Si nous vous rejoignons sans peine pour exprimer notre colère et dénoncer ces sanctions iniques, en revanche, nous sommes en total désaccord avec deux de vos affirmations largement répandues dans la presse syndicale.
La première nous semble irresponsable. C'est votre insistance à minimiser les risques. Ainsi, le SNUipp 66 écrit : "Le Ministre oserait-il sanctionner des milliers de directeurs engagés dans l'action ?" On en voit le résultat aujourd'hui.
La seconde est franchement risible. Est-il sérieux de laisser croire à une solidarité des collègues adjoints ? Que penser de la lettre-type à destination de l'IA que le SNUipp 66 met à disposition des directeurs ?"
Trois mois plus tard, les faits nous ont, hélas, donné raison : des centaines de collègues ont subi une retenue sur salaire.
Le SNUipp n'a pu que constater les dégats. Rien n'y a fait : ni ses rassemblements squelettiques devant les inspections académiques, ni son défilé de "mille délégués à Paris", ni ses courriers de protestation... Toutes les actions ont fait "pschitt" !
Néanmoins, le SNUipp persévère dans la gesticulation. Il incite maintenant les directeurs à demander un recours à l'administration. Sans y croire une seconde, comme en témoigne notre collègue Marie-Hélène (cf lettre publiée le 27 mars) :
"...Je pensais naïvement que les syndicats, et particulièrement le SNUIPP, avaient pour raison d'être la défense des intérêts des travailleurs, et au lieu de ça, vous me proposez d'implorer la clémence... pardon, de solliciter un recours gracieux.
De plus vous précisez que celui-ci sera sans doute refusé, et que nous pourrons alors faire une démarche auprès du Ministre..."
Ainsi, le SNUipp a adressé ce type de courrier aux collègues sanctionnés :
Recours sur le retrait de salaire
L’intitulé indiqué sur les fiches de paie du mois de janvier concernant le retrait de salaire évoque : "journée d’absence non rémunérée". Nous vous conseillons d’écrire un courrier rapidement aux services de l’inspection académique pour demander le reversement du 1/30 puisqu’il ne s’agit pas d’une absence.
Le courrier pourrait se formuler de la façon suivante :
"J’ai l’honneur de solliciter le reversement du trentième retiré sur mon salaire du mois de janvier pour absence non rémunérée. En effet, je peux faire la preuve de ma présence dans mon école tous les jours du mois de décembre. Je vous prie d’effectuer le remboursement de mon dû dans les plus brefs délais. Veuillez recevoir, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, l’expression de mes sentiments les plus respectueux."
Il serait souhaitable que nous disposions d’une copie de votre courrier.
Et le SNUipp croit tellement peu en son action que certaines sections départementales prennent les devants et ajoutent :
"Suite au retrait injuste d’un 1/30 du salaire de janvier, le SNUipp 85 a organisé une caisse de soutien qu’elle mettra à disposition si le recours n’aboutit pas".
"Direction : après les sanctions, la solidarité continue.
Caisse de solidarité : à ce jour près de 2000 euros ont été récoltés. Les dons viennent de tout le département et sont versés par toutes les catégories et pas seulement les directeurs. Continuez. Le reversement se fera en toute transparence" (SNUipp 06).
Le 11 janvier, nous écrivions aussi :
"Est-il sérieux de laisser croire à une solidarité des collègues adjoints ? Que penser de la lettre-type à destination de l'IA que le SNUipp 66 met à disposition des directeurs ?
"Les directeurs d'école n'ayant pas encore rendu l'enquête 19 sont à nouveau soumis à des pressions dans un courrier adressé cette fois à la demande du Recteur. L'ensemble de l'équipe pédagogique de l'école tient à vous manifester son indignation.
Les problèmes liés à la direction et au fonctionnement des écoles restent entiers. Ils concernent l'ensemble des enseignants des écoles. L'action de blocage est une action collective".
Puisque le blocage des documents était une action collective, les retenues sur salaire sont-elles également assumées par la collectivité dans les Pyrénées Orientales ? Le SNUipp 66 a-t-il mis en place un système de solidarité ?
De même, le 14 décembre 2006, le SNUipp 65 et le Sgen-CFDT 65 publiaient un communiqué commun dans lequel on pouvait lire :
"Le SNUipp 65 et le Sgen-CFDT 65 proposent avec amertume aux collègues encore en blocage d’arrêter cette action qui pourrait les mettre en difficulté individuellement sans perspective de défense juridique syndicale.
Parallèlement, le SNUipp 65 et le Sgen-CFDT 65 vont organiser une campagne de solidarité financière pour soutenir les collègues qui feront, malgré tout, le choix de continuer le blocage et qui nous le feront savoir".
Qu'en est-il de la solidarité promise dans les Hautes-Pyrénées ? Le SNUipp et le Sgen ont-ils reversé les sommes retenues aux directeurs qui ont poursuivi le blocage ?
Collègues directeurs, ne désespérez pas, "le dossier n'est pas clos", comme nous le rappellent avec insistance le Se-Unsa et le SNUipp.
Tellement vrai que le SNUipp 85 l'écrit de nouveau en ces termes :
"Fonctionnement d’école : Le dossier de la direction d’école n’est pas enterré. La réalité de la vie des écoles impose à tous du temps pour la faire fonctionner. Il n’est pas possible de s’appuyer sur la bonne volonté des uns ou des autres pour remplir des missions toujours plus lourdes et plus complexes. Il est encore moins acceptable de concevoir, par le biais d’un statut, la mise en place d’un chef "superviseur" qui serait le maillon souhaité par le ministère et qui d’ailleurs n’aurait pas forcément les moyens de faire fonctionner l’école dans de meilleures conditions".
"La réalité de la vie des écoles impose à tous du temps pour la faire fonctionner".
Un chef-d'oeuvre de langue de bois ! Une pure merveille que ne renierait pas le maître en la matière, le grand Jack Lang...
Quelle belle phrase !
"La réalité de la vie des écoles...", ça commence fort !
"... impose à tous du temps pour la faire fonctionner". Que désigne ce tous ? Et faire fonctionner quoi ? La réalité de la vie des écoles ?
Nous avons droit, évidemment, à la tirade sur le statut qui conduirait inexorablement au "p'tit chef"... qualifié de "superviseur" !
Ne manque que le couplet sur le "conseil des maîtres décisionnaire" pour que le tableau soit complet. Un oubli, sans doute... mais qui sera vite réparé.
Remercions le SNUipp de nous faire sourire de temps à autre pour oublier nos petites misères quotidiennes...
Le SNUipp voudrait-il détourner l'attention et faire oublier ses échecs à "défendre" les directeurs ? Après avoir "tout" essayé et échoué, il est maintenant dos au mur. Il ne lui reste plus qu'à honorer ses derniers engagements : organiser la campagne de solidarité quitte à casser sa propre cagnotte s'il le faut...

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