Liste des députés favorables au statut de directeur d'école
La nouvelle Assemblée Nationale compte 45 députés réélus ayant appuyé notre demande d'un statut de directeur d'école sous la précédente législature.
1 PC
3 UDF - maj. présid.
19 PS
21 UMP
1 Divers Droite
Rapport OCDE
(Jean-Pierre Obin, IGEN)
1ère partie
2ème partie
La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante :
http://www.ifop.com/europe/sondages/opinionf/consultationdirecteursecoles.asp
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Il nous reste beaucoup à faire pour l'obtenir... ce STATUT
Nous poursuivons la publication d'extraits du rapport de Jean-Pierre Obin, Inspecteur Général de l'Education. Nous abordons les questions spécifiques à l'attractivité de la fonction de directeur d'école, au malaise des directeurs et aux solutions à y apporter.
"On sait, par une enquête de la direction des personnels enseignants sur la rentrée scolaire de 2003, que l’adéquation entre l’offre et la demande est très imparfaite, puisque cette année-là 4675 postes (représentant à peu près 10% des écoles) étaient restés vacants et ont dû être pourvus par des intérimaires. Il semble que ce nombre soit depuis en diminution et qu’à la rentrée de 2006 il avoisinait 3900 postes. Les directeurs en fonction étaient 44 416 (5 581 instituteurs et 38 835 professeurs des écoles) en janvier 2006. 71,5% d’entre eux étaient des femmes, un taux sensiblement inférieur à celui des corps d’origine (81%). L’âge moyen des directeurs d’école était de 43 ans en 2004, 13% ayant moins de 30 ans et 33% plus de 50 ans.
En 2006, 8,8% des postes sont restés sans titulaires (9,8% en 2000) ; ils représentaient 12,2% des directions de petites écoles (2 à 4 classes) et 2,4% seulement de celles des écoles de plus de 9 classes ; ils sont également plus nombreux dans certains départements ruraux. On mesure à ces chiffres que le manque d’attractivité de la fonction est une réalité contrastée, qui touche principalement les petites écoles et donc la France rurale.
Les évolutions professionnelles. La fonction de directeur d’école comme le corps de personnel de direction représentent l’un et l’autre des positions de promotion pour les enseignants du premier et du second degrés. L’immense majorité de ceux qui accèdent à ces responsabilités y terminent leur carrière. Il existe donc une très grande stabilité dans les fonctions, qui permet peut-être de modérer l’ampleur du «malaise» des professions de direction dénoncé régulièrement par les organisations syndicales.
Le « malaise » des dirigeants scolaires et son traitement institutionnel.
Au-delà des différences réelles entre les métiers de directeur d’école primaire et de chef d’établissement secondaire, un même sentiment de malaise rapproche depuis quelques années ces deux catégories de responsables locaux de l’éducation : l’impression, largement partagée dans les deux professions, d’une accumulation de tâches nouvelles s’ajoutant aux anciennes, dans le cadre d’un environnement social ne cessant de se dégrader ; le sentiment aussi de ne plus pouvoir faire face à la fois aux attentes sociales et aux demandes de l’institution et, surtout, de ne plus pouvoir se consacrer à l’essentiel, à ce qui fait le coeur du métier, aux dimensions pédagogique et éducative de la fonction. Cette similitude des symptômes ne peut toutefois conduire à l’identité du diagnostic et encore moins du traitement, tant les métiers et leur inscription institutionnelle sont différents.
Dans le premier degré, en 1987, une tentative du ministre Monory d’imposer aux directeurs d’école la transformation de leur statut de fonction en un véritable statut, avec une responsabilité hiérarchique sur les instituteurs, tourne court devant la mobilisation organisée par les syndicats, très hostiles à l’éclatement du corps des instituteurs et à la création d’un échelon hiérarchique intermédiaire entre l’inspecteur et l’enseignant. Cet épisode est loin d’être oublié lorsque se développe, dans les années quatre-vingt-dix, le malaise professionnel évoqué ci-dessus, que les syndicats encadrent, à partir de 2000, par un mot d’ordre de « grève administrative », très largement suivi jusqu’en 2006.
En fait, et au-delà d’un accord apparent sur des revendications d’amélioration matérielle, comme sur les régimes de décharges et d’indemnités, la profession semble aujourd’hui divisée sur la question de la création d’un corps spécifique de directeur d’école. Si les syndicats y restent hostiles, ce n’est pas forcément le cas des directeurs eux-mêmes, très minoritaires en leur sein. - les fonctions de directeur (conditions de travail, relations avec les enseignants, formation) ;
- l’éventuelle création d’un statut (création d’un corps de direction et régime indemnitaire) ;
- le fonctionnement des écoles et leur mise en réseau éventuelle.
