Mardi 4 septembre 2007
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Dès la parution du rapport du HCE sur l'école primaire, les principaux syndicats ont multiplié les déclarations sur le contenu de ce texte. Le rapport du Haut Conseil de l’Education (HCE) dresse, en effet, un constat sévère du fonctionnement de l’école primaire française.
Ainsi, le SE-Unsa ne manque pas de pointer les contradictions entre le constat du HCE et la politique du gouvernement.
"Si le SE-UNSA partage nombre de ses analyses, il constate cependant que la rigueur scientifique n’est pas toujours au rendez-vous.
Les éléments chiffrés et leurs sources manquent souvent à l’appui des affirmations, tandis que certaines reposent sur des statistiques datant de près de dix ans. Les taux d’encadrement dans le primaire sont ainsi présentés comme en constante amélioration… alors qu’ils ne cessent de se détériorer depuis 2001 ! De même, le rapport mélange parfois constats et jugements de valeur, voire procès d’intention.
Il n’en reste pas moins qu’en mettant en avant la proportion de 15 % d’élèves sortant de l’école primaire sans maîtriser les compétences de base, le HCE ne fait que rappeler un état de fait connu depuis plusieurs années.
Redoublements contreproductifs, mise en œuvre partielle du fonctionnement en cycles, pratique insuffisante de l’évaluation, formations initiale et continue défaillantes, sous-estimation de l’importance et de la spécificité pédagogique de l’école maternelle : le HCE pointe des causes. Pour le SE-UNSA, cette identification est d’autant plus pertinente qu’il n’a lui-même cessé d’attirer l’attention des autorités publiques sur ces sujets depuis des années.
L’écart entre ce constat alarmiste et les politiques gouvernementales est donc particulièrement accusateur. Les orientations budgétaires annoncées par le ministre Xavier Darcos pour 2008 n’en sont que plus consternantes".
Pour le SNUipp, "ce rapport est décevant : il est uniquement composé d’extraits de textes antérieurs déjà connus et publiés. Il n’apporte véritablement aucune idée nouvelle. On serait en droit d’attendre beaucoup mieux du travail d’un Haut Conseil.
Le rapport se borne à énumérer des points négatifs et ne trouve à l’école élémentaire et maternelle aucun point d’appui pour aller vers une réussite de tous les élèves.
Si l’école connaît des insuffisances réelles et peine à faire réussir tous les élèves ce n’est pas ce texte qui peut constituer un outil utile pour tracer des pistes pour transformer l’école".
Cependant, il est un thème abordé dans ce rapport qui n'a fait l'objet d'aucun commentaire de ces syndicats si prompts à dénoncer les contre-vérités : le rôle du directeur d'école et son statut !
Etonnant, tout de même ce silence assourdissant du SE-Unsa et du SNUipp ! Partageraient-ils les conclusions du HCE qui déclare que "même s'il s'agit d'un sujet sensible, le débat sur la fonction de directeur d'école primaire, dotée de compétences explicites, ne devrait plus être éludé" ?
Manifestement, ce silence traduit une gêne incontestable dans les appareils syndicaux... dont les responsables n'osent aborder directement ce "sujet sensible"...
Pourtant, des articles ou commentaires "extra-syndicaux" laissent planer de sérieux doutes sur le mutisme étrange des centrales syndicales.
Analyse de Patrick Picard du "Café Pédagogique" concernant la partie du rapport traitant du statut du directeur d'école :
"Du côté des contre-vérités, l’analyse à la serpe du rôle du directeur est un régal : globalement, tout irait mieux si le directeur d’école avait un vrai statut hiérarchique, pouvait imposer des modifications pédagogiques à ses adjoints et piloter son conseil d’administration comme un vrai patron. On se demande sur quelle étude ce genre de propos peut être étayé : chacun sait combien, dans le second degré où ces conditions sont réunies, le chef d’établissement obtient des résultats spectaculaires sur la mobilisation pédagogique de ses enseignants, unifie les pratiques au service des élèves à la dérive et met en œuvre la différenciation pédagogique…"
Mais qui est donc Patrick Picard ? Un journaliste spécialisé dans le domaine de l'éducation ? Une sommité universitaire ? Une personnalité éminente du monde éducatif ? S'appuie-t-il sur des recherches personnelles, des études reconnues, des rapports confidentiels...?
A la vérité, il faut le dire, Patrick Picard est un ancien responsable national du SNUipp, toujours membre de ce syndicat, reconverti, voilà quelques années, instituteur de base par la grâce de la rotation des mandats...
Entre autres fonctions, il s'occupe notamment de la "rubrique primaire" du "Café Pédagogique", organe d'information et de réflexion sur l'enseignement et l'éducation (l'actualité pédagogique sur Internet).
Ainsi, le SNUipp, d'ordinaire si disert sur "la direction et le fonctionnement de l'école", ne réagirait-il pas par porte-parole officieux, paré des vertus de la presse spécialisée lorsqu'un sujet est trop sensible pour être abordé de façon abrupte au point de heurter les collègues ?
Alors, le "Café Pédagogique" serait-il le porte-voix du SNUipp au travers des analyses de Patrick Picard ? Il y va de la crédibilité de ce média dont nous n'osons croire qu'il se prête à ce jeu, fut-ce de façon involontaire. Le SNUipp partage-t-il l'analyse de son illustre adhérent ? Et plus généralement, que pense le SNUipp des conclusions du rapport du HCE sur le (non) statut du directeur d'école ?
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