Jeudi 19 avril 2007
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Nous le révélions mardi 17/04 dans un article intitulé "Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis", le SNUipp se fait maintenant le chantre du dispositif EVS contenu dans le protocole signé en mai 2006 par le seul SE-Unsa.
Et pourtant... le SNUipp l'a fortement critiqué ce "dispositif censé masquer le chômage". Il n'avait pas de mots assez durs pour dénoncer ce "renforcement de la précarité" qui ne correspond pas "aux besoins et aux attentes" des directeurs et serait même "une charge supplémentaire" pour eux...
D'ailleurs, dans sa pseudo-consultation de "l'ensemble de la profession", les résultats sont très nets pour rejeter cette mesure : "Pour 63 % des réponses, le recrutement d’un emploi de vie scolaire (E.V.S) pour assister le directeur dans l’accomplissement de tâches matérielles et d’accueil pour le fonctionnement de l’école n’est pas une mesure acceptable".
Alors comment expliquer le revirement soudain du SNUipp ? Aurait-il organisé une nouvelle consultation des enseignants ? Que nenni ! Et pourquoi maintenant alors que le dispositif touche à sa fin ? Ce syndicat aurait-il toujours un train de retard ?
La direction du SNUipp a été contrainte de faire le constat amer qu'elle n'avait pas été suivie par ses troupes. En effet, sa consigne de ne pas engager d'EVS est restée lettre morte. Les directeurs se trouvent dans un tel dénuement matériel que beaucoup d'entre eux ont saisi l'opportunité d'obtenir une aide pour mener à bien leur fonction.
La direction du SNUipp sait également que les contrats EVS arrivent à terme en juin 2007 et que nombre de ses adhérents vont faire grise mine en voyant disparaître ce moyen supplémentaire, même s'il est imparfait et insuffisant à leurs yeux. Et il faudra bien essayer d'obtenir un ersatz "des personnels aux fonctions pérennes et qualifiées avec un statut de droit public" réclamés en vain par le SNUipp, sinon la base risque de gronder...
Cette volte-face inattendue du SNUipp démontre, s'il en était encore besoin, à quel point ce syndicat manque de vision claire et globale du système éducatif. Il navigue à vue, au gré des vents et des courants, balloté entre les prises de position de ses dirigeants et les réactions de ses adhérents de moins en moins nombreux.
Un exemple :
La création du corps des PE
"Le SNUipp n’a jamais cautionné le dispositif qui a instauré la division et qui a bradé, pour les PE, le droit au logement d’une part et la retraite à 55 ans d’autre part".
"Dès sa création, le SNUipp a relancé le débat avec la profession sur cette question et a engagé l’action : plusieurs grèves à l’initiative du seul SNUipp, notamment le 20 janvier 98 et le 30 avril 98 et une manifestation nationale SNUipp et SGEN le 1er février 98".
Le SNuipp a maintenant intégré cette nouvelle donne au point de faire de la surenchère : "Les situations salariales des enseignants, dans le contexte actuel de régression du pouvoir d’achat, rend plus urgente la nécessité de reconstruction d’une grille unique pour le corps des PE dont l’indice terminal 782 puisse être accessible à tous".
Ainsi, on le voit, le SNUipp a un mode de fonctionnement plutôt curieux : sa réaction première est d'être systématiquement "contre" les propositions qui n'émanent pas de lui ou lorsqu'il n'a pas été associé à leur préparation. Dans un deuxième temps, il cherche et énonce des arguments pour se justifier.
Il est cependant des cas où le SNUipp prend des positions par pure idéologie sans même argumenter son choix. Ainsi, son refus de statut pour les directeurs d'école ne fait l'objet d'aucun débat et n'est assorti d'aucune explication.
Jusqu'en septembre 2006, le SNUipp se contentait de dire et d'écrire : "les directeurs d'école ne veulent pas de statut". Cette affirmation gratuite valait parole d'évangile...
Hélas, en septembre 2006, le bel ordonnancement a volé en éclats lorsque le GDID a posé la question du statut lors de la consultation Ifop... 93 % des directeurs ont réduit à néant le seul argument du SNUipp ! Depuis, il ne l'utilise plus et s'est trouvé (démocratiquement...) un autre cheval de bataille pour mener à bien sa croisade incidieuse anti-directeur : institutionnaliser le conseil des maîtres décisionnaire !
Devant le flop provoqué par cette nouvelle demande, la question se pose de savoir si le revirement au sujet du dispositif EVS n'est pas purement tactique...
Si les EVS ne sont pas reconduits, ne risque-t-on pas de voir, de nouveau, les directeurs manifester un vif mécontentement ? Dans ce cas, l'objectif inavouable du SNUipp ne serait-il pas de tuer dans l'oeuf toute tentative de relancer un mouvement revendicatif qui pourrait déboucher sur un... STATUT ?
Alors, pilotage à vue ? Oui, mais avec une vue perçante...?

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