Jeudi 21 juin 2007
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Le SNUipp a été reçu par le ministre de l’Education Nationale, Xavier Darcos. Des désaccords importants sont mis en avant par le syndicat FSU.
Sur le plan pédagogique, "le ministre a rappelé qu'il n'envisageait pas de réforme pédagogique d'ampleur en raison de l'empilement des réformes et des dispositifs existants. A la demande du SNUipp, il a répondu que l'évaluation CM2 n'aura pas de caractère obligatoire à la rentrée 2007 et n'a pas exclu des évolutions de programmes qui remettent en cause les circulaires De Robien".
"Si le ministre de l'Education Nationale se montre ouvert en matière pédagogique, en revanche il confirme des orientations budgétaires inacceptables qui aggravent la situation existante et hypothèquent toute possibilité de transformation de l'école".
Mais ce sont les perspectives budgétaires qui signent le désaccord. "Le ministre a confirmé la mise en place d'un chantier sur le métier d'enseignant qui concernera les professeurs des écoles. Une première réunion aura lieu dès juillet. La discussion a confirmé de fortes divergences sur l'expérimentation des EPEP qui avait suscité une très large opposition. Si le ministre a annoncé qu'il différait la publication du décret et qu'il procèderait à de nouvelles consultations, il n'en a pas moins affirmé sa volonté de mettre en place des EPEP. Le ministre a confirmé que le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite concernera l'Education Nationale. Le SNUipp s'opposera à cette politique de régression de l'emploi public qui ne prend en compte ni l'augmentation du nombre d'élèves en primaire, ni la nécessité d'améliorer et de transformer l'école".
Base Elèves
Évelyne Sire-Marin ex-Présidente du Syndicat de la Magistrature s’inquiète de la mise en place du fichier Base Élève et du dispositif législatif, loi Sarkozy sur la prévention de la délinquance, dans lequel il s’intègre.
Dans une tribune publiée dans la revue Politis (29/03/2007), Évelyne Sire-Marin, magistrate, coprésidente de la Fondation Copernic, s’insurge contre la loi de prévention de la délinquance, qui apporte une réponse pénale à des problèmes relevant de l’urgence sociale.
Dans son article, elle fait référence au logiciel "Base Elèves" actuellement utilisé dans de nombreux départements et en voie de généralisation dans l'ensemble des écoles primaires.
"La Loi prévention de la délinquance étend les techniques de fichage bien au-delà de l’activité policière (1). Elle crée le fichier des allocations familiales et un fichier scolaire, appelé « Base élèves », contenant des données nominatives sur tous les enfants scolarisés dans l’enseignement du premier degré, auquel le maire de la commune aura accès. Dès la rentrée 2007, l’origine des familles, leur date d’arrivée en France et la langue parlée à la maison seront enregistrées (2). Il est à craindre que ces informations, de peu d’intérêt pour la scolarité des enfants, servent dans le cadre de l’expulsion des familles étrangères sans papiers […]. Le maire coordonnera tous ces fichiers, qui seront accessibles au président du conseil général, à l’inspecteur d’académie, au chef d’établissement scolaire, au préfet, et au directeur de la caisse d’allocations familiales. Un « secret partagé » entre l’élu et les travailleurs sociaux est donc institué, permettant au maire d’accéder à des données protégées par le secret professionnel". (Politis 29 mars 2007)
(1) Il existe déjà 33 fichiers policiers et judiciaires, d’après l’Observatoire national de la délinquance.
(2) Voir la rubrique « Big Brother » sur le site : www.ldh-toulon.net
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Corinne, tu oublies une chose extrêmement importante. Mon syndicat y est très attaché : le paritarisme.
Avant "base élèves", les représentants du personnel arrivaient en CAPD avec les effectifs des écoles qui ne correspondent pas toujours à ceux de l'administration (IA). On pouvait discuter et argumenter pour éviter ici une fermeture, ouvrir là une classe supplémentaire.
Avec "base élèves", plus de discussion. On arrivera en CAPD et l'IA nous sortira SES chiffres et SA calculette. On nous donnera le résultat de l'opération et la sentence tombera sans le moindre argument échangé. C'est la fin du paritarisme. Encore une conquête sociale perdue !
Base Élèves ne siffle en rien l'arrêt du paritarisme (INDISPENSABLE). Tout au plus il en change les données, il faudra s'adapter, et je suis certain que les organisations syndicales sauront s'ajuster.
