je n'y reviens donc pas ( mais enfin s'il n'y avait d'argent pour PERSONNE , ton raisonnement serait acceptable, comme ce n'est pas le cas.....)
Bonjour à tous
Depuis longtemps, j'ai envie de vous faire part de 2 observations. Jamais le temps.
1) Chapeau à tous les collègues de ce site ou du site dirlo.org qui donnent de leur temps pour améliorer la situation de tous les directeurs. Merci.
2) Pourtant, que d'énergie gaspillée ! Si vous faites une bonne analyse de nos difficultés, c'est la conclusion que vous en tirez qui ne me semble pas la bonne. Et je le dis sans vouloir offenser qui que ce soit.
Je m'explique : partant des constats accablants que nous faisons tous, vous en déduisez que la solution passe forcément par un statut. Sur ce site (sur le site dirlo, c'est pareil), tous les articles ou presque vont dans le même sens : il faut un statut pour que tout aille mieux.
Non, c'est là que vous vous vous trompez de combat. Ce qu'il nous faut tient en 2 mots : TEMPS et ARGENT. Pas la peine de développer, tout le monde est d'accord.
Voyez la situation des collègues directeurs de Paris. Pas plus que nous, ils n'ont de statut. Pourtant, aucune direction vacante. On se bagarre pour les postes qui se libèrent. Et je le répète, sans statut. Simplement, les écoles de 5 classes et plus, ont une décharge complète. Le logement pas cher dans une ville hors de prix est un avantage considérable. Les indemnités extrascolaires apportent du beurre dans les épinards. Bref, TEMPS et ARGENT permettent de remédier en grande partie aux difficultés que nous dénonçons tous.
Ah, si toute l'énergie que vous consacrez était tournée vers ces objectifs plus failement compréhensibles pour tous...
N'oublie pas Jean-Jacques que le nerf de la guerre, c'est l'argent. Tu dis qu'il ne manque que "TEMPS et ARGENT" pour contenter les directeurs.
Peut-être, mais ce que tu appelles "TEMPS" a un nom : décharges. Il faut donc créer des postes. Or, tu sais bien qu'on en supprimes à tour de bras. Rappelle-toi ce qu'a dit Sarkozy en octobre : "des sous... je les trouve où, les sous ? Faut que le les fabrique ?"
La France est dans une grande misère financière. En 2006, la France a dégagé un revenu économique de 1 800 milliards d’euros environ. C’est sa création de richesse. Sa valeur ajoutée. Son PIB. Et elle doit environ 1 150 milliards d’euros ! Tu te rends compte, la dette atteint désormais 63,9% du PIB !
Des chiffres qui donnent le vertige et qui expliquent pourquoi nos politiques sont timorés lorsqu'il s'agit de mettre la main au portefeuille. Tout ce qu'ils ont trouvé comme moyen pour éponger cette dette colossale : des suppressions de postes de fonctionnaires car c'est leur seul moyen d'agir sur le budget.
Voilà la raison essentielle qui fait que nous ne pouvons rien espérer, ni en TEMPS, ni en ARGENT, comme tu le souhaites Jean-Jacques.
Merlin, tu fais sans doute allusion au "paquet fiscal" de 15 milliards. Effectivement, "on" a su trouver de l'argent. D'accord avec toi. Le problème, maintenant, c'est que cette somme dépensée rend d'autant plus incontournable la gravité de l'état des finances du pays. Je suppose qu'on trouvera encore quelques fonds de tiroir pour acheter la paix sociale (régimes spéciaux, université...).
N'oublie pas que nous n'avons pas les mêmes moyens de nous faire entendre : on ne va pas bloquer les moyens de transport ni mettre à mal l'économie du pays... Donc impossible de contraindre le gouvernement à un geste même minimal. D'autant plus, et je ne t'apprends rien, ça ne t'a pas échappé, que nos syndicats font preuve d'une formidable inertie quand il s'agit de soutenir les directeurs d'école.
Du coup, l'équation est simple, Merlin :
0 budget + 0 soutien syndical = 0,00 avancée
Tout à fait d'accord sur l'absence de soutien syndical. Car je persiste et signe: les moyens de nous augmenter existent.
Entendu recemment sur une radio, le minsitre de la Défense qui s'exprimait sur le " malaise" des gendarmes, lesquels réclament un alignement de leurs salaires sur celui de leurs collègues de l'Intérieur.