Car la création d’un corps de directeur, outre à la culture égalitariste du monde enseignant, se heurte à deux difficultés majeures. D’une part elle renvoie à l’extrême diversité de la fonction et de la charge de travail, entre l’instituteur de l’école à classe unique et le directeur d’une école de plus de 20 classes ; de l’autre elle n’est pas sans rapport avec l’éventuelle création d’un statut d’établissement public pour les écoles primaires, rendue possible par la loi du 23 avril 2005, mais qui attend toujours un décret d’application, et qui se heurte au même type de difficulté, augmentée sans doute des réserves d’une partie des maires.
Un groupe de pression souhaitant les représenter exclusivement, le Groupement de défense des intérêts des directeurs, a commandé une étude à un institut spécialisé (IFOP), parue en octobre 2006, qui montre notamment que 93 % des directeurs seraient favorables à un nouveau statut, et que 73 % souhaitent qu’il débouche sur la création d’un nouveau corps. En outre cette enquête fait apparaître que 95 % des directeurs estiment que leur travail n’est pas reconnu par l’institution, et 47 % assurent que les syndicats ne défendent pas assez leurs revendications.
La négociation engagée entre le ministère et les syndicats a débouché sur la signature en juin 2006 par le SE-UNSA, syndicat minoritaire parmi les enseignants mais bien représenté chez les directeurs, d’un protocole d’accord qui a été mis en oeuvre dès la rentrée de 2006. Les principales mesures décidées par ce texte sont l’amélioration du régime des décharges d’enseignement, une revalorisation des rémunérations touchant à la fois le salaire de base et l’indemnité de sujétion et, surtout, le recrutement de 50 000 contractuels « emplois de vie scolaire », chargés d’apporter une aide administrative aux directeurs. Il s’agit là d’un effort important, mais dont l’efficacité est fortement contestée par le SNUIPP-FSU, syndicat majoritaire chez les enseignants du premier degré, qui a refusé de signer le protocole : le support juridique de ces emplois est en effet un contrat de droit privé d’une durée de 10 mois, le « contrat d’avenir », qui vise spécifiquement une population de demandeurs d’emploi peu qualifiés, dans le cadre d’un plan gouvernemental de traitement social du chômage.
La grève administrative n’a donc pas totalement cessé et le ministre s’est trouvé contraint d’ouvrir en octobre 2006 de nouvelles négociations avec les syndicats. Trois groupes de travail ont été créés, dont l’objet montre les difficultés qui restent à traiter :
CONCLUSION
Au terme de cette étude, un premier constat s’impose : nombre de dispositions concernant les responsabilités, le recrutement, la formation et la gestion des dirigeants scolaires ont connu d’importantes évolutions depuis une vingtaine d’années, il est vrai davantage dans le second degré que dans le premier. Mais il existe au moins une raison objective à cette différence : le grand nombre d’écoles primaires et à la diversité de leur taille ne sont guère favorables à des évolutions statutaires analogues à celles qu’ont connues les chefs d’établissement secondaire en 1988. Pourtant, au-delà de ces différences, second constat, d’importantes revalorisations matérielles et financières sont venues améliorer sensiblement la situation des personnels qui dirigent les écoles primaires et les établissements secondaires. Du coup, les pénuries de recrutement, qui ont touché les deux fonctions il y a quelques années semblent maintenant résorbées dans le second degré et nettement atténuées dans le premier ; et, dans les deux niveaux d’enseignement, le « malaise » professionnel que manifestent les dirigeants doit être tempéré par leur étonnante stabilité dans les fonctions.
Ce n’est pas le cas en revanche dans le premier degré, où le statut de directeur d’école, comme celui des écoles primaires elles-mêmes, ne semblent pas encore avoir atteint ce point d’équilibre. Le directeur d’école ne dispose en fait d’aucune autorité pour assumer une réelle responsabilité pédagogique ; et il dispose de peu de moyens pour assurer ses responsabilités administratives. Vis-à-vis des instituteurs, il n’est ni franchement un pair ni vraiment un supérieur. Toujours à la recherche d’une transaction efficace entre ces deux positions, il est en outre constamment soumis à l’autorité proche des deux vrais responsables institutionnels de l’école, l’inspecteur de la circonscription, représentant l’Etat, et le maire de la commune, propriétaire des lieux et employeur des personnels non enseignants, deux personnages dont l’entente ne va pas toujours de soi. Sa position n’est donc objectivement guère enviable.
L’hypothèse de l’évolution du statut des directeurs d’école est donc aujourd’hui sérieusement posée. Elle semble soutenue par une majorité d’entre eux mais pas par tous les syndicats d’enseignants qui pourtant les représentent. Elle n’est de toute façon pas simple à mettre en oeuvre, notamment à cause des incertitudes qui pèsent sur le statut des écoles et l’hypothèse de leur transformation en établissements publics. C’est dire que le malaise actuel, qui n’est pas que corporatif, risque de durer un certain temps".