Car si on se place du point de vue strictement "administratif", Base Élèves est un outil cohérent de gestion, les discussions et négociations en commissions paritaires ne sont pas rendues impossibles, elles sarticuleront autour dautres chiffres, et chacun réapprendra à jouer son rôle.
Les problèmes IMPORTANTS que pose Base Élèves sont dune autre nature.
>Le fichage. Est-il acceptable de laisser accessibles des informations sur des minots, très personnalisées, confidentielles et exploitables?
>Est-il naturel de demander aux dirlos de faire de la saisie informatique ?
De demander à un personnel (pourquoi le dirlo ?) un travail (encore) supplémentaire, sans (encore) aucune contre partie ?
@ Pierre
Complètement d'accord avec toi sur les questions de "fichage" des élèves. C'est d'ailleurs ca que souligne l'article.
Sur le problème de la saisie informatique : faut-il vraiment se battre sur le thyème du travail supplémentaire ? Beaucoup de directeurs utilisent un logiciel de gestion pas souvent bien approprié, incomplet, pas performant... qui leur demande du temps de saisie et en fait perdre parce qu'il n'est pas correctement adapté à la situation des écoles primaires. Le temps passé sera à mon avis du même ordre. Excepté au début parce qu'il faudra saisir l'ensemble de l'école. Un mauvais moment à passer, c'est vrai.
Le problème du paritarisme est plus important. On sait bien que les CAPD ne seront plus que des chambres d'enregistrement. L'IA arrivera avec ses données chiffrées incontestables et annoncera fermetures et ouvertures (?) aux élus du personnel qui n'auront d'autre choix que d'entériner sans avoir d'arguments à avancer. Ce sera une parodie de concertation. Les écoles sauront qu'elles ne peuvent être défendues car tout sera d'une logique purement mathématique. Et que risque-t-on de voir ? une baisse accrue de syndicalisation car on sait bien que dans l'esprit de certains collègues, le syndicat est là pour défendre ou procurer un avantage. C'est regrettable mais c'est comme ça. Beaucoup se diront qu'il ne sert plus à rien de se syndiquer puisqu'il n'y a même plus ce côté rassurant des commissions paritaires.
Tu vois, Pierre, ce n'est pas anecdotique cet aspect de "base élèves".
>C'est vrai que beaucoup utilise des logiciels. Mais:
1- Ils n'y sont pas obligés
2- Base Élèves ne remplacera pas un fichier "interne".
Il y aura bien un travail supplémentaire, fastidieux, à remplir. De plus la saisie informatique demande des compétences particulières.
Dans ces conditions, il est tout à fait naturel de réclamer une contrepartie.
Je ne comprends pas, d'un point de vue syndical, que l'on nous le refuse.
>les commissions paritaires:
Tu le dis toi-même, les chiffres seront "incontestables". (moi je suis plus prudent, j'y mets des " ").
-Les discussions seront donc articulées autour des particularismes,
pour corriger justement les effets d'une gestion purement comptable.
Les commissions paritaires retrouveraient, là, tout leur sens.
Aujourd'hui, vous contestez cette vision comptable, mais vous vous y inscrivez en nous demandant nos chiffres pour contrer ceux de l'IA... Une administration bis (sans que cela soit péjoratif)
Les négociations porteront sur la manière de pondérer le nb d'élèves par classe par rapport à l'environnement social, urbain...
Donc encore du bon grain à moudre pour les CP...
>En conclusion, si "on" veut nous mobiliser contre BÉ, il faut le faire sur des thèmes porteurs...
Je crains que les commissions paritaires (encore une fois INDISPENSABLES) ne soient pas notre souci premier.
Je suis d'accord avec ça Quentin, mais ce n'est pas le cas.
D'ailleurs tu précises:
"les syndicats le 'PRENNENT' comme une réduction de leur action".
>Sur un tel sujet, on ne peut jouer avec les interprétations.
>De plus, c'est se placer dans une concurrence purement 'administrative'. (un reproche souvent fait aux syndicats, c'est d'être devenu une administration bis).
Que BÉ puisse donner des chiffres fiables, c'est bien la moindre des choses, et cela devrait ravir tous les partenaires.
Enfin, j'aimerais voir la même susceptibilité quand il s'agit des dirlos ;-)