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Le statut de directeur d'école dans les projets

 

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Lundi 8 octobre 2007 1 08 /10 /Oct /2007 10:07

                                                                 

Vendredi 5 octobre, lors de l’inauguration d’un collège à Issy-les-Moulineaux, Nicolas Sarkozy a prononcé un important discours sur les réformes en cours et à venir dans l’Education nationale.

A plusieurs reprises, il a accordé un satisfecit à Xavier Darcos qui « fait un excellent travail », qui « a vraiment pris toute la dimension de sa responsabilité »…

Dans son allocution, le Président de la République a passé en revue de nombreux chantiers : « la scolarisation en milieu ordinaire de 10 000 enfants handicapés supplémentaires », « l’assouplissement de la carte scolaire » (« ce n’est pas pour choisir le meilleur établissement, comme je l’entends dire. Ça n’existe pas le meilleur établissement. Le meilleur établissement, c’est l’établissement où votre enfant est heureux… »), « l’instauration d’un accompagnement éducatif dans tous les collèges de l’éducation prioritaire »…

« J’ai demandé à Xavier Darcos de travailler à la réforme de l’école primaire parce que c’est à l’école primaire que se scelle une partie du destin de nos enfants. Moi, je ne peux pas accepter que 15 % des élèves entrent en 6e sans maîtriser les bases de la lecture et du calcul, parce que si on ne maîtrise pas les bases de la lecture et du calcul en sixième, on a aucune chance de rattraper son retard et nous devons nous imposer une exigence de résultats et avoir comme ambition au minimum de réduire par deux, de diviser par deux l’échec scolaire. Il va travailler également sur la restructuration du système des filières au lycée. Elles sont remises à plat et repensées.

Enfin, la refonte de l’offre éducative ne fera pas l’économie d’une réflexion sur les rythmes scolaires. La suppression du samedi matin à l’école primaire me semble une excellente mesure, qui permettra aux écoliers de souffler pendant deux journées pleines et de passer du temps avec leur famille. Et puis, comme je l’ai écrit dans ma lettre aux éducateurs, je vais m’engager personnellement sur la revalorisation du métier d’enseignant, parce qu’un pays qui ne mets pas ses éducateurs au centre de ses ambitions, qui ne leur accorde pas la reconnaissance due à leur rôle éminent, est un pays, je le dis sans ambages, qui sacrifie son avenir et qui subira.

En France, nous n’avons pas réfléchi à la nature des missions du professeur depuis près de 60 ans. Moi, je me suis amusé à regarder les programmes des campagnes électorales sous la IIIe République. C’est très intéressant. On débattait alors du programme scolaire. Qu’est-ce que veut dire le mot « éduquer » ? Qu’est-ce qu’on doit mettre dans le contenu des programmes ? Alors chacun avait son idée, mais c’était débattu. Maintenant on ne débat plus du programme, on ne débat plus du contenu, on débat du statut ! C’est important le statut ! Mais ce n’est pas tout, parce que le métier d’enseignant, c’est d’abord un métier qui repose sur la qualité professionnelle, le dévouement et l’engagement de femmes et d’hommes qui ont une expérience, qui ont une connaissance, qui ont une compétence, et c’est notre devoir de débattre de leur place dans la société, du rôle qui est le leur.  

Je veux que l’on travaille à une vraie redéfinition du métier d’enseignant, le premier Ministre vient à cette fin d’installer une commission de spécialistes, dirigée par le conseiller d’Etat Marcel Pochard, dont Michel Rocard est membre. A l’issue des travaux préparatoires de la commission, Xavier Darcos rédigera, un livre blanc qui définira les nouveaux contours du métier d’enseignant. Je veux que le professeur soit restauré dans sa dignité ; soit responsabilisé, que vos établissements aient une plus grande autonomie et que les enseignants ne soient pas jugés sur leur capacité à appliquer la dernière circulaire ministérielle mais sur les résultats qu’ils obtiennent. Avec les enfants qui leur sont confiés, parce que l’expérience cela compte et je ne suis pas persuadé qu’un enseignant qui a vingt ans d’expérience, cela soit une bonne chose que de lui interdire d’utiliser son expérience pour apprendre à lire, pour apprendre à écrire ou pour enseigner la matière qu’il a à enseigner. C’est cela, l’autonomie ». Faire confiance, c’est un peu de liberté aux uns et aux autres. Voilà ce que nous allons mettre en oeuvre".

                                                                           

 

 

Comme on le voit, le Président a distribué des bons points à son ministre de l’Education et a fait preuve de beaucoup d’autosatisfaction.

« C’est important, le statut ! Mais ce n’est pas tout. » Déclaration rassurante et inquiétante à la fois pour les 50 000 directeurs d’école qui sont en attente, eux, d’un statut. Certes, le statut, ce n’est peut-être « pas tout », mais pour les directeurs d’école, c’est la condition sine qua none d’une véritable reconnaissance de leur métier.

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