Mercredi 11 avril 2007
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Notre correspondant de la "Pravda des directeurs" revient sur la réunion du Politburo du SE-Unsa qui s'est tenue fin mars dans sa datcha de La Rochelle.
"Dans une allégresse unanimement partagée et la joie de construire des lendemains qui chantent pour les camarades chargés de direction, le Soviet Suprême du SE-Unsa a été démocratiquement réélu par 98,59 % des voix, confirmant la confiance absolue que nous avons tous dans la voie dessinée infailliblement par son chef bien-aimé, Luc Bérillovski.
Dans l'organe officiel du SE-Unsa, nous avions eu droit à cette bonne nouvelle :
"Le congrès national du SE-UNSA s'est déroulé à La Rochelle, du 27 au 29 mars. La liste conduite par Luc Bérille, secrétaire général sortant, a été réélue mercredi, avec 98,59% des voix et 1,41% d'absention. Parmi les neuf secrétaires nationaux, trois entament leur premier mandat.
Le congrès a permis au Syndicat de faire le bilan de son activité, de dégager des perspectives, d'affirmer ses orientations. Ce congrès aura été celui de l'engagement pour changer l'École, celui de la clarté de l'orientation syndicale réformiste et d'une alternative aux autres organisations syndicales".
La tenue du congrès, tous les trois ans, est toujours l'occasion de dresser le bilan des actions engagées, des luttes conduites sur le terrain, des avancées obtenues et des échecs éventuels.
98,59% des voix pour et 1,41% d'absention ! Cela signifie 0 voix contre ! Aucune contestation, aucun opposant, aucun vote contraire... Depuis la fin de l'ex-URSS, on appelle cela un score albanais !
Où donc est passé l'esprit critique cher aux enseignants ? Imagine-t-on, en 2007, en France, une organisation sans opposition ? Du jamais vu ! Dans la pratique, l'équilibre institutionnel qui régit un syndicat ou un parti politique, est assuré par une majorité de gestion et une opposition qui joue le jeu de sentinelle vigilante.
Chacun sait bien que la démocratie ne peut exister sans opposition. Or, la démocratie est indispensable dans toute organisation, qu'elle soit syndicale ou politique. C'est la légimité de ne pas penser pareil, c'est l'organisation du débat permanent, c'est le refus des décisions occultes, c'est le respect de la critique de la minorité...
Quel est donc ce bilan exceptionnel dont pouvait se prévaloir la précédente équipe dirigeante pour bénéficier d'un tel consensus à l'issue de ce congrès ?
- la mise en échec du gouvernement sur l'expérimentation des EPEP ? Le décret a été publié.
- l'impossibilité pour le ministre de réformer les programmes ? Gilles de Robien a publié les textes sur la lecture, le calcul, la grammaire, le vocabulaire, les leçons de mots...
- la réduction des suppression de postes ? Les prévisions ministérielles sont devenues effectives.
- l'annulation des sanctions financières à l'encontre des directeurs ? Des centaines de collègues ont été victimes de retenues de salaire pour absence de service fait.
- une recrudescence soudaine d'adhésions nouvelles ? Le SE-Unsa subit une inexorable baisse de ses effectifs.
Dans ces conditions, comment analyser l'engouement des votants pour l'équipe dirigeante du SE-Unsa ?
Il faut revenir quelques mois en arrière... Mai 2006 : le SE-Unsa, seul syndicat à signer le protocole et à emporter le pactole !
Rappelez-vous les formidables "avancées à engranger" : les décharges assurées par des stages filés pour les écoles de 4 classes, les EVS dont le contrat s'arrêtera dans 2 mois, le vade-mecum tant attendu, les 51 centimes d'euro par jour...
Et ce n'est pas tout : Avec effet rétroactif au 1er janvier 2007, le doublement de l'augmentation de l'ISS, soit 1 euro par jour... (les médecins généralistes ont fait mieux).
Les voilà donc ces conquêtes syndicales qui font passer par pertes et profits les quelques déboires mentionnés ci-avant.
Les supporters de l'OM ou du PSG le savent bien : on ne change pas une équipe qui gagne !
"Gloire à toi, Petit Père des camarades chargés de direction ! Continue de nous montrer le chemin de la Vérité !"
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