Apparemment cela va se faire d'après le ministre. Je ne parle même pas de comparer la " solde " d'un dirlo qui gère 200 gosses et une bonne dizaine d'enseignants par rapport à celle d'un sous-officier responsable d'une brigade de 4 à 5 gendarmes!
Sachons aussi que notre niveau de diplôme correspond aux grades d'officiers.... demandons aussi un alignement????
Je suis directrice (5 classes). Mon mari est adjudant et assure le commandement d'une brigade de 6 gendarmes. Il gagne nettement plus que moi. Mais à quel prix !
Je pense, Merlin, que vous connaissez mal les servitudes d'un gendarme. Je peux vous dire que la vie d'un commandant de brigade n'a rien de très amusant. : astreintes de nuit, horaires en fonction des événements (accidents, bagarres, homicides, surveillances de manifestations sensibles...), certains week-end et jours fériés, Noël ou jour de l'An... La vie de famille passe toujours après le service.
Savez-vous, Merlin, que le régime militaire, c'est autre chose que le contrôle administratif d'un IEN tous les 3 ans ?
Savez-vous que nous n'avons pas le choix de notre logement ? Savez-vous que les mutations ne dépendent pas uniquement d'un barême ? Je suis très surprise de la comparaison que vous faites. C'est la première fois que je rencontre cet argument et je ne peux l'accepter.
Line, je ne comprends pas ton indignation . rien dans mes propos d'insultant envers les gendarmes. Un simple constat en réponse au post précédent ( et d'autres) expliquant qu'il ne sert à rien de réclamer un statut et une revalorisation parceque la France n'a pas d'argent.
C'est faux, certaines catégories de fonctionnaires sont ( seront? ) revalorisées prochainement. Peut-être est-ce justifié.
Un autre constat: un directeur PE aujourd'hui a un niveau d'études correspondant à un officier ( licence + 2 et concours ).
La paie en est loin : vrai ou faux ? Combien touche ton mari même sans compter les primes diverses ? et toi ?
Les contraintes sont réelles et je les connais très , très bien. Il ne vole pas son salaire ( !) , c'est entendu, mais nous non plus. Nous avons aussi des contraintes, des responsabilités, nous finissons tard ( moi depuis le début de l'année presque tous les jours à 19h au moins entre les réunions, PPRE, conseils....) toi aussi je suppose.
... et le temps passé sans indemnités pendant les vacances en archivage, listes , rangements.... nous méritons une meilleure considération de notre profession et de notre métier de directeur, dire cela n'insulte en rien la gendarmerie nationale avec laquelle je travaille souvent et que j'apprécie ( et qui comprend nos difficultés pour ceux avec lesquels je discute de temps en temps).
Sans rancune.
Salut,
Le temps c'est devenu une mesure de salubrité publique, l'argent c'est la simple reconnaissance de notre boulot. Mais de quel travail s'agit -il ?
S'il s'agit d'un vrai métier, avec ses spécificités, comme tout le monde peut le constater aujourd'hui, alors il faut le reconnaître. C'est du bon sens et, j'en suis persuadé aujourd'hui, la première mesure pour rendre la dignité qu'on nous vole au quotidien. Quelle profession accepterait qu'on lui octroit un aumône de 15 euros ?Honte à nous.
Un métier reconnu, un statut et le cadre en temps et en salaire à la hauteur des responsabilités. Il est temps.
D'accord avec Emgann.
Du TEMPS et de l'ARGENT. C'est ce que je disais dans mon post l'autre jour. C'est ce qui est accordé aux directeurs parisiens. Et vous remarquerez qu'il n'y a pas de direction vacante à Paris. Mieux même, on se les arrache.
Vous remarquerez aussi que les collègues directeurs parisiens sont peu présents dans la lutte. On ne les entend pas. Forcément puisqu'ils ne rencontrent pas les mêmes problèmes que leurs homologues de Province. Naturellement, leur situation peut très bien être remise en cause par la Mairie de paris. Mais qui oserait s'y attaquer ?
Cette situation est d'ailleurs très injuste puisqu'elle crée 2 types de directeurs. Et bizarrement, les syndicats n'y trouvent rien à redire. Faut dire que ça les arrange bien de n'avoir pas une épine parisienne dans le pied...
Je me suis mal expliqué Jacques, je le crains.
Ce que je voulais dire c'est que le temps nécessaire à un métier comme le nôtre, en dehors même de l'administratif, surtout en dehors de l'administratif, le salaire en lien avec les responsabilités suivront de manière logique quand ce métier aura été reconnu.
