Vendredi 23 mars 2007
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Gilles de Robien présentait à la presse, jeudi 22 mars, son bilan. Nous présentons ci-après quelques extraits de son discours d'adieu.

"Mesdames et Messieurs,
Je suis arrivé au ministère de l'Éducation nationale avec une certitude : il n'y a pas plus belle mission que celle de servir l'Éducation nationale.
Il n'y a pas plus belle mission que celle de participer à cette grande ?uvre collective de transmission des savoirs et des valeurs.
[...]
J'ai voulu aborder les problèmes non pas sous le seul angle quantitatif des moyens, mais sous l'angle de la qualité et de l'égalité des chances, pour une école plus efficace et plus juste .
1. Que tous les enfants aient un socle commun de connaissances et de valeurs
Pour y parvenir, ma première priorité était de refonder l'École sur l'essentiel, sur la mission fondamentale qu'elle assume devant les Français.
Et cette mission c'est la transmission des savoirs et des valeurs .
A cause de la complexité des programmes, on ne savait plus trop ce qu'il fallait que nos enfants apprennent. On avait perdu le sens des priorités, le cap, la direction.
[...]
J'ai mis en ?uvre des solutions cohérentes pour que tous les élèves sachent lire vite et bien, compter, maîtriser la grammaire, utiliser un vocabulaire riche et précis.
2. Ne laisser personne sur le bord de la route : l'égalité des chances et la relance de l'éducation prioritaire
Et justement, ne laisser personne au bord de la route a été ma deuxième grande priorité.
Car j'ai voulu que l'école soit exemplaire en matière d'égalité des chances, pour faire réussir tous les élèves, pour permettre à tout élève de développer ses talents, quel que soit son milieu social, son origine, son quartier .
[...]
3. Tout passe par les enseignants et la communauté éducative
Bien sûr, tout cela n'aurait pas été possible sans les professeurs et l'ensemble de la communauté éducative.
Ma troisième grande priorité a été de revaloriser leur rôle et leur place dans le système éducatif.
Dans toutes les enquêtes d'opinion, la très grande majorité des Françaises et des Français font preuve de considération pour les enseignants. Chacun reconnaît l'importance de leurs missions : transmettre, éduquer, former les citoyens de demain.
Dans tous mes déplacements, j'ai pu mesurer la compétence et l'efficacité des enseignants, leur sens de la mission et leur dévouement.
Les professeurs disposent d'une richesse intellectuelle et personnelle incroyable, mais elle est souvent mal utilisée, et pas assez considérée. Beaucoup d'entre eux éprouvent le sentiment que l'exercice de leur métier est de plus en plus difficile, et de moins en moins gratifiant.
[...]
J'ai souhaité enfin revaloriser leur métier.
Conscient du manque de reconnaissance dont ils souffrent et des conditions de travail parfois difficiles, j'ai pris de nombreuses mesures pour améliorer l'exercice quotidien de leur métier et pour leur donner de meilleures évolutions de carrière : par exemple,
- l'accès à la hors-classe est élargi ;
- le rapprochement des conjoints est facilité ;
- enfin, la surcharge de travail des directeurs d'école est mieux reconnue : ils auront plus de temps pour s'y consacrer, et une indemnité plus importante.
[...]
4. Ouvrir l'école à tous ses partenaires
Je voudrais enfin insister sur ma volonté d'ouvrir l'École à tous ses partenaires, et plus largement à la société française.
Et d'abord l'ouvrir aux parents.
[...]
Je sais qu'on me prête l'intention de vouloir faire sans cesse plus d'économies sur le dos des professeurs.
Eh bien, au contraire, je suis très favorable à l'idée de payer davantage les professeurs ! Mais pas n'importe comment. Sur la base de règles claires et justes.
C'est cela le langage de vérité, celui que j'aimerais entendre dans la bouche des différents candidats !
Le moment du bilan, c'est aussi toujours un moment d'émotion.
Désormais, le chantier le plus important à ouvrir au lendemain des élections présidentielles, c'est un Grenelle de l'Education nationale. Il devra porter sur le contenu comme sur le temps d'enseignement, sur le temps de soutien et sur le temps de présence. Je crois à une amélioration qualitative du statut des enseignants et en particulier de leur rémunération. C'est ce que j'ai commencé à faire, modestement. Il faudra poursuivre".

Premières réactions
Dans un communiqué, le Sgen Cfdt remarque ironiquement "qu'il a raison de s'adresser à lui-même des félicitations ! C'est plus sûr" et rappelle les éléments de sa politique qui l'oppose à la communauté éducative.
"Dans sa conférence de presse du jour, Gilles de Robien déclare être fier de ses 700 jours passés au ministère de l'Éducation nationale.
Il est particulièrement satisfait de son bilan. Il a raison de s'adresser lui-même des félicitations ! C'est plus sûr.
