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Le statut de directeur d'école dans les projets

 

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Jeudi 25 octobre 2007 4 25 /10 /Oct /2007 13:24

Comme nous n’avons cessé de le répéter dans nos précédents articles, les « Etats généraux de la direction et du fonctionnement de l’école » organisés par le SNUipp ce mardi 23 octobre n’étaient que poudre aux yeux.

Le décor : petite salle parisienne à peine remplie aux 2/3, composée de militants ou adhérents dont une moitié, seulement, de directeurs.

Le déroulement : 2 heures le matin et encore moins l’après-midi.

Les interventions : sans intérêt majeur. Un premier exposé historique (et soporifique) de Claude Lelièvre, l’un des meilleurs connaisseurs de l'évolution du système éducatif français à travers les âges. Agrégé de philosophie, ancien professeur d’école normale, il enseigne l’histoire de l’éducation à la Faculté des Sciences humaines et sociales de la Sorbonne (Paris V), sur l’évolution de l’enseignement public en France…

Un second exposé (plus intéressant mais pas nouveau) de Georges Fotinos, ancien inspecteur général de l’éducation nationale, auteur d'une enquête réalisée en 2006 auprès de 822 directeurs d'écoles maternelles et élémentaires pour le compte de la Mgen : « le climat des écoles primaires », livre dans lequel il décrivait que "le moral des directeurs d'école est au "36e dessous" et leur état "est pire que ce que l'on craignait".

L’après-midi, intervention intéressante mais écourtée de Claudine Paillard Présidente de l’ANDEV (Association Nationale des Directeurs de l’Education des Villes). Certains grondements montent de la salle provenant de participants qui rongent leur frein devant l’absence de débats. La dernière heure sera donc consacrée à ce qui aurait dû être l’objet de ces « Etats généraux ».

Quelques directeurs interviennent pour réclamer un statut de directeur. D’autres intervenants (adjoints et/ou délégués syndicaux) expriment leur crainte de voir « le directeur coupé de ses collègues » en cas de création d’un statut. Une expérience de direction collégiale est également évoquée comme le seront aussi d’autres sujets tels que « la grève administrative », « les EPEP », « Base élèves », le (faible) taux de syndicalisation des directeurs… S’en suivent les réponses immuables de l’équipe dirigeante conduite par Gilles Moindrot : "demande des levées des sanctions financières" (retenues sur salaire) et d’une "renégociation du protocole signé par le SE-Unsa", poursuite du « blocage administratif », succès du SNUipp qui a obtenu « le retrait de certains champs de Base élèves »…

Et le non-événement se termine, comme il se doit, par un communiqué (probablement préparé de longue date) dans lequel, pour toute réponse appropriée à la demande de statut des directeurs, le SNUipp revendique « la reconnaissance institutionnelle du conseil des maîtres comme instance de décision ». On ne pouvait être plus clair ! Seule « utilité » de ce non-événement : avoir ouvert les yeux des quelques rares collègues qui voulaient encore croire à une évolution possible du SNUipp.

 


Communiqué du SNUipp :

"Les tâches et les responsabilités liées à la direction et à la vie de l’école ont considérablement augmenté, se sont complexifiées du fait de l’évolution du fonctionnement des écoles. Et ce, tant du point de vue des relations avec l’administration, qu’avec les collectivités territoriales.

Depuis sept années maintenant, le SNUipp-FSU avec les collègues et d’autres organisations, a engagé l’action autour des questions de direction et de fonctionnement de l’école. Depuis encore plus longtemps, nous portons ensemble des revendications pour obtenir des améliorations et une reconnaissance de la mission effectuée par nos collègues. Ces revendications restent aujourd’hui toujours d’actualité.

Les mobilisations ont obligé le Ministre précédent à ouvrir des négociations. Pour autant, les mesures prises ces dernières années pour tenter de répondre aux problèmes posés, notamment dans le cadre du protocole de 2006, ne répondent pas ou peu aux revendications.