Il ne peut l'être que par un statut qui en fixe le cadre et les missions propres. C'est également dans mon esprit faire la différence entre une simple fonction ( un travail en +, un ajout qui demande un peu de temps souvent libre...) et une profession qui demande à être reconnue.Cette reconnaissance n'est pas simplement pour moi, pour nous , elle l'est aussi pour travailler correctement avec les partenaires, avec les familles, pour que ce lien que nous devons faire avec beaucoup soit efficace. Pour moi, elle demande de revisiter les objectifs car, par exemple, je vois mal pourquoi ce que l'on fait par bon sens dans le domaine éducatif, ne serait pas institutionnalisé et élargi pour un meilleur fonctionnement.
Les avantages des parisiens qui ne sont jamais mis en exergue par les tenants du 'tout égalitaire républicain et uniformisé ' ne tiennent qu'avec une volonté et des moyens parisiens. Une spécificité dans l'hexagone.
Emgann, les syndicats qui hurlent ( avec raison ) lorsqu'on envisage de recruter des personnels sans leur accorder des garanties d'emplois ( CNE, CPE...) trouvent normal qu'un dirlo parfois avec 20 ans d'ancienneté dans la fonction soit viré par un IA sans avoir à donner aucune raison.
Ce n'est pas une vue de l'esprit, ça arrive tous les ans.
Comprenne qui pourra, ceux qui seraient censés nous défendre, nous précarisent pour une seule raison : nous sommes des dirlos et donc à leurs yeux suspects de je ne sais quelles collusions avec " la Hierarchie". Je ne vois pas d'autre explication rationnelle à leur volonté de nous enfoncer.
Je ne pense pas qu'il y ait d'autre issue que les EPEP pour nous permettre d'être vraiment reconnus. Quand je dis "reconnus", je me comprends, c'est avec tout ce qui va avec : les décharges, les moyens financiers mis par l'Etat pour nous donner de vrais salaires dignes de nos responsabilités et du temps que nous donnons à l'école.
Seulement, je veux un EPEP mieux équilibré. Je suis assez d'accord avec le SGEN-CFDT qui réclame un conseil d'administration réparti équitablement en 3 1/3 entre enseignants, parents et élus. On ne peut pas accepter que les élus représentent 50 % à eux seuls.
Un EPEP aurait l'avantage de donner un statut à l'école et de nommer à sa tête un véritable directeur, reconnu lui aussi.
Reste le problème de la Hiérarchie. Honnêtement, ça ne me pose aucun problème qu'on me désigne "supérieur hiérarchique". Sommes-nous des tyrans en puissance ? Les principaux de collège et les proviseurs le sont-ils devenus ? Se comportent-ils en maîtres esclavagistes ? Faisons confiance aux collègues adjoints qui seraient là pour recadrer celui d'entre nous qui ne se comporterait pas convenablement ou qui abuserait de son autorité ou ferait preuve d'autoritarisme. Nous sommes en 2007 et les mentalités ont bien changé. N'ayons pas peur.
Un débat qui ne manque pas d'interêt, cependant que sera l'EPEP ?
Regroupements d'écoles de proximité ( Mat-Elem) , ce devrait être fait depuis longtemps....si à sa tête on nomme un directeur déchargé et avec un statut, faut voir... Si, comme je le pense, on réduit les moyens des dirlos " de proximité" au profit de Coordinateurs extérieurs aux établissements et ayant sous leur autorité 2 ou 3 regroupements d'écoles...c'est une autre chanson! .... et je me demande même si certains syndicats n'en savent pas plus sur ce sujet qu'ils en ont dit, voire négocié...... l'avenir le dira probablement.
Attention danger !!!!
On risque de nommer des directeurs avec statut, c'est vrai, à la tête des EPEP. Mais ça rique d'être un statut avec une coquille vide. Je m'explique : le statut comportera la définition des responsabilités, bien sûr, mais surtout des charges et des devoirs de "l'heureux élu". Et il se pourrait bien que l'indice de rémunération ne soit pas à la hauteur de ce qu'on espère. Ni le pouvoir de décision si on laisse le maire présider le CA. En revanche, on risque de nous nommer avec un statut hiérarchique, une espèce de "sous-IEN". Alors, bonjour l'ambiance dans l'école...
Non, il faut absolument refuser ce cadeau empoisonné.