Rarement un ministre de l'Éducation nationale aura mené une politique éducative aussi néfaste. Ce ministre a dû avoir une « révélation » qui s'est traduite par une mission : retrouver l'École d'antan !
Ce ministre a aggravé les conditions de travail des personnels.
Ce ministre a supprimé des milliers de postes.
Ce ministre a laissé entendre que les méthodes des enseignants, en particulier du 1er degré, étaient responsables des difficultés scolaires de l'École.
Ce ministre a trouvé le moyen de rétablir l'apprentissage à 14 ans, de même qu'il a été parmi les derniers défenseurs du CPE.
Ce ministre, droit dans ses bottes, est passé outre l'avis de nombreux experts, et de celui des instances consultatives.
Ce ministre a systématiquement ignoré l'avis des organisations syndicales, les méprisant même, mais c'est sa conception du dialogue social.
Ce ministre a le culot de préconiser à son successeur un « Grenelle de l'Éducation » ayant sans doute lui-même oublié de le faire.
Ce ministre ... ce ministre a organisé plusieurs chantiers de démolition.
Pour le Sgen-CFDT, ce ministre va par la force des choses quitter le ministère de l'Éducation nationale dans quelques semaines : c'est tant mieux, tant pour les personnels que -surtout- pour l'avenir des jeunes".

Quant à nous, pauvres directeurs, nous retrouvons le sourire... Ne nous dit-on pas que "la surcharge de travail des directeurs d'école est mieux reconnue : ils auront plus de temps pour s'y consacrer, et une indemnité plus importante".

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"On n'est jamais si bien servi que par soi-même..."
C'est vrai, quoi... Tous ces jaloux, ces aigris, ces gens qui vous dénigrent pour un oui pour un non... Ah ! vraiment...
C'est fou comme je me sens mieux depuis que j'ai lu ici que "la surcharge de travail des directeurs d'école est mieux reconnue : ils auront plus de temps pour s'y consacrer, et une indemnité plus importante".
Je ne m'en étais pas rendu compte... Faut dire que je suis directeur d'une petite école avec 1/4 de décharge et que j'ai toujours le nez dans le guidon...
Merci Gilles de nous rappeler ces bonnes nouvelles...
Je vais bien, je vais mieux... Je me sens bien, je me sens mieux...
Je m'applique la méthode coué... J'ai lu GdR. Et je me persuade que c'est vrai... Et tout va bien, tout va mieux...
Ah c'est sûr, il va nous manquer...
Après être passé pour des faineants, ont passe pour des C... auprès des parents... avec sa "nouvelle" méthode de lecture, son "nouveau" programme sur le calcul, la grammaire...
Vivement le prochain... en espérant que ce soit le bon !
Vous n'avez que ce mot à la bouche : LA RECONNAISSANCE !
Les enfants, les parents, la solidarité entre adultes, entre enseignants, l'équipe pédagogique... Rien de tout cela dans votre vocabulaire ! Mais vous travaillez pour qui ? Ayez un peu le sens du bien commun au lieu d'être à ce point égoïstes !
Et tout ce discours, ça vient d'où ? Du côté de Marseille. Il a fallu qu'un MONSIEUR FABRE se mette à débiner des sornettes pour que les moutons le suivent en bêlant la même ritournelle. Avez-vous, à ce point, besoin d'un meneur qui vous mène droit dans le mur ?
J'ai parfois honte d'être enseignante.
"Ma vie va changer, on va m'appeler Monsieur..."
Me voila donc "monsieur" à tes yeux, ma pauvre Eliane ???
Navré de te contredire, mais je ne suis pas un "monsieur", mais juste un simple collègue d'une école de banlieue (c'est vrai, marseillaise, j'avoue...)
- Que je débite des sornettes, j'en ai pleinement conscience: celles que je débite en valent bien d'autres...
- Que des "moutons" me suivent ? Ton expression me montre jamais que l'immense mépris que tu as pour toutes celles et ceux qui commettent l'impardonnable crime de penser autrement que toi... Problème: ils sont forts nombreux...
- Un "meneur" ? Moi qui arrive à grand peine à mener ma propre vie... Les chefs d'un côté, les moutons de l'autre, c'est ta conception de la vie, pas la mienne...
Quand aux minots, aux familles, aux collègues, dirlos comme adjoints, aux équipes, à tout ce qui fait la vie et la richesse de nos écoles, n'étant ni apparatchik patenté, ni chouchou de mon IA, je sais très bien ce que c'est au quotidien de mon boulot:... Je me coltine 3 jours sur quatre la classe d'accueil des enfants du voyage, je bosse depuis 25 berges en ZEP, et, pire, ça me plait...