L’abaissement du seuil de décharge au niveau des écoles des 4 classes que la mobilisation a permis d’obtenir s’effectue au détriment de la formation continue et initiale. La nécessité d’une aide administrative que reconnaît le Ministre se met en place en augmentant fortement la précarité.

La mise en place d’EPEP n’apporte pas de réponse aux difficultés. Ce n’est pas en donnant un rôle primordial aux collectivités territoriales dans le pilotage et la gestion des écoles, ce n’est pas en leur donnant plus d’autonomie, en les dotant d’un chef d’établissement, que nous verrons aboutir notre projet de transformation de l’école, pour la réussite de tous les élèves, pour l’égalité d’accès au service public d’éducation.

En réponse aux mobilisations, le ministère a opposé des sanctions financières, pensant ainsi faire cesser le blocage administratif. C’est faire peu de cas de la ténacité et de l’engagement des collègues sur l’ambition de transformer l’école ! Ce n’est pas la solution ! Ni sur ce dossier, ni sur d’autres. Nous demandons l’annulation de toutes les sanctions.

Aujourd’hui, les questions autour de la direction et du fonctionnement de l’école restent entières. Pour nous, le dossier reste ouvert et nécessite la réouverture de négociations. Pour assurer la direction et le fonctionnement de l’école, de la réussite pour tous, le Snuipp revendique :
du temps supplémentaire pour la direction, pour toutes les écoles ; la reconnaissance institutionnelle du conseil des maîtres comme instance de décision ;
une définition claire des tâches administratives et un allègement significatif de celles-ci ;
une revalorisation des bonifications indiciaires des directeurs d’école et - une amélioration des rémunérations ; la création de postes administratifs et les emplois statutaires correspondant ;
une formation relative à la prise d’u poste de direction avec un module « travail en équipe » ;
un temps de concertation inclus dans le temps de service pour le travail en équipe et une première étape à « 24 + 3 ».

Le SNUipp-FSU appelle à poursuivre le blocage administratif dans les formes décidées par les départements. Il appelle les écoles qui sont dans l’expérimentation, à ne pas transmettre la saisie des effectifs dans Base-élèves. Il demande l’arrêt de l’expérimentation de Base-élèves et un bilan. Il prend les contacts unitaires nécessaires, avec les organisations syndicales, de parents d’élèves, pour engager dans les plus brefs délais de nouvelles étapes de mobilisation"
.

  

 

Comment en est-on arrivé là ? Ce n’est naturellement pas le fruit du hasard si cette journée a été si peu productive. Dans l’Histoire, les « Etats généraux » précèdent et accompagnent les révolutions. Pouvait-on attendre du SNUipp une « révolution » sur ce thème ? Les positions de ce syndicat sur la question de la reconnaissance des directeurs sont bien connues et sont, avant tout, idéologiques. Ce qui réduit considérablement la possibilité d’évolution.
Les « Etats généraux » du SNuipp sont un énorme gâchis. Ils n’ont donné lieu à aucune reprise médiatique, n’apportent rien et seront vite oubliés. Comme nous l’avions dit, ces « Etats généraux » n’étaient qu’un alibi pour laisser croire que le syndicat s’intéresse au sort des collègues. C’était aussi une façon de se démarquer du SE-Unsa et de faire revenir à soi les brebis égarées avant les prochaines élections professionnelles de 2008.
Pourquoi ce flop total ? Plusieurs raisons expliquent cet échec. Toutes sont liées au manque de volonté du SNUipp d’écouter et d’entendre les directeurs. Ce faisant, les directeurs croient de moins en moins que la solution à leur problème passe par les syndicats majoritaires. Ils sont même persuadés que ces syndicats sont un frein à une véritable reconnaissance de leur métier. Ils se sont donc désintéressés des réunions préalables organisées par les sections locales, réunions marquées par une participation quasi inexistante des directeurs. D’où l’absence manifeste  de préparation constatée à Paris ce mardi.

Ni surprise, ni déception à l’issue de ces « Etats généraux de la direction et du fonctionnement de l’école ». Annoncés à grands coups de trompe, ils se sont transformés en une énorme farce sans lendemain. Et le problème des directeurs demeure d’actualité…

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