Oralement par mon IEN venu inspecter une collègue le 15 mars 2005.
" Ca ne se fait pas d'écrire sans passer par la voie hiérarchique, maintenant votre histoire va retomber en cascade... "
" La grève est terminée, les syndicats ont retiré leur mot d'ordre..."
" Vous êtes la seule à continuer cette grève administrative..."
" Pourquoi êtes-vous gréviste, vous n'êtes même pas syndiquée ? "
Je n'ai bien sûr pas pu m'empècher de répondre :
1) Je suis une citoyenne libre avant d'être une enseignante, et j'écris à qui je veux quand je le veux.
2) Un seul syndicat a signé un accord contre l'avis de tous les autres et ceux-là n'ont pas levé leur mot d'ordre de grève.
3) Nous sommes encore une vingtaine dans le Pas-de-Calais et bien plus nombreux en France.
4) Il n'est pas utile d'être syndiqué pour adhérer à une cause, et encore moins pour suivre un mouvement de grève.
ET C'EST TOUT.
Les syndicats : néant
L'Inspection académique : néant, malgré les promesses faites dans la lettre du ministère.
Les candidats à la Présidence : ils ont sans doute d'autres préoccupations en ce moment.
A NON, C'EST PAS TOUT.....
Le GDID et la bouteille à l'encre à qui je dis un grand merci, sans vous je me serais sentie bien seule.
Je remercie aussi les collègues qui m'ont envoyé leurs encouragements.
Mais le constat est dur : les problèmes des directeurs n'intéressent que les directeurs.
Enfin nous le savions déjà, ce n'est pas une réelle surprise.
Juste pour le fun, je précise :
Le président a saisi le ministre... le ministre a saisi l'Inspecteur d'Académie... et l'Inspecteur d'Académie du Pas-de-Calais avait dit aux représentants syndicaux qu'il était obligé d'appliquer des sanctions envers les directeurs parce qu'il était harcelé par le ministère... QUI EST LE MENTEUR ?
Heureusement, nous choisissons en principe ce métier pour le plaisir de cotoyer les enfants, le monde des adultes n'est vraiment pas fréquentable.
Encore merci pour votre soutien et je ne manquerai pas de vous faire parvenir tout autre réponse qui pourrait m'être transmise.
Marie-Hélène a également écrit au SNUipp 62 (Pas-de-Calais) :
Aux représentants du SNUIPP 62.
Je viens de recevoir votre courrier me proposant une lettre modèle à envoyer à l'Inspection Académique pour quémander un recours gracieux.
Comme vous le savez déjà, puisque je vous l'ai envoyé, j'ai de mon côté rédigé un courrier directement à Monsieur le Ministre, pour lui faire part de mon idée sur le sujet, et lui dire que je ne demandais aucun recours de quelque nature qu'il soit, mais simplement la justice : "retirez moi une journée de mon "salaire" de directrice, soit un peu moins de 5 euros".
Mendier aujourd'hui un recours gracieux me semble donc hors sujet en ce qui me concerne, et j'avoue être un peu surprise que vous me fassiez cette proposition, plutôt que de nous soutenir en réclamant pour nous le droit qu'a tout instituteur à être payé pour un travail qu'il a effectué.
La tâche de directeur est un supplément de travail que nous acceptons d'assumer presque bénévolement, elle ne doit pas en plus être la cause d'une perte de salaire.
Le ton de ce courrier vous paraît peut-être un peu désagréable, mais il est le reflet de ma déception. Je pensais naïvement que les syndicats, et particulièrement le SNUIPP, avaient pour raison d'être la défense des intérêts des travailleurs, et au lieu de ça, vous me proposez d'implorer la clémence... pardon, de solliciter un recours gracieux.
De plus vous précisez que celui-ci sera sans doute refusé, et que nous pourrons alors faire une démarche auprès du Ministre...
Je l'ai déjà faite cette démarche, et je connais la réponse : ce problème n'est pas de son ressort, mais de celui de l'Inspecteur d'Académie du Pas-de-Calais. Je vous transmettrais une photocopie de la réponse intégrale si vous le souhaitez.
Je trouve que tout cela manque de courage... Nos grands-parents qui se sont battus en 1936 doivent se retourner dans leurs tombes.
Que sont devenus les syndicats ????
Dernière précision, si vous fouillez dans les archives du SNI, puis du SNUipp, du Val d'Oise et de Seine et Marne, vous y découvrirez que j'ai été syndiquée des années (sous le nom de Colovos, ou celui de Hourriez lorsque j'étais mariée).
Ne cherchez pas trop loin pourquoi je ne le suis plus.
Marie-Hélène Colovos.