Tout va très bien, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien...

Cette célèbre chanson de Ray Ventura pourrait, sans le moindre problème, être adaptée à l'Education nationale, si l'on en croit le ministre Gilles de Robien, qui, ce jeudi, répondait à Jean-Michel Aphatie sur RTL :
Tout va très bien, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien...

Pourtant, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien...
J-M A "Mauvais climat à l'Education nationale ?
GdR - Pas du tout.
J-M A - Une manifestation, samedi. Une annonce de grève le 8 février. Quinze syndicats qui s'en prennent à vous en des termes qui ne sont pas sympathiques, ça ne se passe pas très bien à l'Education nationale ?
GdR - Mais vous faites une information sélective, là, Jean-Michel Aphatie.
J-M A - C'est vrai ?
GdR - Oui, regardez au mois de juin dernier, j'ai signé un accord avec le syndicat qui avait déclenché les grèves il y a dix ans chez les directeurs d'école. Voilà, cette grève est terminée sauf peut-être un petit résiduel de l'ordre de 10 %. Voilà justement, grâce au consensus, au sens du dialogue des uns et des autres, une grève qui se termine. Deuxièmement, hier - ça tombe bien-, j'ai signé avec les trois syndicats des chefs d'établissement, donc représentant les proviseurs, les proviseurs adjoints, les principaux, les principaux adjoints, un accord. Et c'est la première fois que dans cette maison, existe un accord signé par les trois syndicats. Alors c'est vrai que samedi dernier, il y a eu une manifestation. Il y a eu 13 000...
Tout va très bien, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien...

Pourtant, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien...
J-M A - ...Ah ! Je me demandais si on avait rêvé !...
GdR - Vous n'avez pas à vous demander. Je vais vous le dire.
J-M A - Il y a bien eu une manifestation samedi ?
GdR - Mais bien sûr. Il y avait 13 500 personnes dans les rues sur 800 000 enseignants ; et ils ont dit qu'ils allaient se mêler de la manifestation des fonctionnaires, en général, de février. Mais vous savez, c'est vrai qu'à l'Education nationale, il y a souvent des manifestations... Il y a souvent... Et on est dans une période aussi, un peu de surenchère électorale au niveau de la représentation syndicale, et donc tout ceci est à prendre évidemment au sérieux. C'est important d'écouter les messages qui sont donnés. Mais franchement, aujourd'hui, je peux vous dire qu'il y a plutôt un bon climat at que l'immense majorité des enseignants est sensible aux efforts du gouvernement en faveur de l'école et je crois vraiment que l'heure est à l'apaisement.
Tout va très bien, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien...

Pourtant, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien...
J-M A - Au début de l'année budgétaire, le gouvernement avait annoncé la suppression de de 5 300 postes de fonctionnaires. Et d'après les commissions de finances du Sénat, ce serait beaucoup plus que cela qui aurait été supprimé pendant l'année 2006. Alors la question est de savoir, Gilles de Robien, ministre de l'Education nationale, combien de postes d'enseignants, de fonctionnaires ont été supprimés dans votre ministère durant l'année 2006 ? Le savez-vous ?
GdR - Non, je ne le sais pas. Mais en 2007, je sais exactement que ce n'est pas 5000. C'est 1 734 exactement.
J-M A -Et en 2006, vous ne le savez pas ?
GdR - Non, je n'ai pas le chiffre en tête. Là, vous me prenez un peu au dépourvu. Je ne connais pas le chiffre précis. mais c'est beaucoup moins que 5 000 et je vous dis qu'en 2007, en tout cas, avec le budget que j'ai, ça sera 1 734 postes parce que quand on dit 5 000 suppressions de postes, on ne pense qu'au secondaire. Et je rappelle que j'ai créé 2 000 postes en 2007 dans l'enseignement supérieur. Comme j'en ai créé 2 000 aussi en 2006, car quand on parle de suppressions de postes, on ne parle jamais des créations de postes. Il y a des créations de postes en 2007. Il y a 2000 pour l'enseignement supérieur, il y a aussi 300 postes d'infirmière qui sont créés. Il y a 500 ou 600 postes dans l'enseignement primaire qui vont être créés, 500 postes pour les professeurs des écoles.
J-M A - Et vous nous direz dans les jours qui viennent, en 2006, quel est le solde des postes créés ou supprimés dans l'éducation nationale ?
GdR - Je peux vous dire, en tou cas, qu'il y a eu beaucoup, beaucoup de recrutements notamment pour mettre plus d'adultes dans les établissements. On a recruté quand même 25 000 ou 30 000 contrats aidés pour aider, notamment, les directeurs d'école à assumer leur tâche".
Pourtant, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien...
L'expérimentation d'EPEP : un projet de décret inapplicable pour l'ANDEV
(Association Nationale des Directeurs de l'Education des Villes de France).
"Le projet de décret en cours d'élaboration sur la mise en œuvre d'EPEP à titre expérimental, relance la discussion sur la question du statut d'école en lien avec l'épineux sujet du statut des directeurs. [...]
L'ANDEV, ne se satisfait pas des conditions actuelles de fonctionnement de l'école, et estime que des évolutions sont souhaitables. Elle considère que l'expérimentation d'EPEP si elle est bien conduite et évaluée, permettra d'alimenter la réflexion partagée sur le fonctionnement de l'école. Cependant, elle ne doit pas viser à abandonner toute autre hypothèse de travail comme par exemple l'évolution du statut des directeurs d'écoles ou la réforme du fonctionnement des circonscriptions. [...]
Il n'existe pas de diagnostic partagé sur les difficultés produites par les conditions actuelles d' administration de l'école. Ainsi, au niveau local, cette absence de diagnostic commun émerge au sein même de l'institution où les positions divergent entre les différents niveaux de responsabilité (directeurs, IEN, Inspecteur d'Académie) ainsi bien souvent qu'entre partenaires : autorités académiques, communes, parents d'élèves. [...]
l'ANDEV souhaite que l'expérimentation d'EPEP n'occulte pas la possibilité de continuer à réfléchir à d'autres moyens d'améliorer l'administration de l'école :
-l'amélioration du statut du directeur,
-l'évolution des circonscriptions de l'éducation nationale vers des espaces de ressources et de mutualisation des pratiques pour les directeurs,
-le développement de la contractualisation avec les communes portant sur des engagements pluri annuels concernant les moyens en personnel, les dotations de fonctionnement, les travaux, le projet péri et extra scolaire…..
-la valorisation des instances (conseil d'école, conseil de maîtres) en leur déléguant plus de pouvoirs. [...]
L'ANDEV regrette de n'avoir pas été consultée sur ce projet de décret. La mise en place d'expérimentation s'appuiera sur les services dont les directeurs d'éducation ont la responsabilité. Ils sont donc les premiers concernés par les insuffisances juridiques de ce texte."
Claudine Paillard, Présidente de l'Andev (article complet : cliquer ICI)

Mais à part ça, Madame la Marquise,
Mais à part ça, tout va très bien.
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