Mercredi 29 novembre 2006
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En réunissant deux groupes de travail les 29 et 30 novembre (cf notre article du 22/11), le ministère a semé un vent de panique chez nos syndicalistes. Le vent est devenu tempête à l'annonce de la modification de la composition des groupes de travail. En effet, en plus des SE-Unsa, SNUipp, Sgen-CFDT, SDEN-CGT, SUD, SNE-CSEN, figurent des "experts de terrain" : 1 IA, 2 IEN et 2 directeurs.
Riposte immédiate de nos bons vieux syndicats. Bien que divisés sur nombre de sujets, dans un réflexe anti-petits-chefs-à-l'école, le SE-Unsa, le SNUipp et le SGEN-CFDT créent, de fait, une alliance contre nature, une inter-syndicale anti-statut... Même les stratégies divergent !
Le SGEN-CFDT
Délaissé par les adhérents, abandonné par ses militants, en panne d'idées, le SGEN se meurt. Maintenu en survie artificielle par une perfusion de la CFDT et soutenu par le SNUipp devenu son tuteur, le SGEN n'a plus de ligne de conduite. Il se contente de produire un communiqué commun avec le SNUipp.
"A ce jour, le ministère ignore la mobilisitaion des enseignants des écoles et ne répond pas à la demande de lever les menaces de sanctions vis-à-vis des directeurs.
En conséquence, le Sgen-CFDT et le SNUipp ont décidé de ne pas participer aux réunions des 29 et 30 novembre sur la question de la direction d'école.
Le Sgen-CFDT et le SNUipp ont décidé de s'adresser aux groupes parlementaires, aux associations de maires et de parents d'élèves pour les informer de la situation. Ils renouvellent leur exigence d'ouverture de négociations pour améliorer le fonctionnement et la direction d'école".

Politique de la chaise vide
Le SNUipp
"Tant que nous n'avons pas d'assurance sur la levée des menaces de sanctions, le SNUipp a décidé de ne pas participer à ces réunions".
Personne n'est dupe : le SNUipp, conscient d'être en porte-à-faux sur la question du statut, craint ces réunions. Courage, fuyons ! Une fois de plus, il ressort la vieille tactique du prétexte pour ne pas participer et multiplie les déclarations les plus fantaisistes :
"Le ministère veut "casser" les directrices et les directeurs pour mieux faire céder toute la profession et transformer les enseignants des écoles en exécutants des consignes ministérielles".
"Il s'agit pour le ministère de casser la résistance d'un rempart à la mise en place d'établissements publics d'enseignement du premier degré et à une gestion managériale des écoles. [...]
Le deuxième objectif est de réduire les coûts en réduisant le nombre d'enseignants pour les transformer une partie de leur temps en responsables de réseaux dans lesquels graviteraient des AVS, des EVS, des assistants pédagogiques, qui prendraient en charge une partie des enseignements qui leur serait confiée "grâce" au socle commun et au caractère optionnel de certains apprentissages. Pour imposer cette "réorganisation des ressources humaines" le ministère veut utiliser les directions d'école pour soumettre les collègues dans les classes aux injonctions de la hiérarchie. En "cassant" les directions d'école, le ministère prépare la soumission des enseignants dans leurs pratiques du métier" (lettre du SNUipp 93 aux directeurs d'école).
Le SNUipp est en plein délire ! On l'a connu mieux inspiré...
Le SE-Unsa
"Le SE-Unsa a décidé d'assister à ces deux groupes de travail
- pour ne pas laisser le terrain libre aux ministère et aux organisations non représentatives,
- pour continuer à porter le dossier et à défendre les personnels que nous représentons,
- pour prendre la mesure des intentions du ministère et des positions des autres participants sur la question du statut en particulier"

Le SE-Unsa poursuit :
"C'est l'occasion pour le ministre de donner la parole au SNE syndicat proche du gouvernement, qui n'a obtenu que 3 % aux élections professionnelles et qui est porteur de la demande d'un statut pour les directeurs".
"Des évolutions quant à un statut de la direction, qui ne pourrait s'appuyer que sur un corps de chefs d'établissement aux compétences hiérarchiques, sont à l'opposé de nos convictions".
Le SE-Unsa oublie qu'il ne représente pas les directeurs. Faut-il lui rappeler la fameuse claque qu'il a reçue avec la consultation Ifop commandée par le GDID ? Il en porte encore les traces sur la joue...
Oui, décidément, c'est la panique à bord chez nos syndicats "dits" majoritaires... Sauve qui peut ! C'est la débandade. Les masques sont tombés. Le combat engagé contre le ministère se transforme en une lutte intestine contre les directeurs d'école. Il faut, coûte que coûte, les empêcher d'obtenir un statut. Toutes les stratégies sont bonnes, tous les arguments utilisés même ceux qui alimentent la peur chez les adjoints.
Ils sont tombés bien bas, nos syndicats !
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