Rien qui mérite là les palmes académiques, mais cela me donne au moins droit de te signaler, gentiment, mais fermement, que je ne crois pas avoir de leçons à recevoir de quiconque en général, et de toi en particulier.
Et si tu as honte d'être enseignante, à voir les niaiseries que tu oses écrire, ma foi, je ne peux que te comprendre...
Thierry fabre
@ Eliane
Est-ce ainsi que tu vois Thierry ?
Honneur à lui d'avoir fait preuve de courage, d'obstination et de solidarité. Tous ses écrits en attestent.
Un meneur, dis-tu ? C'est toujours comme ça que les choses avancent. Parce qu'à un moment précis un homme a su montrer le chemin à ses congénères qui se sont reconnus dans sa lutte et dans son droit.
Imagine quelques milliers de Thierry Fabre parmi les directeurs d'école. Tu ne penses pas qu'on aurait déjà abouti à d'autres résultats que ces calamiteuses "avancées engrangées" dernièrement ?
Ne crois pas que les directeurs se battent par égoïsme. Qu'ils aient plus de facilités à exercer leur métier et c'est tout le fonctionnement de l'école qui s'en trouvera amélioré.
Et ce n'est ni déshonorant ni injuste que de demander gentiment un minimum de reconnaissance quand on fait bien son boulot ! Et ce n'est que normal que d'exiger d'avoir les moyens de mieux le faire !
Tu sais Eliane, avec les arguments que tu développes (et que je respecte) on ne fait pas progresser aucune cause. Ni celle des directeurs, évidemment, ni celle des enfants ou des collègues qui ont à pâtir des difficultés du directeur à bien gérer son école.
Ah,et vous faites comment pour avoir plus de temps à consacrer à votre surcharge de travail vous ???
GDR a inventé la semaine des 4 jeudis ou peut-être la machine à voyager dans le temps !!!
S'il y a une fierté que j'aurai pu avoir dans ma fonction de direction, c'est celle d'avoir essayé de la faire comme un METIER, qu'elle n'est pas hélàs, ce qui est un des principaux problèmes de l'école primaire actuellement.
S'il y a des personnes envers qui j'ai une grande reconnaissance, il y a notamment Thierry Fabre.
Rien que pour son idée d'avoir créé cette association de directeurs, mais aussi pour sa disponibilité au quotidien pour nous sortir des multiples ornières dans lesquelles nous nous trouvons régulièrement à cause de l'absence d'un statut de directeur d'école, JE SUIS FIERE D'ETRE DEVENUE MOUTONNE!
Et Eliane, tes propos me laissent penser que tu n'es pas directrice! Me trompe-je ?
@ eliane
Thierry a eu le cran, avec ses collègues de mettre en place un endroit où l’on peut traiter une question que nul instit ne peut dire qu’elle n’est pas fondamentale et en crise.. Le dirlo d’une école, son rôle et sa fonction.
Il propose un statut. On peut être entièrement d’accord avec, partiellement d’accord ou pas du tout, mais on ne peut critiquer le fait d’avoir ouvert le débat.
Concernant la manière. Thierry défend ses positions, fermement et il a raison.. Quand on croit en quelque chose, il est normal de s’y tenir, c’est du charisme. ; et c’est la principale qualité que doit avoir un enseignant. A ton opposé.. Cela me rend plus fier d’être enseignant.
Et pourtant, je n’ai vraiment pas l’impression d’être un « mouton » suiviste.. J’ai longuement débattu sur le site de Thierry, pas toujours en accord… D’autres le font aussi. Et si cela est possible, c’est parce qu’il a su créer cet espace.
Alors.. pousse en avant tes arguments que je respecte pour que l’on puisse en discuter, y réfléchir et qu’ils fassent avancer la question de la direction. Bon courage.
Che
Je vois Serge, ce que tu voulais dire.
Je propose à Thierry Fabre de faire l'expérience de rejoindre, ne serait-ce qu'un an seulement le SNUipp-FSU. Il verra que la démocratie y est bien présente et que nous n'avons qu'une idée en tête : améliorer les conditions de toutes les catégories de personnels, sans exclusive et sans corporatisme. Qu'il prenne sa carte et s'il n'est pas satisfait, il quite sa section au bout d'un an. Je reste persuadée qu'il sera surpris, en bien, de ce qui s'y passe. En fait, c'est toujours pareil, on critique quand on ne connaît pas. Il se rendra compte à quel point chacun oeuvre pour la collectivité. Peut-être, alors, comprendr-t-il mieux ce que nous entendons par conseil des maîtres décisionnaire. Il verra que ce n'est pas du tout une machinerie montée de toutes pièces contre les directeurs. Il sera moins seul aux commandes de son école si on arrive à mettre en place réforme. Du coup, il aura plus de disponibilité, moins de stress et je prends le pari qu'il sera moins amer moins aigri.